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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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HISTOIRE DES

‘Parlement de Paris , contestation de Bri-çonnet Evêque de Meaux , & témoignagede P Eve que du B e liai fur ce sujet. Le P.le Frant ria pas dû comparer une chose stpeu certaine dans Phistoire de Saint Fran-çois avec une autre qui est incontestabledans la vie de Jesus-Christ , & qui eststnguliere à Jesus-Christ.

M Ais quand je dis que Saint François a été cru-cifié en apparence , figurément , extatique-ment, & mystiquement, je suppose avec tout l’OrdreSéraphique qu’il a véritablement reçu fur son corpsl’impreffion des stigmates de Jesus-Christ crucifiéfous la figure d’un Séraphin : ce qui est pourtant unechoie dont tout le monde ne demeure pas d’accord,quoi qu’elle ait été formellement marquée dans leMartyrologe Romain (4) par Tordre exprès de Sixte V.qui avoit été Cordelier , 8 c qu’elle soit attestée parS. Bonaventure, par Grégoire IX. par AlexandreIV.par Benoît II. & par plusieurs autres Auteurs & Pa-pes. Car pour ne point parler ici desjibertins, quitournent ces stigmates en raillerie , ni des hérétiquesqui les combattent hardiment dans leurs livres ; si leParlement de Paris eut été persuadé de la vérité d’unsi grand miracle , eut-il défendu aux Cordeliers deMeaux de représenter Saint François stigmatisé? C’esttoutefois ce qu’il fit en l’année 1521. selon le témoi-gnage de Laurent Bouchel (b) en sa Somme Benefi-ciale , où il rapporte que Tan 1521. au procès d'entréBriçonnet , lors Evêque de Meaux , est les Cordeliers inter-vint sírrefi par lequel il fut expressément défendu auxdits Cordeliers , d.'avoir en leur Eglise , ni autres lieuxaucune image, portrait , ni effgie de S. François stigmatise'.

Si Briçonnet (c) Evêque de Meaux, cet homme sizélé pour la foi & la discipline de TEglise , qu’il dé-fendit si généreusement contre les erreurs de Lutherdans son Synode de Tan 15 2 3. & dáns le Concile Pro-vincial de Sens tenu à Paris fous le Cardinal du Praten 1528. n’eut point douté des stigmates de SaintFrançois , eut-il intenté un Procès contre les Corde-liers de Meaux, afin de leur faire faire défense de lesproposer aux yeux des fidelles dans des images où destableaux ?

Enfin si l’Evêque duBellai, ce grand & courageuxdéfenseur de la Hiérarchie de T Eglise, en eut été con-vaincu , eut-il laissé à la postérité ce qu’il a écrit ences termes dans T Apocalypse de Melitonsí/)? Les freresne se contentent pas, dit-il , „ de faire un article de„ foi des stigmates du Séraphique Saint François,,, s’ils n’y ajoutent encore cet appendice, qu il le faut„ croire pour l’unique est le Phcenix entre les stigmatisés.„ Faut-il donc , à peine d’être tenu pour infidelle,,, impie & hérétique , que les Catholiques tiennent,, celles de Saint Paul pour invisibles , contre l’ex-,, presse parole de Dieu, pour contenter leur charita-,, ble humeur ? Ce fera donc ici un Sacrement nou-„ veau , ou un mystère , qu’il faudra ranger parmi„ ceux de la Trinité, de l’Incarnation, de la Resur-„ rection, de l’Ascension, & les autres que l’Eglise„ nous propose.

„ L’Auteur des heureux succès tom. 1. dit que le„ miracle des sacrées stigmates fut ordonné de Dieu pour„ servir aucunement d’apui a l’Eglifì.

„ Jusqu’à présent j'a vois cru que Jésus crucifiéV, & ses très-saintes playes étoient le premier & prin-„ cipal fondement de toute T Eglise , fur lequel étoit,, bâti celui des Apôtres 8 c des Prophètes. Mais,, voici qu’un saint & prophétique songe m’apprendï, qu’il y a un autre apui ordonné de Dieu pour sou-

C) 7- Sept-

(t) P. f 01 - lur . c m °t Images;

(c) Voyez íi vie dans la Généalogie de la Maison de Briçonnet

par Gui Britonneau v

Imprimé à S. oeger en 1003. pag. 66, & suivantes.

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-,

lavoir ìe miracle « 1e myirere oc,sacrées stigmates de Saint François. Je m’étois ima-giné que T Eglise avoit ordonné l’Ordre Séraphi-„ que , & qu’il étoit tout appuyé fur TEglise > &„ même je pensois que l’Eglise 8 c le S. Siège lepour-„ roient abolir, comme ceux des Templiers & des Hu-,, miliés , (ce que Jean II. fut fur le point de faire,„ selon la Chronique des F F. Mineurs, & THistoire,, de TEglise.) Mais par un stile nouveau , 8 c un,, Calendrier reformé , il faut croire que TEglise est„ apuyée sur ce saint Ordre, & qu’elle donneroù àterre sans lui.

„ Je dirai hardiment & hautement que fans Taut°'„ rité du S. Siège , fous laquelle tout vrai Chrétien„ doit réduire son entendement en captivité , il n’y *„ point de Catholique si ferme en la foi, ni si dévot„ au Séraphique S. François , qui de la lecture de$„ Chroniques des Mineurs fur ce sujet , ne prenne„ occasion de douter de la vérité de ce miracle q ue,, Dieu a opéré par un Séraphin en son serviteur„ François , imprimant en son corps les glorieuse,, marques de ses souffrances. Que Ton ne s’en,, qu’à ses yeux , que le lecteur prenne le Livre de s„ dites Chroniques, & après avoir lû ce qui se pa®„ en la mort de Saint François , & au transport de„ son corps par son frère Elie , & surtout cette mÇ'„ morable lettre écrite sur ce sujet , 8 c venue trp 1S,, cens ans après entre les mains du grand Capitaine„ Dom Gonçales de Cordouë , par un Evêque de„ Thiéte : s’il pèse tout cela au poids du Sanctuaire»„ & s’il n’en tire plus de matière de doute que de„ certitude , je ferai bien trompé en ma con-„ jecture.

,, II n’y a rien de plus constant, & par les Chro-niques des FF. Mineurs , & par toutes les Légen-,, des de S. François , & par la commune tradition,, de TEglise , que le corps de ce Saint repose àst„ une cave qui est sous le maître Autel de TEglise dy„ grand Couvent des Frères Mineurs de la cité d’Au 1 '„ se ; 8 c (ce qui est un miracle continuel) qu’il f„ est tout debout fans être appuyé , ni soutenu d,, rien. Je ne sais pas pour quelle raison humaine,, divine, on ôte ce spectacle de dévotion aux Ang^„ & aux hommes : Mais il est certain que cela set sllt„ capable de ravir en admiration les gens de bien dconvertir les plus grands pêcheurs & de ramener altsein de TEglise la plupart des hérétiques de n o^ esems. 1

„ J’ai peine à me persuader qu’il y ait aucunele qui interdise aux fidelles ce dévot 8 c pieux dend’être bienheuré de la vûe d’une telle merveille* 1est mal aisé à croire que ceux qui ouvriroient cSsaint Sepulchre en esprit d’humilité, de dévoti 011 ’

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pour le salaire de leur serveur & de leur ardente psection à honorer le grand saint François. (N 1 <pourroit imaginer que celui qui dans les joursson pèlerinage mortel a exhalé une si bonnede vie , étant en la gloire & en la parfaite chat 1exhalât par son corps une odeur mortelle , f.donnât la mort à ceux qui seroient désireuxThonorer.

„ N’entre t-on pas tous les jours dans le Sépulc,» de Jesus-Christ ? & quand on entreroit dans ce,, de Saint François pour honorer Dieu en son,, à votre avis cette piete seroit elle blâmable ? -

„ montre tous les jours la sainte face de notre„ gneur imprimée de son propre sang à Rome, 11,, les saints Suaires, où il fut enseveli, à Turin„ Bezançon , où se voit la très-sainte représentai„ de son corps adorable faite avec son très-preci ^,, sang , la sainte Couronne d’épines crnaillee e •,, même adorable sang. On montre encore du v ^íàng du Sauveur à Mantoue, à Naples,

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Maximin en Provence : on ne cache pointsaintes & divines Reliques aux fidelles :

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