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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQU ES SU

Le cœur même, qui est un muscle, a son esprit di-^ e< steur , qui anime tous les autres esprits qui fontipus fa conduite pour son mouvement de diastole, deyftole, & les autres actions si nécessaires à la vie"Lis à cause de cette chaleur divine qu’il contientce feu originaire du Ciel, essence & forme de laVle 5 vous lui voudrés attribuer un esprit Roi, & nonP as seulement un Vice-Roi de Pneumanax. Je vous® v °ue que pour ce que nous appelions chaleur de vie,somme vivifique, il y a un premier principe dans ley^ur ïïçûtov (pAoj'w&s, mais pour son mouvement, ilsopend des esprits animaux fans lesquels le feu de vietroit éteint. Cependant poua éviter toute difficulté ,5°us établirons, si vous voulés, deux Rois comme àLacédémone, l’un des esprits dans le cerveau, l’autre£ L flamme de vie dans le cœur , si unis qu’ïls nePrivent vivre l’un fans l’autre : ce qui fait dire à Mar-c so Ficin, Cor & cerebrmn amicitia catenìs ligantur ,stbi tradmt vices & opéras & arnica trìbuta re-

j. Tous ces esprits citoyens des corps vivans ne0tlt que les mêmes actions, ils sont, comme les habi-ails d’une Ville,destinés à plusieurs emplois, les uns^Mmandent, les autres obéissent & exécutent ; les plus^oles servent au commandement de l’ame raisonnablej,, de l’ame sensitive , quelques autres aux facultés depagination , de la mémoire & des sens ; d’autres°ms nobles sont destinés à d’autres usages, commePour les apprêts & cuittes des alimens. II y en a quit ser ven t qu’à nettoyer les canaux 8c les chemins pu-! lcs , d’autres à tamiser & cribler, d’autres à entrete-iso la chaleur & le feu. 11 y en a comme des Soldats|°ujours prêts à défendre les compatriotes, & à livrerbataille pour le salut de la République, mais ce qu’ilV a de surprenant, chaque esprit travaille à son emploiav ec un ordre merveilleux, à moins qu’ils ne soient dé-çûmes par des causes contraires qui les irritent, ou'Lu les accablent.

jj Lans la diversité des artisans de cette République,Py en a point en si grand nombre que des Chy-jdstes puisque toutes les opérations de la Chymieont fastes dans les corps vivans, comme dans un labo-oire animé, où les uns travaillent aux digestions ,

X fermentations, les autres à la circulation des disse-

rtes liecale

ueuis,aux cohobations, aux siltrations: les unsí calcmations, aux précipitations, les autres aux subli-mons, aux distillations & autres opérations. L’on peut^nae assurer que ce bel art n’a rien de si caché que lassmie naturelle des esprits ne lui ait appris : auffi lesce e „ Urs Chymistes ont été ex celle ns Anatomistes, &•c 'so d y a d’admirable dans la diversité des profes-p r ;^ s st e ces artisans spiritueux, c’est qu’un même eí-

s P' r ent

es anime, une véritable amitié les unit, ils ne con-ç. rj 1 tous ensemble qu’à maintenir la paix & la santé.c 0 _. sor ce sujet qu’Hipocrate dit: Consensus anus ,JP tr ati 0 nna , consntientia omnia.stiv CS e %'st s font des actions bien disserentes dans lesin e er ? ° r ganes où ils se trouvent selon les ordres de J’a-U^^sonnable & sensitive: ils souffrent auffi en eux-vj 0 ] es des altérations sort sensibles & quelquefois très-flUe -j! S ’ comme quand l’imagination a conçu quel-n, et ( j,agréable ou désagréable , l’appetit sensitifde c , . ord les esprits en mouvement, qui est suividiv er 111 d es humeurs & des parties solides: & de leursles pU^uvemens, états, 8c arrangemens dépendentdiff ei , Q l0ns j qui se manifestent par des caractères biensor t0 £ns le visage, dans le cœur, & généralementfon t Ut | e corps, selon les missions des esprits qui sesosoues ’ es nerfs & particulièrement par les nerfs p a-

OUv ement des esprits est doux ou violent,* il^i ( }> ll X st"and il est réglé & naturel, comme est ce-fosoierc , dont le cours est paisible & fansa dtrue ement - Les Stoïciens aspiroient à parvenir &ffr L1 s rer dans cet état, & Platon mettoit son sageon tmet d’une montagne tranquille , où les

PERSTITIEUSES. ■ i9

brouillards & les vents des passions ne pouvoîent ar-river.

Le mouvement des esprits est violent & sensiblequand ils sont agités par les passions : k joye & ladouleur sont les premieres, comme on ì’apperçoit dansles Enfans auffi-tôt après leur naissance. L’amour,la hai-ne, & toutes les autres passions simples & composées,dépendent de ces deux premieres, comme principes detoutes les autres, même au sentiment d’Aristote, quicomparé l’appetit sensitif à un arbre partagé en deuxprincipales branchés,'qu’il nomme joye & douleur,d’où naissent quantité de rameaux qui sont les passionsagréables & fâcheuses. Les esprits se dilatent dans leplaisir que leur donne une idée agréable, ils panchentvers cette idée agréable , réelle , ou imaginaire , 8cc’est l’amour ; ils s’empressent, quand elle est absente,de l’acquerir, 8c de s’unir à elle, c’est le désir; ilss’agitent & préparent dès fêtes & des triomphés pourla recevoir, quand elle est prochaine, c’est l’eíperan-ce. Ils s’arment & se disposent à combattre pour l’ac-querir, ou la conserver, c’est la hardiesse.

Dans la seconde branche de l’appetit sensitif , quiest la douleur, lés esprits se resserrent à l’aspect d’unobjet fâcheux, vrai ou faux. Ils Pont en horreur 8íle suyent, c’est la haine & la suitte; s’ils le considè-rent prochain & absent, ils en sont consternés,& trem-blent à son approche, c’est la crainte ; & s’il arrivequ’il soit au-dessus de leurs forces pour le chasser, ilsen sont accablés & fe desefpereht.

Le mouvement dés esprits est quelquefois très vio-lent & très impétueux quand il n ait des passions vio-lentes , mixtes, & opposées, dans lesquelles les espritsfe dilatent & fe resserrent inégalement , comme dansla colere composée de douleur & de hardiesse ; dans lajalousie composée d’amour, de douleur & de colere,& dans plusieurs autres, dans lesquelles l’ame-souffrepar les mouvemens opposés, qui l’agitent auffi cruelle-ment, que l’est un vaisseau fur mer dans une violentetempête. On diroit que les esprits, dans ces passionssimples & composées, sont comme les Soldats d’unéarmée dans des évolutions & exercices militaires conti-nuels , tantôt à étendre, tantôt à resserrer les files, 8cà faire diverses postures & mouvemens, selon le com-mandement de leur Capitaine.

Les esprits ne pourroient pas être continuellementdans l’exercice de leurs fonctions , ni résister aux di-verses passions, dont ils sont à tout moment agités ,s’ils ne prenoient quelquefois du repos. La natureleur a donné le sommeil comme un soulagement à leurstravaux & à leurs peines, & un moyen pour repren-dre des forces & recommencer leurs actions: & com-me les artisans d’une Ville après avoir travaillé tout unjour fe retirent à l’approche de la nuit, pour prendreleur réfection & le repos ; de même les esprits, aprèsavoir travaillé clans les organes des sens & dans les au-tres , fe retirent dans l’interieur du cerveau, pour se re-paître de quelques parties volatiles de la liqueur ner-veuse, 8c donnent au repos 8c au sommeil un temssuffisant pour reprendre des forces 8c vaquer dansla journée suivante aux fonctions, auxquelies ils sontdestinés. Comme quelques Compagnies de Bour-geois font la patrouille, le guet, ou garde pendant queles autres dorment & que quelques-uns s’entretien-nent dans la nuit de ce qui s’est passe dans le jour ;d’autres la passent en festins & en danses ; d’autresà des enterremens, ou autres occupations mélancoli-ques ; d’autres prenent ce tems pour fe battre: demême quelques troupes d’esprits font aux aguets &sont sentinelle , pendant que les autres prenent lerepos; d’autres inquiets 8c échauffés qui ne peuventréposer , repassent les idées agréables, mélancoliques,ou de fureur qui les ont occupés pendant la jour-née , ou dans d’autres tems. C’est-là ce qui fait le su-jet des songes : & après que tous les esprits sontbien repus, bien reposés, & débarrassés des humeurs

& des vapeurs qui les arrestoient, de leur propreK x mou-