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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, à. rj

Íí de lârgent , le Démon va jusquà découvrir des vo~ lui, & les tient attaches, jusquà ce que tout lair ítib**eurs & l eur l árc in , afin dexciter la curiosité des hom- til soit rentré. Ces effets font si éloignez de ceuxtoES s 8c donner même aux plus stupides des soupçons de Baguette , quil nest pas raisonnable de sen servirJ u d ®st de la partie, & que la curiosité & la cupi- pour en autoriser lusage. Je sais bien quon reviendrálïe étant réveillées , ils sàveuglent volontiers , & toujours à dire que nous ne connoiífons pas les secretse giíTent dans le trouble dune conscience mal assurée* de la nature, & quainsi ce nest pas à nous à juger de

ce qui est ou nest pas naturel. A quoi je répons queSimon navoit quà dire que cétoit naturellement quilsélevoit dans les airs. Je répons quà la Chine il y ades mouches , qui naturellement enlèvent les hommes *ou traînent dés chariots ; & ceux qui me répondront

Nonobstant les remords secrets. Que faire donc dánsrencontre ? Se servir des dernières démarches due naon , poyr condamner généralement tous les usagese si Baguette. Le Démon sest coupé * il a décou-Crt tous les artifices : car il est visible , quil a agiP ar degrez , A que non content de ces premiers ufá-& es de la Baguette , il est venu jusquau point que° US me mandez. Ainsi puisque cest le même Ac-

teur

stui a perfectionné son ouvrage , on ne peut, &

que cela nest point naturel , se contenteront sil leuíplait de ce lieu commun , quils ont tort de juger dessecrets merveilleux de la nature.

Voilà, M. R. P. , une lettre bien longue , & qui

0n ne doit condamner une partie des usages la Ba- voiis sera bien ennuyeuse. Jen juge par moi-même, &guette sans les condamner tous ; car on doit avoir une cependant je ne répons point à bien des questions qu*

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Horreur -- - j- " "

jy générale de tout ce qui vient de celui que^ a frapé dun anathème éternel.

vous me faites. Je vous prie de ne le point trouver

t _ mauvais ; car je fuis persuadé que vous ne me les faites

Ce nest pas ,«M. R» P. , quon ne puisse reconnoi- pas comme ayant besoin de mes réponses * mais parce-

E certainement que la découverte de leau même & des que quelques personnes ont souhaité que vous me les

etau x, par le mouvement de la Baguette , nest point si fiiez. Quils se contentent des vôtres , elles valent

mieux que les miennes, & vous pouveZ plus facilementles dire que moi les écrire. Je fuis, &c.

birelle. Mais cest que pour instruire les gens par te v oye , il faudroit leur apprendre la Physique,abstruse, & qui demande plus de loisir & de t ra*ce / ^ Ue n'cn ont ceux qui font obligez de remédier àdésordre; 8c ils feroient tant dobjections fondées furdt propre ignorance des vrais principes de la Philoso-jj » que ce ne seroit jamais fait. Pour vous, M. R.> vous savez quun corps nest jamais mil par un au-re sil nen est poussé , & quainsi le mouvement dat-ra ction est une chimère.

_ Cela supposé, & que vous avez lu ce que dit Mon-ieur Descartes fur 1 aiman, ou ce qui en est dit dans lePénultième chapitre de la Recherche de la Vérité; ima-|^nez tel cours quil vous plaira de la matière invisible,ch US , trouverez toujours que cette matière subtile nea era jamais en rond, mais pâr les pôles , lair qui se-siez 111 ^ ^° r à si Baguette ; fi ce nest que vous suppo-stue Dieu en produise sans cesse de rien dans leCntre de cet or.

Lettre de Monfienr l'Abbé de la Trappe , à M&njicurl'Abbé de Malebr anche.

I L y à longtems que je vous fais attendre* Monsieur*une méchante réponse à la lettre que vous avez prisla peine de mécrire. Je lai lue & relue , & je lai faitlire à des gens plus habiles que moi ; tous sont entrezdans mon sentiment , qui nest guéres différent duvotre.

Je crois quil se peut faire pâr une vertu naturelle quela Baguette se remue sur leau & sur les métaux, quel-le les découvre , & quelle les fasse connoitre. Cela neparoit pas être au dessus des forces de la nature * & neseroit pas plus extraordinaire que le mouvement de Pai-été touchée dune pierre daiman.

guille qui a été touchée dune pierre daiman. Mai;

Que te louis dor devroteu agir teuus fur te.u- que h q "* ^1" ÙÎLme'

tes , s*attirer ou f- repousser comm les -im-us agissent t r,v 0,0 ne le font nas .

Mutuellement lun contre lautre. Car même si l'aiman

a git fur le fer, cest que dans le fond layman est pres-se tout fer,

tre ceux qui ne le font pas , quelle marque une bornequi a été changée, quelle ne la marque point lorsquonna plus lintention de la trouver , cest ce qui est im-n , . , _ possible à la nature ; car ce voleur naquiert pas par son

som a Un ° U1S ° °- r e ^ Un . cor P s tro P P ett , 8c trop larcin aucune qualité physique, non plus que Cette pier-re nf 3 - ^°r r fec£VOir en une âà grande quantité fe qui a été ôtée de fa place. On peut dire la même

^ a £u atlere > pour chasser l'air d'entre lui & la chose de cette intention qui a été rétractée ; la nature ne

ôf ^ E^e, & la faire avancer. Il faudroit un bon aiman se peut étendre jusques-. Comme elle na ni connois-

Piefi °j comme si tete, pour mouvoir un aiman à deux sauce ni liberté , elle agit toujours de la même maniérej;

par p âârme , quoique la matière subtile qui passe si ce nest quelle en soit empêchée par des rencontres

a, man, ait une agitation prodigieuse. purement physiques : ce qui ne se trouve point dans les

sisirgent nest pas composé comme lor , & leau cas que nous venons de marquer.tj(|P re hien moins ; ce sont deux corps de différente Ainsi il faut que tout le monde demeure daccord que^MntV ne P euvent donc pas avoir un pareil écoule- ces connoissances ne sont point naturelles , & quil fauta matière subtile. quelles viennent ou des Anges ou des Démons. Que

rnêtu» 6 c l Ue se s hommes transpirent, est à peu près ce soit du côté des Anges, cela nentrera dans la penséera dim natUre Mais que ce soit tout ce quil vous plai- de personne , & jusqu'ici on na point vu que Dieu se

h Ba« u ^ lrier » d nest pas possible que cela ferme dans soit servi de leur ministère pour de telles choses.

Sp4 Ct * sis passages de cette matière subtile , quon II nen est pas de même des Démons , de qui la ma-

< siv ro j t , r ? lt fortir des métaux , & dont le mouvement lignité a été de tout tems appliquée à séduire les hom-

c ôté n^ tre Excessif. Enfin , M. R. P. , de quelque mes par des charmes , des prestiges & des enchantemens

continuels. Car il sc peut dire que le propre du Démonest de tromper le monde , & de sen attirer la créance,& particulièrement en apprenant lart de deviner à cer-taines personnes qui sabandonnent à lui.

Cest une mauvaise raison pour justifier cette condui-te détestable , de dire que ce sont des gens simples quiservent à ces sortes de découvertes ; car on fait que ce

soiijo^r', v ° Us envisagiez ces effets , vous y trouverezv °tis l es S nouvelles impossibilité?! ; de sorte que plussent k eXa minerez , plus vous reconnoitrez quils ne

4^ nt naturels.

nàttir en j arc ^ ^ si cire d'Espagne , de l'ambre, &c. ilsa sin ^^des cor ps sort légers & de fort près ; &0n jj^sient , il saut les frotter un peu rudement.

i

bien qu* en frottant tabrëeonrre'S'tíïï; font cenx- aissquels le Démon ,'adresse plmo. qVaultepartiœte; _ a, particules ftmt ^.L, entre,, par deux tassons; lune, prçequ on leur «npofe

Mêmes

lair subtil qui étoit entrelles ; enfin ces plus facilement à cause de leur crédulité, lautre, parce-í,r chaff/ tlcu si s cessant peu à peu leur mouvement, quils sont moins suspects, & quils ont un caractère detQUrs , fr entre au ® P eu ^ P etJ , & entraîne dans son bonté qui ne donne aucune défiance.

colle à lambre les brins de paille proche de Cependant quoique la Baguette puisse sincîiner naru-

G rel-