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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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HISTOIRE DES

de Brebeuf, âdquel ils commandaient de le faire , c'a étéce bon Père qui ma procuré cette faveur auprès de cesSaints apôtres.

Mais par où cet Auteur conclut ce Chapitre, c’esten disant : Notez, que cette même grâce a été accordée dbeaucoup de Saints. Saint Jean Chrysofiome fut a fa mortcommunié de la main des Apôtres S. Pierre (fi S. Paul ;le Bien-beureux Stanifas Koflka etant tombe malade avantque d'être Religieux , (fi ne pouvant obtenir de son frèreaîné ni de fin Gouverneur , qui étoient Luthériens , qu onlui apportât le S. Viatique , eut recours a Sainte Barbe ,pour laquelle il avoit eu des fin enfance une grande dévo-tion. Cette Sainte le vint visiter en la compagnie de deuxlinges , de la main defquels il mérita d’être com-munié.

Toutes ces communications de Marie Bucailleavecles Anges & les Saints du Paradis , n’ont rien quidoive scandaliser personne, ni obliger à lui fáire sonProcès , non plus que ce qui a été rapporté de cequ’un saint Prêtre nommé Barthelemi, qui avait étéautrefois son Confesseur est venu au devant d’elleavec son Surplix pour la conduire en une Chapellequi s’ouvrit fur le champ , & l’affistance que S.François, S. Gilles & Sainte Claire lui donnerent,lorsque par leur conseil & leur secours elle sortit li-bre de la prison de l’Hôpital ; ce sont des grâcesSc des saveurs particulières de Dieu que l’on ne mé-prise que parce qu on n’est pas digne de les con-noître.

Sr, L’on peut faire un septième Article touchant lesbonnes & suaves odeurs que l’on sent souvent au-près des Saints, & dont il y a mille exemples dansleurs Vies. Une des témoins du Procès nommée Ma-rie Orange en rapporte un fait assez singulier , quieft, que la dite Bue aille lui ayant fait espérer de délivrerV Ame de fin Mari le jour de S. Etienne , (fi qu’il fal-loit qu'elle fit dire une Mejfe ledit jour , la Déposanteentendit des fins comme de Violons le matin dudit jour ,(fi têt après ladite Bucaille vint trouver la Parlante (filui demanda s'il falloit des Violons pour la faire lever , aquoi la Déposante repartit qu"elle n avoit prié perfinne deIts lui donner , & la Bucaille répondit que c’étoieut lesBienheureux S. Etienne (fi S. Jean qui venoient l'avertird’aller â la Mejfe , (fi la Parlante s’étant levée y alla ,Cír trouva dans B Eglise ladite Bucaille auprès de laquellela Parlante passa , (fi sentit une odeur la plus agréablequ’elle eut jamais fintie , enfìrte que fin écharpe en de-meura parfumée près de trois mois , ajoutant que le finqu'elle avoit entendu étoit très-mélodieux.

11 y a deux autres témoins qui rapportent avoirencor senti une très-bonne odeur auprès du lit d'uneChambre où ladite Bucaille avoit couché., & quandils lui demanderent la raison de cette odeur qui leurparaissait si excellente, elle dit que c’est que le SaintEnfant Jésus s’étoit venu reposer sur ce lit-Ià. 11 y aencore d’autres exemples dans le Procès de ces odeurs-là, dont la conséquence est, pour dire que ce ne sontpoint assurément des Ouvrages du Démon, & que cessaveurs ne s’accordent qu*a des personnes chéries deDieu par rapport à ce que dit S. Paul , Christi bonuscdor sumus.

Un huitième & f un des plus importans Articlesfont des guérisons qu’on peut dire miraculeuses, pro-curées par la médiation & les prières de cette fille.

Le Sieur Curé de Colleville rapporte qu un jourayant étésurpris dé un mal très-violent , il fit a Dieu uneprière conditionnelle , qui efl , que fi Marie Bucaille n é-*oìt pas bonne (fi vertueuse il ne la prioìt de rien , qu illa détefloit (fi l’abhorroit , mais que fi elle étoit bonne ser-vante de Dieu , il fi recommandait à fis prières , (fi enmeme tems il fut guéri , (fi deux ou trois heures aprèsayant ressenti quelques avant-coureurs du même mal , ilrecommença fa prìere (fi que fin mal fi pajfa: 11 ajoute;que quelques jours après elle lui dit qu’il lui avoit biendonne de la* peine , (fi qu elle avoit souffert les mêmes mauxqu'il devoitsouffrir.

Deux témoins nommées Jeanne du Saux & Fran-çoise de Launey rapportent ; la première , qu ayantentierement perdu l'usage d'un œil , elle avoit été guetspar les prières de la Bucaille ; & l’autre, quelle a eteguérie du mal des yeux par la même voye , avec cette. circonfiance , que la Bucaille pour la guérir , s'étoit char*gée de fin mal. *

Maïs dans le nombre des guérisons il n’y en a pointqui ayent tant fait de peine au juge de Valognes q lIÊla guérison d’une fille nommée Anne Feuillie origi-naire de Cherbourg*

Marie Orange en rapporte le fait, disant ; qu’unéft'le nommée Anne Feuillie ayant été malade d'une retet 1 'tion déurine , la Déposante la recommanda aux prières déladite Bucaille , qui lui promit de prier Dieu pour élit f(fi fut encor ladite fille P espace de vingt-quatre jours fìtdguérison , ; mais la Parlante ayant dit à la Bucaille qfila dite fille ne guérijj'oit pas , elle lui répondit que c’étodpour faire connoître les œuvres de Dieu , (fi pour emfi"cher les méchans de dire qu’elle avoit été guérie par ^secours des Médecins , mais qu'elle ne souffrait point démal , (fi en effet la dite fille fut guérie : (fi commevouloit publier ce qui lui étoit arrivé , on lui dit de dft gfeulement qu elle avoit été guérie par les prières des bot 1 'nés Ames , fans parler de la Bucaille : mais la dite Feifi'lie étant retombée malade, (fi la Déposante le disant àdite Bucaille , elle lui avoit répondu avec bien de la p et “ne , que c'efl que ladite Feuillie ne difiit pas les chofi 1comme elles s'étoient passées , ce qui ayant donné lieu à ^Parlante de croire que Dieu vouloit faire connoître ladP eBucaille , elle dit â ladite Feuillie qu'elle dit les chofi 1comme elles s'étoient passées , ce qu'elle résolut de fais 1 *(fi promit d Dieu de ne rien céler fi elle guériffoit , (fi l>1même tems ladite fille fut guérie.

La dite Anne Feuillie rapporte la même biftoif^tout au long , ainsi que Jeanne du Saux mère des 3dite Feuillie. Cette derniere ajout e, que la défense qfiffifit a sa fille de dire qu elle avoit obligation de sa guets,d Marie Bucaille , vernit de la part du Sieur CutoCherbourg , le dit Sieur Curé n’ayant jamais pU a Pprouver la dite Bucaille , laquelle ayant été quelssff*fois se confesser L lui, a dit à quelques personnesrituelles de fa confidence, que le dit Sr. Curé,qu’homme de probité , ne connoissoit rien dans j evoyes , & ce n’est pas une chose bien extraordin^qu’il y ait des Curés qui ne s’y connoissent pas* ^

Le Sieur de Sainte Marie voyant des preuvesclaires de cette guérison miraculeuse s'est sort échaulà-dessus , & pour embarrasser ladite Bucaille patInterrogatoires , il lui a fait en premier lieu unmauvais incident , en disant , que si cette g u ®ypdevoit être un œuvre de Dieu , il n’étoit pas ne c ^ ffaire d'attendre un espace de vingt-quatre jours P 0 ^la faire , & qu’il falloit que cela fut fait dès le P f gSmier jour. A cela elle a répondu que ce n’étoít Pj (aux hommes à donner des loix à Dieu ; qu’il e ^vrai que pendant les premiers jours du nombre ^

vingt-quatre , la dite Bucaille avoit fait une ^pour la malade , qui pendant les vingt-quatre 1° ^n’avoit presque point souffert de mal , ladite Bff c 5s’en étant chargée pour elle , ce qui n’empecho'U^que la dite fille n’eut été réduite à l’extrêmité jque Dieu avoit bien voulu attendre jusques ^att

nier moment afin de manifester fa puissance, &ce juge est venu à presser encore plus fortement a ç ete Bucaille sur tout ceci , elle lui a dit que b c . >rs’est ainsi passée pour la justification du stère Sau& d’elle. . ^ ds

Mais un autre incident qu’a fait le dit SieSainte Marie fur cette affaire auísi mauvais que , e v [0 idmier , c’est qu’il a pris occasion, de ce qui lu ‘ (sdit par Marie Bucaille , qu’elle avoit souffert , j 3personne le mal d’Anne Feuillie pour reprocher ^dite Bucaille qu’il falloit sans doute qu’elle i^de^ 5ciere & Magicienne, puisque c etoit-la la met tSorciers de guérir les gens en prenant les maux u ^ eS