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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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coupables de quelques crime, afin de les faire passerpour innocentes. Car outre que cette pratique est sa-crilège , & pour ceux qui donnent ces hosties, & pourceux qui les reçoivent, elle conduit visiblement à l’I-dolatrie, & par conséquent à une Superstition des pluscriminelles & des plus énormes. C'est pour celaque S. Thomas (a), S. Antonin(^), Sylvestre (c),Jean de Tabia (d), & une infinité d’autres Théolo-giens assurent, qu il n’est jamais permis en quelquemaniéré que ce soit, de donner une hostie non consa-crée, pour une hostie consacrée.

4. On peut abuser des hosties non consacrées en lesdonnant pour guérir les fièvres & la jaunisse, ce quiest une folle Superstition que le Cardinal de Cusa (e)a proscrite. Enfin on en peut abuser en les faisant ser-vir à des maléfices , soit amoureux , soit contre desennemis, & à des sortilèges. C’est ainsi que Grillanttémoigne (/) que les malsaicteurs & les Sorciers enusent , particulièrement dans les maléfices amoureux.

II en rapporte plusieurs exemples qu’on peut lire dansson Traité des Sortilèges , & dans Delrio (g).

CHAPITRE III.

Des Superstitions qui regardent le vin, oula seconde partie de la matière del’Eucharistie.

!Ancienne Superstition de Marc , qui par lemoyen de la magie faisoit paroître le vinqu'il consacroit , comme st c*eût été sonpropre sang. Q'est me hérésie & une Su-perstition y de consacrer du lait & desgrains de raisins , & de consacrer de Peauau lieu de vin , comme faisoient les Eblo-uîtes & les Aquaires. Les Arméniens >parune hérésie & une Superstition contraire71e consacroient que du vin sans eau -, Ô"pourquoi ? Ce n'est point une Superstitionaux Grecs , ni aux Moscovites ) de mêlerde l'eau chaude , froide , ou tiède , dans lecalice avant que de consacrer s le TapeInnocent IV. laissant cela à la liberté desGrecs. Les Indiens , & les Abìstins con-sacrent avec dujus de raisins trempés dansl'eauì mais ils font & Superstitieux , <&hérétiques en ce point. Superstition de ceuxqui s'imaginent que le reste du qui vin aser-vi à la Messe guérit des fièvres. S'il y a dela Superstition à tremper une plume dansde l'encre ou l'on a mêlé du Sang de Jesus-Chrìfi ) pour rendre des AH es plus authen-tiques , ainsi qu'il s'est pratiqué autrefoisen certains rencontres ? La conduiteextraordinaire des Saints , à P égard de

(a) 3. p. q. 80. art. 6. ad 2.

\b) In Sum. p. 1. Tit. 14. c. iî. §. 3.

(c) In Sum. V. Eucharistia 3. n. 7.

{d) In Sum. V. communicare, n. 63. Hostia non consecrata( dit S. Thomas ) nullo modo debet dari loco consecrata: : quia 8a-cerdos hoc faciens, quantum in se est, facit idolatrare illos quicredunt esté hostiam consecratam, sive alios prsesentes, sive etiamipsum sumentem, quia, ut Augustinus dicit,nemo carnemChri-sli manducet, nifi prius adoret. Eí S. Antonìn: Numquam daridebet Eucharistia ad suspicionem probandam vel tollendam, nechostia non consecrata pro consecrata, quia hoc facere eslèt ido-latrare. De célébrât, miff. c. de homme.

(e) En ces termes: Tom. 2. Exercit. 1 . 2. ex serin. Ibant Ma-ri, &c. De hostia non consecrata contra febres, contra icteri-ciam, & id genus dehramenti.

(f) Q- 3- à ^ 1-. 5 à n. 2. & n . 18.

0 L. 3. Dchuis. Magic. p. 1. q . 3>

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l'Eucharistie , n'est pas toujours ìmìtà*ble.

L E vin est la seconde partie de la matière del'Est"charistie. Qu’il soit blanc, ou clairet, ou dequelque autre couleur, il n’importe ; mais il faut quece soit du vin de vigne, comme parle le Concile deFlorence (si ), & qu’on y mêle un peu d’eau avant I 3Consécration.

La plus ancienne Superstition que j'aye observée eóce genre, est celle d’un insigne Magicien, nommeMarc, lequel affectant d’imiter ce que le Fils dé Die 11a fait le jour de la sainte Cène, & voulant vérifier 3la lettre ce qui est dit des Chrétiens, qu’ils boiventle sang de Jesus-Christ, faisoit paroître par la for c 6de la magie & des enchantemens, le vin du calice qu’jjconsacroit, comme si c'eut été son propre sang, ainsique le témoigne S. Irenée (i) par les paroles que je cim»

II. Au septième siécle, & peut-être même aupaf 3 'vant, il y avoir des Evêques & des Prêtres, qui, a»Jlieu de vin, consacroient du lait & des grains de rai'fins à la Messe , avec lesquels ils communioient le peU'pie. Le 4. Concile de Brague (k ), en 675, marq UÊque cette pratique est contraire à la doctrine de l’E'vangile & à celle des Apôtres, auffi-bien qu’à l’usag ede l’Eglise 3 ce qui est plus que suffisant pour fair evoir qu’elle est non-seulement hérétique, mais roêm eSuperstitieuse. Et voila pourquoi il ordonne qu’el^sera abolie, comme étant erronée & présomptueuse. ,

III. C’étoit une hérésie & une Superstition tout en'semble que ce que pratiquoient les Ebionites & les Usdroparastates ou Aquaires , qui consacroient de Tenetau lieu de vin. S. Epiphane (l ), S. Augustin (m)>8 c le Concile du Dôme de Constantinople en 6j>r.t») les traitent d’hérétiques; & ils étoient idolâtres»& par conséquent Superstitieux, s’ils croyoient, com-me il est fort vrai-semblable, que cette eau se changesau sang du Fils de Dieu.

IV. Les Arméniens, au contraire, fur ufie s âU ^explication d’un passage de S. Jean Chrysostome»consacroient que du vin à la Messe, sans y mêler fcune goutte d’eau suivant le rapport du Concile ^Dôme de Constantinople (0), que l’on vient de cit es *

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(h) In Decret. Union. Armen. Vinum de vite cui ante co»

crationem aqua modiciffima admisceri debet. -,

(i) L. 1. adverí. hseres. c. 9.. Pro calice vino mixto singent f ,

tias agere, & in multum extendens fèrmonem invocationis, P jj Spureum 8c rubicundum apparere facit, ut putetur ex gratia adqu* íunt super omnia, suum languinem stillare in illius cal |Ceper invocationem ejus. e

(k) Cap. 2. Audivimus ( dit-il ) quosdam schisinaticadetentos , contra divinos ordines 8c Apostolicas institution^ 5 > „pro vino in divinis Sacrifiais dedicare. . . . Quosdam etia 111expressum vinum in Sacramento Dominici calicis offe rre ’ jj c #oblatis uvis populos communicare. Quod quam fit Eva^E^,atque Apostolicse doctrin* contrarium, 8c consuetudini Ees zflic* adversum, non difficile ab ipso fonte veritatis probab 1 , ,quo ordinata ipsa Sacramentorum mysteria processerunt-Celìêt ergo lac in íàcrificando offerri, quia manifestum 8c eV gíexemplum Evangelicse veritatis illuxit, quod prster P 3tlC jjvinum aliud offerri non finit. . . . Quod de inexprefíb b o&est, de uv* granis populis communìcatur, valde est omn>p" jefusum. . . . Omnis talis error atque prxíumptio ceílârc rsitiíc*tero debet, ne perversorum ordinata compago statuffl T e L gj.enervet. Et ideo nulli deinceps licitum erit, aliud in sacrifievinis offerre, nifi juxta antiquorum sententias Conciliorum^ ^nem tantùm 8c calicem vino 8c aquâ permis tum. De cxte >ter qu-àm praeceptum est faciens, tandiu à sacrificando ct ^ s su !quand in légitima paonitenti* satisfactione correctus, ad g raofficium redeat quod amisit.

(l) Hseres. 30. 8c 49.

(m) L. de h*resib. n. 64.

(n) Can. 32. Aquarii {dit S. Augustin) ex hoc a PP e <3 0P 1 'quod aquam offerunt in poculo Sacaamenti, non illud q uonis Ecclefia. . qsi

(0) Quoniam ( ditil ) ad nostram cognitionem V erv fsi e í\i^’in Armeniorum regione vinum tantùm in sacra menia fl t>aquam illi non miseentes, qui incruentum sacrificium P ^ \^cadducentcs Ecclesise Doctorem Johannem Chrysol o .

dicentem in interpretatione Evangelii íècundum I*®

„ Quamobrem non aquam bibit cum lùrrexxt» lèd vprobam íànè h®resim radicitus exstirpans.

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