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pelloient entre eux le Beau-Ciel-Dieu, faisant sur ce-la un récit des sacrilèges, impiétés & profanations qu’ilsont commises pour composer ladite charge d’empoi-sonnement.
U a dit que la fille de Hocque fait tout ce qui aété fait, & où est la charge desdites bêtes à laine.
Que le dit défunt Hocque & le dit J ardin , l’undes condamnés, a voient conjointement donné une pre-mière charge fur lesdits bestiaux , nommée les neufconjuremens, dont les deux Hocques íreres font de-meurés d’accord, & l’ont soutenu audit Jardin ; &que ladite charge étant entre ses mains il avoir conti-nué de l’arroser : par le moyen de quoi il avoir saitmourir plusieurs bêtes à laine depuis la mort de Hoc-que , en jettant du vinaigre dans un pot où est lacomposition de cette charge, & que si les uns & lesautres ne la levent pas, le dit Bras de fer a le pouvoirde rétorquer contre eux le fort qu’ils ont donné furles dites bêtes à laine.
A l’égard des deux Hocques freres , ils font de-meurés d’accord qu’ils étoient préfens lorsque dé-funt Hocque leur Pere & le Petit-Pierre firent lacomposition de ladite charge fur les bêtes à laine ;que c'est le dit Petit-Pierre qui a donné les billetsmis au col d’aucunes desdites bêtes. Le dit Petit-Pierre en est demeuré d’accord , & de toutes lesimpiétés & sacrilèges qu’ils ont commises lors de ladite composition.
Hocque l’aîné particulièrement à soutenu audit Pe*tit-Pierre, qu’il lui avoit dit s’être donné à l’Efpritpar un billet de son sang; qu’il avoit partagé unehostie avec le dit Esprit, laquelle il avoit prise en com-muniant , & que toutes les fois qu’il alloit à la com-munion , il en retenoit quelque partie qu’il mettoitdans ses compositions, par le moyen de quoi il avoitautant de pouvoir fur les hommes que fur les bêtes :qu’il avoit incité plusieurs fois le dit Hocque d’enfaire autant, & de parler à l’Efprit, mais qu’il n’a pasvoulu le faire.
Les deux Hocques freres ont soutenu à Jardin ,que leur Pere lui avoit donné en garde ladite charge& billets, qu’ils les ont vû chez lui, Sc qu’il ne lesa pas voulu rendre à leur défunte Mere, lui disant,que cela les feroit brûler tous si la chose étoit dé-couverte.
Bras de fer lui soutint ausiï , que c’est lui qui àfait mourir les dits bestiaux : auxquels témoignages onpeut ajouter la mauvaise réputation dudit Jardin, lesLivres & mémoires de sacrilèges & de Magie trouvéschez lui lorsqu’il fut arrêté, qu’il est demeuré d’ac-cord d’avoir pratiqués. On y a trouvé de l’arsenic enquantité, du vert de gris, du sublimé, de l’eau dechaux, des mouches cantarides, & plusieurs autresdrogues de pareille qualité, qui font au greffe de laCour ; & qui font bien juger qu’il ne les gardoit quepour en faire un mauvais usage. En effet ils font con-venus qu’il y avoit encore plusieurs charges fur di-vers troupeaux, & qu’il y en a peu dans la Brie, oùil n’y en ait, dont ils font mourir telle quantité deBestiaux qu’ils veulent, & quand il leur plaît, en ar-roufant plus ou moins les dites charges dans le temsqu’ils les veulent faire mourir, ayant avoué que cellede Paci est pour cinq ans,laquelle dure encore fur lesdites bêtes à laine, qui meurent journellement, fautepar eux de l’avoir voulu ôter comme celles mises furles Chevaux & Vaches, parce qu’il y alloit de la viedes coupables, & qu’il y en a telle qui dure jusquesà dix ans.
Ainsi l’intimé n’est pas le seul qui ressente les fu-nestes effets des maléfices des Bergers: toutes les campag-nes en font désolées, & les meilleures fermes ruinées,non seulement dans la Brie (dont les Curés pourroientcertifier que les Laboureurs y sont dans une telle dé-pendance de leurs Bergers, qu’ils font forcés de lesgarder a telles conditions qu’ils veulent exiger; & queplusieurs dêfdirs Bergers se sont vantés d’ayoir abusé
RE DES
de pauvres veuves de Laboureurs par les mêmes Pra'si*ques & menaces de les ruiner : dont tous les Labou-reurs sont aux pieds de la Cour pour lui demanderjustice, porteurs des certificats de leurs Curés, dontla probité est connue, qui attestent toutes ces vérités)mais même dans la Bourgogne , où est demeurant I edit Bras de fer, dont les plaintes sont journellementportées à la Cour.
Elle verra par les Mémoires envoyés à M. l’Arche-vêque de Sens (qui ont été misés mains de Mr. lest- 3 'porteur) & par les Lettres qui lui ont été écrites p asdes Curés de son Diocèse , qu’ils ont auffi des Bergersdont le dit Bras de fer, l’un des condamnés, est de 5premiers, qui non contens de faire mourir les Bes-tiaux, portent auffi leur audace jusques à faire mourirles personnes, dont ils cottent des effets & des circon-stances qui fout horreur ; & que l’avis de la prise du-dit Bras de fer a causé une telle joye dans le pays, q uStous leurs habitans en auroient volontiers fait des feu xde joye, s’ils n’avoient appréhendé son retour. Le smêmes Lettres parlent auffi de l’inquiétude & de hpeur des confidens dudit Bras de fer, & entre autre?maléfices, ils l’accufent d’être l’Auteur de la mort dunommé Brouard , arrivée depuis même le Mémoiffdudit Sieur Archévêque donné à Mr. le Raporteur»dont s’il plaît à la Cour prendre la lecture, elle ve rrales horribles pratiques dont le dit Bras de fer s'estservi pour fe défaire dudit Brouard, qu’il auroit ce-pendant guéri pour de l’argent, comme il l’avoit pro-mis, & même commencé, si le Curé dudit Brouard»auquel il en parla fe voyant à l’extremité, ne lui avo lCdit, qu’il ne pouvoit en conscience avoir commèresavec cet homme, 8c fe servir des moyens qu’il lu*propofoit.
Par ces raisons & plusieurs autres qui fe trouveronsdans le procès , l’Intimé espère de la justice de ^Cour , que par un châtiment exémplaire des app e !'lans , elle arrestera le cours de ces criminelles pr a£t 'ques , qui causent de si grands maux dans les OU 1 "pagnes ; 8c qu’elle lui adjugera les Conclusions P aílui prises au procès ; fe rapportant à Monsieur le P r °'cureur-Géneral de poursuivre les autres coupables st ulsont en grand nombre.
Monjìenr Gaillard Raporteur.
(B)
F A C T U M
Pour Eustache Visier, Receveur de la Te 1 "re & Seigneurie de Pacy en Brie , 8c I eProcureur Fiscal de la haute Justicedu dit Paci, intimés
Contre Nicolas & Etienne Hocque , fo e gr es , Bergers , Enfans de défunt B teî ■Hocque , auffi Berger : prisonniers és r ^sons de la Conciergerie du Balais ,lans d’une sentence contre eux rendu 1 ■ fle Bailli du dit Baci le dernier 0$°1689.
L E Cour verra dans ce procédé qu’il s’ag 11 . cScrime public , & de délivrer toute la P r P vde Brie de Vesclavage où elle est sous la tyrannieBergers, par l’impunité de leurs maléfices, <l ul $ jeparvenus à un tel point , qu’il n’y a presque P a .fermier dans cette Province qui n’en ayent ren en ^ urSfunestes effets , non seulement par la mort de v j ebestiaux, mais même par celle des hommes adefquels ils commencent à attenter par les men ^ficesá