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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

3 c Apostolique , &r à la coutume de PEglife (a) :par le Pape Pascal II. comme opposé à ce que notreSeigneur a ordonné & pratiqué ( b ) : par Hildebert,comme n’étant conforme ni à l’institution du Fils deDieu, ni aux régies Ecclésiastiques (c) : par P Auteurdu Microloge & par Raoul de Rivo, comme n’étantpoint autentique (d) ; que cet usage, dis-je, est su-perstitieux , & qu’il regarde le culte superflu, la vai-ne observance des choses sacrées , selon ce que nousavons dit de ces trois espèces de Superstition dans lapremière partie de ce Traité (e).

CHAPITRE II.

Continuation du même sujet.

Communier sous les deux espèces , ce n’estpoint une Superstition ; mais c'en est une ,& une hérésie même , de croire que la com-munion fous une feule efpéce rìa pas tantde vertu que celle qui se fait sous deuxespèces. Superstition des Indiens qui con-sacrent avec du pain salé , & de ceux quisans nécessité veulent communier d"une par-tie de P hostie destinée pour le ‘Prêtre . Enquel cas cela se peut faire ? Superstitiond’un Marchand , qui ne se trouvant pasbien communié d’une partie d* une semblablehostie , communia une seconde fois. Quandun malade ne sauroit recevoir P Eucharis-tie qu 3 on lui a portée , on ne la doit pointdonner à une autre personne pour lui , quoi-que bien disposée. Superstition de ceuxqui ne veulent communier que d’une gran-de hostie. Punition d’un Gentilhomme Al-lemand pour ce sujet. Superstition desfauxdévots & des fausies dévotes , qui veulentqu’on leur donne plusieurs hosties en com-muniant. Pieux raisons condamnent cettepratique. Culte superflu des Grecs dans lapréparation des hosties pour les malades.On ne sauroit sans Superstition , faire uncataplasme de P Eucharistie pour guérir unaveugle né j ni enterrer ce divin Sacre-ment avec les morts , quoique l’usage sûtautrefois contraire. Abus superstitieux deshosties non consacrées , en les montrantà des ensans comme fi elles étoient con-sacrées -, en les donnant à des malades ,comme Pon fit à Maurice Evêque de Pa-ris , au frère de deux Moines d'Heister-bach , à Hugues de S. ViEtor , ce qu’iln’est jamais permis de faire en les donnantà des Criminels que Pon veut faire passerpour innocent ; à des personnes qui ont lafièvre ou la jaunisse -, & en les faisant ser-vir à de s maléfices & à des sortilèges.

VIII. ^^ÌE n’est point une Superstition de com-ì i munier sous les deux espèces , puisqueles Prêtres en Orient & en Occident , le peuple mê-me en Orient , les Rois de France à leur Sacre , le

(«) Quod Evangelicae 8c Apostolic* doctrinx contrarium 8tConíuetudmi Kccleíìastica; adveríuiii.

(b) Quod Christus Magister 8c prscepit 8c geíïït.

(f) Qï 1 . nec -f x Dommiea institutione , nec ex sanctionibusauthenticis reperitur assumptum.

(d) Non est authenticum.

(e) L. z. C. z. & 1-4- c- *• Le 4 ;

Diacre & le Soûdiacre qui servent aux Messes solen-nelles dans PAbbaye de S. Denys en France, & tousceux qui servent à P Autel les Dimanches & les Fetesdans le Monastère de Cluni , communient ainsi , &qu’en 1564. le Pape Pie IV. à là sollicitation deP Empereur Ferdinand , permit à quelques Evêquesd’Allemagne de députer des Prêtres pour administreraux laïques la Communion fous les deux espèces, esypérant par-là que les hérétiques se convertiroient plusfacilement. Mais on reconnut bien-tôt (dit le Car-dinal Palavicin dans P Histoire du Concile de Tren-te (/) ) que ce n’étoit que comme un petit soulage-ment que reçoit un malade du plaisir qu’il a de pren-dre un breuvage qui lui est préjudiciable. Et c’estpour cela que le saint Pape Pie V. ne sut pas longtewsfans la révoquer comme le rapporte le Cardinal Lo-ua (g) & qu’il ordonna fous peine d’excommunica-tion , que Pon gardât inviolablement le Décret duConcile de Trente touchant la Communion fous unefeule espèce. Mais ce feroit un faux culte , & mê-me une véritable hérésie , de croire que la Commu-nion fous une feule eípéce, est inefficace , & qu’e'len’a pas tant de vertu que celle qui fe fait fous k sdeux espèces , puisque la foi nous enseigne que hcorps de Jefus-Christ est tout entier fous chaque es-pèce, & qu’en le recevant fous une feule efpéce, onle reçoit aussi bien que si on le recevoit fous deu*espèces.

IX. Les Indiens , ou Chrétiens de S. Thomas»avant qu’ils eussent rendu obéissance au Saint Siège,cêlébroient l’Euchariftie avec da pain salé , pane salato jdit Brérewood (h). Mais ils étoient Superstitieuxen cela, comme en plusieurs autres points de leur Re-ligion.

X. Ceux-là le feroient auffi , qui s’imagineroientn’être pas bien communiés , s’ils ne communioíen*d’une partie de l’hostíe que le Prêtre auroit consacrés)our foi-même à la Messe, & qui affecteraient de n®>as vouloir communier d’une autre hostie , comme ne corps du Fils de Dieu n’étoit entier que fous np egrande hostie, ou fous une partie d’une grande host JÎ 'Mais ceux-là ne le feroient nullement, qui dans k ciSde nécessité , soit qu’ils fussent sains ou malades, *supposé qu’il n’y eût point dans le lieu d’autres hos-ties consacrées, communieraient d’une partie de Ph°stie destinée pour la communion du Prêtre. A Pég^y.des malades, la chose ne souffre aucune difficulté, sest dit dans la vie du B. Herluin , premier Abbé #Fondateur de PAbbaye du Bec , que P Abbé Rog esne trouvant point d’hostie consacrée dans le Cibo |rCde PEglife , en prit une partie de celle d’un Prêf s2qui célébrait les saints Mystères, pour le commuédans la maladie dont il mourut (i).

Ce qui se fit par P Abbé Herluin , se peut f a * sSpour tous les malades qui sont en danger de m° s ^ainsi que P assure le Rituel d’Angers (kj deconformément à la Rubrique du Missel Romain W"

(/) L. 44- c. 8 .

(g) L. 2. Rer. Liturgie. C, 18. n. 2/

(h) Recherches curieuses C. 20.

(0 L. 2..Observât, ad Martyroi.Bénédictin mens. August-î,die (dit le P.Menard dans l’extrait de cette •vie écrite farCriffin , Moine du Bec , fuis Abbé de Weftmmfier en aínstspeccata confessus est, 8c alia officia qua: moríbundís exhibe' 1íìbi voluit exhiberi, suisque filiis, tam prsesentibus, quàrn f!' ^tibus benedictionem dédit. Mors instabat 8c sacrum Vift'jgexpetiit. Rogerius Abbas , qui tu m diversabatur inBeccensi, ad Ecclesiam properavit ; sed nullam hostiam in fy gtrio íàcro invenit. Turbati Monachi tantâ negligentiâ , " uilluc circúrrtcursare. Sed non defuit lervo suo Deus.dam Sacerdos Missam célébrait? íìimendum adhuc maitibus ^bat corpus Dominicum , cujus partent íiimpsit Herluinus Ab

(k) Tit. de sanctiss. Euchar. Sacrant, p. 90. itt

r (0 De defectib. in celeb. Miss. occur. Tit. 10. de defe<y ‘ministerio îpso occurrentib. n. 3. De majore hostia (dit cequa utitur Sacerdos ad Sacrificium , non liceat particulam dgere ad communicandum aliquem, nisl in periculo mords, S.do aliàs non erit unde communicari poffit pro Viatico } s .°. nu-riclitatur, juxta Rubricam Misstlis Romani. Et voici o j,í«brique dont il parle : Si Sacerdos ante consecrationem n 01