PRATIQUES SUPERSTITIEUSE S.
eux-mêmes, Sc ceci est fans doute un ester
Bdes fur
d’une grande ignorance de ce Juge; car il a bien en-t£ ndu dire qu’un Sorcier en guérissant un maléficerenvoyé souvent le maléfice fur une tierce personne ,frais on n’a jamais ouï parler que le Sorcier prenne le^al ssr lui-mème, & ainsi dans les guérisons que Dieua opérées par ladite Bucaille, si el'íe s’est chargé véri-frhlement des maux des malades, comme il est justifiéj a nt âu fait présent qu’à l’égard du Sieur Curé de Gol*Avilie & des autres personnes dont on a parlé ; cettelanière de guérir les autres a quelque chose de pluspand & de plus noble-que les autres guérisons miracu-Eufes qui fe font d’une feule parole : puisque la cha-rit é est beaucoup plus grande à fe charger ainsi dujfrl d’autrui, à l’exemple de celui dont il est dit pare Prophète, Vere dalores noftros ipfi tulil , dr languores^“flros ipfi portavit.
Cette guérison n’est pas la feule chose extraordinai-re qui se soit passée à l’égard d’Anne Feuillie.
Bile rapporte quêtant allée voir ladite Bucaille dansj t r ‘fin d Valognes, elle lui prit son Chapelet , lequel el-e ef uporta a Cherbourg, & le mit dans fin coffre ; drtytelque tems âpres elle trouva ledit Chapelet pendu à laMitre de son grenier , étant fort surprise de le trouver là,te ^ment qu'elle le reprit , le renoua dans un linge , & leVern it dans fin coffre, & kàit Chapelet ayant encore étét er du une seconde fois, dr ue l’ayant plus trouvé , elle^nda à ladite Bucaille par Pafquet de Launey qu elle laBW de dire ou étoit le Chapelet, à quoi il fut réponduelle le cherchât, dr qu'elle trouveroit dequoi au bout ;e ffet elle le trouva fur le chevet de fin lit avec un®dlet , lequel y étoit attaché, qui l’exhortoit à la patience.
Or quoique ladite Feuillie parlant du contenu du-dit Billet ne fasse mention que de l’exhortation à lahtience, il est pourtant vrai qu’on y avoit ajouté un5v ertissemept d’être plus fidelle à Dieu, & il est bienProuvé au Procès que depuis la guérison de laditeeuilfie la Bucaille l’auroit toujours prêchée là-dessus,? exhortée à être plus fidelle à Dieu qu’elle n’avoitîfr par le passé*
. Çe Billet qui étoit attaché au Chapelet devroitjroir été apporté à la Cour avec les autres Pièces :
aïs il n’a pas plû au Greffier, soit par lui-même,soitPar l ordre du Juge, de l’envoyer , & l’on n’a appor-. e que le Chapelet fans Billet , quoique ce fût unefrce importante au Procès. Le sieur de Sainte Marié3 Bêtement interrogé ladite Bucaille pour savoir d’elleest-ce qui avoit écrit ledit Billet ; & elle a répon-jp qu’elle ne le savoit pas; & quand on lui a deman-r ®. somment elle avoit sû tout ce qui s’étoit passé auj- ! et du Chapelet qui avoit été perdu Sc retrouvé deuxj î s d’une maniéré si extraordinaire , elle a dit que c’é-*'t son Saint Ange Gardien qui l’en avoit avertie.
, aj s le fi eur Je Sainte Marie qui interprète toutes
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?í es ^ la manière du monde la plus injuste Sc la plus
^?8ue, veut absolument que ce soit là une œuvre duos 011 ’ quoique toutes fortes de raisons le dussentdi]/^ er à en penser tout autrement; car tant la guérisonc Ur CQr ï>s que celle de l’ame, laquelle on vouloit pro-Bir ^ âr Ce Chapelet & par ces exhortations à bienoî W choses qui ne tendent qu’au bien ; & cela§ìl e ait '^ P a s souvenir de ce qui est écrit dans l’Evan-Pa u ’ si Ue le Sauveur du monde opéra à l’égard de cele J r , e .' an guissant de la Piscine, car il commença paril guérir, & p a y an t depuis rencontré dans le Temple,fafty amoureusement pour lui dire : Eccê^ sanus
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deterius tibi con-
í.iy r g n Pourroit faire un neuvième Article d’un petitgì na l ou Manuscrit qui est au Procès, tant en Ori-^ r efí^ U ' en Copie, c’est un cahier qui a été mis auAf, re e ,P ar íe Sieur Curé de Golleville , & c’est unéc rit ge ^ la Vie de Marie Bucaille, qui n’a pas étét>i re £ ar elle, mais par un Prêtre qui étoit autrefois sonqui î n < " Ur à Cherbourg, nommé le Sieur Dallet » Scfrort il y a dix-fept ans.
11 n’a pas pour titre, Vie de Marie Bmaillé ; maisbien, Vie d’une Personne qui veut travailler à sa per-fection.
On ne dira rien en particulier touchant cet Ouvra-ge , qui fut nécessairement fait il y a dix-fept ans ; carl’Auteur y parle d’une personne âgée pour lors de vingt-cinq ans -, Sc ladite Bucaille en a présentement quaran-te-deux : mais tout ce que l’on en peut dire , c’estqu’il semble en le lisant, qu’on lit la Vie de Sainte Ca-therine de Sienne, ou de Gennes, ou de quelqu’unede ces grandes Saintes du Paradis. Il est vrai qu’on nôpeut parler de toutes ces chofes-là pour ladite Bucaillefans répugnance Sc fans confusion : mais enfin puisquela Piéce est au Procès, elle servira pour faire connoî-tre ce que pouvoit être ladite Bucaille il y a dix-íeptans.
Ët l’on feroit peut-être encófe un dixième Articledu Portait de ladite Bucaille qui est au Procès , &qui fut fait par Tordre du Pere Saulnier en T Année1696. par un Peintre de Valognes nommé le Prieur*Cela ne s’est pas fait du consentement ni de la cònnois-sance de ladite Bucaille,qui pour rien du monde n’au-roit pû souffrir qu’on l’eut peinte ; mais on prit letems de trois ou quatre extases pendant lesquelles on ytravailla, Sc ce qu’il y a de merveilleux là-dedahs, &dont mention est faite par un écriteau qúe le PerèSaulnier a mis au dos de ce Portrait, est que le Pein-tre après avoir peint le visage voulut auffi peindre lesmains : mais il s’y trouva un défaut en ce qu’il y avoittrois doigts de chaque main Courbés Sc pliés dans làmain par une infirmité arrivée il y avoit dix ans ; maislorsqu’il fut question de peindre les mains, l’on s’ap-perçût que les doigts fe redressèrent comme les autres,& après la peinture achevée ils retombèrent dans leurpremière insirmité, ce qui avoit encore duré plus dehuit mois.
Tout ce qui vient d’être dit fait autant dé preuvesdes grâces extraordinaires que Dieu a répandues fur la-dite Bucaille, Sc qui doivent fans doute beaucoup é-loigner la pensée qu’elle soit coupable de ce prétenduInceste spirituel, ou de cette profanation d’Hosties qu’ona voulu lui imputer, & qui font d’ailleurs des choses trèsmal prouvées. Mais ce qui a le plus étonné le Sieur deSainte Marie dans toute la fuite de ce Procès, c’est cequi est rapporté de ces transports extraordinaires arri-vés à ladite Bucaille , laquelle s’est tróuvée en mêmétems dans là Prison de Valognes & à Cherbourg , é-loignés de quatre lieuest C’est une affaire qUe ce Jugen’a jamais sû démêler, Sc à faute de la comprendre, ils’est porté tout d’un coup à T attribuer au Diable.
Ces transports ont paru en deux occasions ; l’uné ïl’égard d’Anne Feuillie, & l’autre à T égard d’un jeunegarçon nommé Thomas Darrás , qui demeurent tousdeux dans les confins de Cherbourg.
Anne Feuillie a rapporté , qu un jour après qu ellefr fa mere avoient reçu plufieurs mauvais traitemens , quifi faifiient d’une maniéré invifible , par des mains quileur tiroient la couverture dr les linceuls de fur leur lit ,elle vit en un certain jour Marie Bucaille aux pieds defin lit; Sc ceci étoit dans un tems où il est constantque ladite Bucaille étoit prisonnière à Valognes, êllene rapporte pas dans fa déposition que Marie Bucaillelui parla, mais la chose est demeure constante lors dela confrontation , Sc le langage que lui tint ladite Bu-°caille tendoit toujours à la rendre plus fidelle à la Loide Dieu. ,
L’autre Témoin , qui parle de ce fait, est un jeunegarçon âgé d’onze ì douze ans, nommé ThomasDar-ràs, il demeure avec le Pere Messe Cordelier, Her-mite dans l’Hermitage de Cherbourg , ayant desseinde fe faire Religieux.
Ce jeune Témoin rapporte qu'étant un jour , qu ildéfigne du mois de Septembre dernier , dans le Jardin duPere Mejíe a quatre heures demie après m idi, dr dansun tems fort fer ain , il fit surpris d f y voir tout d. unçmp Marie Bucaille , laquelle il connoiffiit fort bien ,O 2,
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