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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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;6 H I S T O I R E

de la Baguette ne pouvoit être naturel. II est vrai,Monsieur , que dans fa Physique (i) curieuse un égardrespectueux pour des personnes de piété qui sétoientservies avec succès de la Baguette , la fait parler avecquelque restriction. Remarquez toutefois qu'il na paspour cela changé de sentiment , & quil sest contentéde dire quil ne voudroit pas assurer que le .Démon faittoujours tourner la Baguette.

Pour le Père Dechalles , la principale raison qui laempêché de décider, cest quil a cru que de tout temsle coudre avoir servi à trouver les sources ; en quoi il afait paroitre quil nétoit pas si versé dans l'Histoire na-turelle , quil la été dans les Mathématiques.

Mais je ne crois pas quaucun autre Jésuite ait parléde la Baguette, sans en condamner ouvertement lusage.Roberti {ksi, Cassius (l) , & Forerus (m ), ont hau-tement déclaré quil étoit superstitieux. Vous avez vuce quen a dit Kirker. Le Père Fabry dans fa Physi-que , & le Père Jean-François dans le traité des Eaux,ont été de lavis du Père Kirker ; & dans la Magie uni-verselle de Schott , que javois parcourue autrefois, &quil a fallu revoir pour vous satisfaire , je trouve uneLettre du Père Conrad qui ajoute quelque chose à cequavoient dit ses confrères. Comme ce Père paroit a-voir examiné la question avec beaucoup de foin à Pra-gue & à Breflaw , il a enseigné les Mathématiques,& quavec cela fa Lettre est fort courte & fort nette ;je vous ferai plaisir de vous en envoyer une copie enFrançois.

ne puis-je vous fournir quelque chose qui,, soit digne du grand Ouvrage que vous com- posez ! Je me contenterai aujourdhui de vous parler de la Baguette de Coudrier, puisque cest principale- ment ce que V. R. souhaite de moi. Je suis per-,, suadé par plusieurs raisons que cette Baguette nindi- que point physiquement les métaux, i. Parcequune,, Baguette de coudrier mise en équilibre , comme une,, aiguille aimantée , ne panche jamais daucun côté,9 , quelque métal quon mette auprès. J'ai fait cette expérience devant toute lUniversité de Prague à des,, Thèses de Mathématique. 2. Parceque le coudre qui,, croît fur les montagnes métalliques , ne laisse pas de9, monter assez haut ;au lieu de sincliner vers les- taux , qui devraient lattirer fortement. 3. Parceques , la Baguette se courbe avec la même vitesse, soit quil y ait peu ou beaucoup de métal. 4. Parcequun Chy- myste ma dit il y a plus de vingt ans , es konnen nicht aile mit der Ruthe reden , tout le monde ne fait pas faire parler la Baguette. 5. Parcequelle ne tour- ne pas toujours à la même personne. Le Père Pro- vincial avec qui javois disputé sur cette matière,9, tient à présent cet usage suspect, & le condamne dun pacte tacite.

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Encore un mot pour vous dire le sentiment de Sten-gelius, autre habile J ésuite qui a composé beaucoup desa vans ouvrages au commencement de ce siécle. U nousapprend C») que de son tems la Baguette nindiquoitp..s seulement les métaux, mais quon sen servoit pourdeviner beaucoup dautres choses ; une Baguette toutedroite à qui personne ne touchoit , se pliant en rond

tx nequaquam naturalem este , íèd vel casu, vel fraude virgulamtractantis, vel ope Diaboli, &c.

( i ) Pag. 1189. eodem Uòro fyntag. r. Diícuísimus pulsum annulisilo intra scyphum suspensi 8c horas indicantis. Utrumque effec-tum contingere quidem concessimus , at non virtute virgulx autannuli, s e d aut fraude utentium aut motione occulta cacodaemo-ni* , vel fortaffis etiam phantasiâ manum in motum concitante.Universaliter autem alserere non aufim Dsmonem semper utrum-que effectum prsestare, quoniam certò mihi constat viros religio-ns ac probiffimos, experimentum non semel infallibili cum suc-cessu tentasse. Qui quidem mordicus defendunt naturalem esté,nec fraudem ullam aut ullam phantafis emphasim intervenire,Sed nondum periuaterunt.

(k) In Goclenium.

(l) De mineralibus.

{m) Viridar. Philos.

(*t) Muudi Theoritici. p. ». cap. 3 6.

CRITIQUE

comme pour faire un cercle , lorsquort proHonçoitnom de ce quon vouloir savoir.

Voilà à peu près ce qua dit Saint Cyrille (0) fur lîîdivinations par les Baguettes , qui se rem noient s> nSquon y touchât. Si cela est effectivement arrivé decette maniéré, comme plusieurs Auteurs le rapportent»je ne fais ce quauróient pu dire ceux qui veulent q uCla Baguette ne se remue jamais, que par ladresse de ce*lui qùi la tient ; ni quel système auraient pu cherchaceux qui prétendent expliquer naturellement le tourslo 1 "ment de la Baguette.

Mais il ne sagit ici que du sentiment de Stengelius»voyez le , je vous prie , dans ce que je vais transcrisdun traité des Sorts des anciens Juifs , quun savantAllemand vient de mettre au jour depuis quelques iu°. lSà [Balle. Vous y trouverez des preuves de ce que } evous ai dit que lusage de la Baguette produit des abus*qui font gémir les gens de bien en plusieurs endroits.

Ex cap. 13.

Tra&atus de Sortìtione veterum Hebraorum. AitbortMartino Aíauritii. Basile a 1692.

H Me de çctfàopmTííct latins in eum sinem dicta son*'ut faciliùs de virgâ, quam divinam vocare soient»& qua abditos terra; thesauros , latentem pecuniam, ^ejusmodi alia mobilia bona abscondita, metallorum soi 0 'res, milites, & alii praestigiatores soient inquirere , P° s 'si t judicari. Virtutem illi revelandi & abstrusa indicé'di attribuunt vulgò , cùm vera & naturalis ratio ej llîrei, nisi ad sympathiam confugiant , affignari nequ eítfDe Peucerus sic sentit. Eodem divinationes pertinert)Metallarìis usitata , qua siunt fcioterícis (si virgules di^na. Est ea ex corylo decijus bifidus baculus , quoilli auri argentive fer aces explorant , inclinante feje eogula qua fìtb terra vena fer un t ur atque incedunt.vi id soli corylerum prasient fùrculi , dr non item catcf*"rum arborum , qua in iisdem provenerunt locis , tode&terra ait a refeílaque fucco obfcurum : est nisi quod consid 9ev(s. 7 rcêííu'j habere corilos ad metalla connatam (si occttktam : eam augent roborantque fucci , cognât a cum metalMnatura , quos ex aggesià radicibus terra , nutritionìs ca#rfugunt (si hauriunt. Sciotericis vias duBusque venar&profundifsimos miro artificio pervefligant dr designant, dif*guntque operarios ne devient , ex planorum triangulorfnatura. Hoc nimirum est , quod Deus per Hosearnpopulo castigat , baculus fuus ei indicat. Experie nt|íperceptum est virgam hujusmodi divinam scil. ejus m 3 'nu tractatam , cujus animus à superstitiosâ hac vanst 3 ^liber, ejusmodi vim plané non exercere. Ex supesi° s fbus didicimus , ipsos etiam gentiles non naturalisasribus, sed Diis fuis tribuisse, si quid virtutis hujusm 0 .di virgse ipsorum patrassent , atque inde ut patrare nt 'Deos soos comprecabantur, vel incantationes adhibeb 30 '

Si ex fucco cum métallo cognatae naturae , cur furet 1 * 0bifidus, cur corylus prxsertim, esse debet ? Certum e gre ipfâ est virgam de Calice decerptam eandem ex^ cC -efficaciam. Sympathia quam causantur , omnium iíllium superstitionum asylum est, ea verò hîc potii^ 0valet, quae alias auri sacra famés & arc ana cutff sf ir *bus siubterraneis collusio , vel eorundem saltem , f C ^operariis, cooperatio ; apud quosdam etiam rapaci s *roi , aliéna inhiantis & furantis latentia , desoff 3scondita à furacibus manibus proximi bona , qu^opus est & labor. Lusus est Satanae, avaritiamventis & augentis militum & furum rapacitatem 3 ,^çvantis , patrum verò & matrum familias , P eriCU , irX1 ,temporibus res suas alicujus pretii salvare studeu 11 Sindustriae illudentis, & res eorum absconditas raptot ^prodentis. Insuper si probae notx ars fit » simil efntra docent , qua vafritiem , istam satanicam q u S sílludere secundùm Catonem ? y-

(o) In cap. 4. Osé*.