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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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HI STOIRE DES

liste; lEditeur dit simplement : Je n'ai point ose' mê-ler mon travail avec le Jten. Il y a un petit air diro-nie dans ces mots, dun homme ji diftingué. Le P. leBrun, qui na d'autre mérite que davoir été bon Phi-losophe, excellent Critique , & très versé dans l'Etu-de de lAntiquité sacrée & profane, doit necessaire-ment être un petit homme aux yeux dun Ecrivainconnu par une brochure rimée, par quelques gazettesLittéraires , & par quelques léthargiques sermons ?Mais si le Journaliste nétoit pas en état de discernerle mérité de ce savant homme, il devoir sen rappor-ter aux témoignages si avantageux des Dupins, desAlexandres, des Pougets, des Malebranches, des DuHamels, des Gallois, des de la Hire, & des Fonte-neiles. Ces grands noms nimposeroient ils point ànotre habile Journaliste?

IV.

U Editeur , suivant Pusage , met toujours la force &Véquité du côté de son héros , <jr la foiblejfe (fr Pinjufticedu côté de celui de fes adversaires.

Rien de plus faux que ce que dit le Journaliste. LeP. le Brun a eu deux disputes littéraires, lune fur lacause du mouvement de la Baguette divinatoire , 8clautre fur la forme de lEucharistie ;, & il sen fautbien que lEditeur lui donne entierement gain de cau-se. II lui reproche d'avoir cru le Démon Auteur dumouvement de la Baguette divinatoire, ce que lEdi-teur est éloigné de penser, & à l'égard de lautre point,il avance discretement que le P. le Brun na point ap-porté de preuves assez fortes pour justifier lalterationdes Liturgies Gallicane & Mozarabe, oh l'on ne trou-ve pas la priere de linvocation ; ce qui est lobjectionla plus forte contre le sentiment quil a voulu établir.Est-ce mettre toujours la force (fr Péquité du côté deson Héros , (fr la foiblejfe (fr linjustice du côté de celui defes adversaires? Le Journaliste na point lu cet Eloge,ou sil la lu, il faut que ce soit fans réflexion. Il aconfondu le fonds des disputes avec les indignes pro-cédés que certains Critiques ont tenu à légard du P.le Brun; procédés justement condamnés par toutes lespersonnes désintéressées.

V.

Dans le Journal du mois de Fevrier iyoz. on a ren-du un compte exaél de la premiere Edition de ce Livre.

Je veux apprendre une petite Anecdote au Journa-liste , cest que le P. le Brun a lui-même composé cetExtrait.

VI.

U tuteur entre quelquefois dans des détails qui sem-blent P éloigner un peu de son but. . . . On lui pardon-nera sans doute d'avoir sacrifie la justesse de son ouvra-ge a P instruBion, (fr d P amusement de ses LeBeurs. Ontrouvera peut-être qu il se laisse un peu trop aller au plai-fir de parler sur des matières dont quelques-unes appartien-nent plutôt a P Histoire naturelle , qu a P Histoire dessu-perstitions.

J'ai réuni cés divers endroits parce quils ont rap-port au même objet. Mais peut-on sempêcher de rireen lisant cette puérile Critique ? Le P. le Brun sait unouvrage divisé en deux parties. La première roule furle discernement des effets naturels, & îautre fur laCritique des Pratiques Superstitieuses. Dans le pre-mier Traité il parle en Philosophe, & entre dans desdétails de Physique, & dans le second il s'étend surdes Pratiques Superstitieuses: mais cette Méthode neplaît pas au journaliste: & selon lui le P. le Brun, entraitant du discernement des effets naturels, auroitsabstenir des détails de Physique. Ils semblent P éloignerun peu de son but , il a sacrifié la juftejfe de ftn ouvragea Pinftruttion (fr d P amusement de ses LeBeurs , il selaijfe un peu trop aller au plaiftr de parler sur des ma-tières dont quelques-unes appartiennent plutôt d P HistoireHaturelle , qu d IHìftoire des Superftitiohs. Le Jour-naliste auroit donc voulu que le P. le Brun eut rem-pli de Pratiques Superstitieuses un écrit fur le dis-cernement des effets naturels, & quil eu t inféré dans

lEIistoire des Pratiques Superstitieuses des faits ap-partenans à lHistoire Naturelle (aj.

SpeBatum admijft rifum teneatìs amicì.

Pçut on abuser avec si peu desprit, de la vaine dé-mangeaison de critiquer ! Peut-on heurter si ouverte-ment le sens commun !

VII.

L'Editeur nous apprend que le P. le Brun y a retiratout ce qui se trouve épars dans la première Edition deson Ouvrage. On y remarque copendÀnt des additionsfort intéressantes.

Cette belle remarque ne fe trouve ni dans la Préfa-ce, ni dans lEloge Historique du P. le Brun: ell enest donc pas de lEditeur, mais bien du JournalisteLEditeur a lui-même indiqué dans la Préfacé ces ad-ditions intéressantes.

VIII.

II semble cependant , malgré P exaBitude de l' Auteìfí *qu'il manque quelque chose d'essentiel d cette Relation ,0$on ne nous apprend point comment elle en avoit pu if#"poser d tant de personnes, fur la contraBion de fa lan'gue , fur la tumeur de fa poitrine , (fr fur la cessationde ces accident.

Nôtre grand Critique fe feroit épargné ces frivoleobservations, sil avoit réfléchi fur le caractère dfpieces touchant Catherine Dupré, qui, après avostcontrefait la muette , prétendit avoir été guerie a°tombeau de Jaques II. Roi dAngleterre. Il y aun erelation composée des faits déposés par cette malheU'reuse dabord après fa prétendue guérison, & enfuison trouve des pieces qui renversent cette déposition»& dou resulte la friponerie de cette Créature. Q- uSfait nôtre admirable Dialecticien ? II raisonne sur cettfpremière piece, sans faire attention aux autres, 8cplaint que le P. le Brun ne nous apprend point cornuselle en avoit pu imposer d tant de personnes , fur la cofttrait ion de fa langue, fur la tumeur de fa poitrine, ®fur la cessation de ces accidens. Mais dou auroit-ilsavoir ces curieuses anecdotes ? Catherine Dupré sibile dans lart de fourber,nétoit pas assez simple p ollsfe démasquer. Le P. le Brun étoit donc réduit à con"

as

fulter une infinité de personnes qui ne sétoientdonné la peine dexaminer ces divers accidens qu e1 ^feignoit, & que le Journaliste a la simplicité de cr° lre réels. Quels éclaircissemens en auroit-il tiré ? f

Journaliste auroit encore considérer que CatheP^

Dupré ne fe présente au P. le Brun, quaprès fa P r ^ ftendue guérison , &lorsquelle a presque cessé de j oli ^la Comédie. Que lui restoit-il à faire? Sinon de oossfulter les différentes personnes quelle assurait avoir jritémoins de ces prétendus accidens. Il écrit, & ° nfournit des preuves décisives de la friponerie. :°\%voit-il porter plus loin son attention ? Pour fatisf â,re 'curiosité du Journaliste, il auroit fallu donner la fl u ^tion à cette malheureuse;encore je ne sais-je si e ° e .roit voulu parler. Par fa diligence à prendre la ^au moment quelle apprend quon va s'informerconduite passée , il paraît quelle nétoit pas trop ^posée à découvrir son secret. Je laisse au LecteuQ^soin de donner à cette critique le nom quést erite.

ÎX.o0^

TJne cause physique (fr matérielle doit , dit-il, t0 } n çeíagir de la même maniéré dans les mêmes citconj ^Physiques. Or on convient , ajoute-t-il , que I e C ° fL e dla malade étoit pesant pendant la Catalepsie, cofír ^ qftlP étoit auparavant : donc il ne pouvoit etre rem^par une force proportionnée d fin poids. , ,

Jusques à présent le Journaliste sest. ^ iVÏ£ isl'ridicule envie de faire le Critique ; mais par h g 0 so-digne supercherie il travestit le P. le Brun en pS ,phe ignorant, & falsifie pour cela fes raison 0

(») Horat. de arte Poët,