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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SUPERSTITIEUSES, tf

Unt Pierre Hocque, le juge de Paei croyant que laMortalité des bestiaux de lintimé, nétoit arrivée quedes causes naturelles, & compositions de poisons9 e de (a) Gognes, il ne ìavoit condamné quaux Ga-e res pour neuf ans par fa susdite sentence.

Mais ce qui est arrivé depuis a découvert ces nou-eux Criminels & de nouveaux crimes beaucoupPlus énormes, dont le public attend de la justice or-N ln îìre de la Cour un châtiment qui servira dexemple® tous les autres, assurera le repos & la fortune deslaboureurs, & même des Propriétaires des terres»Ledit défunt Pierre Hocque ayant été attaché à lahaine en vertu de 1*Arrêt confirmatif de ladite pre-Pjttere sentence, & lintimé voyant que depuis fa con-aR anation ses Chevaux, Vaches, & Bêtes à laine,*j°ntiniioient de mourir, il trouva moyen de fe servir, e lentremise du nommé Béatrix, autre forçat, qui*°it aussi attaché à la même chaîne proche dudit Hoc-sttie, p 0 ur lexciter à faire cesser cette mortalité qui£r uïnoit totalement, nayant pas plutôt achepté dau-res bestiaux, quil les perdoit ; ce qui lui a causé de-*Q 1S la Saint Jean dernière une perte de plus de troiscinq cens livres.

, â quoi ledit Béatrix sétant employé par lesperanceSsoelque récompense, & ayant fait connoître audit^ °. Cc ]ue puil navoit plus rien à craindre , puisquil°, 1 } jugé ; enfin pressé par ledit Béatrix, il lui avoua,ss 1 h e toit vrai quil avoir mis un fort dempoisonne-e nt fur les bestiaux dudit Paei , qui devoir durer^uq ans ; Sc lui dit quil ny avoir que le dit Bras dee ^* lun des appellans, ou le nommé Courte Epée ,tstíi Berger, qui pussent le lever; & à la persuasionUdit Béatrix, offrit den prier lun ou lautre: maisjje sachant écrire, il dicta une Lettre audit Béatrix, &adressa à son fils aîné Nicolas, qui est lun des ap-let nS * P 3r kc l. uelle H lui mandoit daller aussitôt fap a tre re Ç ue au-lieu de Courtois près de Sens, prier dep ^ art I e dit Bras de fer de venir à Paei lever le ditpjH fans marquer au dit Bras de fer qui en étoit

,. 0 C ette Lettre fut portée au dit Bras de fer, dont, ri giqal» par lui reconnu, est au Greffe de la Cour;f. a ' s e Ue ne fut pas plutôt partie, que lendit Hocque1 ant réflexion fur ce quil avoir fait , tomba danse mamere de désespoir, sécríant, que ledit Bea-lui avoir fait faire une chose qui alloit être causeE sa mort, laquelle il ne pouvoir éviter dès le mo-j. ent que le dit Bras de fer commencerait à lever le^ lort; & ces paroles étoient accompagnées de cla-Urs & de contorsions si extraordinaires, quil foule-q u .^ Us les forçats de la chaîne contre le dit Béatrix,fy j* Croient assommé fans le secours du Sieur de lafy j e > Capitaine du Château de (b) la Tournelle,e s e s Gardes, qui les empêchèrent : ce quils ontl e ^°/ e au procès; & que le dit Hocque demeura dansd e$ etïl e désespoir pendant cinq ou six jours, à la findi t < j? e l s d mourut, qui fut justement le tems que lefort sas fer commença de travailler à lever le dit

«oujj quoi fl est à remarquer , quencore quil eutgn 0r S a ^intimé de faire voir celui qui lavoit mis ,1 aurcp 1 encore que ce fut le dit Hocque ; cependant, ai I)c ï* feulement levé celui quil trouva fur les Che-li ts saches, disant, que celui qui avoir mis leW* u'étoit plus au monde, & quil étoit mort àìsj Ues de Paei, qui est justement la distance de Pa-Ife, j a e c étoit une femme qui avoir causé ce desor-liidit p* U . e ^ e étoit aussi morte à une lieue & demiea serrj m aci * Lt en effet il est justifié au procès, que?>alh eil) . e dudit Hocque avoir de plus contribué à ce' en excitant le ressentiment de son mari & deans eontre lintimé; Sc que cette femme étoit

Co!$ Cestu d usa g e entre eux.adai Rnés n ° m de h prison restent les forçats, qui font

^ ux galères, « a attendant la Chaîne.

effectivement morte à Une lieue Sc demie de Pâti, ostle dit Hocque sétoit retiré»

Et comme la fuite a fait connoître qu y avoitdeux differens forts dempoisonnemens, lun fur lesChevaux & Vaches, & lautre fur les bêtes à laine ,Sc que les Eufans dudit Hocque nétoient complicesque du dernier , que même le dit Etienne Hocqueétoit présent dans le Bergerie avec ledit Bras de fer ;cest fans doute la raison pour laquelle le dit Bras defer refusa de le lever.

Lors de linterrogatoire dudit Bras de fer fur la sel-lette, les juges lui àyant demandé, si Hocque le Pereétoit mort à cause quil avoit levé le dit sort mis furles Chevaux & Vaches ? Il répondit que cétoit fa fau-te , de lui avoir écrit de le lever ; Sc quil savoir bience qui lui en devoir arriver.

Quil navoit pas voulu lever lautre sort mis fuirles bêtes à laîne , parce quil avoit reconnu , quecétoient les Eníans dudit Hocque & leurs Complicesqui lavoient mis.

Il est donc constant que Pierre Hocque est mortparce que le dit Bras de fer à levé le dit sort dem-poisonnement fur les Chevaux Sc Vaches ; & il estvrai aussi, que depuis ce tems il nest plus mort deChevaux ni de Vaches à lintimé: ce qui fe trouveconforme à ce que Bras de fer avoit dit dès lorspubliquement, quil répondoit des Chevaux & desVaches ; mais quà légard des Bêtes à laine , il yavoit une charge particulière fur iceux bien plusdifficile à lever; ce quil navoit pu faire , nayantpas voulu, dìt-il , donner un billet signé de sonsang, ni faire mourir les Enfans comme le Pere ,flattant lintimé de lesperance quil reviendrait aprèsles fêtes de Noël, 8c que durant ce tems il feroitune neuvaine par le moyen de laquelle il leveroit ledit fort.

Mais on ne peut pas sens horreur faire réflexionfur les impiétés, les sacrilèges, les profanations deschoses saintes, les paroles écrites fur des billets misau col daucunes bêtes à laine de chaque espece, surles cérémonies, & fur les adorations & sacrifices auDémon, que fit le dit Bras de fer pour lever le ditfort fur les Chevaux & Vaches de l'intimé en présen-ce dudit Etienne Hocque, qui sétoit enfermé aveclui dans lEfcurie Sc Vacherie , avec une Lanterne ,ayant fermé les portes Sc bouché les fenêtres avec dela paille. Elles font mentionnées dans les dépositions,recollemens, & confrontations des accusés , Sc danslinterrogatoire du jeune Hocque fur la sellette ; lony verra même que le dit Bras de fer à son arrivée àPaei affectant de paraître homme de bien, dit à Pin-timé, quil falloit que dabord il allât faire dire uneMesse à P intention de Saint Carras ; ce quil fit inno-cemment, nayant appris que dans la fuite toutes ces mau-vaises pratiques, & que Carras est le nom dun Cra-pau, du venin duquel ils se servent dans leurs eînpoi-sonnemens. Bras de fer est demeuré daccord de tout,en disant que cest une intelligence particulière quil a,surquoi le jeune Hocque lui a soutenu que cétoit pardes conférences quil avoit avec P Esprit, qui est uriterme quils ont parmi eux pour ne pas dire le Diable:Sc il en convient tacitement par ses interrogatoires fuila sellette en disant;

1. Que par des révélations secrètes il avoit ostétoit la charge donnée aux Chevaux & Vaches, (donten effet il navoit été rien marqué dans la Lettre queHocque le Pere lui avoit écrite ) y ayant preuve auprocès, tant par la déposition de plusieurs témoins, quepar l'aveu dudit Bras de fer , que Payant trouvée illavoit brûlée dans une bource quil mit au feu dansla cuisine de lIntimé.

2 . Que par le sang des Brebis mortes, & laspersionde leau benîte sur icelles, par ses prières & invoca-tions , il avoit connu que cétoit ledit défunt Hocque,ses Enfans, & le Petit-Pierre , qui avoient composéla charge furies bêtes à laine, laquelle charge ils ap-

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