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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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P R A T I Q. U E S SUPERSTITIEUSES. ,ì

^' es fermiers ont été totalement ruinés; les proprietai- des animaux, de l'eau benîte, est du Pain Béni de cinqres contraints de faire valoir leurs terres par leurs Parois es, notamment de celle ou est le troupeau , d'unPlains ; & ceux qui n’en ont pas le moyen, réduits à morceau de la Jainte Hostie qu ils retiennent d la Commu-« nécessité de les laisser incultes (a) y ayant telle mon, deCrapaux, Couleuvres st Chenilles ; qu'ils rnet~îEtte dans la Brie qui est en friche depuis trois tent le tout dans un pot de terre neuf acheté fans marchan-aris * der , dans lequel ils mettent encore plufìeurs billets, fur

L’Intimé pourroit citer plusieurs autres exemples; lesquels ils écrivent avec du sang dès animaux mêlé d’eau*pê®e tous récens , de la perfidie des dits Bergers; benite, les paroles dont les Prêtresfè servent pour la con-d °nt la Cour pourra être informée à l’occasion de ce secration, st autres paroles les plus saintes de VEvangileP r °cès , dans lequel il a pris un foin tout particulier de saint Jean.

^ découvrir non seulement la qualité de toutes ces Et dans les derniers interrogatoires en confrontationcharges d’empoifonnemens , les sacrilèges & impiétés de l’un à l’autre pressés de la vérité , ayant demandé^ s’y commettent , & la maniéré dont ces Bergers pardon, ils ont déclaré, qu'ils avoient mis les dites char-5 e n fervent ; mais même les motifs d’utilité pour les- g es far les bestiaux de Paci dans deux pots différons ,*iue]s i]s s’abandonnent à ces fortes d’abominations. lune fur les chevaux st fur les vaches, qu'ils ont enter-II a découvert par les interrogatoires (b) des Ap* ree fur la route par laquelle pajfent les cinq voitures quiMlans , par les dépositions des témoins , & par les charient la Marne, proche Vallée appellée du jeu de Pau-JP er noires dont les dits Appellans ont été trouvés fai- me, vers la barrière; st Vautre fur le troupeau de mou -’ s i qu’il y a peu de troupeaux dans la Brie; fur les- tons, qu’ils ont aujst enterrée dans Vavenue de la bajfe-P Ue lsles dits Bergers n’ayent mis des charges d’em- court, vers le pillier du Carcan , proche le chemin quifoisonnement pour s’en servir à faire mourir les bef- va de Brie k Tournan; que c'est Lavaux qui a composetlai >x, quand il leur plaît; lesquelles charges ne peu- les dites charges a la priere de Bìaule, st que c'est luiv « n t être levées qu’il n’en coute la vie à ceux qui les Piaule, qui les a gouvernées, st a fait mourir les deuxItlett ent, commé il est arrivé au dit Hocque. C’est chevaux st 46. moutons , en les arrosant de vinaigre.jO^rquoi ils ne font plus les maîtres de les lever, mais Mais ils n’ont osé convenir d'un fait qui s’est trou-, e . u Wnt de faire mourir les bestes quand il leur vé dans les mémoires dont ils étoient saisis, pour láí ait » en les arrosant de vinaigre plus ou moins, selon composition de ces charges; qui est , qu avant quea quantité des bestiaux qu’ils veulent faire mourir, de les faire, il faut qu'ils renoncent k Dieu , st k leurOue les Bergers qui ne veulent pas entrer dans ce sttlut, qu ils faffent l adoration du Démon, est constntent^esìable commerce font exposés à leur fureur, en ce k. leur damnation. Ces mémoires écrits de la main ds

anM-' ' ^ *■— ' Biaule font au procès.

Ee j uge de Paci leur a demandé précisément l’eri-droit qu étoient ces deux charges pour les faire leversils s’en font excusés, en disant ; que si on les levoit *ils mourroient tous deux à l’instant ; comme a faitHocque lorsque Bras de fer leva la charge qu’il avoicmise furies bestiaux de Visier, Receveur dudit Paci;est c'est pour cette raison qú’ils ont été condamnés k làquestion préalable.

Deforte que la Cour voit, que les dits Biaule 8 cLavaux (c) font tous deux également coupables ; puisqu’ils font tous deux demeurés d’accord d’avoir par

st 11 ils complotent entre eux de faire mourir tous lese hiaux qui font à leur garde ; qu’ils leur font unèguerre continuelle pour les obliger de quitter la Pro-V ^ce , afin de mettre en leur place des Bergers leursa $idés , tirer de l’argent des fermiers , où échangert Vec Ls dits Bergers les meilleurs moutons de leurs. tQ upeaux contre des bestes maigres & gâstées , pourr °hter fur iceux , qui est encore un âutre abus in-duit parmi eux j qui fera expliqué dans son

L est justifié au procès, que Biaule voulant fe van-|^ r contre le dit Sieur de Paci de la mort de Hocque

^ par même moyen tirer beaucoup d’argent de lui * cette abominable pratique fait mourir les dits Chevauxn’étant pas encore assez habile pour composer une & Bestiaux de propos délibéré* & que ces charges n’é->rge^sur ses bestiaux pour les faire mourir ; avoir toient à autre fin.

°Uicité durant près d’un mois le dit Lavaux , qu’il L’on n’entre point dans la question de savoir, s’ilsav oit y avoir plus d’expériençe que lui; pour l’obli- les font mourir par fort, par magie,maléfice, poison,de la composer ; que pour cela il l’alla trouves ou autrement; il suffit , que les accusés conviennent tous

< ez le nommé Lucie, son Maître, proche de Tour- deux que de concert st de propos délibéré ils ont composé

^ ’ & l’attira dans un cabaret , où il fit beaucoup ^ es dites charges, est fait mourir par le moyen d'icelles les

c pense avec lui , dans l’efperance qu’ayant mis chevaux, est bestiaux de Paci, pour les rendre coupables

tj re e charge fur les bestiaux du dit Sieur de Paci * ilsla ] r ° lent de notables sommes de lui fous prétexte dedre i Ver ’ êc pour obliger lë dit Sieur de Paci de pren-afj ^ dit Lavaux à son service. C’étoit leur dessein,

6 se ^ndre ks Maîtres de son troupeau : enfinhay S Pasteurs débauches , le dit Biaule avoit obligé<l e ,J Ux à Lire cette charge un peu avant la Saint Jeanfaì rç ' ere , qui est le tems auquel ils ont commencé à

de r> rn ° Ul ‘ir les chevaux & les moutons du dit Sieur£3ci.

leii rs • Censés conviennent de tout ce complot párfto^ ^errogatoires, & P ar l es procès verbaux de con-te^ atlc î n de l’un à l’ailtre, & que c’est la charge des

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Sc a n l Hr emens qu’ils ont mise fur les dits Chevaux

Lit r!* es bestiaux par le moyen de laquelle ils les ont

C 00 *.-

e h>c p C .° nv iennent encore , que les deux charges párton s Lit Ls chevaux , les vaches & les mou-e Paci sont composées du sang est de la fiente

3 e . ntr ’autres une ferme dans la paroisse de Prèle prèsla est en friche depuis 4. ou 5 ans , & a été' affer-

^tablir P p, u Pour 3. ans fans en rien payer ; seulement pourVid e , luí ìeurs autres font encore abandonnées.

”° Ct ÌUe P r ‘^.interrogatoires des Appellans, Sc ceux de Nicolas0 uits Au procès.

de mort , suivant les ordonnances & la jurisprudence desHrrèts de la Cour : d’autant plus, que c’est un crimepublic dans toute la Brie ; qui ne cessera jamais quepar une punition exemplaire.

Que ce soit par maléfice ; poison, &.autres moyensillicites, l’on n’en peut pas douter, les Mémoires &Caractères dont ils fe sont trouvés saisis, & leur con-fession dans les recollemens & confrontations de l’un àl’autre en font une preuve authentique ; & que nonfeulement ils ont commis les impiétés ; facrileges &profanations ci-dessus expliquées pour la compositionde ces charges des neuf conjuremens ; mais beaucoupd’autres mentionnées dans les mémoires & interrogatoi-res de Biaule , qui convient d’avoir écrit avec dusang de brebis mêlé d’eau benite des impiétés fur unbillet trouvé dans ses papiers, & exécuté toutes cellesmentionnées dans les mémoires dont il étoit saisi : qu’ila arraché de la laine d’autres moutons que de ceux dë

Paci

(c) La mort des ». chevaux & des 46. moutons est justifiéepar les dépositions de Jean Baptiste de la Fontaine, 3. témoin, 8cpar celle de Jean Guilbert ,4. témoin dé l’informationdu 30. juil-let 169,.

Les accuses en íont convenus lors de la confrontation qui leura été faite des dits témoins, 8c de leur confrontation de l’un àfautre. Vide les dits mémoires.

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