PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.
P°rtant la hardiesse jusqu’à mettre des guillemets, com-s’il copioit fidèlement les paroles de l’Auteur. Ild’une fille qui se disoit Cataleptique , le P. le. lin , après avoir marqué divers soupçons de fourbe-ïle .’ .Assorte une preuve décisive de l’imposture, dontv °ici une partie : (a) ,, La Mécanique fuit toujours35 ses loix. Un corps demeure toujours dans la mê-33 Me place s'il n’est poussé; & il n’est remué que33 par une force proportionnée à son poids. On con-3 > vient que tout le corps de la malade étoit pesant3) pendant la Catalepsie, comme il l’étoit auparavant.33 En effet la létargie ne rend pas plus leger que le33 sommeil. Tout son corps péfoit du moins autant33 dans cet état létargique qu'il péfoit avant la létar-53 ?re. Si tout le corps péfoit cent livres, la moitié3 » du corps, depuis la tête jusqu’à la ceinture, péfoit33 donc environ cinquante livres. Il falloit donc pour33 élever cette moitié de corps faire un effort propor-3 > lionné au poids de cinquante livres, & par confe-53 suent il faut que cet effort ait été fait ou par moi33 lorsque je l’ai touchée à l'épaule, ou par elle. Cer-33 tainement ce n’est pas moi qui l’ai fait, puisque je53 o ai pas employé plus de force qu’il en auroit fallu33 pour lever une once. C’est donc elle qui a fait33 c et effort proportionné au poids de cinquante li-33 Vtes. Or si elle étoit vraiment, & entierement Ca-33 Meptique avec une entiere abolition & suspension33 des sens causées par une interruption de la circula-’Oion des esprits animaux , elle feroit incapable de33 faire cet effort. Elle ne connoîtroit pas même ce33 stue je voudrois faire en la touchant à l’épaule.33 Donc ce n’est point ici l’effet d’une vraye maladie,3 > mais d’une feinte & d’une imposture.
En comparant le texte forgé par le. Journaliste avec«raisonnement du P. le Brun, pourra-t-on n’être pasd indignation contre l'Artisan d’une pareille faus-Qu’il me soit permis de m’écrier ici avec l’inge-^2ux p, Poréè(^). Quid fi bonam simulas fidem ut tuamj* ex ponendo vel interpretando , citando vel narrando ce-' K fidelitatem ? An non exclamare licet ô perfidia ! oJ’admire comment le Journaliste à osé lireev ant M. l’Abbé Bignon, & les autres personnes quijstmposent l’Assemblée du Journal, une pitoyable rap-j°die, dont la mauvaise soi est le fondement. Pourjf Pallier il rapproche un principe incontestable surlotion des corps qu’on trouve deux cent pages plusì; mais qui étant étranger au fait dont il s’agit ,a point été rappellé par le P. le Brun trop habile>° Ur raisonner si misérablement. L'avantage que leJ°urnaliste a retiré de cette fausseté, a été de debitercoques lieux communs de Physique, & de donner
a msi
Ur >e sublime idée de son érudition.
te ^ Ue Ce P roce< ^é justifie bien ce qu'a dit M. deFon-foy. 6 , que les Journalistes font des efpeces de juges
f fajets k être pris d partie.
X.
iti ° us l ai ]s°KS aux Lecteurs d juger. . . . s'il n'eut pasde porter un jugement décisif,fur un
cette nature y de revoir la
lorsqu'elle fut
»iìa . .
en Hberté , de l'interroger elle ou fes parens fur la
Cor-
dont elle s'étoit trouvé guérie dans la maifìn de\ ^ !j ° n , ou elle avoit été enfermée. Cet exemple joint
tr 0 i r fi Hes outres de la même nature pourroit me me j „„„ „daris f ^ es i ens fi 16 notre Auteur efi plus heureuxe ffets $ C ^°* x des principes qu il donne pour discerner les*4tì 0 *‘ lture l s d’avec ceux qui ne le font pas dans l’appli-tsct r ^ fad de ces mêmes principes d plufieurs faitsç 0 r dinaires .
3 VotK f j 6 - Cr ^ t ’ c l ue est dans le goût de celle que nousdui te lscutée dans l’Article VIII. Voyons la con-^ E. le Brun a tenue à l’égard de cette fille
cataleptique. II a vu la plupart des acci-
^arij E'ft- Crit. des Pratiques Superst. T. I. pag. z6s. Edit. de
^ ^Íde M°H at ’ fk V'
c "*■ Hartsoeker. pag. n s.
dens, dont il donne la relation , 8 c pour en juger sai-nement il expose les raisons de croire qtie cette filìéétoit attaquée d’une véritable Catalepsie. Il rapporteles descriptions que les Médecins ont fait de cette ma-ladie; il établit ensuite quelques soupçons d’impostu-re, & enfin il prouve la fourberie d’une maniéré évi-dente. Rapporter les faits, en faire une juste critique,que peut-on demander de plus à l’écrivain le plusscrupuleusement exact ? Mais cela ne suffit pas auJournaliste , il falloit revoir la malade lorsqu elle futmifè en liberté , interroger elle ou fes parens fur la manie*re dont elle s'étoit trouvé gucrie dans la maison de cor -retlion , ou elle avoit' été enfermée. Peut-on proposersérieusement de pareilles objections? Le Journaliste abonne opinion des imposteurs ; il semble qu’il n’y aqu’à les interroger pour découvrir la vérité : à quoipenfe-t-il d’exiger qu’on interrogeât, la malade , ou fesparens fur la maniéré dont eile s’étoit trouvé guérie dansla Maison de CorreElion , ou elle avoit été enfermée?Cette fille n’avoit pas été véritablement malade, c’estune Comédie qu’elle avoit jouée, cela est démontre.II faut être bien simple pour croire que la fille ou lesParens n’auroient pas menti, fur-tout après l’affroníqui leur avoit été fait. Ces réflexions, qui s’offrentsi naturellement , détruisent la conséquence que leJournaliste tire de sa fausse Critique. D’ailieurs com-ment le P. le Brun auroit-il été plus heureux dans lechoix des principes? s’il avoit été capable d’avancer lepitoyable raisonnement que lui a prêté le Journaliste,& que nous avons rapporte au commencement deParticle IX.
XI.
Vauteur semble oublier ici ce qu'il a établi ailleurs ,efi ce qui l’efi certainement par l’autorité de toute l'Eglisefur les grâces que Dieu attache aux Reliques des Saints ,efi d la pratique de certains devoirs particuliers qu on leurrend.
Cette Critique excite la compassion du Lecteur.Dès que le P. le Brun établit la DoEtrine de l'Eglisefur les grâces que Dieu attache aux. Reliques des Saints ,fi a la pratique de certains devoirs particuliers qu onleur rend , n’est ce pas s’élever contre lui mal-à-propos,parce qu’au lieu d’ufer d’une ennuyeuse répétition, ilenseigne avec l’Eglise que tout Culte Religieux sedoit terminer à Dieu comme à fa fin nécessaire (d) tII efi mieux, dit-il, de porter les fd.eles d supprimerles neuv aine s , pour ne laisser attribuer l'ejfet qu on at-tend , qu d la feule proteElìon de Dieu implorée par lapriere. Le P. le Brun ne fe contredit point, & pourmieux confondre le Journaliste, je n’ai qu’à lui oppo-ser ces paroles de M. Bossuet (e) : On voit quinvo -quer les saints , suivant la pensée du Concile de Trente ,c'efi recourir d leurs prières , pour obtenir les bienfaits deDieu par fefus-Chrifl. En effet nous n obtenons que parJefus-Chrift , & en son nom , ce que nous obtenons par/’entremise des saints, puisque les saints eux-mêmes neprient que par Jefus-Chrift , efi ne font exaucés qu'enson nom.
- XII.
L’Editeur nous promet dans le y. Livre une agréableefi infiruElive variété.
J’ai cherché inutilement dans le Livre cette promes*»fe: ellç a donc été imaginée par le Journaliste.
XIII.
Le P. le Brun y a ajouté dans cette nouvelle Editionl'hifioire d'un Prêtre Provençal , homme simple efi faniLettres , qui passa d travers un feu terrible.
C’est s’exprimer peu exactement : outre cette addi-tion, il y en a plusieurs très considérables, commël’histoire du Prêtre Luitprand, les cérémonies qu’on
prati»
(d) Hist. Crit. des statiques Superst. T. a. pag . f7 . Edit. de Paris.
(e) Exposit. de la Doct. de ? Eglise Cath. 6 . edit. de Parispag. 132.
(f) Journal des Savâns mois d’Aout 1732. pag. >387. Sc fuív,
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