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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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z s H I S T O I

petit Pierre furent feulement condamnés aux Galèresà perpétuité , & les trois Enfans de Hocque bannispour neuf ans , parce que les voix sétant trouvéespartagées à confirmer la sentence > lavis paífa au plusdoux.

Mais cet Arrest en sauvant la vie aux criminels nefit pas cesser les crimes ; au contraire il ne servitquà exciter la haine des Enfans du dit Hocque & deleurs Complices contre le dit Visier , comme il a pa-ru dans la fuite.

Pendant le -cours de ce Procès * qui dura huit mois jil ne mourut -aucuns bestiaux au dit Visier ; maisaussitôt que les dits Hocques furent sortis de prison ,au lieu de garder leur ban , ils allerent dès le lende-main coucher au village de Chevry, proche de Paci jchez un de leurs parens , & ayant arrosé la charge a-vec du vinaigre, la mortalité recommença , & dès lamême nuit il en mourut huit moutons. Visier voyantque cela continuoit, il envoya son troupeau chez sonBeaupére, ou la mortalité cessa aussitôt : mais ayantpris depuis Un troupeau à moitié du nommé Bour-din , pour faire valoir ses pâturages, les dits Hocquesnen eurent pas plutôt avis quils revinrent au ditChevry , & à leur arrivée il mourut une brebis j 8 éla nuit suivante deux autres * ce qui obligea le dit Vi-sier de se desaire encore de ce troupeau j & de ren-voyer au dit BoUrdin - qui ne perdit plus rien.

Cette récidive * jointe à ce que les dits Hocquesne gardoient point leur ban , obligea le dit Visierdentreprendre un troisième procès contre eux. Il lesfit remettre dans les prisons de Paci , d EtienneHocque, lundiceux, voulant se sauver, trouva lesmoyens de rompre ses fers , & fe précipita par lesfenêtres du troisième étage dune tour dans les fossésdu Château par attentât à fa vie , & pour éviter lesupplice quil meritoit : à quoi cependant il putparvenir , à cause de leau qui étoit dans les fossés.II fut repris , & leur procès leur ayant été fait , ilsfurent par sentence du dit Paci du dernier Octobre1689. condamnés ì mort, préalablement appliqués àla question , pour avoir connoissance de leurs com-plices.

Mais la Cour fur lAppel , par un effet fa clé-mence, infirmant encore la dite sentence , condamnaseulement les deux Hocques frétés aux Galères, & leurSœur à un bannissement perpetueL

Cependant cette clemence à leur sauver la vie náservi quà endurcir dautres Bergers de la même Ca-bale dans des crimes qui ne cesseront jamais quepar une punition exemplaire ; puisquils nont pas lais- de continuer leurs maléfices contre le dit Visier jsoit pour vanger leurs camarades , ou pour tirerlargent de lui ; ensorte quil en a été entierement rui- & obligé de quitter la recette du dit Paci, laquel-le est depuis tombée dans un- tel décri , & les terres

cìers il fe trouvá un autre Galérien Chirurgien de profession;qui les entendit comploter entre eux darrêter le vaisseau pourobliger le Capitaine de les mettre à terre. Cela arriva en effet,deíbrte quils ne bougèrent point de lendroit pendant sept jours,dont le Capitaine craignant que lés vivres ne vinstènt à manquer,il retrancha un repas. Ces deux sorciers non contens de leur por-tion arrachoient paisl des mains à ce pauvre Chirurgien ; quidit fur cela à un des officiers du navire , quil avoit une cho-se importante { à dénoncer au Capitaine. II lui découvrit donctout le complot quavoient fait ces Bergers : furquoi il comman-da de les battre : ce qui fut exécuté rudement ; 8c de maniéréque les sorciers nen pouvant plus crièrent merci, promettant defaire partir la barque incontinent. On ne les eut pas plutôt lais- , que Bras de fer tournant feulement une petite pierette qui é-toit à ses pieds , la barque partit. Cependant Bras de fer avoitété si bien étrillé , quil devint extrêmement malade des coupsquil avoit reçus; bien, quil mourut 8c quau bout de trois jourson fut obligé de Iejetter dans la Mer: ce qui fe fit vers le dé-troit de Gibraltar. Béatrix avoit été témoin oculaire de cerécit qu il faisoit : néanmoins Monsieur le Févre pour sen affil-ier davantage , en écrivit à ce Capitaine , 8c à un ReligieuxCordelier , (nommé Antoine) qui étoit Confesseur dans cetteBarque , Lc qui plus est à Monsieur de Montmort Intendant deMarseille , qui tous confirmèrent par leur réponse la vérité decette histoire.

RE DES

dans un si mauvais état , que le Sieur le Févre Secre-taire du Roi , Seigneur de la dite terre , nayant psttrouver de fermiers , a été obligé après plusieurs pu-blications , de la faire valoir par ses mains , & dac-cepter vingt deux chevaux pour la faire cultiver &marner , asin de la rétablir , 40, vaches , 400. mou-tons , & les autres bestiaux nécessaires j qui est unsdépense de dix mille livres au moins.

Mais comme il y avoit encore plusieurs Berges 5dans son voisinage de la Cabale des dits Hocques, f>°'t amment le dit Pierre Biaule , lun des Appellans , d*»#la, Mere a épouse en secondes nôces le frère de défunt íío c 'que ; il na pas été long-tems fans ressentir lui-mérnèles effets de leurs maléfices , ayant perdu èn peu dejours les deux plus beaux de ses chevaux & 46. mou-tons , qui sont morts de la même maniéré que cëu*du dit Visier. Cette mortalité áydnt avec juste rai foufait craindre pour le reste ; Procureur Fiscal de 1 *dite haute justice sest trouvé obligé den faire infor-mer à fa requeste par le Bailli du dit Paci , & mêiu £de faire visiter les bestiaux morts & mourans ; & paf1 information le dit Biaule, berger du nommé Ruelléfermier à Coffigni joignant Paci , sétant trouvé f)chargé - il fut décrété en prise de corps & constituéPrisonniers

Dans linstfuction 8 c paf 1 *interrogatoire prêté par I edit Biaule , Medard Lavaux , autre berger de BP e1 un des Appellans , sétant trouvé complice de cesmaléfices « il fut aussi décrété & emprisonné. Ón lc 5trouva saisis de livres & mémoires détestables, & l'u"& lautre par leurs interrogatoires & confrontation 5ayant été obligés par la force de la vérité de demeu-rer daccord du fait , & que ce font eux-mêmes qu 1ont fait mourir les dits bestiaux par le moyen des char-ges dempoisonnemens quils ont composées, leur pro-cès à été instruit & jugé par la sentence dont estAppel.

Dans ce pfócès la Cour connoîtra beaucoup mie 11 *que dans les précedenS , lénormité du crime dont »*sagit, qui renferme des impiétés, des sacrilèges, 4 e *abominations exécrables , & des vols domestiques; ^la nécessité quil y a de les punir dune peine exe#'plaire , suivant la rigueur des lòix & aux termesArrests rendus en pareil cas, qui se sont trouvés dan 5ces Registres : étant très certain quil ny aura jam a j sque lhôrreur du supplice qui puisse faire cesser une tel-le désolation , dont la Brie est plus affligée que n *jamais été aucune Province du Royaume , ny ay îl1personne qui nen ait ressenti les funestes effets.encore que le dit Visier ait perdu lui seul pour p^ 5de 8ooo. livres de bestiaux , il sen est cependa 1 1 'trouvé qui en Ont perdu davantage. Le seul ferffii esdes Chartreux, nommé Joigni en perdit il y a trois 0*quatre ans pour 15000. livres dans leur fermeBrie: pour raison de quoi le ditjoigny ayanr fait .yre le procès à deux Bergers qui lavoient servi ,furent condamnés aux Galères. Mais ayant trouV emoyen den sortir comme prétendus Invalides, st sfurent pas plutôt de retour au pays , quils reçumencerent à faire mourir les bestiaux du dit Joig 0 /.dont les Chartreux ayant porté leurs plaintes auil y eut un ordre expédié par Mr. le MarquéCroissy (b) , Sécretaire dEtat , au Prévôt desréchaux de les prendre morts ou vifs , ce qui ° e ^put exécuter sétant absentés. Us ne laissèrentvenir de tems en tems chez dautres Bergers pou r ^tinuer leurs maléfices avec eux , ensorte que . SJoigny a perdu dans cette ferme des Chartreux rde vingt mille livres de bien. Une infinité s

. . t éni o111

(a) Vide la déposition de Pierre le Cointre , prenne .j fe- sinformation du 30. Juillet 1691. auquel Biaule dit > B ^foiUroit mourir les chevaux 8c bestiaux de Paci, 8c que s uil le feroit mourir lui-même. _ ivres de

(é) La terre de Croisss » qui est de plus de 6000. n*venu, est de même aussi en Brie.