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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS. 17

enfans, sont hérétiques, s’ils croyent qu’il puisse y qui n'est pas homme, d’oìi vient qu’on batize îesclo-avoir une autre forme, ôu une auíre madere du Bâté- ches ? A cela d est asse de répondre que ce n'est pa.Me. q U e celles que Jefus-Christ a instituées; ou du parler proprement, que de donner le nom de Batcme•W qu’ils sont extrêmement suspects d’hérésie, a la Bénédiction des cloches Cette Bewdctioa n estquand même ils nieroient qu’ils sont dans cette créan- pas un Bateme quoi qu e n disent le j) hereuques,parce que ces sortes dictions ont d’elles-mêmes Car encore qu en la faisant on donne des noms, desquelque chose qui est une hérésie manifeste. parems & des maternes aux cloches, qutonle w, &

II y a néanmoins des gens assez abandonnés de Dieu qu on les oigne des saintes huiles ; ename q equeíquesPour batizer des figures de cire , afin de faire mourir Auteurs Ecclésiastiques meme & Catholiques ^ ,les personnes qu’ils haïssent. Et voici les cérémonies appellent cette Bénédiction un Bateme '. ilest ceitamqu’ils pratiquent pour cet exécrable maléfice: Ils font une néanmoins que celui qm la fait n a nulle intention deW de cire entiere , & avec tous ses membres, la les batizer de la maniéré qu on batize les enfans; qu onmettent tout de son long dans une boëte qui se ferme n*y pratique pas les memes ceremomes qu au Bateme;?vec un couvercle, prennent de l’eau dans le creux de qu’on n y fait point d exorcssmes, qu on n y employéW main, la jettent fur cette Image, en disant N. K point 1 huile des Catechumenes; qu on n y bénit pointte baptisa, &c. Ils récitent ensuite le petit Office de sel; qu en lesdavant on ne dit point, Egotebap-

** la Vierge/& quand ils en sont au Pseaume. &c. ce qui est pourtant etel ai Bateme.

e ntre générât ione 8 c generationem , ils prennent une epi- Aussi voyons-nous que 1 Eglise en quant te de Rituels,Ne d’O ... de laquelle ils picquçnt légèrement l’en- ordonne aux Curés d avertir les peuples,que cette ce-droit du cœur de P Image, & achevent le petit Offi- remonte n’est pas un Bateme, mais une simple Bene-Ce * Le lendemain ils font la même cérémonie, & aux diction , une chose purement Sacramentelle. Peuple

Chrétien (dit le Rituel de la Province de Reims de1585.) (f) cette Bénédiction de cloches n est point , com-me vous l'appellez. entre vous , un Bateme , principale-ment tel qu’est celui que nous recevons , quand le premierSacrement nous efl administré: mais c’ejl une simple Bé-nédiction d'une chose qui doit être employée au service di-vin. Les Rituels dc Paris de 1615. ( g ) 8 c de i6;o.

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Mêmes mots ils enfoncent l’épine plus avant. ^troi-sième jour ils en font encore autant, & enfoncent 1 epmeMute entiere, achevent l’Office, & le neuvième jouront ce qu’ils souhaitent. N ■

V. Lorsqu’on batize des livres, des Phylactères,

<ses plaques, & des caractères pour des usages Magi-

ques & Superstitieux. C’est ce que seisoiem les or- PEvêque ou le Curé qui bénit les clo-

c^rsde Mante, qui par Arm du Parto««de^ ^ ^it avertir le peuple. que c’est un abus popu-

sorent brûles lan M86.au mois de Novembre, el. ^ Le insuportable, de leur donner des noms de

Saints 8c de Saintes, comme si elles étoient propre-ment batizées, ou nommées, comme les fidelles Chré-tiens t mais qu’on les doit seulement appeller les clo-ches de notre Dame, de S. Jaques, de S. George,ou

de sainte Geneviève, &c. - - _ *

Le Rituel d’Angers de 1626. (i) celui de Chartres(k) 8 c celui de Rouen (/), de 1640. celui de Paris de1646. (m) celui de Clermont de 165 6. (n) & celui duMans, dq 166r. (0) enjoignent auffi aux Curés de re-

Crespet en parle de la sorte (a). Les Magiciens quifeulent évoquer les Démons d leur scours , pour savoirchoss futures, ou deviner , gr faire autres tours du mé-tier de Sathan, ont de coutume de faire consacrer les li-vres , ou fìnt contenues leurs conjurations , marques , pla-ques si caradêres , par quelque Prêtre qui a une Etolecol, si les arrose avec l’eau benite d’un Aspergesd herbe de mìlle-petuis , en prononçant ces mots , ,, Je teJ > batize au nom du Pere, 8 c du Fils, 8 c du S. Es-prit”; si pendant qu il fait cela il doit tenir un cier-

gent.

Puis' il faus qu'il mette lesdits livres fous la tirer le peuple de cette erreur , que l’on batize en quel-yppe de l’Nutel, au côté de l'Evangile , pendant qu'il stue maniéré que ce soit les cloches^ & que leur Bé-fra la Messe par trois Fendredis, si le dernier Fendredi nédiction puisse être appellée un > Batême 8 c un vérita-* lie ledit Uvre , si le ferre en lieu net si secret , asm ble Sacrement. Le Rituel de Beauvâis de i6;y. (p)fy il puisse servir quand on en aura besoin , ainsi que dé- dit à peu près la même chose en d’autres termes. LeOsèrent certains Magiciens qui furent brûlés d Paris,ap- Rituel de Bourges de 1666. (q) dit nettement. Oue cemilans de la Sentence du Bailli de Mante l'an 1586. au n ’ e fl pas un véritable Batême que Id cérémonie de la con-cis de Novembre. Delrio dit la même chose {b) du secration des cloches , comme estiment les bonnes gens ; &sterne des livres de Magie, qu’il vient de dire de c ' c fl au Curé de les détromper de cette façon de par-jctso des Images, savoir, que ceux qui le pratiquent ^ er ■> puisque les cloches d’elles-mêmes font incapables d’au-

Nct hérérinnpc . fy mrímpmpnt snsnpsic A'VtérÁsif. CUne (trace iuílifìante . comme fil relis nui fè donne au.

erétiques, & extrêmement suspects d’hérésie.

5tl v ** Lorsqu’on batize la mer, comme sont tous les] e$ certains Chrétiens d’Orient, en vue de devinerf e Cl °ses sutures par l’agitation de la mer, ainsi qu’ilìi e prati quoit autrefois parmi les Eubéens 8c les Sici-5t) & que quantité de gens de mer le pratiquent

q u Cor f aujourd’hui (c). Mais, dira-t-on, s’il n’y aì> c’ n ° mme fi ui sioit capable de recevoir le Batême,Hjj un horrible sacrilège & une Superstition abo-un culte pernicieux, un culte superflu, une^ ^e observance, une observance des choses sacrées.Ne idolâtrie diabolique, que de batizer tout ce

On t

(M ct i. De la haine de Sathan, &c. Discours 12.'le ^ ct'd. sup. Idem dicendum (cesont ses mots ) de còníècratio-8 ìti Cat ‘ ia P t ism° librorum. Nam Magi líbros. suos, ut vim ener-acc 'P la nt ( sic falluntur ) curant benedici per SacerdotemPer gi ]i Q » habentem stolam in collo, 8t aquâ benedictâ cum as-si'rn i j, e!í herba hypericontis eos aspergentem, simulque profan-"ctiti te baptizo, Lee. Inter ea alia manu Sacerdos tenet ce-f 0 ' idgìâ'âum, postea ponit libros sub rnappa altaris certo lo-hscij ]j Ue tribus certis diebus, quorum ultime in modum crucisctig; librum & recludit in loco puro & abdito. Hoc saisi

(c) j^ ante nses Parisiis 1586. mense Novembri.j,Peciç S ' 4" Disq. Magic. c. 2. q. 6. sect. 3. Tertia hydromantirei^ Q( j. x a gitatione varia pelagi, quam olim Siculi Sc Eubœen-K r senta!' le multi nautse notant. Bine Christianorum quorumdamba ptb a “ t Utn n ota Superstitio, qui quotannis mare quasi animatum

T<if »e //.

cune grâce juflifìante , comme efl celle qui se donne auBatême. Enfin le Rituel d’Alet de 1667. s’écant fait

cct-

(d) Voy. la Deicription de cette cérémonie dans le Tom. I. r.Part. des Cérém. Relig. ( des Catholiques. )

(e) Constitut. ICaroli M. ex Edit. Amerbachii an. n. 18.

Lethaldus Monachus Miciac. in vit. S. Maximini, n. 9. To. 1.Actor. 88. Ord. S. Bened.

(f) Fol. 125.

(§) Fol. 169.

(h) Fol. f 6 . Monebit Ëpiscopus vel Parochus populum , abu-sum esiè popularem, & non ferendurri, imponere nomina San-ctorum, aut Sanctarum campanis benedictis, quasi propriè bap-tizentur 8c nominentur sicut Christiani fidèles : led in oblique eíîèvocandas campanas íànct* Maria:, 8. Jacobi, S. Georgii, velíànctae Genovefae, 8cc.

(i) P. 413.

(k) P. 364.

(0 P- Z54-

(ot) P. jf 8 .

(n) P. 243.

(a) Fol. 438. Dabit operam Parochus, ne populus jàm in eoerrore versetur, ut putet campanas ullo mode baptizari, néve ea-rum Benedictionem Baptismum, quasi Sacramentum appellet

(?) P- -46. Ne populus in eo errore versetur, ut campanasbaptizari credat, eum Parochus diligenter admonebit, ablutio-nem illam ex aqua benedictâ, 8c sacn Chrismatis unctionem,quseinus benedicendis adhibetur, non esse Baptismi Sacramentum,e ficranì ceretnoniam Ec^

cleíiaíticam , qua.illœ ad usum divin! cultus rite coníècrantur,

(^) To. r. p. rzi.

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