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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

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ï- e s Casuistes étendent cela ordinairement à tous les casde néceffité , & même à l’égard des personnes sainesqui se seroìent préparées pour communier, & qui au-vent 1 a dévotion de le faire à la Messe où le Prêtren ’auroit point consacré de oetites hosties. L’Auteurde la Somme Angélique (a) l’assure fur l’autorité deS* Thomas. Le P. Jacques De Graffiis , Moine du^lont-Cassin, dit à peu près la même chose ( 5 ). Em-manuel Sa parle décisivement fur cet article (c) , &Scortia aussi (d). Nous lisons dans la vie du ComteS. Elzear (e) , qu’une sainte femme de Carpentras,Uommée Bertrande Carmare , s'étant preparée un jourde fête pour communier , & le Prêtre qui difoit lablesse à laquelle elle affistoit, ayant négligé, ou ou-blié de consacrer une hostie pour elle , un Ange lac °mmunia avec une partie de l’hostie du Prêtre :^ous lisons aussi dans l’histoire d’Allemagne (f) deLambert d’Aschaffembourg , Moine d’Hirsfeld,qu’après que le Pape Grégoire VII. eut absous l’Em-Pereur Henri IV. de son excommunication , l’ayantfait approcher de l’Autel où il difoit la Messe» il prit*me partie de l'hostie qu'il avoit consacrée , & lui en^pulut donner l’autre partie , mais qu’il refusa de lemire sous divers prétextes que rapporte cet Historien.j~ n fin le Cardinal Bona témoigne (g) , qu’à la MessePapale , le Pape communie d’une moitié de I’hostie^’il a consacrée , & qu’il»-divise l’autre moitié en® e ux« parties pour communier le Diacre & le Soûdia-Cs e qui Pont assisté à P Autel. Et ainsi le Diacre &* e Soûdiacre communient de la même hostie que lePape.

XI. Le P. Théophile Raynaud rapporte (h) quepar une Superstition toute opposée à la précédente,un riche Marchand de Lyon qu’il ne nomme point àdessein , ayant communié dans la paroisse de S. Pauld’une partie de l’hostie du Prêtre, parce qu’il n’y a-J°it point d’autres hosties consacrées, communia uneseconde fois le même jour , craignant que la commu-?Uon ne fût pas bonne. ,

, Xll. Un malade est quelquefois dans l’impuissancede (recevoir le saint Viatique » lorsqu’on le lui portedans fa maison. Quand cela arrive, on a vu des Prê-tr es qui au lieu du malade eommunioient une autrePersonne qui se trouvoit en état de communier. Maish cette pratique n’est pas Superstitieuse, au moins estdle expressément condamnée par le Rituel d’An-

'Er>t, se J fuerit infirmus, adeò tamen ut possit communicarc, 8cv ° n adsit alia hostia coníècrata, Sacerdos qui Missarn fupplet, di-l< ~ at hostiam, 8c unam partem prsebeat infirmo, aliam ipse fumât,teír ? n ces tern3es : V. ÏViiflà, n. 27. Quid si aliquis casus ne-ti e ' tat ‘ s alicui evenerit, putà infirmitatis 8c hujusmodi, poterit-Sacerdos illi hostiam dare , cùm aliam non habeat consecra-jpj? ? Reípondeo quòd non totum, íèd partem, 8c aliam parteme Sacerdos sumere , íecundùm S. Thomam in z. dist. ta. Et^ credo etiamsi non fit infirmitas, íèd alia rationabilis caulà.jjpy. Décision. Aurear. 1. 2. c. z8. n. 31. Etsi dignus eíTet nonCo ° d,c à pœnâ Sacerdos ille , qui hostiam frangeret , ut laïcuml^niunicaret, cùm ipse debeat accipere totam hostiam, c.Re-t a de Conlëcr. dist. 2. tamen in casu neceffitatis, vel infirmi-p' s > ut si eslèt communicaturus aliquem per modum Viatici,s„ a e * . cùm aliam non habet hostiam coníècratam , frangere& dare partem infirmo. Ita Sylvester in V. Euchariltia,entendit etiam ad caíùm ratione devotionis.c et v In Aphorism. Contèss. V. Eucharistia , n. iy. Potest 8a-5 d °s {dit-il) communicaturo dare .partem fuse hostia: , si aliaI* est,

4. de Sacrifie. Miss. c. 24. n. 12. Si celebrans particu-lin* d, stinctam ad communicandum non apposuisset , posset ad

^ e ffectum servare particulam hostia:

,°> &c.

(°) -

ex S. Thoma , Palu-

'7- a P u d Surium , 27. Sept. Angélus Domini partemft? consecrat* accipiens de altari, ei sumendam prsebuit,dit,'^d a . n - r°77- Partem Dominici corporis accepit 8c come-sus liberrimè absumpta , tandem imperato lìlentio conver-1“ ftì re S em , „ sac ergo , inquit , fili , quod me facere vidi-

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. . 8c fume hanc reíìduam partem Dominici corporis./3 D °i citer un exemple si peu convenable ici ?

-n b a- i- ^‘ er - Liturgie, c. 17. n. 8. Pontifex sumit unam par-bj- qsti* , 8c aliam in duas partes dividit pro communione(íù°T l ï Subdiaconi.

1. J tn heteroclit. Spirit. 8c Anomal, piet. terrestr. T. 1 6. sect.

^ie vj 1 - 0 4- n- 47. Ad secundam communionem mox eodem

7b!! lt ’ P“ tans priorem insufíicientem.d °>ne //.

gérs (r) de i6r6. qui ordonne en ce cas de rapporterle saint Sacrement à l’Eglise, & défend au même temsde le donner à quelqu’autre personne q ue ce soit»quoique pieuse & bien disposée.

XIII. 11 y a des gens qui sous prétexte d’une plusgrande pieté , & en vûe de recevoir des grâces plusabondantes dans la divine Eucharistie » & quelquefoisaussi pour fe distinguer du commun des fidelles , nevoudroient pas communier qu’avec une grande hostie.Sainte Thérèse avoue elle-même dans fa vie (k)ìqu’elle étoit bien aise de recevoir de grandes hostiesen communiant , quoiqu’elle fût bien que cela n’irti-portoit pas ; & elle dit que pour la mortifier, le B.Jean de la Croix son Confesseur ne lui en donna unjour que la moitié d’une , fur quoi elle rapporte unerévélation,

Oswald Mulfer , Gentil-homme Allemand , Sei-gneur de Schlofperg, dans le Comté de Tirol, vou-loir communier d’une grande hostie , pour sc distin-guer des autres laïques que l’on ne communioit qued’une petite. Mais Dieu l’en punit fur le champ, &à l’heure même ; car la terre de l’Eglise paroissiale deSéveld s’étant entr’ouverte devant l’Autel où il com-munioit , comme pour l’engloutir tout vivant, il ytomba jusqu’aux genoux ; & ayant voulu sc prendreà l’Autel pour sc soutenir, T Autel s’amolit comme dela cire, & ne lui laissa aucune prise. Enfin il ne pûtjamais avaler la sainte Hostie, ce qui obligea le Curéqui la lui avoit donnée , dé la retirer de sa bouche,& de la mettre dans la Sacristie de son Eglise, où ellese voit encore aujourd’hui teinte de sang , & un peu’rétrecie par la salive de sa bouche. Tilman Bréden-bach, Docteur en Théologie, qui rapporte cette his-toire ( 1 ) miraculeuse , arrivée en 1384. dit qu’il aété dans cette Eglise , qu’il a vû cet Autel,- les tra-ces des mains d’Qswald qui y sont imprimées » lafosse où il tomba , qui est maintenant couverte d’unegrille de fer , & la grande hostie dont on le commu-nia ; qu’il a été dans le Château de Schlofperg,' ouil demeuroit , & que pour monument éternel, cettehistoire est gravée fur une plaque d’airain dans l’Egli-se de Séveld»

Un fait si bien circonstancié mérite quelque créan-ce , & fait voir (m) que Dieu n’approuve pas la Su-perstition de ceux qui veulent' communier d’une gran-de hostie par quelqu’une des vues dont-nous venonsde parler. Aussi a-t-elle été suffisamment condamnéepar un Décret de la Congrégation des Cardinaux duConcile de Trente, approuvée du Pape Innocent XI.le k r. jour de Février 1679. où il est enjoint aux E-vêques, aïix Curés & aux Confesseurs, d’avertir lesfidelles qu’on ne doit donner à qui que ce soit , niplusieurs hosties , ni de grandes hosties, mais seule-ment des hosties ordinaires (n).

XIV. Ce pourroit bien être dans le même espritque certains faux dévots & certaines fausses dévotesveulent qu’on leur donne plusieurs hosties en les com-muniant , & qui trouvent des Directeurs & des Prê-tres assez faciles pour leur en donner. Je connois unChanoine de C. l'homme du monde le plus commodeen matière de direction , qui ne fait nulle difficultéd’en donner effectivement à ses dévotes trois , qua-tre , & même quelquefois davantage , selon le degréde grâce (dit-il) qu U reconnoìt en elles. II y a dix oudouze ans q u’une des premières & des plus illustres Ab-besses

(j) Tit.Ordo communi. infir. p. iiò. Si quando infìrmus com.

municare non potuerit, caveat Sacerdos ne alteri cuiquám prò eâprsebeat communionem , quantumvis pia persona 8c bene dispo-sita videatur, sed Sacramentum référât ad Ecclesiam. '

(k) Traduite par d’Andilly, p. 281. dè l’Edit. in 4.

(/) Lib. 1. Collât, sacrar. c. 55.

(m) Supposé qu’il soit vrai, car, laissant à part le Doctëur quile rapporte, toutes les circonstances qu’il allégué lont íùíceptible#de fraude.

(») Epiícopi , Parochi , feu Confeffarii insuper admoneant,nulli tradendas pluies Eucharistise formas, feu partieulas » nequegrandiores, sed consuetas,

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