DES SUPERSTITIONS.
Ion le témoignage d’Arcudius, qui dit (d) Bavoir vûPratiquer ainsi à l’égard de plusieurs Juifs & de pin-ceurs Turcs convertis à là foi de Jefus-Christ. Le■P* Goar rend le même témoignage dans la Remarqueflu’on trouve ici (b). L'ancien usage, l'usage le plusconstant & le plus universel de l’Egíife d’Occident,&de celle d'O rient, étoit de batizer par immersion. LesConciles, les Peres, & les Historiens Ecclésiastiquese n font foi, auflî-bien que l’Euchologe des Grecs.ï>ans l'Eglise de Milan on batize encore aujourd’huipar immersion. Cela est clair par les paroles que je citedu Rituel Ambrosien (c).
Les Protestans d’Angleterre font la même choie avecks précautions nécessaires. La Liturgie Anglicane, im-primée à Londres en 1574. le marque bien précisémentW), & c’est auffi ce que nous lisons dans la même Litur-gie imprimée en François au même lieu, en 1678. (e)Le Prêtre prendra l’enfant entre ses mains , A- dira auxfreins & Mareines, Nommez cet enfant. Et alors len °rnmant âpres eux (s'ils afférent que Pensant le peut bienfiuffrir) il le plongera dans Peau avec prudence & pré-c fftion , disant: N. je te batize au nom, &c. Mais* ds afférent que Pensant ejí foible , il suffira de lui ver-de Peau sur le visage en usant des mimes paroles : N.I e te batize au nom, &c.
C’est donc une chose de foi indifférente de batizerPar Aspersion, par Infusion, ou par Immersion. Il^ut cependant suivre la coutume des lieux où l’on ba-*í 2 e, si l’on veut ne point paraître affecter la singula-J'tté, & ne scandalizer personne. Mais quand on ne'a suivrait pas, en batizant d’une autre maniéré,pour-vu qu’on ne le fît point par mépris, il n’y aurait encela aucune Superstition, soit du faux culte, ou duculte superflu, soit de la vaine observance, ou de
I observance des choses sacrées ; non plus que si dansîs lieux où l’on plonge trois fois les enfans dans l’eau,
ne les y plongeoir qu’une feule fois, parce que ce
II est point une cérémonie qui soit dé f essence du Sa-pement de Batême, que de plonger une feule fois,
trois fois dans l’eau les enfans que l’on batize. 8.Grégoire le Grand l’a décidé, lorfqu’après avoir par-des trois Immersions, il conseille à S. Léandre,Lvêque de Séville (/), de n’en pratiquer qu’une à
{«) L. 1. de Sacrai». c. 10. Atque in Graecia non paucos me-me vidisse, prassertim adultos, œquè Judseos atque Turcasa fidem Christi converíòs, essufione baptizatos.
C (Q Not. ad Eutholog. in Baptis. Offic. n. 24. Infuíîone nunc^Piùs utuntur Grasci. Quod enim licuit obscrvarepuerum se-ci KcÁewctiìi'M in vase vel pelvì ad cubitum profundo ( sic^Ptistenum hodie vocant à piscina, in qua cœcus lavit, 8t la-( f r ; Vl - c * ens > ter superinfusa) non modicce quantitatis aqua calida.Pur e 3 namc l u e pueri tenelii corpus nimio dolore perstringeret )*Pot nt " certe ne aqua: copiâ obruatur, 8c forte nimium.Pronom positum, & sinistra in ventre fustentatum, 8a-q os capite 8c toto corpore salutaribus aquis abluit 8c lustrât,tuj ' Lit. Instruct. Baptis. Interrogatus baptizandus ter mergi-i n ’>n memoriam mortis & Resurrectionis Christi Domini : utquef ÍTe’T? at le cum Christo consepultum cum Christo resurrecturumí, 1 Lrina autem mersione, significatur triduana Domini sepultura.eu fiiUe- - ■ ■ - • ' " • •
Parochus infantem supinum à Patrino sublatum utrá-«cci 6 manu excipit, ita ut dextera capiti ejus propior fit, tum terc ert s ut .mergit i n aquam in Crucis formam. Et mergendo , sih illum non este baptizatum, explicatè profert, N. Ego
ait àc. Qua: verba proferantur dum ter mergit > semel duml'ertj'v®'? 0 te baptizo, in nomme Patris, Iterum dum ait: Etfilii.po(j. r 0 dum dicit, Et Spiritus fiancíì, Amen. Compater autemmanum infanti supponit 8c de fonte levat.
VJ Lit. Ordo Baptis. tenendus in Ecclesia, fol. 1^-4. Infantemacc ipiens, nomen interrogabit, 8c Ipsum nomme com-! e if ’ n aquam cautè 8c circùmspectè immèrget dicens; JST. Egokigs^ 0 - &c. Quòd si infans infirmus sit, satis fuerit aquam il-( e \ 5y.infudiflè , dicens ut supra, N. Ego te baptizo 8cc.vdìs ^ ^Administration du Bapt. des enfans en public dans(ffr P' riz.
3-Epist. Epist.4t. De trina Immersione Baptifmatis ( lui^ r eíponderi verius potest quàm quod ipsi iensistis : Quia
JUtem q dii! officit sanctae Ecclesia: consuetudo diversa. Nossl §nam ^ U °d tertio tnergimus, triduanse sepulturse sacramenta^du an] US ' ut dum tertio infans ab aquis educitur, Resurrectios ^ Lri teiTl P or ' S exprimatur. Quod si quis forte etiam pro fan-’ftiq , n ’tatis veneratíone îestimet fieri, neque ad hocaliquid ob-Poi-fo’n j “ a P' t *nn d o semel in aquis mergere, quia dum in tribusIn fan t a Una substantia est, reprehensibile esse nullatenus potest,7~ 0tK ^baptismale in aquam vel ter, vel semel immergere,
l’avenir, à cause que les Ariens plongeoient trois fo lsles enfans dans l’eau du Batême, pour marquer qu’Hy avoit trois natures, ausiì-bien que trois personnes e nDieu. Le 4. Concile de Tolède en < 5 53. a décidéla même chose, conformément aux paroles de saintGrégoire, qu’il rapporte (gj , 8c ensuite defquelles ilexplique comment une feule Immersion signifie la mort& la Résurrection du Fils de Dieu, & l’unité de laNature divine dans la Trinité des personnes.
III. On a ci-devant observé (b) , que ce feraitêtre Superstitieux de verser de l’eau sur un enfant jôu sur Un adulte, en faisant prononcer la forme duBaptême, Ego te Baptiz,o, &c. ou Je te baptiz,e , &apar une autre personne. Mais il n’est pas hors dépropos d’obferver encore ici que cette pratique, quiest contraire à celle de l’Eglise, & à la Tradition,non seulement rendrait le Batême nul ; mais mê-me qu’elle regaaderoit le faux culte, le culte super-flu, la vaine observance, & l’observance des chosessacrées. Elle étoit néanmoins en usage parmi les Hé-rétiques du dernier siecle, au moins dans les Païs-bas, Car c’est pour cela que le z. Concile Provincialde Malines en 1607. veut qu’on rebatize fous condi-tion ceux qui auront ainsi été batizés
IV. L’Abbé de Palerme rapporte (k) un cas fortsingulier & fort extraordinaire, fur le sujet de l’Im-mersion des enfans au Batême. Vers Montpellier ( dit-il) un homme qui portoit un enfant à l'Eglise pourle faire batizer, voyant qu’il étoit prêt d’expirer, &craignant en effet qu’il n’expirât avant que d’avoir re-çu le Batême, le jetta dans une riviere ou dans urtpuits, avec intention de le batizer effectivement, 8£proféra de bonne foi ces paroles, Ego te baptiiêo, &c*On consulta là-dessus un Professeur én Théologie dê? Ordre des Freres Prêcheurs, qui répondit que cetenfant n’étoit point batizé. Plusieurs Canonistes eu-rent horreur de cette réponse, disant que rien néman-quoit pour la validité de ce Batême, ni la matière, nila forme, ni l’intention du Ministre; Mais le senti-ment du Professeur en Théologie fut confirmé ensui-te par son Maître, qui soutint que ce Batême étoitnul, parce que pour la validité du Batême, il sautnon seulement plonger dans l’eau celui que l’on batize ,mais même le retirer de l’eau en signe de la Résurrec-tion de notre Seigneur II y a donc ici deux senti-ment tout opposés; celui des Canonistes, & celui deces deux Théologiens de l’Ordre des Freres Prê-cheurs. Selon la pensée des premiers, ce pieux Ba-tiste , ou Batizeur, fe fit un mérité devant Dieu enbatizant ainsi fenfant dont il s’agit, & ne fe renditcoupable d’aucune Superstition. Mais scion l’opinion
des
quando & in tribuà mersionîbus períonarum Trinitas, 8t in unapotest divinitatis singularisas designari. Sed quia nunc hucusqucab hœreticis infans in Baptismale tertiò mergebatur, fiendum a-pud vos esse non censeo: ne dutn mèrsiones numerant, Divini-tatem dividant, dumque quod faciebaut faciunt, fe tnorem no-strum vicisse glorientuv. Voilà une crainte St des scrupules biensinguliers,
(g)'C. 6. Propter. vitandum Schiímatis scandalum (dit-il) velhteretici dogmatis usum, simplicem teneamus Baptismi mersio-ne m , nevideantur apsid nos, qui tertiò mergunt, hxreticorurnprobare aflêrtionem, dum sequuntur 8c morem. Et ne forte cui-quam lit dubium hujus simplicis Mysterium Sacramenti, videatin eo mortem 8c Resurrectionem Christi signisicari. Nam in a-quis^meríio, quasi in înfernum descensio est., 8c rursus ab aquisemersio, ResurreÂio est. Item videat in eo unitatem divinitatis8c Trinitatem períonarum ostendi : unitatem , dum íèmeì immer-gìmus; Trinitatem , dum in nomine Patris St. Filii 8c Spiritusíancti baptizamus.ib) C. 3.
(i) Tit. j. c. 6. Et quia (ce font les termes de ce Concile) fré-quent experientia docet, modernes haeretieos sspe Contra recep-tam Ecclesia: çonsuetudinem, 8c antiquissimam Traditionem bap-tizare, uno aquam fundente, alio formam iplàm pronuncianteîab hsereticis ( qui non íunt ad baptizandum admittendi, ubi alilquis Catholicus prsstò est; baptizati, fub conditione baptizen-tur.
(k) Abbas Panormitanus, apud Silvestrum , in Summ. V.Bap-tiímus, 4. q. 10. Dtxit quod non erat baptizatus, quia in Bap-tisino non iolum requiritur immersio, sed etiam elevatio ab a-quis, msignum Resurrectionis Christi.
H