Buch 
Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
Entstehung
Seite
41
JPEG-Download
 

DES SUPERSTITIONS.

«ri tenu en chacune paroijse pour cet effet. , afin d'cmpê-cher la, réitération du Sacrement. Le Rituel de Beau-vaìs (a) de 16^7. enjoint aux Curés , pour éviterk danger & le sacrilege énorme qu’il y auroit à réite-rer la Confirmation, d'écrire sur un registre les norìis& les surnoms des Confirmés de leurs paroisses, ceuxde leurs pères & de leurs mères , celui de l’EvêqueW leur. aura administré la Confirmation , ceux deWs pareins & de leurs mareines , Tannée & le jourN'ils auront reçu ce Sacrement , T Eglise , la ville,°U le lieu où ils sauront reçu : de maniéré que lesn oms des mâles soient écrits fur la première page , &Ce ux des semelles fur la seconde, vis-à-vis les uns des^Utres, & séparément. Enfin le Rituel de la Provin-Ce de Reims (b) de 1677. veut que les Curés ayentsemblable registre , & que les personnes qui sePrésentent pour recevoir, la Confirmation , ayent uncertificat d’eux , par lequel il paroisse qu’ils n’ontPoint été confirmés. Et afin (dit-il) que nous ne puis-ons pas être surpris par aucuns de nos Diocésains , lesCurés donneront un certificat d ceux qui se présenterontp°ur recevoir le Sacrement de Confirmation , qui contien-W leur dge , & qui fera connoître quils n ont point été£ °nfirmés , & ils représenteront ce certificat a celui quen °us commettrons pour cet effet , fans leqnel nous ne leurac hninifirerons point ce Sacrement.

CHAPITRE IV.

Des Superstitions qui regardent le tems derecevoir la Confirmation.

La Confirmation ér VEucharistie autrefoisdonnées dans toute l'Eglise , & même auxenfans , aujfi-tòt après le Batême. LaConfirmation se donne encore à présent a-vec le Batême parmi les Grecs , lesCoph-tes , les Abijfins ô 1 les Moscovites. Onen use autrement aujourd'hui dans l'Egli-se Latine. Quoiqu'on n'y convienne pasprécisément du tems de conférer ce Sacre-ment j fi c'est dans un âge parfait t après ,ou avant l'usage de la raison , on croit ce-pendant qu'on ne le doit pas conférer avecle Batême , à moins qu'en quelques lieux{a coutume ne fût contraire 5 auquel casd né y auroit aucune Superstition à le rece-voir. On le peut administrer en tout temsintais ee feroit être Superstitieux de vou-loir le recevoir plutôt en un tems qu'en

' autre.

0

N administroif autrefois dans toute TEglise laConfirmation & l’Eucharistie auffi-tôt après lev ®We, & même aux enfans. Arcudius rapporte di-n, r Cs preuves de cet usage (c) ; & selon lui , la mê-o c hose s’observe encore aujourd’hui parmi les^ (H. y

yl^Tìt. âe Sacram. Confir. p. 71. Ut verò { dit-il ) omne peri-Jjíri ^ toc Sacramentum iterandi (quod absque gravi sacrilegiotrj Sc . no n potest) evitetur in posterum , Parochis mandamus 8c, ut librum habeant in quo Parochiae fuse Confirma-nts ^omina 8c cognomina, unà cum utriusque parentis, Con-t atep nt ' s atque Patrini nominibus, an no, die, Eccleíìa, 8c civi-fagin u l°co, defcribant. Et marium quidem descriptio in unattjv » feu prima facie folii , feminarum verò in altéra sejunc-

(c) r lt - du Sacrem. de Confir. pag. 70.

, (d) t * ' 13. Le I. 3. c. 40.

bapti • 3 - c. 15. in prxsentia (dit-il) Graeci, ’quoties aliquems re liquis duobus Sacramentis, Confirmation t & Eucha-«pe c °mmuniunt. Baptizant autem passim infantes,

Tons P Ueros duorum , trium, yel eúam quatuor anaorum.

45

Mais fans parler davantage de l’Eucharistie , Ì 1 estcertain que les Grecs donnent la Confirmation au mê-me tems que le Batême* L’Euchologe y est formel,lorsqu’il marque qu’après que Tenfant est batizé , &revêtu de ses habits, & que T Oraison , BenediElus esDomine , est dite, le Prêtre le confirme (e). Allatiusrend le même témoignage (f) en peu de paroles, 8cde même M. Smith (g). Les Cophtes n’en use n cpas autrement , si nous en croyons le P. Thomas deJésus (h). Le Frere Técle Marie assure (r) austìque les Abiíïins reçoivent la Confirmation avec le Ba-tême : le Baron Sigismond en dit ( 4 ) autant des Mos-covites, mais dans TEglise Latine la pratique d’aujour-d’hui est contraire. On n'y donne la Confirmationaux uns qu’à un âge parfait , c’est-à-dire , commel’explique la Glose du Canon Ut jejttni (ij , à douzeans, ou à vingt-cinq ans ; aux autres, après T usagede la raison ; aux autres , avant T usage de la raison,à trois ans , comme Arcudius rapporte (m) qu’il sep ratique en Espagne , à quatre ans, ou à cinq ans ;car les Théologiens & les Canonistes ne conviennentpas du tems auquel on doit recevoir ce Sacrement,bien qu’ils soient pour la plupart dans la pensée qu’onne le doit pas recevoir avec le Batême.

Cependant Dominique Soto assure (n) , que s’il ya quelque païs où la coutume soit établie de confir-mer les petits enfans, on la peut suivre, parce qu’on netrouve point que TEglise universelle Tait défendu:Ce qui se doit entendre de TEglise Latine , plutôtque de TEglise Grecque , où ce savant Théologienn’ignoroit pas qu’on donnoit la Confirmation aux en-fans avec le Batême.

Ainsi il n’y auroit nulle Superstition en ces lieux-lade recevoir la Confirmation en même tems que le Ba-tême ; mais il y en auroit très-certainement à lavouloir recevoir plutôt en un tems qu’en l’autre,dans la pensée qu’elle produiroit mieux son effet : parexemple , plutôt le jour de la Pentecôte, qui est letems que les Apôtres la reçurent , qu’un autre jour ;plutôt la veille de Pâques, que la veille de Noël: 8cà affecter de ne la recevoir un certain jour de Tan-née , du mois, ou de la semaine, qu’avant, ou aprèsmidi. Car comme les Evêques, ainsi que le témoi-gne le 5. Concile Provincial de Milan (n) en 157 9Jpeuvent conférer ce Sacrement toutes les fois qu’ilsfont la visite de leurs diocèses (ce qu’ils peuvent fai-re en tout tems) les fidelles le peuvent auffi recevoiren tout tems ; & c’est une vaine observance > & uneobservance des jours & des tems, que de s’attacher Lle vouloir recevoir , ou à ne pas vouloir le recevoiren certains jours & en certains tems , préférablementaux autres jours & aux autres tems.

CHA-

(e) Et oratíone hac terminata , Baptizatum sancto unguentoungit, crucis íignum faciens in fronts , 8c in oculis, 8c in utra-que aure , 8c in pedibus dicens : „ Signaculum doni Spiritus„ fancti. Amen.

(/) L. 3. de Concord. c. 9. n. 6. Unà íìmul cum BaptismaleSacerdotes ipsi Chrifma confèrent.

(g) Epist. de Ecclef. Graec. Stat. hodier. p. 108. Deinde inter-posita prece statim ac sine mora ad ungendum neophytum fuisinvolucris jam indutum progreditur Sacerdos. Chrifmatio enimà Baptifmate inscparabilis est, 8c ejus appendix 8c quasi comple-mentum habetur.

(b) L. 7. c. y. p. 1. Statim à Baptifmo ( dit-il) parvuli chrií-mantur, ungunturque oleo làncto in fronte, in pectore, in j n n-cturis, in renibus; alapa autem non rnssigitur. Dein vestiuntur, 1cingunturque; 8c hxc quidem média nocte fieri soient.

(i) Ibid. c. 13. Confirmatio apud nos confertur à Sacerdoteunâcùm Baptifmo, 8c ungitur infans Chrifmate in fronte. „ I n no ,„ mine Patris, 8tc.

(k) Comment. Rer. Moscovit. Tit. Baptifmus. Quadragesimocommuniter die, si forte puer œgrotet, defertur in templum 8cbaptizatur, ac ter in aquam totus immergitur ; alioquin baptiza-tum non crederent. Mox inungitur Chrifmate, quod confecra-.tum est in hebdomade magna.

(/) De Confecrat. dist. f.

(m) L. 1. c. 13.

(») In 4. dist. 7. q. unie. art. 8. Si aliquibus Nationibus (dit-il)ufus est confirmare infantes , illìc confirmentur ; quia prohibitioumveríalis Eccleuae nullibi legitur, * ~~

{q) Conflit, p, 1. Tit. 8.