histoire des
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nous l’avons dit , accompagne le nouvel Evêque,proteste contre ce serment , à ce qu'il ne puisse nuireen aucune maniéré aux droits des Evêques successeurs,ni ì ceux de l'Eglise d’Orléans. Ce qui étant fait,on entonne le Répons Audi Ijraël , pendant lequel ons’achemine proceffionellement à l’Egìisc, oh étant ar-rivé , le nouvel Evêque, après avoir fait fa prière de-vant le Grand Autel, & qu’on a chanté le Salve Re-gina , est conduit dans le premier Stale ou Chaire ducœur du côté droit, ou il s’assied. On chante quel-ques versets pendant ce tems-là ; & après quelquesOraisons que récite l’Abbé ou le Prieur officiant , lenouvel Evêque débout & le bonnet carré fur la tête,donne solemnellement sa bénédiction à tous les as-listans.
Ces Cérémonies achevées , le nouvel Evêque estconduit à l’Hôtel Abbatial, oh il a droit de Procura-tion , Jm procttrationis , c’est-à-dire, d’être logé &traité lui, & tous ceux qui l’accompagnent, & pourcette fois seulement (a) , à l’occasion de sa nouvelleEntrée.
Le lendemain après avoir entendu la Messe (b) , cePrélat pour se rendre à Orléans ; & avant d’arriver ,il s’arrête un moment dans 1*Abbaye de S. Loup (c),qui est un Monastère de Filles de l’Ordre de S. Ber-nard, sujettes à l’Ordinaire. Il y fait la collation, faitla visite de la Maison, s’il le juge à propos.
De Saint Loup, le nouvel Evêque vient descendreL l’Abbaye de Saint Eu verte , occupée par les Cha-noines Réguliers de Saint Augustin de la Congréga-tion de France. Il est reçu à la porte par l’Abbé, oule Prieur à la tête des Religieux en chappes , & avecles mêmes Cérémonies qu’à la Cour Dieu , exceptéqu’on ne lui présente plus de serment à faire , quoi-que quelques anciens Procès Verbaux fassent mentionde cette circonstance {d). Le Prélat est conduit dansl’Eglise, oh après avoir fait fà prière devant le grandAutel, qu’il baise, il va s’asseoir dans un fauteuil quilui est préparé dans le Sanctuaire , du côté de l'Evan-gile. On chante ensuite le Cantique de l’Eglise , TeDettm laudamus, lequel étant fini, le nouvel Evêquemonte à l’Autel , oh il donne sa Bénédiction solem-nelle ; de là il est conduit proceffionellement par lesReligieux dans leur Cloître, jusqu’à la porte de l’Hô-tel Abbatial qui y répond.
C’est à cet endroit , & pendant la marche, que leSyndic du Chapitre de Sainte Croix ne manque pasd’avertir le nouvel Evêque qu’il a droit de faire lavisite (e) du Monastère. Sur cette représentation,
(a) Et pour cette fois feulement.'] Ce st ce que reconnoît Jeande Montmorenci Evêque d’Orléans , dans ses Lettres données àMeung le y. Février 1357 . trois jours avant son Entrée : Vìdeli~cet quodin pr&vigiliâ festi feu ingrejfus hujusmodì in Abbatiâ GurìstDei fequendo Pradecefforum Epifcoporum Aurel. vestìgia , cum omnicomitiva nofirtt jacere deberemus , & ibi in vitâ nojìrâ habere pro-curationem folam.
(d) Le lendemain après avoir entendu la Mejfe.] Les Evêquesd’Orléans prétendent qu’outre le souper de la veille , il leur estencore dû le dîner de ce jour ; mais comme les Abbés de la CourDieu s’en disent exemts , on ne manque pas de protester de part8 c d’autre : le dîner cependant est offert, mais comme un repasde cérémonie, 8 c fans préjudiciel- aux droits de l’Abbaye.
(e) Jl s’arrête un moment dans l'Abbaye de Saint Loup.] Quel-ques Evêques , entr’autres.Jean d’Orléans Longueville , se sontdispensés d’entrer dans cette Maison en revenant de la Cour Dieu,Sc sont venus descendre droit à S. Euverte.
(d) 6)uoique quelques anciens Procès Verbaux fassent mention decétte circonstance.] 11 est dit dans le Procès Verbal de Jean d’Or-léans Longueville, que le Prieur de Saint Euverte, après avoir faitbaiser la Croix à ce Prélat, 8 c savoir félicité sur sa nouvelle En-trée , lui présenta une Formule de serment pour la conservationdes privilèges de l’Abbaye , qu’il le requit de vouloir bien jurer;ab ipfo Reverendijstmo Pâtre certum juramentuni in quodam libroetiam fibi exhibito aperto contentum exegit. Formalité qui ne setrouve point dans les nouveaux Procès Verbaux.
( e ) a droit de faire la visite.] Sur la représentation duSyndic de la Cathédrale , les Religieux ne manquent pas de re-montrer de leur câté qu’ils sont exemts de toute visite de la partdu Seigneur Eveque , tant par les privilèges accordés à leur Ab-baye par les Souverains Pontifes & par les Evêques ses Prédéces-seurs , que par les privilèges des Communautés regulieres, 8 c enparticulier de celle des Chanoines Réguliers de S. Augustin de la
le Prélat répond ordinairement qu’il en exemte les Re-ligieux , mais pour cette fois seulement , & sans tirerà conséquence ; pourquoi le Syndic proteste, à ceque ce manque de visite ne puisse préjudicier aux E-vêques successeurs ; comme de leur côté léss Reli-gieux qui s’en prétendent exemts font leur protestationau contraire.
A la porte de l’Hôtel Abbatial, les Religieux pren-nent congé du nouvel Evêque , qui entrant dansl’Hôtel, est conduit par l’Abbé, ou par ses Officiersen son absence , dans l’appartement qui lui est prépa-ré. Comme les Evêques d’Orléans ont droit de Pro-curation Qf) , ou de gîte dans cétte Abbaye , ainsiqu’à la Cour Dieu, il y soupe & y couche : mais sifaut remarquer que les Abbés de S. Euverte ne f eprétendent tenus en cette occasion envers le nouvel E-vêque, qu’à deux œufs frais & un lit pour lui, 8c ìune botte de foin pour fa mule. En effet ces chotë ssont présentées par les Officiers de la Justice de l’Ab-baye, & il en est fait Procès Verbal de présentation,contre lequel le Syndic du Chapitre sait le sien, pré-tendant qu’outre les deux œufs frais, l’Abbé est obli-gé de donner un souper convenable au Seigneur Evê-que , & à tous ceux qui l’accompagnent.
Jufqu’ici nous avons expliqué ce qui précede l’Ën-trée de nos Evêques : il s’agit à présent de donner I edétail de toutes les Cérémonies qui l’accompagnent.
DES CEREMONIES .
S Ur les six heures du matin de ce jour solemnel,le nouvel Evêque accompagné des mêmes person",nés que la veille , & de plus , par le Curé de SaintMaurice (g ), son Chapelain , portant la crosse hautedevant lui , mais voilée d’un taffetas blanc , sort d 0l’Hôtel Abbatial par la même porte qu’il y c st entré,& trouve sous le Cloître les Religieux en chappes,comme la veille, qui l’attendent avec la Croix , l'e^bénite & l’encens, qui le conduisent à l’Eglise, j uS *qu’au pied du Grand Autel , ou ayant fait fa prière»il va s’asseoir dans son fauteuil du côté de l’Evangsi 0 '
Ses
Congrégation de Erance, dont ils font. Sur quoi le nouvel Ë v ífque Tes en dispensant, mais pour cette fois seulement, les R el1 'gieux & le Syndic de la Cathédrale protestent l’un & l’autre p 011la conservation des droits , tant de i’Abbaye , que des Evêq UÊSuccesseurs. ,
(/) Comme les Evêques ont droit de procuration.] II ne pa r ° £pas que les Evêques ayent toujours jouï de ce droit; cela sepr° u .jve par le témoignage d’Etienne , Evêque de Tournai, quifur la fin du xn. Siécle , 8c qui avoir été auparavant Abbé de 'Euverte. Ce Prélat écrivant au Pape au sujet des privilège* ácl’Eglise de S. Euverte , marque expressément, que jamais aç cl jArchevêque de Sens , fous la Métropole duquel d’Orléans éto>clors , n’avoit eu droit de gîte dans cette Abbaye , non pl ,JS %fur les Eglises de S. Pierre Empont, de S. Pierre le Puellier
S. Avit, de, la même Ville d’Orléans. Scio Pater .
nullâ earum quicumque fuerit Senonensts Arcbiepiscopus proeufnem sufeepit. II s’en explique encore plus ouvertement dan*Lettre qu’il adrelse à Hugues Evêque , 8c au Doyen 8c ChaP'jd’Orléans; Ex tune Domini & Pâtres nostri Aurelianensestantam tranquillitatem, quìetem & pacem , Ecclefia prœdifli .fossoris Sancti Euvertii exhïbuerunt , qmd nec in capite , neCmembris , dliquam procuratìonem Jtve ut vulgariser loqudd*hofpitiatum aut gistum receperunt. De savoir à présent essaoddroit a commencé, c’est ce qui est difficile. On trouve scu^pqu’avant le milieu du xiv. Siécle les Evêques d’Orléans eníoient paisiblement , ainsi qu’il paroît par la déclaration àc Jde JVIontmorenci, que j’ai citée à Poccasion d’un pareil droit ^l’Abbaye de la Cour Dieu, où ce Prélat déclare de plus, si Lie ’- 0[lmême que dans cette derniere Abbaye , le droit de Procura ^ne lui est dû que cette seule fois en sa vie. In vigilia versdemfefii in Abbatiâ SanSi Eavertii Aurel. cum omni comitt^dstrajacere vice confimili deberemus , §A> procuratìonem tlUm 1in vitâ noftrâ habere. _ q [ a t
(g) Et de plus par le Curé de S. Maurice.] Le Curé ^ e ^ r0 jjcMaurice est tellement obligé à cette fonction de porter ladu stouvel Evêque , que lorsque pour quelque cause il s etient, comme fit à la derniere Entrée M. de Flacourt y 0 n
Promoteur, 8c faisant les fonctions de son Office , àarZVicaire de cet emploi : le Syndic du Chapitre ne manquede protester contre cette absence , à ce que les Curés derice ne s’en puiísent prévaloir.