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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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HISTOIRE DES

Les Tapisseries dont il s’agit ici, forment trois Piè-ces. Dans la premiere, on voit les quatre Barons liésSc conduits par une soldatesque T urque & Sarrazine.Au bas sont ces quatre vers :

Les Barons François très-ChrétìensFurent en la Payenne FilleMenés par plus de quatre milleTant Infidèles que Païens.

Dans la seconde Piéce, les Barons paraissent devantle Tribunal d’un Juge qui les condamne à mort , cequi est exprimé par ces vers :

Comme les bons Barons de FranceSont devant le Juge des LoixPajennes , & n ont espéranceDe salut , que la vraye Croix.

La troisième Piéce contient deux Tableaux ou Su-jets. Dans le premier on voit les Barons dans une pri-son fermée d’une grille, enchainés & dormant étenduspar terre. Dans l’autre Sujet, les mêmes Barons fontreprésentés dans l’Eglise de Sainte Croix rendant grâ-ces à Dieu de leur délivrance. On lit au bas :

Le s Barons furent abbattusDu sommeil du soir grandement ,

Oue le grand Roi du FirmamentT voulut montrer ses vertus.

Tous quatre liés de liensFn Prifin un soir reposèrent ,

Et le lendemain se trouvèrentDedans Sainte Croix d'Orliens {a).

? II est assez étonnant qu’on ait voulu s’appuyer furune preuve auffi foible que l’est celle qu’on tire de cestapisseries, puisqu’elles font de beaucoup postérieuresau miracle, & seulement faites depuis l’an 1469 . ainsique cela se reconnoît par le collier de l’Ordre de SaintMichel, qui entoure l’Ecudes Armes de Bourbon( 6 ),de France à la Cotice de Gueules. On fait que l'Or-dre de S. Michel ne fut institué qu’en cette année làpar le Roi Louis XL Un tel monument , qui n’estappuyé d’ailleurs d’aucun titre valable, ne peut servirtout au plus qu’à faire connoître que dans le tems queces tapisseries ont été faites , on croyoit le miracle dela délivrance des Barons. Mais il n’y a rien là quiparle de la redévance des Goutieres, & l’un ne peut dé-pendre de Vautre que par des conjectures bazardées &gratuites : car enfin une quatrième Piéce de tapisserieoù l’on voit quatre hommes porter deux Goutieresfur leurs épaules, est encore plus moderne que les pre-mières; puisque c’est M. de la Saussaie Doyen, qui,comme nous Vavons dit, la fit faire avec quelques au-tres l’an 1598 . Je passe à la Généalogie de la Maisonde Beauvilliers.

Le Manuscrit qui contient cette Généalogie a pourtitre : Enarrations & Mémoires de lorigine & progrèsdes Beauvilliers : & c’est l’ouvrage d’un certain RobertCousin, qui se qualifie avoir été Notaire, puis Jugede la Ferté-Hubert , qui appartient encore à la Mai-

(<*) Dedans Sainte Croix d’Orliens.'] Ces tapisseries ornoient au-trefois les Chaires des Chanoines. Des trois Pièces , les deuxpremieres ont été cousues ensemble & placées au dessus du TrôneEpiscopal, pour quadrer avec la tenture donnée par Monsieur deCluni, 8c remplacer une Piéce qui ayant été perdue dans le temsdes troubles, a été portée à Reims où elle est encore dans l’Egli-sc Cathédrale. La troisième Piéce en assez mauvais ordre est prê-te à périr dans le fond d’un garde meuble où on l’a reléguée.

(6) gui entoure l'Ecu des Armes de Bourbons] On doit com-munément que ces tapisseries font un présent de Jean 1 T. Duc deBourbon & d’Auvergne , Comte de Clermont , surnommé leBon, qui mourut en 1488. dont les Armes ont été prises par LeMaire dans ion Histoire, pour celles de Louis II. Duc d’Orléans,qui fut depuis le Roi Louis XII. quoique la vûe décide du con-traire. Mais chez Le Maire, prendre une Cotice pour un Lam-bel » Sc confondre les Mations, n est pas une chose fort considé-rable.

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ion cie b. Aignan. voici ce que 1 Auteur écrit fousVan irq;.

„ Environ ce tems , sachant par le Pape la bonne„ volonté du Roi S. Louis , d’aller outre mer, fitprêcher la Croisée pour faire le dit voyage, & s’ycroisèrent plusieurs gens d’Eglise , Nobles 8c au-tres : savoir, Robert de France Comte d’Artois»frère du Roi. Le dit Huon de Châtillon Comtede Blois, le Comte de la Marche , de Vendôme»de Montfort, OUDIN & HERVE’ deBeauvil-liers (c), frères & Barons de Cherai , le Baron deSully, de la Maison de la Trimouille, & le Barond’Afcheres, & autres.

L’Auteur décrit ensuite la Bataille de la Massore»la défaite de l’Armée Françoise , & dit qu'entre lesPrisonniers.

„ Lesdits Sarrazins choisirent & emprisonnèrent,, quatre Barons qu’ils connoistoient leur avoir porté„ nuisance & dommage; à savoir; les Barons de Che-,, rai-lez-Meung, de Sully fur Loire, d’Afcheres &„ Rougemont , tous proches voisins & des environs„ 8c terroir d’Orléans ; lesquels surent par toutes sor-„ tes.de tourmens , dont ils se purent aviser, si mal'„ traités par lesdits Sarrazins , qu’ils n’avoient une„ feule heure de repos , essayans lesdits Infidèles pat„ lesdits tourmens continuels , les contraindre à re-„ noncer à Dieu & fa Loi , 8c leur faire embrassesleur Religion maudite & damnable ; & voyantqu’ils persévéraient en la Loi Chrétienne, de dépitles mettoient tantôt en prison ensemblement, tantôten prison séparément , puis en cachot ténébreux »puis en des coffres ; & nonobstant toutes lesquelle*choses , confidérans qu’ils n’y pouvoient que faire»& que le plus expédient étoit de les faire mourir»’puisqu’ils ne se vouloient condescendre à leurs vo'lomés, ils les condamnèrent le deuxième Mai vi'gile de Sainte Croix , à être pendus le lendemainensuivant aux Goutieres de la dite Ville de Masse're , ce qui leur fut promtement dénoncé , & (Jl’heure empoignés, enchaînés & encossrés, & étrct'tement mis & baillés en sûre garde : lesquels N'rons fur la nuit prierent tous Dieu , inspirés dig-nement , qu’il lui plût avoir pitié & compasséd’eux ; & se remémorant que le jour de démain e"l’Eglise Cathédrale de Sainte Croix d’Orléans, e'toit festivée & solemnisée l’invention de Saint®Croix, dont ils étoient proches voisins , se volè-rent tous à Sainte Croix d’Orléans , dans laques®Eglise se trouvèrent icelle nuit miraculeuseiue^transportés, & là furent lesdits quatre Barons trou-vés.esdits coffres, comme ils y a voient été mis en-chaînés 8c liés par lesdits Infidèles , dont en l’h° n 'neur de Dieu 8c de Sainte Croix , & en souvenan-ce de leur délivrance, ils promirent & s’oblige‘' e ^eux & leurs Terres & Seigneuries , de baille* - ^présenter par chacun an, jour & Vigile de l’Ins eirtion de Sainte Croix, une Goutiere de cire de l euspésanteur, qui étoit environ de cent quarante 1 * V1 ' £Spesant , avec deux cierges de deux livres de cite»avec une paire de gands neufs & un cordeau q u 15présenteraient à Vêpres lorsque l’on chanterait^gniscat ,ayant le cordeau au col & un bout d’ice ll s„ attaché à 1a dite Goutiere : deux desquelles Go * 1„ tieres ont toujours été baillées & présentées par„ dits de Beauvilliers, Sieurs de Cherai.

Cette Généalogie, qui est plutôt une Histoire g enerale où l’Auteur enchâsse au long ce qui conceirk Maison de Beauvilliers , va jusqu’en j y 87 . &conséquent étant auffi nouvelle n’a pas beaucoup ytorité pour statuer un fait de k nature de celuinous examinons. Cet Ouvrage est outre cela remp * 1

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sautes & d’anachronismes si grossiers, qu’

(c) De Montfort , OUDTH & HERVE 1 de Beauvilliers ']I C ^.ainsi que ies noms des deux frères sont supléés par un autdroit de cette Généalogie.