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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SU

d envie à cause duquel on les a à bon droit comparésa ux Prêtres de Jérusalem au sujet de la Mort du Sau-veur du Monde , car ce que faisoient les Prêtres deJérusalem étoit aussi par envie, & Pilate le savoir bien.Sciebat enim , dit l’Evangile , quod pcr invidiam tfadi-dijsent eum^ mais en l’un & en l’autre cas ils prenoientd’autres prétextes, qui étoit le zélé de l’honneur deDieu.

Xes Prêtres de Valognes ne cessoient de dire auSieur de Sainte Marie que cette créature étoit uneDipocrite, une Impudique > une Magicienne & uneSorcière, qui enchantoit & trompôit tout le monde ;qu’il en falloit faire un exemple ; qu’il la fálloit pen-dre 8 c brûler , n’étant pas digne de vivre : & enfind$ ont obtenu de ce juge ce qu’ils demandoient, quiE une condamnation de mort. Les Prêtres de Jérufa-et U alloient crier aux oreilles de Pilate , nos Legem^ ficuridum Legem débet mort , st tradiditeum ut crucifigeretur.

Et que personne ne se scandalisé de la comparaison^ du rapport que la dite Bucàille prétend avoir aveca passion du Sauveur , puisqu’il est vrai que le Pèrekernel en nous donnant son Fils , nous l'a donnéPour être notre modèle & notre exemplaire en toutesc uoses. II voudroit même que nous fussions tous desc °pies de cet excellent Original. Quos pradestinavitinfirmes fieri Imagini Filii fui ; & «Bailleurs qu’est-Cc que cette pauvre fille ne peut pas penser de la dé-P e ndance & de la participation qu’elle doit avoir à laP a ffion du Fils de Dieu ? puisqu’il a bien voulu si a-rn °ureusement en imprimer sur sa personne les sacrésCa ractéres, dont les pareils ont fait dire de S. François,‘fr ancifcum exue , Chrifius erit.

Mais la mort du Sauveur , quoique très-injuste-«ient Ordonnée , ayant réconcilié la terre avec le ciel, 'ouvert aux hommes la porte du Paradis, fera éter-j^ e Ornent pour eux une source de bénédictions & deouanges ; au lieu que la mort de cette malheureuseictime , si sa Sentence étoit executée, ne serviroitjV 1 a déshonorer la J ustice, & scandaliser les gens dé

p Qu>d enim malt fecit ? car on én revient toujoursr* n* a-t "^ quelque personne sor la terre qui se plai-d elle , 8 c à qui elle ait jamais fait aucun mâl?n a dit que fa mère s’en étoit plainte autrefois,^is c’est parce que fa fille passoit un peu trop deJftis à l’Eglise ; & le Sieur Abbé de la Lutumiere àQe Posé au Greffe de Valognes une Lettre , par la-la mère & les frères de la dite Bucàille ont dé-y arc qu’ils ne se plaignent d’elle en aucune maniéré.

quelqu’un qui allègue que cette fameuse Sor-ta/ e > a * t em P°is° nn ^ des hommes Ou des animaux?l’o C E par ces marques-là que l’on connoît & que^ convainc ceux qui sont accusés de pareils cri-p r s * Enfin elle a cet avantage , que dans tout son

P E R S T I T I E U S È S. ct

liste, soient incessamment entendus pár ùn autre jugeque celui dont est appel.

Elle demande encore Acte * qu’elle est prête decomparoir devant son Evêque , si la Cour le jupe àpropos , pour juger des marques d’obsessiòn ou pos-session, lesquelles continuent tôújours en fa personne,& pour en faire telles épreuves qu’il jugera néces-saires.

Si mieux la Cour rte trouve qu’il y en à déja assezpour dire , que les prisons lui seront présentement ou-vertes , ainsi qu’à Jeanne de Láuney,.:

Monfieur DE CROSTJILLE Conseiller, Rapporteur»,

, il n’y a rien de prouvé.

^ 7 a plusieurs Conclusions à prendre én cette

fyj. y Premierement, il y en a une qui convient àtoui 6 Pr °cureur Général ; pour dire qu’il faut casser§arçj j 6 que le dit Sieur de Sainte Marie â fait à l’é-tj etl de la Rjgolette , puisque dans la vérité il n’y àV(w ait qui vaille , & qu’il est nécessaire de ren-di/p^devant un autre juge pour faire & parfaire lé

f? c onde Conclusion que prend la dite Bucàille,c °Utr ^ P^ a ' ra a ia Cour casser tout ce qui a été faitssy e Ee depuis le commencement jusques à la fin,Jal 5 eu ni sens ni raison à laisser l’objet princi-ìet et °rr l’accusation contre la Rigolette au sti-í 0e rce yosties, pour se rejetter sur le [prétendu COrti-5 íUì n » .la dite Bucàille avec le Père Saulnier : ceìouté s aV °^. nu l rapport au Procès desdites Hosties. A-ûot). stu'il n ’y a nulle preuve de cette accusa-

• En

Nn S ^ cas elle demande que les trente-deux té-T 0nte ^rvés au Monitoire , & dont elle a donné la

M E M O 1 ÎL ê,

Contenant Us faits extraordinaires rappor-tés dans le Procès de MARIE BU*CAILLE , & les crimes pour lesquelselle a été condamnée.

C E Procès a commencé par le réquisitoire que léProcureur du Roi donna au Lieutenant-Cri-mmel de Valognes pour être informé contre la nom-mée Catherine Bédet , dite la Rjgolette , accuséed'être saisie d’Hosties consacrées & maculées.

Le Lieutenant-Criminel ordonna qu’il en seroit in-formé , & sur l’avis qu’il eut que la dite Bédet, na-tive de Cherbourg , se préparait à s’enfuir , il alladans la Chambre de la dite Bédet & l’interrogea.

Après plusieurs dénégations elle reconnut qu’elîéavoit été saisie de quelques Hosties que (a) Frere Sauî-nier Cordelier lui avoit baillées, né fait si elles étoientconsacrées ou nòn.

(t') Qèè c l° r fil Me l e d' Frère Saulnier lui bailla lefditeSHosties , tl lut dit de lès garder st de les lui rendre , stqu environ ce tems-ld il abusa d'elle.

( c) Qu’elle a rendu lefdits Hosties au Père JosaphatCapucin.

(d) Oue le Frire Saulnier avoit abusé d’elle dans IdChambre est en la présence de Marie Benoît , ' dite SœurMarie de la Bucàille.

(e) Oue le Frère Saulnier étoit pour lori fin Confesseursest que ce fut pendant ce tems-la qu il abusa d’elle.

Quelle a vu le Père Saulnier abuser de la dite MariéBucàille , est âpres avoir fignéfin Interrogatoire , elle ajouta que le Pire Saulnier la croyant grojfe lui donna despotions dont elle pensa mourir»

La jalousie de ces deux Filles a tout fait décou-vrir. ..

Le lendemain. ‘ Ìè.~j uge répéta l’Interrogatoire de ladite Rigolette ,relle persista à toutes les réponses qu’el-le avoit faites le jour précédent, & ajouta.

(f) Ou ayant demandé au Frere Saulnier fi lefditeiHosties netoìent point consacrées , il lui répondit que non $est fur ce qu’elle lui dit qu’elle s’en confulteroit , le PèréSaulnier les voulut reprendre , mais que ne les ayant vou-lu rendre , il lui dit de les lui garder.

(g) Qu’il l'a priée plufieurs fois de lui garder le fi -cret , de ne pas rendre les Hosties à d autres qu a lui.

{h} Ou elle a reproché a la dite Bucàille fis impuretésest attouchement sales avec le Frere Saulnier , lorsqu elléétoit a P Hôpital de Valognes.

(i) Oue le Père Saulnier est la dite Bucàille faifiientbonne chère est beuvoient de bon vin lorsqu ils étoient

seuls t

(a) înteírôg. dtì íf. Avril 98. Art. 14. Art. i8«,

(b) Art. 19.

(r) Art. 21.

(d) Art. zr.

(e) Art. 24.

(f) Interrog. du 26 Avril 98,

C?).Art. 7.

(h) Art. 8.

(z) Art, t6,

a