4 e HISTOIRE
„ tourner entre les mains d’un certain homme , toutes■„ les fois qu’il passera par ce chemin.
L’Auteur de la Physique occulte appelle cela du bril-lant , à quoi il veut opposer quelque chojè de solide. Voi-ci comment il s’y prend.
îl répond i. „ (r) Que les vapeurs , îês exhalaisonss, & la transpiration, ne se mêlent dans l’air, que com-„ me les corps hétérogènes , (i) ou comme les vingt„ quatre lettres de l’alphabet, c'est-à-dire , qu’elles con-,, fervent toujours leur puissance. .2. (t) < 9 «’elles cïoi-„ vent nager comme une huile fur le jiquide de l’air„ grossier, & ne le céder qu'à l’air plus subtil qui tient», le dessus. Et s’il arrive que quelque accident déran-„ ge cette subordination de corpuscules de différente fi-3, gure & pesanteur , ils ne manquent pas de revenir„ bientôt , & de reprendre leur situation naturelle ”.Cela se prouve par l’expérience assez commune de la pnio-îe qui représente la situation des 1 quatre élémens , & parcelle de deux phioles à long col, dont l’une qui est plei-ne d’eau est renversée par le goulot-fur le goulot de l’aU-tre qui est pleine de vin , où l’on voit le vin,monter,& l’eau descendre. Cela se prouve encore par la fumée(v) du tabac qu’on fait passer dans une phiole pleined’eau. On a foin d’éclaircir tout cela par la figure d’unhomme qui fume , & de nous dire , après MonsieurTavernier & Monsieur de la Loubere, de quelle manié-ré les Perses-& les Siamois prennent le tabac.
Ici l'Auteur (x) veut qu’on considère que les corpsmêmes homogènes ne se mêlent pas toujours . II le montrepar les corpuscules de la lumière , qui nous font voir lesobjets. ,. Or , dit-il , le volume inébranlable de ces„ petits corps , nous représente très bien l’état de consi-„ stance des corpuscules stagmns dans l’air , malgré les„ vents & les tempêtes. Car enfin les atomes lumineux„ ne reçoivent point d’altération par les mouvemens de„ l’air agité j & ces rayons quelque vent qu’il fasse, ne„ se rompent & ne se dissipent point dans l’espace qu’il„ y a entre l’objet & les yeux. En effet si cela arri-„ voit, nous verrions les objets agitez : ce qui n’arrive„ pourtant point.
Vous vous souvenez , Monsieur , que nous avonsrépondu à cette difficulté , je n’ai rien à y ajouter.Laissons continuer l’Auteur, il va faire la description dela Lanterne magique , c’est-à-dire , d’un lanterne de ferblanc , dans laquelle on met au fond un petit miroir ar-dent de métal , au milieu une lampe dont la mèche estfort grosse , & fur le devant à l’ouverture Un tuyau àdeux verres qui grossissent les objets. Si entre la lumiè-re & les verres on met de petites figures peintes avec descouleurs transparentes, fur du verre ou fur du talc, ces'petites siuures vont se peindre en des formes monstrueuses& gigantesques fur une muraille bien blanche, dans unechambre obscure.
Enfin après bien des choses , qui n’ont pas trop derapport.au sujet, l’Auteur voit bien qu’il n’a pas. enco-re fait entendre comment une traînée de petits corps peutdemeurer fort longcems suspendue en l’air dans une mê-me place depuis Lyon jusqu’à Gènes , fans que lesvents, la chaleur du Soleil , & plusieurs autres causes ladissipent. Aussi se propose-t-il de nouveau la difficul-té , pour y répondre précisément sans digression. Ondemande , (y) dit-il, comment les corpuscules des meur-triers de Lyon ont pu demeurer fur la rivière & fur lamer , ou rien ne parois propre a les tenir arrêtez,,
REPONSE.
,, II ne faut pas s’imaginer que ces corpuscules qui« nagent dans l’air, ayent besoin d’un sujet d’inhérence,, pour s’y attacher , afin que le vent ne les emporte
C R I T I Q. U E
„ pas. C’est par les loix inviolables de ïà nature fju’ib„ sont flagnans dans la basse région de l’air. Ils ne peu J„ vent ni s’élever ni s’abaisser, tant qu’ils ne feront pas»„ ou plus légers , ou plus pesans en pareil volume que„ l’air, dans lequel ils nagent , & se balancent comme„ l’air sur l’eau , sans qu’il soit nécessaire que quelst ue„ chose les retienne dans la région où ils sont , puisst ue„ k qualité de leur nature particulière les y retient.
Qui auroit cru que tout ce que l’Auteur avoit à di-re , alloit se terminer à supposer que ces petits corpssont siagnans dans l’air , qu’ils doivent toujours deme 11 *rer dans la même place, & que telle est leur nature ?
Nous n’avons donc qu’à montrer qu’ils doivent êtríentraînez par ceux qui les heurteront , & que le stu'mouvement qusils ont reçu en transpirant, doit les fai realler les uns d’un côté, les autres de l’autre , ou les fu^monter plus haut que la hauteur d’un homme.
Vous pensez sans doute, Monsieur , que je vais ren-voyer à ce qui a été dit fur les hypothèses de Mon-sieur Garnier & de Monsieur Chauvin, je pourroj 5bien le faire , mais la Physque occulte suffit pour étabjtfces deux points , & pour détruire la supposition 3servi de réponse. Voyez, s’il vous plaît, ce que l'Au-teur jdit fur cette question : (*) Pourquoi la Baguess’incline , vers la terre.
R E' P O N S E.
„ J’ai déja remarqué qu’elle se meut de cette maniés„ pour se rendre parallèle aux lignes des fumées ,
,, sont dessus les pas des criminels. Or il n’y a poi slt>, de doute que les fumées que l’ceil n’apperçoit null e "„ ment, s’élévent en haut ; puisque celles que les yeU*„ découvrent tous les jours , se meuvent de la„ Les évaporations par lesquelles la matière subtile &„ détache de certains corps, portent les fumées en hau^
, „ & c’est, dit (a) Fracastorius , le premier mouveinèçÇ„ qu’on leur remarque.
Pouvoit-on faire entendre plus nettement que la trB<spiration des meurtriers s’est dissipée en fort peu de tefl TS jpuisque toute exhalaison s’éléve en haut , & se répaíyde tous cotez à la ronde ì L’Auteur en touche rnêm e ‘ 3raison ; c’est que les exhalaisons ne se détachent pas ^corps fans mouvement. Or ce qui est en mouvement ’continue à se mouvoir suivant la détermination qu'i' .reçue.
Voila la première cause qui fait que ce que les h o(Ji "mes exhalent le long d’un chemin , ne peut demetf* rplusieurs jours dans la même place. ;
Une autre cause, est que ce qu’ils transpirent seve exposé au mouvement de l’air & de la matière sub trle qui les emporte , & les dissipe en fort peu deCe fera encore l’Auteur de la Physique occulte qui v< ^le dira lui-même en répondant à cette question (b) ^
demande comment sacques Aymar a pu reconnoit*pots , tes verres , la serpe , & les autres choses que I e5 l 'sajsins avoient touchées.
R E’ P O N S E.
», Les mains transpirent : il n’y a pas lieu d’en„ ter. Gela paroit même sensiblement, quand j?
„ che une assiéte d’argent bien polie ; la trace des„ s’imprime dessus comme une petite vaP®,^,
„ QJJE LE MOUVEMENT DE L’AIR VOISIN p ®
„ CHE ET DISSIPE ASSEZ PROMTEMENT. ^
Après cela que reste-t-il , qu’à conclure en cette r lesniére ? La Baguette a tourné fur la .rivière, où » if petffprincipes de l’Auteur de la Physique occulte , * â o ^ rP édes meurtriers ne devoit plus subsister. EH e 3 C fat
Pige 381.Page S 3.Page 86.
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(si) Qax circà contagiones contingunt evaporatíofl eS fliiquaque feruntur. . . . exhalatio omnis multùm distendit 1gis autem sursùm & primò. De contag. lìb. 1, cap- !•
(b) Page 235.
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