P R A T I QJJ ES SUPERSTITIEUSES. i %9
£ûtes, Par ledit Sieur de Jandin pour ledit SeigneurDuc de Sulli, après avoir fait protestation contraire ,a été présenté une Goutiere & un Cierge de cire jau-ne neuve & une paire de Gands blancs neufs, laquelleGoutiere a été portée, ledit Sieur de Jandin marchant^ e vant, tenant en main une corde de chanvre attachéea ladite Goutiere, conduite auffi du bas de ladite E-jffise, passant par la Nef, & traversant le Chœur deladite Eglise jufqu’aux marches du Grand-Autel, où^dit Defgodets a encore appellé ledit Seigneur DucHaron de Sulli, pour lequel ledit Sieur de Jandin acomparu & présenté ladite Goutiere ; i celle mise con-tr el’un des piliers à côté du Grand-Autel, le Ciergedevant, & les Gands donnés au Maître de Musique;êe a ledit Sieur de Jandin audit nom promis par fer-lent de faire à l’avenir ladite présentation de Goutie-re > Cierge & Gands.
Ensuite lesdits Sieurs de la Gogué & Germon fontay ec Nous, le Procureur Fiscal & Notaires Greffierscommis, retournés au bas de ladite Eglise, où étant,de nôtre Ordonnance ledit Defgodets a appellé à hau-te voix le Seigneur Baron d’Ascheres & Rougemont,stni est pareillement tenu en ce même jour, durant le^antique cfe Magnificat à Vêpres, présenter en laditejglise une Goutiere & un Cierge de cire jaune neuvede pareil poids avec une paire de Gands blancs neufs,"pdit Sieur du Bignon s’zst apparu, lequel en vertude la Procuration ci-devant mentionnée, fans préjudi-ce de ses droits pour la préséance au dessus des autresseigneurs Barons, & en exécutant la Transaction pas-sée entre Monseigneur le Révérend Evêque d’Orléans& ledit Seigneur Baron d’Ascheres , pardevant LeMoine & son Confrère Notaires au Châtelet de Parisle 20. Mai 1711. a présenté une Goutiere & unCier-$ e de cire jaune neuve & une paire de Gands blancsneufs ; le tout fait porter , marchant devant, tenantmain une corde de chanvre attachée à ladite Gou-tIere , icelle conduite du bas de ladite Eglise, palïantfar la Nef & traversant le Chœur jusqu’au bas desArches du Grand-Autel, où ledit Defgodets a ap-íellé ledit Seigneur Baron d’Ascheres , pour lequelfdit Sieur du Bignon a comparu & présenté laditej, outiere, icelle mise pareillement contre l’un des pi-*ers â côté dudit Autel , le Cierge devant icelle ,, e ? Gands donnés au Maître de Musique ; & a le-Sieur du Bignon audit nom, promis par fermentfaire à l’avenir ladite présentation de Goutiere, Cier-^ & Gands.
çContinuant tout ce que dessus, lesdits Sieurs de lapstgué & Germon font avec Nous, le Procureur^ eal & Notaires Greffiers commis, retournés au basr e la dite Eglise, où étant, ledit Defgodets, fur lajss'ssition du Procureur Fiscal & de nôtre Ordon-t ,.. ce ,> a appellé par trois diverses fois à haute & in-^ 'Rible voix les Seigneurs Barons de Chailli-le-Fort^ cfautviliers en Gatinois , qui en ce même jourp r , rant le Cantique de Magnificat à Vêpres , doivent^yl en ter en ladite Eglise à Monseigneur le RévérendV e e 4 tie d’Orléans une Goutiere de cire jaune neu-Un Cierge & une paire de Gands blancs neufs,ap sstel appel réitéré près le Grand-Autel , il n’est£;p r U aucune personne. Sur quoi oui le Procureurdire’ Nous avons desdits comparans , réquisitions,Çj Q s > déclarations , protestations & présentations degnP^tes , Cierges & Gands faites par lesdits Sei-oéb rS > ron * du Cherai , de Sulli & d’Ascheres ,gtle °yé Acte , & donné Défaut contre lesdits Sei-O at ^ rs .Barons de Chailli-le-Fort & Hautviliers ende puis, p our i e pi-osit duquel Nous avons permisréçU * re kúf’ r les Droits Le Domaines sujets à laditeIV 0 p nce ’ De tout ce que dessus dressé le présentPréfp Verbal, lesdits jour & an. La minute desdjy est signée, Le Normand de Monci , Jan-G 0 ^ 7 e g°dard-du-Bignon, Germon , de la
^^^caire-Général , Pin, Gueret , Dangleber-A ', rron Procureur Dom. Dûment controllée
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à Orléans le 10. Mai 1718. par Bodirt Coûimis, quia reçu douze fols. Et est lâ minute des présentes de-meurée à Odigier le jeune , l’un ces Notaires sous-signés. Ainfifigné , ODIGIER,
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L E T T R E
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P. JEAN FRONTEAU,
CHANOINE REGULIER DE
SAINTE GENEVIEVE,
Et Chancelier de l’Université de Paris.
Sur l’áncìen usage de se saluer à table & des’exciter d boire. Avec des Remarquescurieuses fur fr inflitution de la tr es sain-te Eucharistie.
Adressée au très-illustre & très-noble Pierréde Bellievre, Seigneur de Grignon.
J E me souviens, Monsieur, qu’étant à Beaumont»où Monsieur de Harki nous faisoit une chere dé-licate & magnifique, plusieurs personnes considérablesqui étoient à table, beuvoient à vôtre santé, & vous1 a souhaitoient parfaite. Vous demandâtes quelle êtoitl’origine de cette coutume de boire â 1a santé les unsdes autres pendant le repas, 8 c de se faire des souhaitsréciproques de bonheur en beuvant. Je vous répon-dis en peu de mots que cette coutume étoit très-an-cienne,qu’Homere & d’autres Auteurs anciens en faí-soient mention, & que le terme dont ils se servoiencétoit un signe d’amitié pour s’exciter à boire. Main-tenant que j’ai quitté k Ville, dans ces jours, où les. hommes boivent avec moins de mesure , & qu’en seportant réciproquement des santés souvent réitérées ,ils ont moins d’égards pour leur propre santé ; dansces jours, dis-je, où ceux qui font semblant d’être so-bres comme des Curius, se livrent à des excès de Ba-chanales, j’ai pris le dessein, pour n’être pas à rien fai-re dans ma retraite, de vous écrire tout ce que j’aitrouvé dans les anciens Auteurs touchant cette coutu-me ; & afin que cette lettre ne passe pas les bornes or-dinaires, je vous expliquerai en peu de mots le planque je me fuis formé. Je ne vous décrirai point lesanciennes coutumes de ceux qui beuvoient du vin, jene parlerai que de ce qu’ils pratiquoient en beuvant ,pour lier l’amitié, pour 1a conserver, pour k resserrerplus fortement, & pour s’en donner des marques plussensibles. Je ne prétens pas, en parlant de ces coutumesprofanes, sortir des bornes que k bienséance prescrit àun Religieux & à un Théologien. Tout ce que jedirai ici servira à éclaircir davantage l’institution de latrès-sainte Eucharistie, bien mieux que tout le raffi-nage de l’entreprenant Scaliger , & q ne tout ce queson Censeur & son Critique Buxtorff a produit furcette matière.
La Divine Eucharistie a été fans doute instituée parN. S. J. C. afin qu’elle fût pour nous un banquet sa-cré & immortel. C’est-là que nous mangeons & q U enous beuvons pour nous enflammer d’un amour plusardent les uns pour les autres. J'entre donc en ma-tière.
Ce mot, Philotefie , signifie amitié, & salut, com-me l’explique Suidas. Homere en parlant de cetteaction, dit auffi que c’est une démonstration d’amitié.Eusthatius la confond avec les termes qui signifient1 amour. Les Auteurs qui sont venus après ontpris ce terme pour exprimer 1a coutume que les amis
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