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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SU

position soit parfaite, son tempérament excellent, quefon levain exprimé par les glandes de la membrane in-térieure veloutée, Sc celui qui reste au fonds de l'es-tomac , après la digestion des abstiens, soit d'un acideVolatile tempéré pour les dissoudre, les briser, les fer-menter , Sc les changer en une substance laiteuse,c °mme de la crème de lait , que nous appelionsChyle.

11 est nécessaire que les esprits concourent & cettea stion, qu’ils y soient portés en quantité par les nerfs& que comme des Boulangers artistes ils remuent &Pétrissent toutes les parties des alimens pour aider à^urs principes actifs à se dégager des parties super-«ues dans lesquels ils font envelopés , pour procurer*îur digestion , 8c les convertir plus facilement en%

On ne sauroit assez admirer l’ceconomie de la di-gestion , c’est une chymie naturelle qui extrait lesPitiés spiritueuses & autres principes des alimens, ils0tlt premierement moulus par les dents comme par au-lan t de petites meules qui les brisent, ils font humée*î es . par la salive qui est leur premier dissolvant , la°isson les détrempe & les met en digestion dans l’es-*o^ae , où par le moyen des fermens naturels , desP ri ts animaux qui y influent, de la chaleur des’vis-^ voisins, comme auflì des acides , des alcalis, &es parties spiritueuses des alimens s’acheve leur cuit-f y & se forme le chyle qui est mêlé avec quantitée parties grossières & superflues ; mais dont il se dé-pour entrer dans les petits conduits des veinesjetées, tandis que les; grossières Sc inutiles font portées^ intestins en intestins juíqu’au dernier, pour y êtrele parées comme le son dans les moulins de farine.

L’estomac de cette pauvre fille étoit bien éloigné'je cet état naturel, son dégoût marquoit le sentimentgousse & languissant de ses membranes, les obstrue-rons de ses vaisseaux , l’embarras des nerfs & des fi-p re i ' flui empêchoient l’irradiation des esprits & laEnsibilité de son orifice supérieur, où est le siège dea faim & de la soif.

Ses nausées & vomissemens venoient d’un souffreç n ent mêlé avec un acide des plus acres dans son

oko 113 / ’ ^ env °yós de son soye 8c de sa ratte fortostrués & intemperés.

La foiblesse de son estomac , Sc ses douleurs que

pus appelions cardialgïe à cause du rapport & de la

jî^Pathie que l’estomac a avec le cœur, provenoient de

Ir dtation de ces mêmes humeurs acres & piquantes

3 u ì tenoient de la nature du vitriol , ou de l’eautor te-

arde

e % SS estons des deux hypocondres marquoient lesCa us r - raS ^ ^ es intempéries du soye & de la ratte, quiC0l ?tent les réflux de l’une & de l’autre bile , leursV en ° ats , leurs fermentations , & ce grand amas dets dont se plaignoit cette pauvre fille.si t j! e cr us que; nos Eaux lui seroient utiles pour forti-r eu s ° n estomac , pour le nettoyer des humeurs glai-& autres indigestes , & pour corriger ses le-p res s dépravés. Je crus aussi quelles seroient sort pro-m at / 0u >- dégager son soye , ses reins , fa ratte , la^ eurs obstructions, & pour purger les hu-to^ cacochymes dont ces viscères étoient gorgés,hde s £ n ° Us Pavons observé en quantité d’autres ma-

lle p seconde cause des maux de cette pauvre fillehtig rut être une 'grande cacochymie de la masse dufitig 1 Ur >e humeur attrabílaire prédominante , & unÇ e . ^ ne circulant qu’avec peine,fttité P as fans raison qu’un chacun croît que lajlje, Insiste dans la pureté du sang , dans l’harmo-difiFerç ns ^assemblage , dans la juste situation de seskatem es parties & dans son cours réglé , ni trop^and ' ni tro P précipité.

ÌH>H fan . . chyle, qu’un bel Esprit appelle rttdimcn-^toent T* ' n ’ e st point dépravé , le sang est ordi-Tonj e / ^ ans un état naturel ; mais quand il est dé-

PERSTlTlEllSES.

fectueux , le sang l'est aussi & ne peut corriger qu’a-vec peine les défauts de la premiere digestion : si bienque pour un bon sang , il saut que les alimens qui lecomposent z soyent bons & bien digérés dans l’esto-mac , que les parties spiritueuses y prévaillent, que lessouffrées y tiennent le second rang, que les salines &autres y soyent toutes dans une juste symétrie & si-tnation , & que les parties inutiles soyent séparéescontinuellement par les couloirs que la nature a desti-né à ces offices : mais quand cette séparation ne se saitpas , il se fait un reflus des parties impures dans lamasse, qui en troublent la pureté, lui causent des ef-fervescences, &le rendent plus aigre, plus salé, ou plussouffreux, Sc causent ces vapeurs & fumées qui mon-tent à la tête, & qui en troublent Pceconomie.

Le sang de cette pauvre fille avoir ce désauíî un retourde bile, Sc même de bile noire, en troubloit la pureté, lessels acides & de qualité vitriolique y prédominoient,les parties spiritueuses y étoient ensevelies dans les ter-restres & tartareuses , ce qui faisoit que son cours é-toit languissant, que la flamme de vie à laquelle le sangsert de nourriture étoit soible, d’où venoient ses lan-gueurs , ses syncopes , ses oppressions , Sc même laperte d’appetit, demeurant quelquefois plusieurs joursfans manger , Pappetit animal & le naturel étant éga-lement languissons par une grande diminution de láchaleur naturelle & de la flamme de vie : comme ilarrive à plusieurs animaux qui font renfermés en terrependant Play ver, qui ne reprennent vigueur & appé-tit que dans le Printems où le soleil ranime leur cha-leur Sc leurs esprits*

Je crus que nos eaux détremperaient ce sang épais& limoneux & lui procureraient une circulation plusaisée & plus promte ; qu’elles dégageraient les canauxembarrassés qui eu arrefìoient le Cours , Sc que pur-geant les humeurs cacochymes dont il étoit surchar-gé , Sc les précipitant dans les émonctoires destinés àen faire la séparation, ce sang reprendrait sa pureté avecson cours naturel, & que son souffre balsamique allume-rait dans le cœur une flamme plus vive & plus bril-lante , & fournirait une matière plus pure pour la for»'mation des esprits du cerveau.

Les esprits animaux , qui sont la quintessencedu sang, que|quelques Philosophes appellent une ma-tière subtile , lumineuse , étherée, celeste, la formeSc l’ame sensitive des animaux, étoient considérable-ment altérés dans le corps de cette pauvre fille.

Comme ils ne reçoivent leur perfection que de Iápureté du chyle & du sang , ils ne pouvoient pasavoir leur excellence , leur activité, ni leurs mouve-mens réglés à cause du dérèglement de ces li-queurs.

Les esprits font le premier principe du sang , maisextrêmement confus avec les autres qui entrent dansfa composition. Ils commencent à s’en séparer dansle cœur , où le sang souffre un bouillonnement causépar la flamme de vie. II est suivi d'une distillationsemblable à celle de l’esprit de vin : les parties lesplus subtiles Sc volatiles montent au sortir du cœurpar les artères carotides à la tête, qui est le chapiteau decet alembic naturel. Les parties les plus subtiles de celles-ci y sont filtrées Sc séparées des autres parties du sangpar la substance cendrée du cerveau qui n’est qu’ustassemblage de petites glandes conglobees & rangées lesunes près des autres avec de petits vaisseaux de com-munication. Elle? font filtrées ensuite par le corpscalleux & portées dans la moële allongée. C’est ceque nous appelions esprits animaux, qui distillent parles nerfs & par les fibres dans toutes les parties ducorps pour les merveilleux usages auxquels ils sontdestinés.

Véritablement le cerveau est la principale demeuredes esprits ; mais comme il est composé de diversesparties, il y en â quelques unes principales pour con-tenir les plus nobles esprits destinés aux plus Considé-rables opérations de l’ame : c’est comme une place d’ár-

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