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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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P R A T I Q.UE S SU

*5^9 Jean de l’Aubespine , le r. Mai. II déli-vra 34. Prisonniers.

*608 Gabriel de l’Aubespine, le 4. Septembre.II délivra 9 5 . Prisonniers.

*631 Nicolas de Netz , le 24. Oélobre. II déli-vra 340. Prisonniers.

I648 Alphonse Delbene, le i 6 .Mai. II délivra368. Prisnniers.

*666 Pierre du Cambout, Cardinal de Coistin,le 19. Octobre. II délivra 863. Prisnniers.

*707 Louis Gaston Fleuriau d’Armenon-ville, le 1. Mars. II délivra 854. Prisn-niers.

*734 Nicol as-Joseph de PARIS , a 'indiqué sonEntrée pour le 2. Mars.

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E) I S S E R TAT I O N

SUR

i’OFFRANDE DE CIRE,

APPELLE 7 E

LES GOUTIERES,

Que l'on présente tous les ans , le deuxièmejour de Mais a /’ Eglise d'Orléans-, & furl'usage ou sont les Evêques de cette Ville ìd'être portés le jour de leur Entrée.

C Haque année, le second jour du mois de Mai,veille de la Fête de l’Invention de Sainte Croix,Qont la Cathédrale d’Orléans porte le nom , il se pré-sente à cette Eglise , pendant qu’on chante le Canti-que de Vêpres, quatre Offrandes de Cire, auxquel-les on a donné le nom de Gouttières. Ceux qui sontubiigés à cette redévance font, le Baron de Sully (a ),à présent Duché Pairie , qui en présente une ; le Ba-ÍQ n du Cheray-lez-Meung, qui en présente deux (b),les Barons d’Ascheres & Rougemont (c) , qui enPrésentent une autre.

(4) x.e Baron de Sully .] La Baronie de Sully sur Loire fut éri-gée en Duché Pairie en faveur de Maximilien de Bethune, Baronde Rhosni , par Lettres du Roi Henri IV. données à Paris auUaoìs de Février ióoó. registrées au Parlement le ry. Mars fui-ent.

(6) te Baron du Cheray-lez-Meung qui en présente deux.] Sym-fhorien Guyon dans son Histoire d’Orléans, avance que le motif^° Ur lequel le Baron du Cherai offre deux Goutieres , est parce^ Ue des quatre Barons' délivrés miraculeusement , il y en avoitp Ux frétés, Barons du Cherai. D’autres on dit , que l’une de, Goutieres étoit à cause de cette délivrance des Barons, 8c Pau-j e Pour le meurtre de l’Evêque Ferri ; mais ils fe font trompés.F e baron du Cherai présente d’abord une Goutiere pour sa Baro-ç àu Cherai, & il en présente ensuite une autre au lieu 8c pla-' e à k décharge du Baron de Thouri en Sologne , qui y étoittn " 8c cela par translation dudit droit de Thouri sur le Che-

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tj ‘ René de Beauvilliers Comte de S. Aignàn, Baron deThou-t e ’,P°fled°it la Baronie du Cherai près Meung ; il échangea cet-, er niere contre celle de Chemeri , située près de S. Aignan,<j e à fa bienséance, avec Louis de Rochechouart , Seigneurc °Ur> •P^’ eau ^ âe Chemeri , à qui le Cherai convenoit beau-fU wieux, comme étant dans son voisinage. Cet échange futtaifp C * 1 ‘ Décembre 15-33. par devant Segoing 8c Stuard , No-ît p s a Orléans , à la charge que le dit Louis de Rochechouart,lite Succe slèurs Barons du Cherai , présenteroient en cette qua-Cljg’ .Bon seulement la Goutiere que devoit la dite Baronie duHui !?’ ’ , ma ' S encore celle dont étoit tenue la Baronie de Thouri,(cl r ' a demeurerait déchargée à perpétuité de cette redevance,jjenj ^ es Barons d'Afcheres & Rougemont.] La Baronie de Rou-d'stinA relevoit de celle d’Ascheres, 8c qui en étoit autrefoisÈato n - ’, a été réunie avec le grand 8c petit Tignonville à laditeêtr e , 1 e . d’Alcheres , fans que lesdites terres pussent par la fuitep^soimes , séparées 8c désunies en aucune maniéré, mêmePar l e pë. e i & il est dit par les Lettres de cette union , donnéesau p r-°' LouisXIII. à Nantes, le n. Juillet 1626. 8cregistréesha ro a . em ent le 18. Novembre suivant, que les deux Justices desst^sle r d’Ascheres 8c Rougemont feraient à l’avenir exercées°!ficier “ ï itre de celle d’Ascheres , 8c par les mêmes Juges 8cs > k tout en faveur de Messire Charles de Beauclerc,

PERSTITIEUSËS. , r z

Cette redévance est très-ancienne, Sc son origine gété expliquée diversement. Ceux qui ont traité cettematière , sont presque tous séparés en deux scntimensdifferens : P un, que c’est un vœu fait par quelquesSeignenrs Orléanois , qui se trouvant prisonniers desInfidèles, & fur le point de perdre la vie, se recom-mandèrent à Dieu par le mérite de fa Sainte Croix, Scfurent transportés miraculeusement dans l’Eglisè d’Or-léans. La seconde opinion , c’est que cette Offrandeest une réparation faite à l'Eglise , pour le meurtred’un de ses Evêques , commis par les Barons Prédé-cesseurs de ceux qui sont aujourd’hui tenus de cetteredévance.

Ceux qui admettent le miracle de la délivrance desBarons, & c’est le plus grand nombre, ne s’accordentpas fur le rems où il est arrivé. Charles de la Saus-saie , qui a écrit les Annales de l’Eglise d’Orléans,place cet évenement du rems de la Croisade entreprisevers Pan 1202. par Baudoin Comte de Flandres,Louis Comte de Blois , Etienne Duperche Marquisde Montferrat, & autres Seigneurs François, pour lerecouvrement de la Terre Sainte. Són sentiment estsondé sur un Manuscrit intitulé, Rota fortrnœ , écrit,à ce qu’on prétend, avant Pan 1226. J’aurai occasionde parler plus bas de cet Ouvrage.

Quelques autres , entre lesquels est P Auteur desFactums de M. de Sully contre M. de Netz Evê-que d’Orléans , dans le Procès entr’eux, au sujet del’érection de Sully en Duché Pairie , a fait remonterPorigine des Goutieres jusqu’au tems de S. Euverte,qui mourut fur la fin du iv. Siécle ; & avance , quele miracle avoit été fait le même jour que la Dédicacede l'Eglise d’Orléans par ce Saint Evêque. Mais lesraisons fur leíquelles cette datte est appuyée , sont fifoibles, qu’il n’y a pas lieu de s’y arrêter. Une desplus fortes est tirée de deux pièces de tapisserie oàcette Dédicace & les Goutieres sont représentées,quoique ces pièces n’ayent été faites que vers Pan1598.

Aussi, la plus commune opinion est, que le miracledes Barons est du tems de la premiere Croisade de S.Louis , & après 1 a bataille de la Maffore, donnée le6. Février 1250. & cette position est d’autant pinsvraisemblable , que nous trouvons que Guillaume deBussy Evêque d’Orléans étoit de ce voyage , avecles Archevêques de Reims & de Bourges , & les E-vêques de Beauvais & de Laon. Or comme les vas-saux étoient obligés de suivre leurs Seigneurs à P ar-mée , on peut avancer hardiment dans ce système,que les Seigneurs des Terres aujourd’hui obligées auxGoutieres fe trouvoient de ce voyage , comme étantvassaux de l’Evêque , ainsi que nous le dirons ci-après.

Mais en quelque tems qu’on place le miracle , iln’en est pas moins incertain ; & fans vouloir ici le fai-re passer pour une chose entièrement Fabuleuse, il suf-fit de montrer qu’on n’en sauroit rien conclure pourla redévance des Goutieres. Les Archives de P Egli-se d’Orléans & celles de l’Evêché n’en parlent en au-cune maniéré , & ce sentiment n’est sondé que sur 1atradition : mais en examinant fur quoi cette traditionest elle-même fondée, nous verrons quelle foi on doity avoir, & si l’on en peut conclure quelque chose.

Je trouve que les preuves sc réduisent à trois. 1.Les tapisseries anciennes qu’on voit dans P Eglise deSainte Croix , où PHistoire des Barons est représen-tée. 2. Un Manuscrit de la Généalogie de la Maisonde Beauvilliers, qui la rapporte au long. 3. Enfin unautre Manuscrit intitulé, Rota fortum , qui parle d’unmiracle avenu en faveur de quelques Seigneurs Orléa-nois. Je vais examiner ces trois autorités.

Les

Conseiller du Roi en ses Conseils d’Etat 8c Privé , 8c Sécretairede ses Commandemens. Malgré cette union on ne laiíse pas d’ap»peller encore aujourd’hui les Seigneurs de ces Baronies, comme sielles etoient distinctes.

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