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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.

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Hn autre de prendre le lit , c '7 de souffrir le mal qu ilavoìt guéri, que Jî véritablement la dite Alarìe Bucailleavait souffert les douleurs que la dite Feuillie devoit fottf-frir (ce qui nefipas confiant J elle les avait Jouffertes,farce que n osant jctter le maléfice qu elle avait ôté de desf HS la dite Feuillie fur un autre personne , de peur de dé-truire cette réputation de sainteté quelle ambitionnoit fif° rt , elle fut obligée de prendre sur elle-mème ce maléfi-Ce > & . d'en souffrir-la peine. Etc’està ce prix ; si nousen croyons les Histoires, que le Diable vend les app໕crices du bien. qu’il promet.

Le Juge ne peut donc pas être blâmé d’avoir faitinterrogatoire : bien plus, il l’a dû faire pour donner* e u à la dite Marie Bucaille de s’é.claircir , & de faire^Oir son innocence. Ainsi on laisse à juger qui doitfaire pitié, ou du Juge qui a fait son devoir , ou detuteur dont l’imagination échauffée dit souventCe qu’il ne devroit point dire.

La preuve en est sous les yeux dans la 13 page de

°u FaFtum ou il accuse le Juge de blasphème, parceJtfil a ignoré l’histoire que l’Auteur rapporte de plu-le Urs saints qui tinrent un jour conseil en Paradis,P°Ur savoir s’il étoit à propos de renvoyer à une fille. es Démons , dont il sembloit que Nôtre-Seigneur3v °it pour lors délivrée.

fl ne faut point d’explication ni de CommentairePour déterminer le Lecteur à juger de la solidité dee sprit de l’Auteur.

r I e luge a lieu d’espérer d’obtenir facilement l’ab-lution de ce prétendu blasphème ; mais on croit de-voir dire que ces nouveautés & ces contes ridicules ca-chent un poison mortel , scandalisent les foibles, &°tent à la Religion cette Majesté, qui imprime le res-pect dans l’esprit des Peuples : personne ne s’y oppo-se, & cependant fumât uterque polus.

A l’occasion des Communions réelles faites par la*&am des Anges dont cet Auteur conte encore desiltoires , on ne peut s’empêcher de rapporter lese fmes dont la dite Bucaille s’est servie en expliquant^ raison pour laquelle Jeanne de Launey sa servantecommunia pas par la main de ce Prêtre qui lui ap-P°rta la Communion dans fa chambre. C’est dit-elleParce que la dite de Launey avoit dejeuné', & il - luiR frotta seulement la barbe. Hubert de Caux dam sa^position.

Cette expression porte l’indignation dans le cœur,^ fait voir çombien il est important de châtier ces sa-diques , c’est à ceux à qui Dieu a commis ses inte-rets d’y penser.

le V A “ teur envient qu’il est rapporté auProcès ques e f an jôme, qu’il prétend être le P. Brebœuf , pré-à la dite de Launey une Hostie qu’elle ne vou-E pas recevoir parce qu’elle avoit déjeuné. Est-cev . e iê P. Brebœuf ignorait que Jeanne de Launey a-déjeuné ? ou vouloit il lui faire commettre unmortel ? Cette feule circonstance dans le Procèsr Uve invinciblement que la déposition de Jeanne debi e Une > r est fausse , ou que c’est une illusion du Dia-sie p s ^quelle on ne peut pas dire que la dite Ma-il ^caille n’ait point eu de part > puisque (commec‘é t Ê - te st' 1 ci-dessus) elle dit à la dite de Launey quekb oit une grâce que Dieu lui avoit faite, pour con-korin ^ âue de Launey que fa conduite étoit

lç s len loin qu’on ait cru impossibles les transports &0t) ^Pparitson; des Anges sous des figures humaines,írg ^ ci-dessns établi la possibilité de l’un & de l’au-trè; a:r ^ es preuves tirées des Ecritures ; mais cela est

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de 5 î. n a pas ignoré ce que quelques Auteurs ont dititiir at - ertlar d dont la sainteté de sa vie a donné de l’ad-<)U e î\^ n on n’aura pas le même respect pour l’appeluìj e ]j arie Bucaille fait de J. C. au Père Eternel, &L“^ u e 3 a djourné la Ste Vierge pour y être présente.c °up {- eUr . 3 oublié cet endroit, & cela lui eût beau-^7//P° ur f 3 ^ re valoir ses vues intellectuelles.

L'apparition de ce Fantôme que la nommée Frigouvit pendant da nuit dans la chambre de la dite MarieBucaille , & que la dite Bucaille dit être le PèreEternel qui venoit effacer les péchés de Valognes estUn prestige certain (supposé que la dite Frigou ait dé-posé la vérité) & toute la capacité de l’Auteur & so nérudition profonde en cette matière ne pourra défen-dre la dite Marie Bucaille , qui a dit que le Fantômequ’elle appelle Dieu le Père avoit mal à l’œil , parcequ’il voulut lui faire connoître qu’il étoit blessé dansla partie la plus sensible , par les péchés des hom-mes.

Il est bon de faire remarquer à l’Auteur ce qu’unhomme a. dit dans un Commentaire qu’il a fait furl’Ecriture , & çe qui est véritable ; que jamais lesAnges n’ont paru aux hommes avec aucun défaut.C'étoit donc sans doute une illusion.

La lecture des Interrogatoires de Jeanne de Lau-ney , & la déposition de Marie deLécureuil féra con-noître les motifs qui ont porté le juge à condamner ladite de Leuney à la question ordinaire , préparatoire.L’extraordinaire ne fe donne qu’aux Corps confis-qués ; cela n’est ignoré de personne.

II reste à répondre aux fautes qu’il prétend que lejuge a commises dans le Procès.

Il a, dit-on, entendu les témoins , & c’étoit auxEnquêteurs ; on répond que ces affaires regardent lesjuges , & que les Edits de Sa Majesté les y autori-sent , joint la possession qu’ils en ont , que le juge n’apas dû être le Rapporteur : on répond que la Courpar son Arrest a autorisé les Juges-à rapporter fansquitter la qualité de Juge. Quant à ce qu’il dit quel’on appella deux Avocats , lesquels ont signé quoi-qu’ils n’eussent pas été présens aux 4 dernieres séances& que le Juge le fit exprès dans la crainte du parta-ge : on lui répond premierement , qu’il n’y a pointeu de partage , en second lieu , que le Sr. LétournyAvocat a été présent à toutes les séances du rapportdu Procès , & qu’ainsi il a pû signer la Sentence;mais que fa signature n’est de nulle conséquence, puisoque par T Ordonnance il suffit de 5 Juges pour don-ner une Sentence de condamnation à mort lorsqu’elleest sujette â l’appel, & que celle de Marie Bucaille luia été donnée par l’avis de six Juges , lesquels ontsigné la dite Sentence après avoir entendu , vû , lû &examiné le Procès en toutes ses circonstances. Il n’ya donc point de faute que l’on puisse imputer au Ju-ge , quoique l’Auteur du Faftum l’attaque directe-ment. Il est ignorant , peu versé dans les matièresspirituelles , mal instruit dans le mystique, vindica-tif, mauvais Juge : c’est ainsi que l’Auteur ÁaFaiïumle traite, parce qu’il n’a pas ajouté foi à la sainteté dela dite Marie Bucaille. On lui a entendu dire qu’il eûtsouhaité y trouver dequoi publier fa vertu , il eûtété le premier à la faire connoître. U a trop donnédans l’extraordinaire , si on en croit ceux du senti-ment opposé , il falloit traitter la dite Marie Bucaillecomme une folle. On a répondu ci-devant à toutes cesobjections , & en un mot il ne s’agit point au Procèssi c’est un homme de bien éclairé, ou s’il ne l’estpas.Tout ce que pourraient dire ceux qui seraient les plusaffectionnés pour lui ne changeraient rien au Faitdont il s’agit.

II faut que cet affaire soit éclaircie , Lc il y va dsl’interêt de la Religion Sc de 1 Etat de châtier ces fa-natiques. Les Histoires sont pleines de l’excès où lesSavanarolles fe sont portés , & les désordres que cessortes de visionnaires ont causé sont encore devant nosyeux.

T R A.