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& par un grand passage d’un Sermon de S. Augustin,st'où il conclut, Qu’il est sans doute qu’on participeau Corps & au Sang de Jesus-Christ quand on de-vient un des membres du Corps de Jesus-Christ parle Batême, & qu’on n’est point éloigné de la partici-pation du pain & stu calice , quand on meurt dansl’unité du Corps de Jesus-Christ, avant que d’avoirmangé ce pain Sc bû ce calice (<*).
II. Autrefois dans la Province de Reims, & peut-être auffi ailleurs, après le Batême on donnoit du vinà boire à l’enfant, en lui disant ces paroles , Corpus &S anguis Domini nojlri Jefiu Christ i cuftodiat te in vi-tam atemam. Mais cela ne se pouvoit faire sans unfaux culte, & une vaine observance. C’est pourquoile Rituel de cette Province de l’an 1585. {b) le con-damne expressément, & dit que cet abus est venu dece qui se pratiquoit anciennement en Afrique & dansles Gaules, lorfqu’on communioit les ensans fous l’es-péce du vin.
III. C’étoit encore autrefois l’usage du Perigordde bénir du vin après le Batême , & d’en faire boireà l’enfant nouvellement batizé. Le Rituel de Peri-gueux, de i;;6. (c) nous marque toute cette céré-monie. Mais cet usage ne paroît pas Superstitieux,parce qu’on n’y employoit aucunes paroles qui sententle faux culte & la vaine observance.
IV. Depuis un peu plus d’un siécle la coutumes’est introduite en quantité de Paroisses , & particu-lièrement de la campagne, de sonner les Cloches aprèsle Batême des ensans. Ce font à mon avis les Son-neurs , les Sacristains , les Fossoyeurs, les Bedeaux,qui Pont introduite , par la considération de P intérêtbursal qui leur en revient. Car ils ont grand soin,les cérémonies du Batême étant achevées , de con-duire les Pareins & les Mareines au pié du Clocher,de leur présenter les cordes des Cloches , de les leurfaire sonner, & de les sonner enx-mêmes, afin d’avoir.lieu de leur demander de l’argent pour la récompensede leur peine : avec cette précaution néanmoins qu’ilsne les sonnent qu’à proportion du profit qu’ils en es-pèrent. Le Concile Provincial de Reims, en 1583. (d)n’autorisé pas cette coutume , mais il la tolère feule-ment , lorsqu’il dit , que les Curés ne doivent paspermettre qu’on sonne les Cloches, ni qu’on joue desOrgues, en signe de joye & de l’adoption spirituelledes ensans de Dieu , qu’après avoir versé Peau sur latête des ensans. Et ainsi dans la pensée de ce Conci-le & dans la vérité , c’est uniquement pour marquerla joye que toute l’Eglise reçoit de la régénération
(4) Arbitror, sancte frater , {àest ainsi qii'il parle au DiacreFtrrand) diíputationem nostram príeclari doctoris Augustin! ser-mone firmatam , nec cuiquam esse aliquatenus ambígendum ,tune unumquemque fidelium corporis iànguinisque Dominiciparticipem fieri , quando in Baptiímate membrum CorporisChristi esticitur, nec alienari ab illo panis calicisve consortio, e-tiamsi antequam panem illum comedat & calicem bibat, de hocsieculo in unitate Corporis Christi constitutus abscedat. Sacra-menti quippe illius participatione ac beneíicionon privatur, quan-do ipse hoc quod iliud Sacramentum íìgnificat invenitur.
(b) Voici ses propres mots: Fol. 4. Postremò semmopere ca-veat Sacerdos, ne quemadmodum perverse use in quibusdam lo-ris fieri dicitur, vinum porrigat i'nfanti post Baptismum , maxi-me utendo his verbis , Corpus & Sanguis &c. Nam cùm nihilaliud fit quàm vinum purum quod porrigitur , nec jam de con-lècrato calice & seb specie liquida parvulis detur communio , utfiebat tempore 88. Cypriani Sc Augustin! in Africa , 8c hic ali-quando in Gallia factum fuistë legitur, unde etiam hujusmodi ce-remoniam émanasse veriíìmile est , verba illa , hoc quidem tem-pore , Sc in illa infusione puri vini penitus ornitti debent: cùmnumquam sint proferenda , nifi cùm verum corpus Sc vêtus lan-guis administrantur.
(c) En ces termes: Fol. n. Sc ii. De conseetudine patriae Pe-tragorìensis Sacerdos benedicit vinum Sc dat in ore infantis sic di-cendo : ,, f, Adjutorium. ig. Qui fecit. y. Sit no. \g. Ex. f.„ Benedicite. Dominus. Qui te creavit in flore, te benedi-„ cat in ore. In nomine Patris Sc Filii 8c Spiritus sancti. Amen.,, Ponendo r» os infantis : De rore caeli Sc de pinguedine terrae,,, det tibi Deus abundantiam , Sc vivas in fecula sreculorum.„ Amen.
( 4 ) Tit.de Baptis. Post aqu* effusionem solùm campanas, velorgana in fignum laetitiae 8c adoptionis filiorum Dei, pulsari per-mittat.
S T I T I O N S.
spirituelle des nouveaux batizés , qu’on doit sonnerles Cloches après le Batême. Mais c’est à quoi le pin*souvent on ne pense guéres. L’espérance du gain aplus de part à ce son que toute autre chose , Sc parcet endroit, comme l’Eglise n’a jamais approuvé stuel’on fît un commerce honteux des choses saintes , ceseroit répondre à ses intentions & entrer dans son es-prit , que d’empêcher qu’on ne sonnât les Cloches auBatême. En vérité on le fait presque toujours d’u-ne maniéré si irréguliere , si tumulteuse , & si in "digne de la sainteté des Temples consacrés au P iel ívivant , qu’il faudroit que les Pasteurs n’eussent nlcoeur , ni conscience , ni sentiment de leurs oblig 3 'tions, ni zèle de la gloire de Dieu, s’il souffraient untel désordre & une telle profanation, que le RituelBeauvais de 1657. condamne en termes exprès(e). Onabuse de V usage des Cloches qui font bénites par unebénédiction particulière & solemnelle ; & le Rituel &Bourges de 1666. dit (/) , Que c est un abus , est**les Curés doivent retrancher de tout leur pouvoir , qfttd 6fi jouer des Cloches est" s’en divertir , comme fontquefois les ensans , ou des perfinnes qui viennent fiM^aux Batèmes. Le petit Peuple & la canaille accourt enfoule de toutes parts à l’Eglise, non pour prier, mai*pour sonner ; & la maison du Seigneur , qui est ur,emaison de prière, devient une maison de trouble Sc à sconfusion , un lieu aussi peu respecté qu’une pla cepublique. Je remarquerai ici en passant que l eSgens les plus grossiers sont ceux qui aiment davantag eles Cloches Sc le son des Cloches. Les Grecs Peupl £Sautrefois fort polis , avoient peu de Cloches , avantqu’ils eussent été réduits sous la domination Ottoflia-ne , & ils n’en ont presque point aujourd’hui, étantobligés de se servir de tables de fer, ou de bois, pontassembler les fidelles dans les Eglises. Les Italiens»,qui se picquent d’esprit Sc de délicatesse, ont aussipeu de Cloches, encore ne sont-elles pas fort grosse*'Au contraire les Allemans & les Flamans en ontgrosses & en grand nombre & cela vient de leurde politesse. Les Paysans , les gens de basse coPo-tion , les ensans, les foux , les sourds & lesaiment beaucoup à sonner les Cloches , ou à les en-tendre sonner. Les personnes spirituelles n’ont pa* ^penchant pour cela. Le son des Cloches les impôtsne , les incommode , leur fait mal à la tête, le* e 'tourdit.
On remarque aussi que les Cloches sont sonnées rdes Laïques , dont on n’examine ni la vie , ni ^mœurs. Néanmoins les Canons Synodaux du D')° cese de Clermont de l’an 1655. (g) Sc les OrdonnasSynodales de M. Godeau Evêque de Grasse ScVence (h) , veulent, que le Clocher , & par et» 1 ^quent les Cloches. , fiient gouvernées par des pefs 0>> .de bon âge & de bonnes mœurs , qui ne permettent p^ffides chofis . indignes & déshonnêtes s'y commettent . ssdans cet esprit que S. Charles Borromée a aboli ...son quatrième Synode Diocésain de l’an 157J'l'usage de faire sonner les Cloches par des Laso sSc qu’il a ordonné que ce feraient des Ecclesiasoss^,qui auraient soin de les sonner. Le Concile P s0 -,ciald’Aix, en 1585. (k) ordonne dans la même ^ ^qu’autant qu’il se pourra faire commodément ,souffrira pas que d’autres personnes que des Ec clestiques, sonnent les Cloches. Et le Rituel d’A‘ £ ^,
(c) P. 24. Cavebit Parochus ne quid seperstitiose fiat C u |fsti°'santés receds baptizatos: maxime verò in Campanarum P jj 3 p-ne, quas in quibusdam Ecclesiis fieri solet post miai&tìtp ^ ^ ]o-tismum, in signum Ixtitise ob regeneratum infantetn > nl ^dé-co sacro 8c Sacramenti dignitate alienum , aut indecenscorum committatur.
f/) T- i- Tit. des Cloches, p. 2z/.
(g) P. 2. c. 9. §. 1.
(h) Tit. 23. c. 1. n. i.
(i) Décret. 28. f a.
(b) Tit. de Campan. Campanse, ubi commode fi® 1 P° r ‘
ab aliis quam à Clericis pulíàri permittantur.
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