DE S PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, &t. 45
Exhalaisons, & ces corpuscules de la transpiration in- dement une Baguette. Qu’auroit dit le Père (s) Kir-
» sensible , ont ássez de subtilité , & assez de force ter d’une telle pensée, lui qui après avoir fait des expé-
pour pénétrer dans les por.es de Jacques Aymar, & riences autant qu'homme du monde , surtout touchant
** P°nr imprimer à la Baguette ce mouvement rapide le qualitez sympathiques ou magnétiques , ne pouvoir
Me nous lui voyons quand elle tourne. s’empêcher de rire , lorsqu’il entendoit dire que les ex-
. Voilà donc toute la question réduite à deux difficul- halàisons qui sortent des minières ou des trésors cachez,te? > qui sont presque les mêmes que les deux points peuvent faire remuer une Baguette qu’un homme ferresi ue nous avons distingues en examinant les hypothèses des deux mains. Voyez, je vous prie, ce qu’il en àde Monsieur Garnier & de Monsieur Chauvin. Passons à l’autre difficulté, savoir si les vápeurS & les
exhalaisons ausquelles on attribue le mouvement de laBaguette » fe sont trouvées par-tout où elle a tournésCette feule difficulté vùidéè s il ne reste plus rien à exa- 'miner; Car si l’on démontre qu’ellé a tourné là où lávapeur des corps fur lesquels elle fe meut , étoit entiè-rement dissipée * il est clair que ce n’est pas ce qúi s'ex-hale des corps qui cáuse ce tòurnoimertt.
Comme l’Auteur de la Physique occulte , dit en plu-sieurs endroits (p) „ Que c’est la même conduite de k„ nature dans le mouvement & l’inclinaison de là Ba-i„ guette divinatoire fur les trésorsfur les sources„ d’eau, fur les minières d’or & d’argent , que fur lá„ piste des criminels, puisqu’elle tourne par les vapeurs*„ les fumées, & les corpuscules qui se transpirent de ceâ,, différentes choses ” ; il suffit d’examirter si là vapeurdes meurtriers n’étoit pas dissipée * lorsque la Baguettétournoit sur leur piste, (q) Ór je crois avdir démon-tré , & vous en convenez , qu’il ne restoit plus rien dece que les meurtriers avoient exhalé fur la rivière, lors-
ía première : Si les vapeurs qui s’exhalent des corpsu , r fsquels la Baguette tourne j se sont trouvées par toutQu Baguette a tourné.
j, r f ec °nde : Si elles peuvent tordre une Baguette en-le les mains d’un homme qui la tient bien serrée.
■ £ ^ tuteur commence par la seconde difficulté , qu’ilc Propose ainsi. „ Les (m) symptômes si étranges de** Jacques Aymar» & le mouvement si rapide de lâBâ-ix guette , qui vâ quelquefois jusqti’à lui blesser les1} mains , [so n t des choses fur quoi ceux-mêmes qui fe" P'siuent le plus de Physique, ne peuvent point passer.51 ^Auteur de la Lettre fur la Baguette, qui est insé-1 ree dans le Mercure du mois de Janvier 169 3. n’a** P as manqué de fe divertir fur cet endroit. CommeP H * êc dit les Choses âveC feu , il représente la5 'mculté dans toute fa force. ' Croyez-vous, (n) dit-' 1 5 Monsieur, qu’il n’y ait point de ridicule à fup-” poser, que d’une petite partie dé métal, d’une piéce5í " e quatre sols, par exemple , il sort une assez grande
-- M de corpuscules pour .ordre uue Bague* jus-” siU’à la rompre, ou à blesser les mains de celui qui la51 dent bien ferrée ?
. Voilà la difficulté , voyons la réponse. Je fuis cu-
! le ux d’abord de voir si elle est bien longue, je parcours
ks pages , j’en vois soixante destinées à cette difficulté.
^Uelle longueur « dis-je en moi-même. Je les lis néan-
moins fort exactement ; & au lieu d’y trouver la répouíe n.._ >
donc décidée » à l’égard même de toutes les autres cho-ses fur lesquelles la Baguette tourne.
Mais l’Auteur du gros traité de la Baguette divina-toire , pourroit avoir remarqué quelque chose de fort,que nous n’aurions peut-être pas prévu. Voyons doncce qu’il dit fur cette difficulté. II reconnoit qu’elle fàicde la peine à plusieurs personnes j & il veut bien se k
j 1 . çojxiíxie elle est conçue dans la Lettre qu il à
que je, cherche , j’y vois beaucoup de jolies choses, F?po proposant la première difficulté. On
Ruelles il ne manque que d’être placées ailleurs. Les 5? off j ,1 ^ - «.- '
l^U La transpiration supposée dans tous les corps,
* Auteur montre que les vapeurs répandues dans 1 air»minent les pluyes, les orages & les inondations qui ragagent les campagnes : qu’elles enflent les portes & lesmètres : que mêlées avec les exhalaisons , elles rendentair froid ou chaud , sec ou humide , plus ou moinsPssant ; & qu’elles agitent les petites machines qui ser-ont à faire connoitre les différens changemens de l’air.
^‘dessus les Thermomètres , les Baromètres , les Hygro-sont décrits bien au long. De-là on passe aux
J y es ,
«fit '
p ,rets de la poudre à canon, & de l’or fulminant. En-f Q . V e que font l’eau dans les cordes bien tendues , le^ 3nS * £S Ve ® es * êe les esprits animaux dans lesD01,! . , terminent tout ce que l'Auteur avoit à dire
Pou * terminent tout ce queRépondre à la difficulté.
«st si 3 '! a P r ^ s avoir lu tout cela, je demande encore oùte, re P°nse ; car enfin il n’est pas question de la for-tïiofj. 11 ,des effets des vapeurs répandues dans toute l’at-°f.igç s e ^ e de l’air. II pourroit fe former de furieuxqu'u ne & f° u s les thermomètres pourroient fe dérégler ,
de vo,.m^ce de quatre sols n’en seroit pas plus en état" ^lser _r>_..._.nr.»_
n a , dit-il , qu'a lire fur cela ce qui fe trouve dans uneLettre , qui a été mise au Mercure Galant du mois deJanvier 1693. page 17. (si r 8. On y verra cette objeélìonménagée avec foin (si avec plaisir. St /’ Auteur n'y paraitpas Philosophe , il aura du moins la fatisfaélion d’y paroitreRhéteur. ,, J’ai lu avec attention les Dissertations qu’ùií„ nous a envoyées de Lyon » & j’ai été ravi de n’y„ trouver ni qualitez occultes , ni influences d’étòiles.,, La matière subtile y voltige agréablement ; les cor-„ pustules y sont d’une agilité, & d’une souplesse pro-,» pre à tout ce qu’on peut desirer ; le manège qu’ont,, leur sait faire m’a réjoui, & jë voudrois de bon cœur„ pouvoir être content des stations qu’on leur assigne*,» des chemins qu’on leur fait tenir, & de tous les mou-„ vemens qu’on leur donne ; mais comment passer tout,» ce qu’on exige des corpuscules ? On fait demeurer„ des mois entiers tout le long d’un chemin de cent,i lieues, ceux qui se sont exhalez du corps d’un stélé-„ rat. On veut qu’ils restent suspendus à la hauteur dá„ quatre ou cinq pieds, fans monter rii descendre j sans„ s’écarter ni à droit ni à gauche , & qu’ils soient sou-
de p et j| ler y ers une Baguette une assez grande quantité „ jours prêts à donner fur une Baguette pour la faire
n u : ! c °rps pour la tordre entre les mains d’un hom- », tour-»
t * * la tipn, r—'■
t.òrf * a tlent bien serrée.
, Va P e Urç 6 dsns un tems humide l’air est fort chargé dees cordç C ° mrne de tous cotez elles entourent,, le bois &r° reSj il n ^ qu’infensiblement elles pénétrent dans les% r ab!es ^constant qu’elles y font des effets très con-
_ (0) De munbsubtei. I. 10. secí. 1. cap. 7. Unde passim à péri-'tis 8c timoratis, sey magicx illusionis ex quoeumque tandem pac-to vanitas introducta ;relpuitur. Neque enim ulla ratio dari pò-test, cur virga bifurcata utroque cornu firmíter appreheníà, etianiomni magico pacto exclutd , tantatrí tamen violentiam à vapori~bus metallicis sustineat, ut illam deorsùm trahant. . Si qui.
^ exhalé j, Mais faudroit-il conclure de-là que ce qui dem fierinon possc puto . ut virg* non équilibrasse , sed vioîen-dans „ "Un petit not plein d’eau qu’on conferveroít ter tortse in Iatentia metálla tantam & tamsubitaneam vim im-
là- â >° *«» * * *•*«»
N exar-.- • , . sympaticx rerùm naturalium actíones efteétum habeant, dici vix
"U Oq . ’ ln Ons donc pas si de tout |ce que l'Auteur a 'k quant0 ingenio 8c industriâ opus sit 8c praecifr équilibra-fiéce d- Ut «N Conrlnrp rinp rp mit s’exhalp d’nnp optitp si-sint ; ut «ami;--
Conclure ciue ce qui s’exhale d’une petite tioue corpora disponenda fint ; ut proinde omnes ridendi siijt,
ìnt . Deut x L us momens faire tourner’ rapi- qui virgulas illas bifurcatas mambus apprehensas. à tam subtiU bar.peut a tous inqiucHs w jjtuum vi concitan posté sibi imaginante, - j
(p) Page ijy. -, • , iitV
, t . (^) Dans la Lettre fur ks hypothèses de M. Garnier Lc de w»,
^ , Ghauviíî,'
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