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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES S U

Ermitage environ fur les quatre heures après midi, dansHn tems que l'air étoit fìrain , il vit dans le Jardin dudit Hermitage ( dans lequel les femmes n entrent point )■Marie Benoit dite Bncaille qu'il connoiffoit auparavant ,J qui lui avoit donné m Agnus Dei, laquelle Bncailleet °it dans ledit Jardin proche une Salle verte, ce qui l'é-ton ua d’abord, enforte qu il fit le signe de la Croix fur^i & fur elle , remarqua que lorsqu’il fit le signe de^ Croix fur ladite Bncaille, elle trembla un peu, dr en-fàite ladite Marie Bncaille vint au devant de lui comme^ alla au devant d’elle , & s’étant approchés , ladite•Marie Bncaille demanda au Déposant comme il fe portoit ,^ s 'il vouloit être Religieux, a quoi le Déposant ayantr farti que oui, ladite Bncaille lui dit qu il feroitJtienque c’étoit un grand tintamare que le monde ( usant< j 5 termes ) & le Déposant lui ayant dit qu on difìit bien»ial d’elle, & que l’on difoit que l’on avoit trouvéU f Enfant mort fur fa table , ladite Bucaille étendantes bras & levant les yeux au Ciel dit : Ah mon Dieul'on dit de médisance dans le monde, & le Dépo-s’étant approché d’elle , la prit par fa Robbe, dr'° Hr lors ladite Bncaille fe mit a le regarder dr luifilant , lui dit, on difoit que vous ne regardiés pas lesé> e ' ns - Le déposant fe souvient qu elle étoit pieds nuds ,<i pé int une Juppé ou Cotillon (termes dont le déposant s’eflblanc gris, un tablier gris, avec une Couejfe blan-^ f fans Cappe, dr ladite Bucaille lui dit adieu , dr lep f fiant marcha quelque tems avec elle , la suivant ; maisa ]ant quittée pour aller avertir le Père le Méfié Hermì -f I e Déposant ne fait par oìt ladite Bucaille fìrtit dujardin.

£t le juge ayant voulu s’instruire íi le Déposantsonnoissoit ladite Bucaille, & s’il reconnoîtroit les ha-bits qu’il a désignés, manda ladite Bucaille en laChambre du Conseil pour la faire voir au dit Darras'emoin, lequel après l’avoir vue dit.

^ Qu U la connoijfoit bien pour être la même qu’il vitans lç Jardin du dit Hermitage, mais qu’elle n étoit pasa *Eee comme elle l’étoit lorsqu’il la vit.

• le juge ayant demandé à ladite Bucaille si elle^nnoìiToit le dit jeune homme, & si depuis (a) qu’elleT , 0lt prisonnière, elle est allée le voir au dit Hermita-jour & comment elle y alla, & si elle étoitabillee , comme elle est, elle répondit.

^ t Que r/en n ’efi impossible a Dieu; & prefée de diree nte a dit qu il est vrai quelle est allée voir le ditfì ne homme au dit Hermitage depuis quelle est pri-^iere , ne peut dire le tems , dr que son bon Angej n ant fa figure étoit demeuré dans cette prison pen-l e nt qj le bon Ange du Déposant la transporta dansu Jardin pour exhorter le dit jeune homme a per-dans ft vocation , qu’elle fìrtit par la porte de lapdf* q Hl lut fut ouverte d!une maniéré merveilleuse6 b° n -dnge du Déposant dr par S. François , drtl u fi Hant à B habit qu’elle portoit , comme elle en avoitf Hrs , elle en avoit pu changer.a V( y 't Darras dans son Réollement a dit , qu’ilco' 1 oublié de dire que ladite Bucaille lui demanda

(4rv ^ c<re ' e Messe l" e portoit.

Ca 'He j? e P°fr qu’étant venue remercier ladite Marie Bu-1 ì'âvoir guerie, Vêpres ayant sonné, elles di-''spclv'i fr^ a P e l ec 5 & pendant ce tems quelqu’un ayantqn e ^li^ite Bucaille, elle laissa tomber son Chapeletk°Ur 3 Opposante prit, & l’emporta chez elle à Cher-àlad^*^ îfrnfrrma dans un Coffre; & avoit désavouél^^lWaille d’avoir pris ledit Chapelet, à quoih p, e Bll caille dit qu’elle ne l’auroit pas, 8 c néanmoins?osay?ofrote l’emporta, & quelques jours après la De-Ict p e e m pntant à son Grenier elle trouva ledit Chape-u à la filière de fa maison, qu’elle reprit ledit)itig e e , et » surprise de le trouver là, le noua dans un5 e remit dans son Coffre, dans lequel ayant re-

perstitieuses.

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D ans ce tetns-là ladite Bucaille étoit prisonnière à

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fr) hé

e P°ûtio n d’Anne Feuillie âgée de a j 1 , ans.

gardé quelques jours après, elle trouva ledit linge &rien dedans, ce qui V obligea de faire demander à ladi-te Bucaille ou étoit son Chapelet, laquelle manda à laDéposante par Pasquet Launei qu’elle le cherchât &qu’elle trouveroit de quoi au bout. Et en effet, ellele trouva tôt après fur le chevet de son lit avec unpapier dans lequel il y avoit des exhortations à la pa-tience, lequel la Déposante m it entre les mains du S r.Vicaire de Cherbourg. La même nuit la Déposantesentit qu’on lui tira sa couverture, & on lui donnadeux coups fur les jambes qui lui firent beaucoup dedouleurs, ce qui dura plusieurs nuits jusqu’à ce qu’el-le vit dans la chambre une grande clarté, & une per-sonne au milieu de ladite enambre , & s’étant écriéeelle ne vit plus rien , mais sentit seulement qu’on latourméntoit, dequoi s'étant ouverte au Sieur BasirePrêtre, il obligea la mere de la Déposante de coucheravec elle, & à peine furent elles couchées qu’elles en-tendirent frappe,r fur leurs tables plusieurs coups , &du bruit comme qui auroit démassonné la maison, en-suite dequoi on leur retira la couverture, ce qui sur-prit si fort la déposante qu’elle se voulut lever , lurquoi fa mere lui dit demeurons, prens la couvertured’un côté & je la tiendrai du mien , & la parlanteayant tiré la main hors du lit pour prendre la couver-ture , elle fe sentit saisie par une main très froide, cequi l’obligea de crier (je fuis morte) & de descendreen bas quittant la chambre. Sa mere ne fut pasplutôt descendue qu’ils entendirent frapper dans laditechambre , ce qui fit dire à son Père 'qu’il falloirqu’elle eut fait quelque mal à Marie Bucaille, & néan-moins íè sentant trop importunée, elle dit que quandelle en devroit mourir elle alloit remonter & se cou-cher dans ladite chambre, ce qu’elle fit, & le lende-main matin e'n s’éveillant environ fur les $ ou 4 heu-res, étant grand jour, elle vit ladite Marie Bucailleaux pieds de son lit, ce qui l’effraya si fort qu’elledescendit & appelle sa Mere qui monta 8 c ne vit rien,8 c fut tôt après prise de mal qui lui dura q. ou 5jours.

Jeanne de Caux mere de ladite Feuillie dépose lesmêmes choses dans son récolleraent mot pour mot, àl’exception qu’elle ne vit pas ladite Bucaille. Celle-cîa reconnu qu’elle étoit allée à Cherbourg.

Le Sieur de Golleville dans un Article de sa dépo-sition dépose.

Que le Jeudi-saint dernier ayant entendu frapperdes coups fur ladite Bucaille, il la fit dépouiller pafdes femmes qui lui dirent avoir vu fur le corps de la-dite Bucaille des marques de flagellation, & que lui-même en vit fur les parties du corps (que l’honnêtetépermet de découvrir) vit la marque comme d’uneplaye au côté de ladite Bucaille, vit naître fur son vi-sage des crachats, ce qui dura jusques fur les 9 à 10heures du matin, & fur le midi ladite Bucaille ayantles mains jointes, vit que les nerfs & les muscles é-toient tirés les uns contre les autres, ce qui dura jus-qu’à ; heures & demie, & le lendemain le parlant vitfur les mains de ladite Bucaille du sang , aux endroitsoù J. C. les eut percées, fit essuyer par le Sieur Curéde Golleville avec du cotton trempé dans de l’eau lesang qui y paroiffoit aux endroits des mains de laditeBucaille, & que le sang repoussoit aux memes en-droits, ce qui arriva auffi au côte de ladite Bucaille,dont la playe ne parut avec celle des mains dans lemême tems ; mais étant retournés tôt après à la Cham-bre , ils virent la playe du côté & le sang qui en for-tuit autant qu’il en saudroit pour remplir une cuillierd’argent, qu’il a vu sur la tête de ladite Bucaille desmarques 8 c picqueures comme d’une Couronne d’é-pines.

Le Sieur Curé de Golleville rapporte les mêmeschoses dans les mêmes termes.

Nicolas de Caux a vu les memes playes , dr que ta Ser-vante de ladite Bucaille tira d’un trou qui paroiffoit a fìticôté du sang figé, lequel trou fut aujfi-tòt rempli de sang.

Q^a Jeanne