DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, à. rj
Íí de l’ârgent , le Démon va jusqu’à découvrir des vo~ lui, & les tient attaches, jusqu’à ce que tout l’air ítib**eurs & l eur l árc in , afin d’exciter la curiosité des hom- til soit rentré. Ces effets là font si éloignez de ceuxtoES s 8c donner même aux plus stupides des soupçons de lâ Baguette , qu’il n’est pas raisonnable de s’en servirJ u d ®st de la partie, & que la curiosité & la cupi- pour en autoriser l’usage. Je sais bien qu’on reviendrálïe étant réveillées , ils s’àveuglent volontiers , & toujours à dire que nous ne connoiífons pas les secretse giíTent dans le trouble d’une conscience mal assurée* de la nature, & qu’ainsi ce n’est pas à nous à juger de
ce qui est ou n’est pas naturel. A quoi je répons queSimon n’avoit qu’à dire que c’étoit naturellement qu’ils’élevoit dans les airs. Je répons qu’à la Chine il y ades mouches , qui naturellement enlèvent les hommes *ou traînent dés chariots ; & ceux qui me répondront
Nonobstant les remords secrets. Que faire donc dánsrencontre ? Se servir des dernières démarches due naon , poyr condamner généralement tous les usagese si Baguette. Le Démon s’est coupé * il a décou-Crt tous les artifices : car il est visible , qu’il a agiP ar degrez , A que non content de ces premiers ufá-& es de la Baguette , il est venu jusqu’au point que° US me mandez. Ainsi puisque c’est le même Ac-
teur
stui a perfectionné son ouvrage , on ne peut, &
que cela n’est point naturel , se contenteront s’il leuíplait de ce lieu commun , qu’ils ont tort de juger dessecrets merveilleux de la nature.
Voilà, M. R. P. , une lettre bien longue , & qui
0n ne doit condamner une partie des usages dé la Ba- voiis sera bien ennuyeuse. J’en juge par moi-même, &guette sans les condamner tous ; car on doit avoir une cependant je ne répons point à bien des questions qu*
L„ .*11* r* T- û / 4 a #■»a lfl ---
Horreur -- - j- " "— —
jy générale de tout ce qui vient de celui que^ a frapé d’un anathème éternel.
vous me faites. Je vous prie de ne le point trouver
t _ mauvais ; car je fuis persuadé que vous ne me les faites
Ce n’est pas ,«M. R» P. , qu’on ne puisse reconnoi- pas comme ayant besoin de mes réponses * mais parce-
E certainement que la découverte de l’eau même & des que quelques personnes ont souhaité que vous me les
etau x, par le mouvement de la Baguette , n’est point si fiiez. Qu’ils se contentent des vôtres , elles valent
mieux que les miennes, & vous pouveZ plus facilementles dire que moi les écrire. Je fuis, &c.
birelle. Mais c’est que pour instruire les gens par■ te v oye , il faudroit leur apprendre la Physique,abstruse, & qui demande plus de loisir & de t ra*ce / ^ Ue n'cn ont ceux qui font obligez de remédier àdésordre; 8c ils feroient tant d’objections fondées furdt propre ignorance des vrais principes de la Philoso-jj » que ce ne seroit jamais fait. Pour vous, M. R.•> vous savez qu’un corps n’est jamais mil par un au-re s’il n’en est poussé , & qu’ainsi le mouvement d’at-ra ction est une chimère.
_ Cela supposé, & que vous avez lu ce que dit Mon-ieur Descartes fur 1 aiman, ou ce qui en est dit dans lePénultième chapitre de la Recherche de la Vérité; ima-|^nez tel cours qu’il vous plaira de la matière invisible,ch US , trouverez toujours que cette matière subtile nea era jamais en rond, mais pâr les pôles , l’air qui se-siez 111 ^ ^° r à si Baguette ; fi ce n’est que vous suppo-stue Dieu en produise sans cesse de rien dans leCntre de cet or.
Lettre de Monfienr l'Abbé de la Trappe , à M&njicurl'Abbé de Malebr anche.
I L y à longtems que je vous fais attendre* Monsieur*une méchante réponse à la lettre que vous avez prisla peine de m’écrire. Je l’ai lue & relue , & je l’ai faitlire à des gens plus habiles que moi ; tous sont entrezdans mon sentiment , qui n’est guéres différent duvotre.
Je crois qu’il se peut faire pâr une vertu naturelle quela Baguette se remue sur l’eau & sur les métaux, qu’el-le les découvre , & qu’elle les fasse connoitre. Cela neparoit pas être au dessus des forces de la nature * & neseroit pas plus extraordinaire que le mouvement de Pai-été touchée d’une pierre d’aiman.
guille qui a été touchée d’une pierre d’aiman. Mai;
Que te louis d’or devroteu agir teuus fur te.u- que h q "* ^1“"” ÙÎLme'
tes , s*attirer ou f- repousser comm les -im-us agissent t™ r,„v 0,0 ne le font nas .
Mutuellement l’un contre l’autre. Car même si l'aiman
a git fur le fer, c’est que dans le fond l’ayman est pres-se tout fer,
tre ceux qui ne le font pas , qu’elle marque une bornequi a été changée, qu’elle ne la marque point lorsqu’onn’a plus l’intention de la trouver , c’est ce qui est im-n , . , _ possible à la nature ; car ce voleur n’aquiert pas par son
som a Un ° U1S ° °- r e ^ Un . cor P s tro P P et ‘t , 8c trop larcin aucune qualité physique, non plus que Cette pier-re nf 3 • - ^°r r fec£VOir en une âà grande quantité fe qui a été ôtée de fa place. On peut dire la même
^ a £u atlere > pour chasser l'air d'entre lui & la chose de cette intention qui a été rétractée ; la nature ne
ôf ^ E^e, & la faire avancer. Il faudroit un bon aiman se peut étendre jusques-là. Comme elle n’a ni connois-
Piefi °j comme si tete, pour mouvoir un aiman à deux sauce ni liberté , elle agit toujours de la même maniérej;
par p • âârme , quoique la matière subtile qui passe si ce n’est qu’elle en soit empêchée par des rencontres
a, man, ait une agitation prodigieuse. purement physiques : ce qui ne se trouve point dans les
sisirgent n’est pas composé comme l’or , & l’eau cas que nous venons de marquer.tj(|P re hien moins ; ce sont deux corps de différente Ainsi il faut que tout le monde demeure d’accord que^MntV ne P euvent donc pas avoir un pareil écoule- ces connoissances ne sont point naturelles , & qu’il fauta matière subtile. qu’elles viennent ou des Anges ou des Démons. Que
rnêtu» 6 c l Ue se s hommes transpirent, est à peu près dé ce soit du côté des Anges, cela n’entrera dans la penséera d’im natUre “ Mais que ce soit tout ce qu’il vous plai- de personne , & jusqu'ici on n’a point vu que Dieu se
h Ba« u ^ lrier » d n’est pas possible que cela ferme dans soit servi de leur ministère pour de telles choses.
Sp4 Ct * sis passages de cette matière subtile , qu’on II n’en est pas de même des Démons , de qui la ma-
< siv ro j t , r ? lt fortir des métaux , & dont le mouvement lignité a été de tout tems appliquée à séduire les hom-
c ôté n „^ tre Excessif. Enfin , M. R. P. , de quelque mes par des charmes , des prestiges & des enchantemens
continuels. Car il sc peut dire que le propre du Démonest de tromper le monde , & de s’en attirer la créance,& particulièrement en apprenant l’art de deviner à cer-taines personnes qui s’abandonnent à lui.
C’est une mauvaise raison pour justifier cette condui-te détestable , de dire que ce sont des gens simples quiservent à ces sortes de découvertes ; car on fait que ce
soiijo^r', v ° Us envisagiez ces effets , vous y trouverezv °tis l es S nouvelles impossibilité?! ; de sorte que plussent k • eXa minerez , plus vous reconnoitrez qu’ils ne
4^ nt naturels.
n’àttir en j arc ^ ^ si cire d'Espagne , de l'ambre, &c. ilsa sin ^^des cor ps sort légers & de fort près ; &0n jj^sient , il saut les frotter un peu rudement.
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bien qu* en frottant tabrëeonrre'S'tíïï; font cenx-lì aissquels le Démon ,'adresse plmo. qVaultepartiœte; _ a, particules ftmt ^.L, entre,, par deux tassons; lune, prçequ on leur «npofe
Mêmes
l’air subtil qui étoit entr’elles ; enfin ces plus facilement à cause de leur crédulité, l’autre, parce-í,r chaff/ tlcu si s cessant peu à peu leur mouvement, qu’ils sont moins suspects, & qu’ils ont un caractère detQUrs , fr entre au ® P eu ^ P etJ , & entraîne dans son bonté qui ne donne aucune défiance.
colle à l’ambre les brins de paille proche de Cependant quoique la Baguette puisse s’incîiner naru-
G rel-