PRATIQUES SUPERSTITIEUSES. us
Ses domestiques le déchaussent (a) âlors enticrement,& lui mettent des sandales aux pieds; après quoi l’Ab-bé ou le Prieur assisté des Religieux (b) , lui ayantôté son bonnet & son camail, le revêtissent d’un ami,d’une Aube & de fa Croix pectorale par deíìus; ensui-te on lui met au col une Etole blanche ; fur la têteu ne-Mitre de toile d’argent toute unie , & à la mainft Crosse, voilée comme nous avons dit. En cét étatft nouvel Evêque se place au milieu de l’Autel , oùUprès une profonde inclination devant le saint Sacre-ment , il donne solemnellement sa Bénédiction ; puisa yant devant lui les Religieux, & suivi de tous ceuxHui l’accompagnent , il marche pour sortir de l’Egli-ft, & trouve en quittant le Chœur sous le Jubé , lelecteur & les Docteurs Regens de l’Université , ac-c °mpagnés des Docteurs Agrégés , & des Officiersde la Nation Germanique * tous en robes de Cérémo-nies , avec leurs Bedeaux & Porte-Masses. Le Recteurcomplimente le nouvel Evêque en langue Latine * furs on heureux avenement ; & ce Prélat après y avoirrt pondu en la même langue , s’avance jusques hors láPorte de l’Eglise , où trouvant les Religieux rangésdes deux côtés , il les salue , & eux prennent congéde lui. Sous le parvis, les Maire & Echevins, en ro-bes rouges doublées & rebrassées de velours noir, à* a tête du Conseil de la Ville, & suivis du Comman-dant & des autres Officiers de la Milice Bourgeoise,ft présentent pour complimenter le nouvel Evêque»fte Maire & le Commandant de la Bourgeoisie por-tent la parole (c) , & l’Evêque répond à leurs deuxharangues.
Pendant que tout ceci se passe à S. Euverte ; tousles Curés des Paroisses de la Ville avec leur Clergé,les Communautés Religieuses qui ont coutume de setrouver aux Processions génerales, & les Chapitres desdeux Collégiales de S. Pierre Empont & de S. Pierreft Puellier , s’étant rendus dans l’Eglise de SainteCtoix , ils en sortent tous avec le Chapitre de cetteéglise , & marchent proceffionellement & sans chan-
te r, pour se rendre à S. Euverte*
. Les pauvres de l’Hôpital Général , de l’un Sc defoutre sexe, commencent la marche, & sont conduitsPar les Administrateurs du Bureau des pauvres , ac-compagnés de leurs Appariteurs. Après eúx suiventfts Communautés Religieuses , suivant le rang (d)Hu’elles ont coutume de tenir dans les Processions gé-t'crales; c’est à savoir, les Minimes , reçus à Orléansîn l'année 16« ;. les Capucins, reçus en 1578. se? Re-jets , reçus en 1611. à ìa place des Cordeliers ; lesJ Robins (c) , qui sont Venus en cette ville l’an 1 Zip.
Ses domestiques le déchaussent .] Comme cette circonstancej.j.Paroît pas tout à fait essentielle , quelques Evêques s’en fontq Pensés. Le premier que je trouve savoir fait, est Germain dej^ai > qui fit son Entrée le 2.6. Aoûl 1515. fur quoi il faut re-ti >er au sujet de ce dernier, que ce ne fut qu'après la réquisi-éj? in'il en fit au Chapitre de S. Aignan , que ce Prélat en fut/jensé, à cause de son grand âgé & de ses infirmités.
Ufr sipaìs quoi l’Abbé ou le Vrieur ajjifté des Religieux.] M. duque ,‘, dan s íá Relation de l’Entrée de nos Evêques , ayant écritt e c étoit aux Aumôriiers du nouvel Evêque à le revêtir en cet-d ’A° CCa ^on ’ * e Prieur de S. Euverte remontra à M, Fleuriauv ol u rmen °nville , que de tout tems cette fonction avoit été dé-Ity e a Ux Religieux de PAbbaye , & qu’il le supplioit de vouloir, continuer cet honneur, ce qui lui fut accordé.fol' e n Maire &> le Commandant de la Bourgeoisie portent la pa-tojj suivant un ancien usage qui a dûré jusqti’à nos jours, c’é-gë ,j Utl des deux Avocats du Conseil de la Ville , qui étoit char-celig h orter la parole dans cette occasion , comme dans touteste b Ville devoit haranguer; mais aujourd’hui .c’est leMai-font ^ lui-même, & l’éloquence n’y perd rien , cette placede s'^oujours remplie par des personnes d’efprit, 8c tres-capables(^-, Ct ì L1 rtter dignement de cet emploi.
q ^pres eux suivent les Communautés Religieuses suivant leleujj-1 s-et ordre paroît contraire à l’usage observé par tout ail-tli es p’. °u les Communautés Religieuses marchent aux Cérémo-nie^ lVant le rang de leur réception dans les Villes ; apparem-ta s 8u’ici ils ont eu égard à l’aricienneté de i’Ordre , Sc en ceÇUx q ? e doit pas s’étonner si les Carmes marchent les derniers,ítr e ftnt monter la leur jusqu’au Prophète Elie , qu’ils disent(e 7 Fondateur.
^ Ue Poso J acob ‘ r ‘s, l’m 1219.] C’est du moins l’annee que mar-établissement la Notice des Maisons de l’Ordre de
les Augustins , établis en 1280. enfin les Carmes an-ciens , établis eriviron l’an 1300. Tous les Ecclésia-stiques , Prêtres habitués & Vicaires des Paroisses dela ville marchent ensuite, suivant le rang de leurs Or-dinations , & sont précédés de toutes leurs Croix (f);ils sont suivis des Curés desdites Paroisses, selon leurrang de réception en leurs Cures , tous les uns & sesautres en habits d’Eglise , suivant la saison. Aprèseux vient immediatement 1 e Chapelain de la Chapelledu Crucifix de Sainte Croix , portant la Croix d’ar-gent de cette Eglise , & ayant à ses côtés deux Cho-ristes; portant l’un la Croix de l’Eglise Collégiale deS. Pierre Empont , & l’autre celle de l’Eglise Collé-giale de S. Pierre se Puellier. Ensuite marchent lesEnsans de Choeur & le Maître de musique de la Ca-thédrale , le Grand Chantre de l’Eglise en Chappe,son Bâton à la main ; les Choristes & Chapelains desdeux Collégiales, ceux de la Cathédrale ; les Chanoi-nes & Dignités de S. Pierre Empont Sc de S. Pierrele Puellier ; les premiers marchans du côté droit, &les autres du côté gauche, tous en Chappes; puis lesChanoines & Dignités de l’Église Cathédrale , enChappes de même. Vient ensuite le Sacristain por-tant la Croix de vermeil , & après lui un Chanoineen Aube Sc en tunique , portant se Livre des saintsEvangiles.
Cette Procession arrivant en cet ordre à la porte deS. Euverte , tous les susdits Corps ; de l’Aumône;des Religieux, des Ecclésiastiques, des Curés Sc desChanoines des deux Collégiales continuent leur mar-che j fans s’arrêter, par la rue de l’Etelon. C’est icioù Messieurs de l’Université (g), prennent leur rang;marchant après les Chapitres de Saint Pierre Empont& de S. Pierre le Puellier , & immédiatement avantcelui de la Cathédrale ; qui n'est pas plutôt arrivé àla porte de S. Euverte ( h) , que le nouvel Evêque y
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S. Dominique , imprimée à la tête de l’Histoire des Ecrivains dëcet Ordre. Le Maire 8c Guy on écrivent 1218. en quoi ils s’éloi-gnent peu, Mais je rie sai pourquoi M. Du Saussai , dans sonOuvrage a mis 1230. à moins que ce ne soit une faute del’Im-primeur, ce que je croirois volontiers.
(/) Et sont précédés de toutes leurs Croix.] Au Convoi de M,Fleuriau d’Armenonville, dernier Evêque, ie 1 y Juin 1733. quel-ques Curés , dont le Clergé est nombreux , refuserent de fairecorps avec les autres, 8c voulurent marcher separés 8c sous leursCroix particulières, ce qui [fit quelque embarras, 8c ils furent blâ-més généralement. II y a apparence qu’il sera pourvu à ce qu’u stpareil inconvénient n’arrive plus, 8e que ces Curés se conforme-ront à leurs Confrères.
(g) C’est ici ou Messieurs de l’Unìverfìté .] En 1707. lors de laderniere Entrée , Mrs. de S. Pierre Empont 8c de S. Pierre le-Puellier voulurent disputer le pasàl’Université, comme ils avoientfait précedemment à l’Entrée de M. de Coiílin. L’affaire fut mê-me pouflee si loin , que l’Evêque fut obligé de les faire menacerpar son Official de les interdire , s’ils ne cédaient à l’Université*qui se trouvoit autorisée dans h préséance qu’elle demandoit; parun Arrêt du Parlement obtenu fur Requête du onze Février dela même année , qui régloit fa place pour marcher immédiate-ment après la Cathédrale. Les Chanoines obéirent. Ledroit.del’Université sc trouve au reste appuyé du Procès Verbal de laRé-formation de la Coûtume d’Orlëans en 1783. où l’Úniversité estappellée > non seulement avant les Doyens 8c Chanoines des deuxCollégiales de S, Pierre Empont 8c de S. Pierre le Puellier , mais,même devant ceux de l’Eglise de S. Agnan. Mais comme il pa-roît par differens Procès Verbaux d’Entrée , que l’Université avarié dans le rang qu’elle a pris dans la marche, les Chapitres desdeux Collégiales ont tout récemment formé opposition à l’Arrêtobtenu par l’Université. L’affaire a été appointée , 8c mise aurapport de Monsieur De Tourmon.
{h) M.ui n’eft pas plutôt arrivé ù la porte de S. Euverte .] L’uíà-ge d’aller prendre le nouvel, Evêque à l’Abbaye de Saint Euverte,le matin du jour de son Encrée , est très-ancien. Etienne deTournai , écrivant .en 1190. à Hugues de Garlande, qui venoitd’être élu Evêque d’Orléans , en fait mention : Repréfentez-„ vous souvent, dit-il à ce Prélat, en lui recommandant l’Eglise„ de S. Euverte , que ce lieu où l’on vous a été prendre, pour„ vous mettre en possession de votre Siège Episcopal, est le mê-„ me où l’on vous conduira après votre mort , pour vous met„ tre dans le tombeau”. Fréquenter cogitantes quia inde assumeti esiis ad Cathedram , dlmc absumendi eritìs in sepuíchro LeP. Du Molinet , qui nous a donné des Notes fur Etienne deTournai , remarque lur cet endroit , qu’apparemment l’EvêqueHugues avoir choisi fa sépulture auprès de Manassés Garlande,-son Oncle , inhume au milieu du Chapitre de S. Euverte; maisce Père ri a pas fait réflexion à un endroit d’une autre Lettre de
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