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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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P.R A TIQUES SUPERSTITIEUSES. 57

?e retirât de dessus la Croix ou il avoir été mis , 5 c Or l’on a enfin découvert ce qui leur caufoìt cettefiu’on le remît en prison fous une sûre garde ; & afin grande assurance: C est que pendant leur Miflìon ilsde ne rien ajouter aux paroles de l’Auteur qui a écrit avoient entendu lâ Confession de deux certaines fillescette Histoire, voici comme il parle: stui leur avoient reconnu,avec de grands sentimens de

■Mais qui peut résister k la volonté du Tout-Puissant ? contrition , quelles etoient assez malheureuses pourCe Martyr efl aujst-bien consolé en la prison qu en la s ctre engagees dans le sortilège ; ajoutant qu elles a*Croix ; le monde ne le void pas , mais il est vu des voient vu Marie Bucaille au Sabat.

-dnges qui guéri sent toutes sis piaf es , qui V accompagnent Qui pourrait exprimer la joye que Ces bons Mis-

dehors & dedans la prison , qui le conduisent & le ra- sionnaires ressentirent, d’avoir ainsi retiré deux Ames^enent , qui ouvrent & ferment les portes fans qu on des griffes du Démon? quel fruit de leurs Sermons,s 'en puiste appercevoir , les ferrures demeurant en leur & quelle consolation pour ces Ouvriers Evangéliques,'ntkr; U est apperçû des Satellites dehors, & ils le re- de voir ainsi leurs travaux récompensés par des con-trouvent dedans; ils admirent & s'étonnent comment ce- versions de cette importance? Mais n’en deplaiíe a cesfi peut faire , parce qu ils ignorent les œuvres de íàvans Directeurs, ils dévoient comprendre que leurshieu. Ils le tirèrent de prison pour en être plus parti- fermentes n etoient pas bien converties ; car c’étoitCu lierement informés ; & étant devant ïEmpereur , l’Em- ^ssez pour elles de reconnoitre leur crime, fans íe me-preur lui dit t Je veux que devant toute cette Com- ler_de nommer personne du nombre de ceux qu’elles de-ì a gnie tu me disi maintenant comment tu as sorti de voient avoir vu ail Sabat, cela étant tout a fait contre^ prifin ; car a ce que fentens tu en sirs toutes les la charité Chrétienne. Il a para néanmoins que ces^Íts , si tu nétois Magicien tu ne pourrais pas faire Confesseurs n’étoient pas fâchés d’avoir appris cetteCe la. circonstance touchant Marie Bucaille, & ç’a été fur

Si le Sieur de Sainte Marie eut été là , il n’aufoit ce pied-là qu’ils ont prêché en chaire, 8 c publie dansPas manqué à donner une Sentence , par laquelle il au- toutes les maisons de Valognes que cette créature ner °ìt dit que cela ne se pouvoit faire sans Art magique valoit rien. Ils font venus même dans la prison l’annon-êc fans opération diabolique. cer a Marie Bucaille, disant qu’ils ne pou voient avoir

Marie Bucaille lui a dit plusieurs fois dans ses In- nul doute de son état; ils 1 auraient néanmoins volon-îe rrogatoires, qu’il eut à íe prendre garde de donner tiers entendue de Confession, mais c etoit a condition^ Diable ce qui n’appartient qu’à Dieu ; Sc un jour qu e P ar ou d falloit commencer , c etoit de fe recon-* e trouvant feule avec lui, elle lui parla en ces termes: neutre coupable de sortilège; & l'on a encor envoyéMonsieur, la chose du monde qui me surprend le plus en trois ou quatre autres Confesseurs à ladite Bucaille ,ìf, ut ceci , c'est quêtant homme d’esirit comme vous êtes tuais qui ne Pont pas voulu entendre, à moins qu’elle{car on ne peut pas nier que vous n ayez, beaucoup d’esirit ) ne commençât par cette déclaration ; ce qui est la plusvous faites cette injustice k Dieu d’attribuer au Démon , grande injustice & extravagance qui fe puisse jamaisqui efl fin ennemi, les merveilles de fa Grâce. penser.

, Elle vouloir dire que s’il etoit homme d’efprit , il II y a eu une de Ces prétendues Sorcières qui n’an’étoit rien moins que ce qu’on appelle un homme ípi- pû s’empêcher d’en faire le . conte à une autre personnetituel, vu que toutes ces choses lui paroissoient des hors de la Confession S-5 comme nihU est tam occul-*°lies, & qu’il n’y pouvoit rien comprendre , parce t-um quod non reveletur , 1 ón a enfin découvert la cho-ssu'il les falloit examiner spirituellement ; & voilà juste*- & su que ces deux créatures étôient des personnesî&ent le caractère de ceux dont parle S. Paul , quand qui saisissent ce tnétier-là depuis dix ans, & qui al-d dit : Atimalis homo nùn percipit ea qua funt Spiritus soient ainsi dans des Missions faire des Confessions fa»fi , flultitia enim est illi & non potest mtelligere quia criléges, pour avoir le plaisir de décrier qui il leurst l ritaliter examinatur. plairait. C’est ainsi que ces Supôts de la Rigolette en

Enfin il semble que Dieu ait employé, par les mer- ont usé en l’occasion présente. Ceci n’est pas dans leGilles & les choses extraordinaires qu’il a fait paroi» Procès, & il n’a garde d’y être ; càr elles n’ont paslre , tout Ce qui étoit en son pouvoir pour faire con- été assez folles pour aller reconnoître leur crime eny°itre la vérité : mais il est arrivé ce que dit Saint Justice: mais enfin l'histoire en a été sûë dans touteàr> dans son Evangile; Cumautem tant a signa feciffet la Ville dê Valognes, & bien soin d’attirer de l'applau-tot am eis non credebant ìn eum. dissement à ces bons Missionnaires , on s’est fore

.Mais il ne faut pas oublier l’histoire de Certains moqué d’eux, & c’est la juste rétribution qu’ils ont^ssionnaires, & de deux prétendues Sorcières fai» remporté de leur faux zèle & de leur honteuse cré-e *près pour perdre Marie Bucaille de réputation; dulité. ... -,

f c est une des plus belles Scènes de toute cette II y a eu dans le Procès lin Exploit d appel & prise

ra §édie. à partie signifié de la part de ladite Bucaille l’onzié»

j. 11 saut donc savoir qu’au mois de Novembre 1698. me Décembre 1698. c’est-à-dire un appel de la ré-L 0tl 6t venir des Prêtres Missionnaires à Valognes, ception de la plainte, & généralement de tout ce qut^fiuels q Uanc i q s y forent arrivés sembloient n’être avoit été fait contre elle: mais le Sieur de Sainte Ma-Ça 5tlUs là que pour décrier la pauvre Marie Bucaille ; rie en ayant écrit à Mr. le Procureur Général, & luic J etl public & en particulier ils ne saisissent autre ayant fait entendre qu’il n’y avoit dans ledit Exploitq 0se que d’en dire tout le mal imaginable. Un d’en- aucuns motifs employés de ladite prise à partie, quoi-Prê?*» nommé le Sieur Bidois, fut assez hardi pour qu’ils y sussent expliqués assez aù lòng; on lui a bien-r oisT r Publiquement & dans la Chaire de l’Eglise Pa» tôt envoyé un Arrêt donné fur le Réquisitoire deì'iç de Valognes , que Marie Bucaille ne valoit Mr» le Procureur Général, par lequel, lans s arreter à5 qu’il le savoit de bonne párt, & que personne l’appel & la prise à partie, il est ordonné de passer ou*à la hanter ni à la voir. On ne peut pas douter tre en vertu dudit Arrest. Le Juge , au préjudice 8 cl a sopt le monde ne fut extrêmement scandalisé de au mépris de ladite prise à partie, a íybien pafle ou-pl e a Miest e C£ pfodsoateur, puisqu’il est fans exem- tre, qu’il a condamné ladite Bucaille à mort, lorsqued éc ? u> un Prédicateur se soit jamais donné la liberté de le Procès est venu à la Cour, & que les Prisonnièresafo ler aucun particulier dans ses Sermons , & cette y ont été amenées, Ce qui ne s’est fait que plus deVére mérit eroit fans doute une animadversion fort sé- trois mois après la. sentence rendue, quoique pâr l’Or-Prê c ì ^ qu’il fot défendu à un tel Prédicateur de donnance il ne doive y avoir aucun delai, ledit Jugeç 0ttlK er h reste de sa vie. On peut néanmoins juger prétextant ce differement fur le longtems qu’il falloitrig j, len de tort ce discours fit à la réputation de Ma- à copier le Procès : mais dans la vérité c’étoit pourfc ns , Ucaill e,personne ne fe pouvant persuader que des sa propre commodité, parcé qu’il vouloir venir avecJj e cet emploi & de ce mérite là osassent alléguer elles.

■>-„ es choses fans être bien assurés de leur fait. Lors donc que le Procès est arrivé, & le Sieur ds

me If. .- P Sainte