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des superstitions.
peuvent aller quand elles le jugent à propos. C’estnéanmoins une louable coutume (dit le Rituel de Bour-ges (a) de 1666.) qu ayant rétabli leur santé elles vien-nent a l’Eglifi , four y être reçues avec cérémonies , com-me four honorer le Sacrement de Mariage . & la légiti-mation des enfans ; four rendre grâces d Dieu de leursheureux accouchemens , & de ce qu elles ont été préser-vées dans cet état de tous les accidens funestes. Mais cet-te louable coutume n’est point d’obligation , les fem-mes peuvent s’en dispenser sans crainte de péché. Auíïïla cérémonie de la Bénédiction , ou Purification desfemmes après leurs couches, n’est point prescrite dansbeaucoup de Rituels, & particulièrement dans le Ro-main de Paul V. dans celui de Lyon, de 15*41. danscelui de la Province de Reims , de 1585. dans celuide Bourdeaux , de 1596. dans celui d’Evreux , deï6ii. dans celui d’Arras de 1628. dans celui d’Aletde 1667. dans celui des trois Diocèses de Mayence ,de Wirsbourg & deWormes, dans celui de Reims de1667. ni dans plusieurs autres; & cela peut-être à causedes Superstitions qui se commettent dans cette cérémo-nie. Car il s’y en commet plusieurs, dont les Rituelsparlent en termes formels : comme celui d’Angers (b)de 1616. celui de Chartres (c) & celui de Rouen (d)de 1^40. celui dejMeaux(e) , de 164;. celui deChâ-lons fur Marne (f) , de 1649. celui deTroyes (g) de1660. celui de Beauvais (h) , de 16^7. celui de Pa-ris (i) , de 1646. celui de Bologne (st) , de 1647.celui du Mans (/) , de 1661. &r celui de Bourges (m)de 1 666. Le Curé , dit ce dernier , f rendra ,garde de nefaire dans cette Bénédiction aucune autre priere que cellesqui font ordonnées , fur tout de ne pas célébrer la Mejfeque l’on appelle fiche, c’est-à-dire , faire toutes les céré-monies de la Mejfe , excepté la Consécration & Commu-nion. II prendra garde aujst qu’il ne fe passe en cette cé-rémonie aucune Superstition de la part defdites femmes ,soit pour \le nombre des chandelles , fit pour le baiser desAutels , soit four le choix des jours , dont elles estimentles uns heureux , les autres mal-heureux : & fi elles neveulent pas venir ces jours-là , il les ira faire venir , au-trement il leur dira qu’il ne les recevra point un autrefour ', parce qu’il les faut defabufr de leurs Superstitions.Enfin voici ce qui est ordonné dans le Synode d’An-gers (n) de 1655. fur le choix des jours que les fem-mes font pour fe purifier : Nous avons appris que plu-fieurs femmes , par une Superstition intolérable , choisissentpour rélever de leurs couche certains jours qu'elles s’ima-ginent leur être plus heureux que les autres , ce qu ellesne peuvent fatre fans offenser Dieu , qui est égalementCréateur de tous les tems & de tous les jours. C'est pour-quoi nous enjoignons à tous les Curés Vicaires , de tra-vailler k désabuser ces perfnnes de leur opinion supersti-tions & fi contraire k la vérité st k la simplicité Chré-tienne , st leur enjoignons de ne les point relever auxjours par elles ainfi affeétés contre les fentimens de l’Egli-se , st la déclaration que nous leur en f aisns dans cetarticle.
(*) T. i.p. if?:
(b) Tit. de Bened. Mulier. post part.
(c) Tit. eod.
(d) Tit. eod.
(e) Tit. eod.
(f) Tit. eod.
(g) Tit. eod. Caveat Parochus ne observationes uìlae Supersti-tiosie ad eam Benedictionem adhibeantur , sive in numéro can-delarum, sive in ritu oículandi altaris, aut oblationis in eo depo-nendx , sive in ordine & modo obeundorum altarium , sive indelectu dierum (quia plerseque infaustum putant diebus VenerisLe aliis ejusmodi diebus benedici) sive in aliis quibuscumque cir-cumstantiis.
. (f) Tit. eod. Parochus cavebit ne ull* observationes Supersti-tiofe, ad hujusce Purificationis finem, àmulierculis adhibeantur,praesertim in dierum delectu , cùm pleiseque infaustum putentdiebus veneris & aliis ejusmodi diebus benedici.
(r) Tit. eod. J
(k) Tit. eod.
(/) Tit. eod. Caveat Sacerdos ne observationes ullae Superstitio-fà» ad eam Benedictionem a mulieribus adhibeantur.
' ( m) Tit. eod.
(n) Art. 18.
Outre ces Superstitions particulières qui concernentla Purification des femmes , j’en ai remarqué encorequelques autres , qui ne font pas moins repréhensi"blés.
1. Lorfqu’une femme est morte en couche , la Sa-
ge femme qui l’a accouchée, ou une autre femme, f®présente à l’Eglise, & se fait relever en sa place, dansla pensée ou que la défunte ne pourroit pas voir Dieu,ou qu’on ne la pourroit pas faire entrer dans l'Eglise,ou que son corps ne pourroit pas être inhumé en ter-re sainte sans cette cérémonie , qui est à proprementparler un culte indu , faux & pernicieux , un cultesuperflu , une vaine observance des choses sacrées*Néanmoins elle fe pratiquoit autrefois en bien deslieux ; mais elle est condamnée formellement par I eRituel d’Angers de 1616. par celui de Rouen & patcelui de Chartres de 1640. par celui de Meaux , de1645. par celui de C hâlons fur Marne , de 1649. (°ìpar le Rituel de Malines (p) de 1649. parle Rituelde Bourges de 1666. (q) Si la femme nouvellement a fcouchée meurt , il ne faut pas par Superstition en Jubstl"tuer une autre , pour tenir la place de la défunte k l’£"glife , & recevoir la Bénédiction .- & par les Statuts &Ordonnances du Diocèse d’Evreux en 1664. (r) Nostcondamnons toutes fortes de Superstitions , st enjoignons ^nos ^Archidiacres de s’en informer en leurs vifites , st ^nos Curés de nous en donner avis , comme de celles qtti fipratiquent en de certains lieux avec impiété dans la récef't ion des S âge s-femme s qui f présentent a l’Eglise en ^place des femmes décedées en leurs couches, j ’ajoute *ces Statuts & à ces Rituels, M. Beuvelet , qui s’estcru obligé de prévenir les Prêtres contre cette Supes'stition. (s) Le Prêtre (dit-il) fi doit donner de garé*de ne souffrir que par un principe de Superstition , ^femme étant morte avant qu avoir pú venir k l’Eglifi ,une autre lui fit substituée , pour être relevée en fi^létÇÇa t ,
2. Autrefois à Argenteuil , proche Paris, on st 1 '
soit encore bien pis que cela. Car on purifioit u° slla Sage-femme, ou une autre femme , mais la fciPfi 2même qui étoit morte en couche : c’est-à-dire, qu ^faifoit les mêmes prières & les ' mêmes cérémonies stfa bière , que l’on auroit pû faire fur elle-rnême, .elle eut été en état de venir à l’Eglise pour y recey 0 ^la Bénédiction après ses couches. C’est une partislarité que j’ai apprise de feu M. De Rez, Curéd’A sgenteuil, qui m’aífura qu’il n’eût pas de peine à st 1 ^,entendre raison à ses paroissiens fur cette pratique, ^à les en désabuser. . r
z. Croire qu’une femme accouchée est Juive, stqu’à ce qu’elle fe soit présentée à l’Eglise pour et „purifiée , & que jusqu’à ce tems là il ne lui estpermis de faire du pain , ni aucune autre chose d^son ménage , ni même de prendre de l’eau béniteentrant dans l’Eglife. C’est pourquoi laqui l’accompagne dans cette cérémonie , lui en jlorfqu’elle y entre , & elle n'en prend point qu’ e ‘ c . £ .soit relevée. On fait assez à quel dessein cela stmais à quelque dessein que cela fe faste, c’est stculte, & une vaine observance , pour ne rien dire^vantage. Cette pratique au reste , pourroit bienvenue des femmes Grecques , qui s’imaginent st^tant immondes pendant les 15. ou les 20. P re ®jfi-jours de leurs couches , elles doivent demeures 0 ^ves dans leurs maisons , fans toucher a quoi stsoit, 8c fans préparer ni à boire , ni à manger 2 f ^sonne, jufqu’à ce qu’on leur ait dit l’Oraison st^gstS
(0) Superstitiosum est existimare pro puerpera in paria 0 c yita quidquam horum «b aliis mulieribus aut praistarí , adebere : quod sien diligentes prohibeant Sacerdotes.
(f) Purificatio extra Eccleíìam neque substituenda apro purificanda in locum defunct* puerpera;.
(q) Tit. de Bened. mulier. post. part.
(r) Tit. des Coût. Abus. n. 6 .
(,) Instinct, sur le Man. p. >• c. r. §. ii,