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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.

êtsnc accordé , après que la publication s’en est faitea u Siège du Bailliage & à celui de la Police , on pu-blie avec éclat au son des trompettes & tambours ladite Entrée par les Carrefours & lieux publics de layille, & on affiche en même tems des placards qui enltl diquent le jour préfix.

Dans le même tems le nouvel Evêque envoye aver-tir par son Procureur Fiscal, assisté d'un Notaire, lesfiuatre Barons (a) ou Seigneurs qui sont tenus de lePorter dans un fauteuil élevé, le jour de son Entrée,depuis la porte du Cloître de Saint Aígnan , jufqu’àprincipale porte de l’Eglise de Sainte Croix , & lesItit sommer de s’y trouver en personnes , ou par Pro-cureurs convenables & sondés de Procurations fpécia-à cet effet. Les quatre Seigneurs sont , le Barond Yévre le Châtel , qui n’est que Seigneur Engagistede cette terre, dont le Roi est-Seigneur propriétaire;y| Baron de Sulli, dont la Baronie a été érigée en Du-pé Pairie en 1606. le Baron du Cherai lez Meung,k Baron d’Ascheres & Rougemont.

Qiielques jours devant l’Entrée , le nouvel EvêqueEnvoyé inviter à la Cérémonie les corps qui ont ac-coutumé de s’y trouver ordinairement. Cette invita-tion se fait par l’Official de l’Evêque, assisté du Pro-moteur , en robes de Cérémonies, & accompagnés duBailli & des autres Officiers de la Justice temporelleoe l’Evêché , en robes. Ces Officiers commencentP a f inviter Messieurs du Chapitre de la Cathédrale,stui députent leur Syndic & un autre Chanoine, poura der conjointement avec les députés de l’Evêque, in-^iter en leur nom les autres compagnies ; c’est à sa-voir, Messieurs du Bailliage & Siège Présidial, Mes-fieurs du Bureau des Finances (b ), le corps de ville,les Officiers de la Prévôté, des eaux & forêts, & de1 Election (c) , l’Univerfité , & le bureau des pau-vres. On. va auffi. chez Messieurs du chapitre de‘Eglise de Saint Aignan ; mais les Députés de la Ca-thédrale ne fe trouvent point à leur invitation , il n’ya que ceux de l’Evêque. J’oubliois à dire qu’on in-Vite pareillement de la part du nouvel Evêque & deCe He du chapitre , Monsieur l’Intendant de la Géné-ré d’Orléans.

Le nouvel Evêque envoye en même tems un Man-iement à tous les Chapitres, Communautés, & Curésp la ville, à ce qu’ils ayent à assister avec leur Cler-gé à la Procession de son Entrée , 8 c enjoint aux Cu-tés de publier le dit Mandement à leurs Prônes ; ceqhi est exécuté.

Trois ou quatre jours avant l’Entrée ; le nouvelpyêque , suivant la permission qu’il en a obtenue dujr le utenant-Général au Bailliage & Siège Présidial,^ h réquisition verbale qu’il lui en a sait faire parProcureur Fiscal, envoye son Official, assisté dur omoteur, du Bailli & des autres Officiers de la J us-

* ' ?c>ur des Négociations dans les Pays Etrangers , où il luiq ul .? e Çessaire de porter fa barbe ; pourquoi il enjoint au Chapitreb e 1 a >t à recevoir ce Prélat , fans s’arrêter à ce qu’il porte bar-1 m fans qu’il soit tenu de la faire abattre.

f quatre Barents] Les mêmes Barons , à l’exception der A d’Yévre le Châtel , font tenus de présenter tous les ans, leO 1 > à l’Egìife Cathédrale d’Orléans , quatre Cierges ou Gou-Un e Cire. Voyez, sur cette redevance ce qui en est écrit dansirr'Ssertatìon particulière, à la fin de ce Volume.îjjj ' Mejfieurs du Bureau des Finances.] Messieurs du Bureau desHj e riCcs > quoiqu’invités , ne fe trouvent point à cette Cérémo-lìa ’ plus qu’à toutes celles où assistent les Officiers du Bail-gés d S /égc Présidial; & cela par rapport au pas qu’ils font obli-Atrâf céder a ces derniers , comme il a été jugé entr’autres parf tnd tS du Conseil Privé du Roi, des 29. & 30. Décembre 1682.ge p Us . r en faveur des Juges de la Sénéchaussée d’Auvergne 1 Sc Sié-seí a de Riom.

let >do ■ffi eur s de l’EleBion.] Les Officiers de ce Siège qui pré-oréj I ? tlt préceder ceux de la Prévôté , ne se trou voient pointProt-a^ment à cette Cérémonie , ou s’en retiroient après leur* ArrY 1 ' 011 > wais aujourd’hui cette contestation est finie, Sc il yRie J^tradiétoire du Conseil d’Etat privé du Roi , en for-q, Règlement , au rapport de M. d’Herbigni , du 20. Maientre les Officiers de la Prévôté de Chartres, contretier s d , lection de la même Ville , qui ordonne que les Offi-htnéié 6 t Pr f v , 6té précéderont ceux de l’Election en toutes As-CS ** Cérémonies publiques 8c particulières.

tice temporelle de l’Evêché', aux prisons Royaux, oìiil se sait représenter par le Geôlier le Livre des écrouesde ròus les Criminels qui demandent grâce , & en faitfaire l’extrait, ainsi qu’il le juge à propos.

On publie en même tems & on affiche par tout ohbesoin est, une Ordonnance rendue par le LieutenantGénéral de Police, qui enjoint à tous les habitans desrues par où doit passer la Cérémonie, de les tenir net-tes dès le matin du jour de l’Entrée , d’orner le de-vant de leurs maisons de tapisseries propres & conve-nables , & d’en retrancher toutes les saillies , commeenseignes, montres & auvents.

U est établi quelque tems auparavant dans l’HôtelEpiscopal un Bureau pour examiner les Requêtes desCriminels , & juger si leurs cas sont remiffibles otlnon. Les Commissaires dé ce Bureau sont tous choisispar le nouvel Evêque qui y préside ; ce sont ordinai-rement ses Grands-Vicaires , & des Magistrats de laville, ou de ceux que 1 a Cérémonie y a attirés, qui lecomposent, avec le Bailli de l’Evêché , & quelquesAvocats fameux.

Pour l’instruction des mêmes Criminels, le nouvelEvêque établit une Mission dans la Chapelle Episco-pale , pendant laquelle des Prêtres séculiers , & desReligieux préposés leur font la Prédication matin 8 ísoir.

Les choses étant en cet état la surveille du jour des» "tinée pour l’Entrée , le nouvel Evêque en rochet 8 cen camail, accompagné de son Official & de son Pro-moteur , du Syndic & d’un autre Chanoine, députésdu Chapitre de la Cathédrale , en habits d’Eglise»suivant la saison , du Bailli, & des autres Officiersde la Justice temporelle de l’Evêché, en robes & bon-nets, se rend à l'Abbaye de Notre-Dame de la CourDieu (d) , située à six lieues de la ville , dans la Fo-ret d’Orléans.

L’Abbé ou le Prieur à la tête de ses Religieux eiíchappes , & précédés de la Croix , du bénitier & del’encens , vient recevoir le nouvel Evêque jusqu’àquelques pas hors du Monastère , près d’une Croix ;où l’ayant rencontré , il lui présente l’aspersoir. LePrélat le prend , se met de l’Eau-bénite au front, 8cen jette sur les affistans. On lui présente ensuite laCroix & le Livre des Saints Evangiles à baiser , cequ’il fait à genoux , sur un caireau qu’on jette à sespieds. L’ Abbé ou le Prieur le complimente fur sonjoyeux avenement : à quoi le nouvel Evêque ayantrépondu , on lui ouvre le Livre où font contenus lesserments que les nouveaux Evêques ont accoutuméde faire pour la conservation des Privilèges de l’Ab-baye. Le Prélat y satisfait , ajoutant seulement à lafin la clause , sauf mon droit (e) & celui de mon E-glise ; & ita juro falvo jure meo est 1 Ecclejtœ mea. LeSyndic du Chapitre de la Cathédrale , qui, comme

nous

(d) Se rend h VAbbaye de Notre-Dame de la Cour Dieu.] CetteAbbaye, qui est de l’Ordre de Ciseaux, a été fondée 8c dotée enl’an 1118. par Jean II. Evêque d’Orléans , 8e par le Chapitre deSainte Croix conjointement ; 8c c’est là apparemment l’originede l’ufage où font les Evêques d’Orléans d’aller à cette Abbaye lasurveille de leur Entrée.

M. Fleuriau d’Armenonville dernier Evêque , qui ne fut pointà la Cour Dieu, trouva fous le parvjs de l’Eglife de Saint Eu ver-te, en y entrant, la veille de íòn Entrée, le Père Prieur de cetteAbbaye, accompagné du Procureur de la Maison , qui lui repré-sentèrent la coutume des Evêques ses Prédécesseurs , 8c lui dirent,que comme ses affaires ne lui avoient pas permis de fe transpor-ter à la Cour Dieu, ils protestoient pour leur Chapitre, à ce quecette omission ne put en rien préjudiciel- aux droits de leur Ab-baye , ni porter à conséquence pour la décharge de ses Succes-seurs Evêques à l’avenir, dont ils demandoient Acte, qui leur 1 futaccordé , aussi bien qu’au Syndic du Chapitre de la Cathédralequi protesta de son côté pour les Successeurs Evêques 8c l’Eglised’Orléans, à ce que cette même omission ne put nuire aux droitsdes Evêques , non plus qu’à ceux de l’Eglise 8c Chapitre d’Or-léans , ni tirer a décharge pour les Abbés 8c Religieux de la CourDieu.

(e) Sauf mon droit.] Dès l’an ,522. Jean d’Orléans Longuevil*le , Evêque d’Orleans, ajoure cette clause au serment qu’il fit à1 Abbaye de la Cour Dieu, en quoi il a été íùivi de tous les Evê-ques qui lui ont succédé,

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