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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES PRATIQUES SUPERSTITIEUSES,

fenter

, à h sainte Table chez les Pérès Capucins dOf-ou elle fut trouvée retirant lhostie de fa bouche,^.ensuite arrêtée. Je ne crois pas m'avancer , quand je\°} ls dirai que je crois que personne na mieux su lef n ouement de cette affaire que moi. Voilà toute la ma-§ ie * Aussi le Parlement assit son jugement principale-,tîeflt sur l e sacrilège par elle commis.

,.J e pourrois vous rapporter plusieurs histoires fem-a ples , dont j'ai été témoin. La nommée Campion*jative du Bourg de Vimoutier , a couru une partie^ Diocèses de cette Province pour tromper tout ce^ U >1 y avoit de Confesseurs en réputation , se décla-j? n J. avec beaucoup de grimaces , sorcière. Elle eutEronterie d'aller trouver de bons Missionnaires dansne célébré Mission, & après ses accusations, elle leur?mit des philtres, des charmes, des caractères, & en-, n des hosties. Un liard lui en sit fa provision. Plus^ . le qn e lAvenel , qui ne sachant ou cela se ven-crut nen pouvoir avoir quen les dérobant chez'^pucins. Elle devint pourtant plus savante danspnson dOrbec avec le tems, & elle en fit auffi faP 0v ffion pour deux liards , chez un Mercier du lieuk Faveur

® distinction

r/*?» hiais ou découvrit la fourberie deux jours après,pitié !

. Si une autre histoire arrivée à un Gentilhomme quedois bien, connoitre

pourrois mempêcher de vous, la raconter. Je meJhtenterai de vous dire que tout autre ,. moins résolu? Un peu plus crédule

viable

quelle rendit â un Ecclésiastiquequi elle se voulut confesser. II les

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beaucoup de lieux & peut-être par-tout avec leurs sor-ciers. Ceux du Canada les apellent Jongleurs. Quoi-que communément parlants ils soient de vrais charlatans,néanmoins un Canadien qui fait par son expérience maassuré leur avoir vu faire des choses qui font fort extra-ordinaires , & peut-être surnaturelles Tout cela mefait croire que la magie & lidolatrie viennent dun mê-me d*Auteur , & fe sont toujours tenu compagnie,J'estime beaucoup votre ouvrage , parcequil peut con-tribuer â désabuser les peuples , & à rendre les supersti-tions ridicules. Tout en est gâté, de tous cotez parmile petit peuple, & quelquefois ceux qui les en devraientdésabuser, les y entretiennent.

Je ne sais ce quon doit penser des histoires qui se dé-bitent de Démons familiers. Un Gentilhomme de dis-tinction avec fa Dame mont assuré avoir acheté un che-val , que le Vendeur les avertit avoir Un Démon pourpalefrenier; & quil ne le filloit point toucher, c'est-à-dire pour létriller, pour lui peigner & ployer la queue& les crins, Ils en firent toutes les épreuves, en défai-sant les traces au crin que le palefrenier y avoit faites,& auffitot elles étoient racommodées.

En lisant ce petit mémoire , je me fuis encore souve-nu de quelque chose qui mavoit échapé , que je croisdevoir ajouter, i. Cest au regard des maléfices quondit fe faire fur ceux qui fe marient, je nen ai vu aucun

II

tôliers.

plus crédule , auroit juré quil avoit vu leou du moins quelquun de ses plus favans

qui ne fût une pauvreté. Il y avoit ici deux jeunesétoit un peu plus sérieuse, je gens qui se croyoient maléficiez. Ils sen plaignaient à

qui les vouloir entendre. La femme en tomba malade,St le mal dura bien six mois : cétoit une langueur quila tenoit grabataire continuelle , & pour laquelle ellequitta son mari, & sen retourna chez ses parens. Ellene vouloit ni voir ni entendre son mari , disant quellesentoit des picqures en tout son corps au seul son de savoix. II y a plus. On prétendoit quelle sentoit patSc que jai vus naturellement par des endroits ces mêmes picqures quand il apprachoit de la maison*W auront échapez à de plus habiles gens que je ne sois, quoiquelle ne le vît, ni entendit. Ces malheureux a-

f^equils ne se sont pas rencontrez dans la même con- pestèrent des bergers pour lever le charme , & firent as-

sez dautres mauvaises choses. Jy fus enfin apellé. Jeles repris de leur impiété. Je persuadai à la jeune fem-me de souffrir que je fisse venir son mari. Je leur in-

Vous comprenez bien , Mon Révérend Père , qúesous ces faits arrivez autour de moi , fans les avoir re-perdiez , & que jaéchapez à. ne fe sont pas

facture » diminuent bien la créance queje pourrois pren-ne à toutes celles que ie n ai point examinees , Sc queL, , . . - * . a _ j/c _o- r.._

etre esprit fort, je puis être bien défiant & sor mes

livrez. Èst-ce un miracle que jai fait ? Je ne le croispas, ni ne lai jamais prétendu : mais je crois avoir mieux

arrangé leur imagination

^ r, ies quand on men raconte. Jai vu , par exemple, spirai des fentimens plus Chrétien?, & plus raisonnables,de foiblesses dans les visions , révélations , appari- les fis prier Dieu ensemble , Sc me joignis à eux , Sc'°, ns » extases & choses qui font les plus saintes en elles- leur ordonnai de ne se plus fuir, mais de réitérer enfem-soeines , que cela passe l'imagination , 8c des effets de ble leurs prières, & dès le même jour ils sejentirent-lt sogination qui sont sorprenans , & incroyables. Le'roirez vous ? Le fouet & la flétrissure de Marie Bu-I e ne lui ont fait rien rabbatre de lentêtement de se°nner pour une sainte à miracles ; este continue fa ma-j^uvre , elle a des disciples, elle trouve un azile , &geiit- 11 encore autant coûter , este soutiendra la ga-

y a encore un reste de paganisme , pratiqué enLe C ° U P âe lieux qui auroit bien mérité d'être décrié.

£. peuples favent-ils une fontaine aux environs duneRué' -6 dédiée à quelquun de ces Saints quils disentsoùv' r certaines maladies , il y courent en boire , &

Un i- ent kver publiquement & tous nuds. Je faissooor' U H ne P eut y avoir de fontaines, le peuple aPeu 6 i Une veille mare deau puante & bourbeuse. CestP r ocesT *~ urez voisins y mènent leurs Paroissiens enìls i es 'Ou , & après avoir fait leurs prières à l'Eglise,

P Q Ur L len ? nt faire station au bord de la fontaine , oule u 0 ten ir la pluye en tems de sécheresse, ils plongentde la Croix.

b Uerit stalle cathégorie faut-il mettre la pâte que distri-fant n CCrta ' ns R mendians contre les sortilèges ? Il lah (jP rter sor soi , & la faire tremper dans leau, pourdit q^ î, à hoirs à des animaux ensorcelez. Ils mont^^ant ^ E henite par certains Evêques de Flandres,vq^ P°Uvoir du Pape. Quest-ce que cela veut dire ?ditj Qti a .^ ez recherché avec beaucoup de travail & déru-lèrn(q e ant iquité des superstitions & sortilèges. II meïe Urs Vous auriez pu toucher quelque chose des er-es Peuples Américains , que lon a trouvé en

car la femme sor-tout lavoit

des plus vives.

II men est encore tombé aux mains plusieurs autresde cette espèce , que jai renvoyez à des Médecins quiles ont parfaitement guéris.

r. 11 semblerait par ce que vous dites que vous nevoudriez pas trop quon fe servît des exorçismes contrecertaines calámitez publiques , comme des infectes , oumaladies contagieuses des animaux , ou pour la conser-vation des fruits de la terre. Vous savez que plu-sieurs Rituels Diocésains en contiennent les formulai-res , & en prescrivent lusage. II s'y en trouve

même contre les orages & les tempêtes , & il me

semble quil les faut substituer tant quon peut pourmieux abolir les superstitions ; car le peuple na re-cours à ces impertinences , que parcequil ne faitrien de merveilleux , & quil veut des choses sen-sibles. Leau benite est faite en partie : Ad effitgan-

dos Dœmones , morbofque pellendos ut quidquid indomibus hsc mda, refperferit , careat omm immunditiâ ,liber et ur à noxâ , non illic rejìdeat Jpiritus pestilens ,non dura corrumpens &c. Je ne regarde pas commeune chose de petite conséquence dans le Christia-nisme de le purger de toutes ces niaiseries populaires,comme de toutes les superstitions qui le deshonno-rent. /

Ne pourriez-vous pas dire un mot qui avertîtles Magistrats , quand ils examinent un malheureux,

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