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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.

P°rtant la hardiesse jusquà mettre des guillemets, com-sil copioit fidèlement les paroles de lAuteur. Ildune fille qui se disoit Cataleptique , le P. le. lin , après avoir marqué divers soupçons de fourbe-ïle . .Assorte une preuve décisive de limposture, dontv °ici une partie : (a) ,, La Mécanique fuit toujours35 ses loix. Un corps demeure toujours dans la-33 Me place s'il nest poussé; & il nest remué que33 par une force proportionnée à son poids. On con-3 > vient que tout le corps de la malade étoit pesant3) pendant la Catalepsie, comme il létoit auparavant.33 En effet la létargie ne rend pas plus leger que le33 sommeil. Tout son corps péfoit du moins autant33 dans cet état létargique qu'il péfoit avant la létar-53 ?re. Si tout le corps péfoit cent livres, la moitié3 » du corps, depuis la tête jusquà la ceinture, péfoit33 donc environ cinquante livres. Il falloit donc pour33 élever cette moitié de corps faire un effort propor-3 > lionné au poids de cinquante livres, & par confe-53 suent il faut que cet effort ait été fait ou par moi33 lorsque je lai touchée à l'épaule, ou par elle. Cer-33 tainement ce nest pas moi qui lai fait, puisque je53 o ai pas employé plus de force quil en auroit fallu33 pour lever une once. Cest donc elle qui a fait33 c et effort proportionné au poids de cinquante li-33 Vtes. Or si elle étoit vraiment, & entierement Ca-33 Meptique avec une entiere abolition & suspension33 des sens causées par une interruption de la circula-Oion des esprits animaux , elle feroit incapable de33 faire cet effort. Elle ne connoîtroit pas même ce33 stue je voudrois faire en la touchant à lépaule.33 Donc ce nest point ici leffet dune vraye maladie,3 > mais dune feinte & dune imposture.

En comparant le texte forgé par le. Journaliste avec«raisonnement du P. le Brun, pourra-t-on nêtre pasd indignation contre l'Artisan dune pareille faus-Quil me soit permis de mécrier ici avec linge-^2ux p, Poréè(^). Quid fi bonam simulas fidem ut tuamj* ex ponendo vel interpretando , citando vel narrando ce-' K fidelitatem ? An non exclamare licet ô perfidia ! oJadmire comment le Journaliste à osé lireev ant M. lAbbé Bignon, & les autres personnes quijstmposent lAssemblée du Journal, une pitoyable rap-j°die, dont la mauvaise soi est le fondement. Pourjf Pallier il rapproche un principe incontestable surlotion des corps quon trouve deux cent pages plusì; mais qui étant étranger au fait dont il sagit ,a point été rappellé par le P. le Brun trop habile>° Ur raisonner si misérablement. L'avantage que leJ°urnaliste a retiré de cette fausseté, a été de debitercoques lieux communs de Physique, & de donner

a msi

Ur >e sublime idée de son érudition.

te ^ Ue Ce P roce< ^é justifie bien ce qu'a dit M. deFon-foy. 6 , que les Journalistes font des efpeces de juges

f fajets k être pris d partie.

X.

iti ° us l ai ]s°KS aux Lecteurs d juger. . . . s'il n'eut pasde porter un jugement décisif,fur un

cette nature y de revoir la

lorsqu'elle fut

»iìa . .

en Hberté , de l'interroger elle ou fes parens fur la

Cor-

dont elle s'étoit trouvé guérie dans la maifìn de\ ^ !j ° n , ou elle avoit été enfermée. Cet exemple joint

tr 0 i r fi Hes outres de la même nature pourroit me me jdaris f ^ es i ens fi 16 notre Auteur efi plus heureuxe ffets $ C ^°* x des principes qu il donne pour discerner les*4tì 0 * lture l s davec ceux qui ne le font pas dans lappli-tsct r ^ fad de ces mêmes principes d plufieurs faitsç 0 r dinaires .

3 VotK f j 6 - Cr ^ t c l ue est dans le goût de celle que nousdui te lscutée dans lArticle VIII. Voyons la con-^ E. le Brun a tenue à légard de cette fille

cataleptique. II a vu la plupart des acci-

^arij E'ft- Crit. des Pratiques Superst. T. I. pag. z6s. Edit. de

^ ^Íde M°H at fk V'

c "* Hartsoeker. pag. n s.

dens, dont il donne la relation , 8 c pour en juger sai-nement il expose les raisons de croire qtie cette filìéétoit attaquée dune véritable Catalepsie. Il rapporteles descriptions que les Médecins ont fait de cette ma-ladie; il établit ensuite quelques soupçons dimpostu-re, & enfin il prouve la fourberie dune maniéré évi-dente. Rapporter les faits, en faire une juste critique,que peut-on demander de plus à lécrivain le plusscrupuleusement exact ? Mais cela ne suffit pas auJournaliste , il falloit revoir la malade lorsqu elle futmifè en liberté , interroger elle ou fes parens fur la manie*re dont elle s'étoit trouvé gucrie dans la maison de cor -retlion , ou elle avoit' été enfermée. Peut-on proposersérieusement de pareilles objections? Le Journaliste abonne opinion des imposteurs ; il semble quil ny aquà les interroger pour découvrir la vérité : à quoipenfe-t-il dexiger quon interrogeât, la malade , ou fesparens fur la maniéré dont eile sétoit trouvé guérie dansla Maison de CorreElion , ou elle avoit été enfermée?Cette fille navoit pas été véritablement malade, cestune Comédie quelle avoit jouée, cela est démontre.II faut être bien simple pour croire que la fille ou lesParens nauroient pas menti, fur-tout après laffroníqui leur avoit été fait. Ces réflexions, qui soffrentsi naturellement , détruisent la conséquence que leJournaliste tire de sa fausse Critique. Dailieurs com-ment le P. le Brun auroit-il été plus heureux dans lechoix des principes? sil avoit été capable davancer lepitoyable raisonnement que lui a prêté le Journaliste,& que nous avons rapporte au commencement deParticle IX.

XI.

Vauteur semble oublier ici ce qu'il a établi ailleurs ,efi ce qui lefi certainement par lautorité de toute l'Eglisefur les grâces que Dieu attache aux Reliques des Saints ,efi d la pratique de certains devoirs particuliers qu on leurrend.

Cette Critique excite la compassion du Lecteur.Dès que le P. le Brun établit la DoEtrine de l'Eglisefur les grâces que Dieu attache aux. Reliques des Saints ,fi a la pratique de certains devoirs particuliers qu onleur rend , nest ce pas sélever contre lui mal-à-propos,parce quau lieu dufer dune ennuyeuse répétition, ilenseigne avec lEglise que tout Culte Religieux sedoit terminer à Dieu comme à fa fin nécessaire (d) tII efi mieux, dit-il, de porter les fd.eles d supprimerles neuv aine s , pour ne laisser attribuer l'ejfet qu on at-tend , qu d la feule proteElìon de Dieu implorée par lapriere. Le P. le Brun ne fe contredit point, & pourmieux confondre le Journaliste, je nai quà lui oppo-ser ces paroles de M. Bossuet (e) : On voit quinvo -quer les saints , suivant la pensée du Concile de Trente ,c'efi recourir d leurs prières , pour obtenir les bienfaits deDieu par fefus-Chrifl. En effet nous n obtenons que parJefus-Chrift , & en son nom , ce que nous obtenons par/entremise des saints, puisque les saints eux-mêmes neprient que par Jefus-Chrift , efi ne font exaucés qu'enson nom.

- XII.

LEditeur nous promet dans le y. Livre une agréableefi infiruElive variété.

Jai cherché inutilement dans le Livre cette promes*»fe: ellç a donc été imaginée par le Journaliste.

XIII.

Le P. le Brun y a ajouté dans cette nouvelle Editionl'hifioire d'un Prêtre Provençal , homme simple efi faniLettres , qui passa d travers un feu terrible.

Cest sexprimer peu exactement : outre cette addi-tion, il y en a plusieurs très considérables, commëlhistoire du Prêtre Luitprand, les cérémonies quon

prati»

(d) Hist. Crit. des statiques Superst. T. a. pag . f7 . Edit. de Paris.

(e) Exposit. de la Doct. de ? Eglise Cath. 6 . edit. de Parispag. 132.

(f) Journal des Savâns mois dAout 1732. pag. >387. Sc fuív,

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