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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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PRATIQUES SUPERSTITIEUSES.

Vòir que Robert Cousin étoit un vrai conteur de sa-bles.

Selon lui, le Seigneur de Sully qui se trouva à labataille de la Maísore , étoit de la Maison de la Tri-fouille ; & cependant la Baronie de Sully n’est entréedans cette Maison que plus de izo» ans après, par lefariage de Gui VL du nom , Sire de la Trimouille,avec Marie de Sully , fille unique & héritière deLouis Seigneur de Sully, & d’Isabelle de Craon. Cemariage se fit environ l’an 1582. comme on l'apprendd'un titre conservé dans les Archives de la Maison deSully , datte du lendemain de la Chandeleur en cetan , par lequel il apert que Gui de la Trimouille, àcause de la Dame son épouse , avoit p?yé â FoulquesÉvêque d’Orléans (a) , le rachat dû à cauíè de sonfariage ; pourquoi il avoit été reçu à Foi & Hom-mage de la Seigneurie de Sully»

Ce que dit le même Auteur , que les frères dèbeauvilliers étoient Barons du Cherai, est un anachro-nisme encore plus considérable; puisque le Cherai n’aappartenu à la Maison de Beauvilliers qu’après l’aíi*417. par le mariage de Jean de Beauvilliers III» dun °m, dit Bourles , avec Alix d’Estouteville , veuvede Raoul de S. Rémi , tué à la bataille d’Azincourte n 1415. & fille de Robert d’Estouteville , Cheva-lier Seigneur du Boschet , & de Robine de S. Bri-ǰn , Dame du Cherai. Le Cherai du tems de S.Louïs appartenoit à des Seigneurs du nom de Meung,fiui possedoient encore cette Terre en 1558. ainsiqu’ilfaroît par la déclaration de Jean de Montmorenci E-iVêque d’Orléans, du 8. Février de cette année, don-née au sujet de son Entrée , où entre les Barons quidoivent porter l’Evêque, est le Seigneur de Meung,Z 'iomintts de Aíagdmo.

Je viens au Livre manuscrit appeîlé Rotastrtm& %.qui étoit autrefois dans la Bibliothèque de M. Paulî*etau. Voici ce qu'on y lit : „ Cinq frères Che-sj valiers du Diocèse d'Orléans , se trouvant dans lesguerres d’outte mer environnés d’ennemis, firents> vœu à l'Eglise de Sainte Croix d'Orléans, ques’ils- s, pouvoient avoir la victoire fur leurs ennemis » ilss, offriroient tous les ans à cette Eglise cinq Chevaux»» avec leurs Cavaliers de Cire ". Ouinque eqms cereosmorem equorum cum Equìtibus armatis. ,, que le5, manuscrit traduit , cinq Chevaux de cire , auffi», grans ou si gros c’on est Chevaux, quand uns Che-», valiers tous armés est fur lui.

Je ne vois pas pourquoi on a voulu se servir de cekEage } vu j eS differences qui s’y rencontrent. II yparlé des Barons qui remporterent une victoire;7 e Je miracle qu’on veut faire valoir, parle des BaronsPionniers & délivrés. Leur vœu est de Chevaux &p Cavaliers de cire, & l’on n’offre qu’un Cierge ouVj °Utiere. Enfin le Manuscrit met cinq Chevaliers3u beu de quatre, & les fait tous frères : circonstanceb u ’on ne trouve point ailleurs,j. biais quand tout scroit conforme ici, l’avantage ne>it pas grand , puisque ce Livre est un tissu de sa-es & d’absurdités ; il suffit pour en convaincre, de5 Pporter ici l’extrait qu’en donne l’Avocat de M. dep . y , qui avoit vu ce Livre. Incipit Rota fortum ,^ n ° de Troja , & parle de Pâris fils de Priam. . . .c °ntient principalement l’Histoire des Seigneurs de

^!ur Avoit payé à Foulques Evêque d’Orléansl] Charles de latiçç a,e > & après lui Le Maire , Guyon & les Auteurs de la No-du jy nos Evêques , imprimée à la tête des Statuts SynodauxJean j céí ® - placent Foulques de Chenac immediatement aprèsï’télL ■ ^“nflans en 1534. Et comme on ne volt pas que cele titr a,t plus de 10. à 1 r. ans , il semble d’abord que danste r> tiré des Archives de la Maison de Sulli que je viens de ci-Wftj^êque d’Orléans est mal appelle Foulques , & qu’il faut yse f 0 Uer un autre nom : mais le titre est juste, & nos Annalistes" 1 trornvés. Tonlnnes de Chenac n’avant été Evêque que cin-

: après JeanEvêque du

-*u[ 0ir o-f W. aunes pièces rapportées parnuoert, dans sondatt e , 6 de Sain t Aignan, où cet Auteur établit savamment cette

II,

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Grancey en Bourgogne , descendus dès Vicomtesd’Orléans & des Seigneurs de Belmont, de même fa-mille. A u folio 53. il est dit qu’Adeline fille du Com-te de Langres , Reine de Jérusalem (b) & Duchessed’Orléans , a composé ce Livre en l’en 1100. & q U eGirard de Alto Vado , Grand Archidiacre de Langres& Chancelier de France, fils de Pierre de Malrégard,Vicomte d’Orléans, y ajouta aucunes Histoires. Fol»S o. il parle de cette Adeline Duchesse d’Orléans, &Fol. 51. de son fils élu Roi , qui fonda les Chanoi-nes de l’Eglise d’Orléans. Fol» 53. & 54. il parle desVicomtes d’Orléans du nom de Malrégard. Fol»z6. il dit que l’un d’iceux étoit Dominus de MaudunoPersécuter Ecclejìie. Enfin à la page 89. est le passa-ge des cinq frères Chevaliers du Diocèse d’Or-léans*

Sans rn’arrêter a faire des réflexions fur cet Extrait,qui parle assez de lui-même , pour n’avoir pas besoind’être relevé , je viens au second sentiment sur l’ori-gine des Goutieres.

On veut que cette redevance soit, comme nous Ba-vons dit , une réparation à l’Egliíe pour le meurtred’un de ses Evêques , & que cet Evêque soit Ferride Lorraine , qui mourut en 1299. L’on ajoute quecelui qui l’assassma fut un Gentilhomme , de la filleduquel ce Prélat avoit abusé. Ce fait , dont ni lesArchives tant de l’Evêché que de l’Eglise d’Orléans,ni les Auteurs qui ont écrit l’Histoirev de la Maisonde Lorraine , ne font aucune mention , est unique-ment appuyé sur le témoignage de Guillaume de Nan-gis, qui, dans fa Chronique , écrit fous l’an 1299.'que Ferri Évêque d’Orléans avoit été tué , commel’on disoit, par un certain Gentilhomme dont il avoitdéshonoré la fille. Ferrìcus Aurelìanenjìs Epijcopus , àquodam milite , ut dicebatur , cujus filiam corruperat ,occifm est. Pour Nicole-Gilles, qui rapporte la mê-me chose, il n’a sait que copier Guillaume de Nan-,gis. En cette même année 1300. Ferri Evêque d?Or-léans fut tué par nn Chevalier , cujus puellam corm-perat.

Que peut-oiì concliire de cette autorité de Guillau-me de Nangis ? qu’il fë peut faire que Ferri ait été tuépar un Gentilhomme qui vouloit vanger son honneurflétri par cet Evêque» S’enfuit-il de là que ce Gen-tilhomme , qui n’est pas même nommé , fut Seigneurd’une des terres à présent sujettes à la présentation desGoutieres , & que cette redévânee ait fa source danscet assaífinat ? Non fans doute. Ce ne feroit tout auplus qu’une conjecture légere, dont les termes mêmesde Guillaume de Nangis montrent assez 1 a foiblessejpuifqu’il paroît par le passage que nous venons de ci-ter , que le meurtre de l’Evêque de Ferri n’étoit pasune chose bien constatée : c'étoit un bruit commun,des oui dire, ut dicebatur. Le Maire & Guyon, quitous les deux ont rapporté ce passage , ont mal à pro-pos transposé Y ut dicebatur après le mot de filiam cequ’il est bon de remarquer; puisque cette transpositionnouvelle change entierement le sens de l’Auteur : leoui dire tombant alors fur les amours de l’Evêque,au lieu qu’il doit avoir rapport au meurtre de cePrélat.

*£' J’ajoute que comme l’Evêque Ferri est enterré dansi’ Abbaye de Beaupré au Diocèse de Toul, il y a tou-te apparence qu’il est mort en Lorraine , & qu’on neconçoit pas bien qu’un Gentilhomme des environsd’Orléans ait oíè le suivre jusques-là , dans un Païsqui obéissoic au Père de ce Prélat ; où par conséquent

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(b) Atl Fol. il est dit, qu? Adeline fille du Comte de Langres,Reine de Jerufalem.~\ L Auteur de ce Roman a pu imaginer cetteAdeline Reine de Jérusalem 8t Duchesse d’Orléans, dont le Fils,qui fut élu Roi, fonda les Chanoines de cette derniere Ville, furHeloii'e femme de Renart , Seigneur de Broyés , de Beaufort &de Pithiviers , qui a fondé la Collégiale de 8. Georges de Pithi-viers, & qui eut pour fils Qldoric Evêque d’Orléans , qui mou-rut vers l’an 1033,

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