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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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-L H I S T O I

pelloient entre eux le Beau-Ciel-Dieu, faisant sur ce-la un récit des sacrilèges, impiétés & profanations quilsont commises pour composer ladite charge dempoi-sonnement.

U a dit que la fille de Hocque fait tout ce qui aété fait, & est la charge desdites bêtes à laine.

Que le dit défunt Hocque & le dit J ardin , lundes condamnés, a voient conjointement donné une pre-mière charge fur lesdits bestiaux , nommée les neufconjuremens, dont les deux Hocques íreres font de-meurés daccord, & lont soutenu audit Jardin ; &que ladite charge étant entre ses mains il avoir conti-nué de larroser : par le moyen de quoi il avoir saitmourir plusieurs bêtes à laine depuis la mort de Hoc-que , en jettant du vinaigre dans un pot est lacomposition de cette charge, & que si les uns & lesautres ne la levent pas, le dit Bras de fer a le pouvoirde rétorquer contre eux le fort quils ont donné furles dites bêtes à laine.

A légard des deux Hocques freres , ils font de-meurés daccord quils étoient préfens lorsque dé-funt Hocque leur Pere & le Petit-Pierre firent lacomposition de ladite charge fur les bêtes à laine ;que c'est le dit Petit-Pierre qui a donné les billetsmis au col daucunes desdites bêtes. Le dit Petit-Pierre en est demeuré daccord , & de toutes lesimpiétés & sacrilèges quils ont commises lors de ladite composition.

Hocque laîné particulièrement à soutenu audit Pe*tit-Pierre, quil lui avoit dit sêtre donné à lEfpritpar un billet de son sang; quil avoit partagé unehostie avec le dit Esprit, laquelle il avoit prise en com-muniant , & que toutes les fois quil alloit à la com-munion , il en retenoit quelque partie quil mettoitdans ses compositions, par le moyen de quoi il avoitautant de pouvoir fur les hommes que fur les bêtes :quil avoit incité plusieurs fois le dit Hocque denfaire autant, & de parler à lEfprit, mais quil na pasvoulu le faire.

Les deux Hocques freres ont soutenu à Jardin ,que leur Pere lui avoit donné en garde ladite charge& billets, quils les ont chez lui, Sc quil ne lesa pas voulu rendre à leur défunte Mere, lui disant,que cela les feroit brûler tous si la chose étoit dé-couverte.

Bras de fer lui soutint ausiï , que cest lui qui àfait mourir les dits bestiaux : auxquels témoignages onpeut ajouter la mauvaise réputation dudit Jardin, lesLivres & mémoires de sacrilèges & de Magie trouvéschez lui lorsquil fut arrêté, quil est demeuré dac-cord davoir pratiqués. On y a trouvé de larsenic enquantité, du vert de gris, du sublimé, de leau dechaux, des mouches cantarides, & plusieurs autresdrogues de pareille qualité, qui font au greffe de laCour ; & qui font bien juger quil ne les gardoit quepour en faire un mauvais usage. En effet ils font con-venus quil y avoit encore plusieurs charges fur di-vers troupeaux, & quil y en a peu dans la Brie,il ny en ait, dont ils font mourir telle quantité deBestiaux quils veulent, & quand il leur plaît, en ar-roufant plus ou moins les dites charges dans le temsquils les veulent faire mourir, ayant avoué que cellede Paci est pour cinq ans,laquelle dure encore fur lesdites bêtes à laine, qui meurent journellement, fautepar eux de lavoir voulu ôter comme celles mises furles Chevaux & Vaches, parce quil y alloit de la viedes coupables, & quil y en a telle qui dure jusquesà dix ans.

Ainsi lintimé nest pas le seul qui ressente les fu-nestes effets des maléfices des Bergers: toutes les campag-nes en font désolées, & les meilleures fermes ruinées,non seulement dans la Brie (dont les Curés pourroientcertifier que les Laboureurs y sont dans une telle dé-pendance de leurs Bergers, quils font forcés de lesgarder a telles conditions quils veulent exiger; & queplusieurs dêfdirs Bergers se sont vantés dayoir abusé

RE DES

de pauvres veuves de Laboureurs par les mêmes Pra'si*ques & menaces de les ruiner : dont tous les Labou-reurs sont aux pieds de la Cour pour lui demanderjustice, porteurs des certificats de leurs Curés, dontla probité est connue, qui attestent toutes ces vérités)mais même dans la Bourgogne , est demeurant I edit Bras de fer, dont les plaintes sont journellementportées à la Cour.

Elle verra par les Mémoires envoyés à M. lArche-vêque de Sens (qui ont été misés mains de Mr. lest- 3 'porteur) & par les Lettres qui lui ont été écrites p asdes Curés de son Diocèse , quils ont auffi des Bergersdont le dit Bras de fer, lun des condamnés, est de 5premiers, qui non contens de faire mourir les Bes-tiaux, portent auffi leur audace jusques à faire mourirles personnes, dont ils cottent des effets & des circon-stances qui fout horreur ; & que lavis de la prise du-dit Bras de fer a causé une telle joye dans le pays, q uStous leurs habitans en auroient volontiers fait des feu xde joye, sils navoient appréhendé son retour. Le smêmes Lettres parlent auffi de linquiétude & de hpeur des confidens dudit Bras de fer, & entre autre?maléfices, ils laccufent dêtre lAuteur de la mort dunommé Brouard , arrivée depuis même le Mémoiffdudit Sieur Archévêque donné à Mr. le Raporteur»dont sil plaît à la Cour prendre la lecture, elle ve rrales horribles pratiques dont le dit Bras de fer s'estservi pour fe défaire dudit Brouard, quil auroit ce-pendant guéri pour de largent, comme il lavoit pro-mis, & même commencé, si le Curé dudit Brouard»auquel il en parla fe voyant à lextremité, ne lui avo lCdit, quil ne pouvoit en conscience avoir commèresavec cet homme, 8c fe servir des moyens quil lu*propofoit.

Par ces raisons & plusieurs autres qui fe trouveronsdans le procès , lIntimé espère de la justice de ^Cour , que par un châtiment exémplaire des app e !'lans , elle arrestera le cours de ces criminelles pr a£t 'ques , qui causent de si grands maux dans les OU 1 "pagnes ; 8c quelle lui adjugera les Conclusions Plui prises au procès ; fe rapportant à Monsieur le P r °'cureur-Géneral de poursuivre les autres coupables st ulsont en grand nombre.

Monjìenr Gaillard Raporteur.

(B)

F A C T U M

Pour Eustache Visier, Receveur de la Te 1 "re & Seigneurie de Pacy en Brie , 8c I eProcureur Fiscal de la haute Justicedu dit Paci, intimés

Contre Nicolas & Etienne Hocque , fo e gr es , Bergers , Enfans de défunt B teîHocque , auffi Berger : prisonniers és r ^sons de la Conciergerie du Balais ,lans dune sentence contre eux rendu 1 fle Bailli du dit Baci le dernier 0$°1689.

L E Cour verra dans ce procédé quil sag 11 . cScrime public , & de délivrer toute la P r P vde Brie de Vesclavage elle est sous la tyrannieBergers, par limpunité de leurs maléfices, <l ul $ jeparvenus à un tel point , quil ny a presque P a .fermier dans cette Province qui nen ayent ren en ^ urSfunestes effets , non seulement par la mort de v j ebestiaux, mais même par celle des hommes adefquels ils commencent à attenter par les men ^ficesá