DES SUPERSTITIONS,
Fníuite de quoi il sait voir que saint Jean Chrysosto-°ie n’a parlé de la sorte qu’afin de réfuter ì’hérésie dessuaires. Mais N icéphore assure (a) que les Armé-niens en ufoient àinsi de peur de pâroître confesser l’u-nion des deux Natures ën Jesus-Christ, laquelle ilsne croyoient pas. Mais en cela ils étoient doublementhérétiques & Superstitieux*
V. Les Grecs * après la consécration du vin & im-médiatement avant la Communion , mêlent de l’eauc haude dans le calice » pour marquer que le sang &l’eau qui y sont j ne coulent pas d'un corps mort*mais d’un corps vivant. S. Germain Patriarche dë Con-ftantinople (b ), Théodore Balsamon (c) , & MatthieuBlastarès (d ), rendent témoignage de cet usage, &Arcudius s’en explique fort précisément* Les Mos-covites font lâ même chose j mêlant de l'eaú chaude a -v te le vin (dit Bréréwòod) (e) quoique le BaronS |gismond n’en dise rien (/) en expliquant leur Reli-FioU j & sur tout ce qui concerne leur Liturgie. Leslatins n’ont jamais approuvé ce mélange j que lesGrecs défendent avec chaleur. Mais comme ils nej appellent pas Superstitieux, je n’oferois pas dire qu’ile soit. Je remarque seulement qu’il n’y a nulle Su-P £r stition à mêler dë l’eau froide, chaude, ou tièdeJus le calice, avant que de le consacrer, puisque lep ape Innocent IV. permet aux Grecs de le faire, pour-^U qu’ils croyent que cela ne préjudicie point à la va-nité du Sacrifice, comme il est clair par les.paroleshe son Epitre 10. à Othon Cardinal de Frescati (g).
„ Vl. Les Indiens, ou Chrétiens de S. Thomas (ditEncore Bréréwood) (h) célèbrent le S. Sacrement , atiUeu de vin (parce que les Indes n'en produisent point )úvec du jus de raisins amolis une nuit en l’eau , gs ainjtpressés. Mais outre qu’ils font Superstitieux en cepoint, qui est directement opposé à l’mstitution de^Eucharistie, & à la pratique génerale de f Eglise, ladifficulté d’avoir du vin ne les disculpe pas de l’héré-he. Elle n’en disculpe pas non plus les Abissins , quiffint presque la même chose, selon le témoignage du?- Godigne (t). Le P. Thomas de Jésus (kj rend aussi| e même témoignage. Êt c’est encore cë que ce faitFrere Técle Marie, Prêtre & Moine Abissin, danses Réponses (/).
. VII* On prétend que le reste du vin qui a servi àh Messe, étant bû, guérit des fièvres. Mais c’est u-ht vaine observance, & une observance des santés, quisondée sur un moyen qui n’a nulle Vertu, ni natu-Mie, ni surnaturelle de guérir les fièvres.
* VlII. Mêler le Sang précieux du Fils de Dieu dans^ l’encre, & se servir de ce mélange extraordinaireV Ur signer des Actes, afin de les rendre plus célébrés7 e plus authentiques* c’est ce qui s’est quelquefoiscliqué dans les siécles passés. Le Pape S. Théodo-?E ayant appris qué Pyrrhus, l’un des principauxhefs des MonothéUtes, étoit retombé dans ses erreurs
L. ,8. hist. Eccï. c. 5;. Ad rem divinam (ce font ses fa.num a 8 uâ non temperatum adhibent, unam ea re infçj, 'naturam designantes ; neque sicuti nos calicem miscent,® mistionem duaruiii naturaruitì unionent dedaràmus.
(cl Theor. Rer.- Ecoles.
/T Relpons. 18. ad quaesita Marci Patr. Alexand.
' En ces mots; L.3. de Concord. c. 39. Prseter vinum 8chigidam, quaî â princípio sacríficii in calice miscent acÒj ?Etant Graci, infundunt aquam ferventem in calicem, pera-coníecratione, immédiate ante Comiriunionem.ci Eecherches, 8cc. c. 18.sj !» Comment. Rer. Moscovit.y el ( V- 8. Porto in appositione aqua, sive srigida, sive calidaíinaltaris sacrificio, íùam, si velint, coníùetudinemSoni'sequanturj dummodo credant 8c aflerant quòd servatâ ca-m i? rrna conficíatur parités de utraque.
(Recherches 8cc. c. 10.
Sì
c »ní *• de Abassm reb. c. 3 f. Ëx uvís passis aqua infusa suc
^. e 5?rimunt, quod loco vini est.
siititur 0 ces mots: L. f. p- i, r c - r 9\ sacra aítaris oblatióne u-
après les avoir abjurées, assembla un Concile à Rôrhéoù il le déposa* Et pour rendre cette déposition plusmémorable, il la signa avec Une plumé trempée dansde l'encre, où il fit couler quelques gouttes du sangde Jesus-Christ. Theophanes (m ), & après lui, F Au-teur de l’Histoire Mêlée (n) , qu’ort attribué ordinai-rement à Paul Diacre, le rapportent aussi* Baroniùs (0)avoue ingénument qu’il ne fait point d’exemplë quiautorise une conduite si singulière* Ccependant il y ena deux; l’un dans le huitième Concile général deConstantinople contre Photius, suivant le rapport dêNicetas dans la vie de saint Ignace Patriarche de Con-stantinople ; & l’autré dans Aribert, ancien Á uteuí(p), qui assure que la fausse paix qui se fit vers l’ari854. entre Charles-le Chauve & Bernard Comté deToulouse, sut arrêtée & signée avec le sang Eucharis-tique.
Le caractère, la dignité & la sainteté du PapeThéodore I. l’autorité du huitième Concile généralde Constantinople, la qualité & le rang de í harles-le-Chauve & de Bernard Comté de Toulouse, sontd’un assez grand poids pour justifier Une signature decette importance. Néanmoins comme elle n’a pas faitde réglé dans la fuite des tems, j’estimerois qu’on néla pourroit reriouveíler aujourd’hui fans se rendre sus-pect de sauxculte, & de l’observâncè des choses sacrées,selon cette parole que je cite du Cardinal de Cusa (q) ,& il me semble qu’à l’égard de S. Théodore & du hui-tième Concile général dé Constantinople, on peut faireici une application àssez juste de cette maxime de saintAugustin (r) : Qu’il est constant que nous nê devonspas imiter généralement dans nos mœurs tout ce quenous lisons avoir été sait par des hommes justes &saints. Par la même maxime, l’Eglise n’approuveraitpas aujourd’hui qu’on suivît à la lettre ni l’exemplede sainté Gòrgónie, qUi s’étant traînée aù pié du saintAutel, 8 c s’étant appuyée la tête dessus par une pieu-se impudence ( dit S* Grégoire dë Nazianze son frere)(s ), mêla ses larmes avec cë qu’elle avoit réservé ducorps & du sang de Jesus-Christ , selon l’ancien usagede l’Eglise, & s’étant frottée ensuite tout le corps deCe mélange (r), fut guérie à l'heure mênie de la ma-ladie extraordinaire, inconnue & incurable dont elleétoit travaillée > ni celui de S* Satyre, qui áu rapportde son frere S* Ambroise (v ), se fit lier la divine Eu-charistie dans Un linge. * * * & se jettà ensuite dansla mer, áfin de se sauver du naufrage ; ni celui désaint Bernard, qui selon le témoignage de BernardAbbé de Bonnevaux (x) , ayant quitté l’Autel, où ilôssroit à Dieu le sacrifice, & pris la sainte Hostie surlá pateriè, alla trouver Guillaume Duc d’Aquitaine,à la porté de l’Eglise de Partenai , & lui parla en cesparoles terribles: Nous avons (lui dit-il ) usé de prièresenvers vous f & vous nous avez. méprisez ., & plusieurs
sir-
(m) Ad an. ao. Heracîii, 8t apud Baron, ad an. 648. h. 16.
(#) En ces termes: Lib. 18. pqst med. Pyrrhus cùm Româdisceffislët 8c Ravenam pervenillêt, ut caiiis ad vomitum suumreverí'us est, Qud Papa Theodorus comperto, plenitudine con-vocata Ecclesiae, ad sepuícrum verticis Apostoltírurri accessit, 8cdivino Calice expostulato, ex vivifico sanguine in atramentunìstillavit, 8c ita propria manu depositioriem Pyrrhí excommuni-cati facit. .. .
(0) Loc. cit. Factum iplum haud aliquo alto, quod íciamus,'rëperitur declaratum exemplo.
(/>) Apud Baluz. in notis ad Agobard. pag. irK. Pace Cum san-guine Eucharistico sirmata 8c obsignata.
(es) To. 2, Exercit. I. 2. ex Sermo, Ibant Magi, Lee. Siresconsecratœ ad aliud quâm proprium usum applicenturest Super-stitio.
(r) Lib. contra Mendac. c. 9. Constat quòd non omnía quse àsanctis, vel justis viris legimus facta, transferre debemus inmores.
^) U IbH ^ ex uvis pâáìs’confecto loco vint. "c ■ > j. Reípondit rriatetiam Eucharistí:
lï Un.« ?• -7T : n nWibus PrOvinciis iEthio-
íìJ ne ” to » & vinum eX uva, ted P „ infusa per ah
w vìno expresso eX uva passa, atque Iota, « wtut rjhoras eadem aqua.
*rne II.
debemus in
L) Orat de Obit Gorgon. Sororis. ímpudentiâ quadampiâ,&■bulcrâ impûdens tacta. U n zélé outré n’est pas toujours respectueux.r (t) Mais si la guérison a été miraculeuse, l’exemple a été á-gréable à Dieu. Concluons plutôt que s’il y a eu une guérison ,elleEucharistie esse panent ex ì été dûe ì la force de l’imagination de: la sainte. , .
f -. - - ■■ - ■ • Orat. tn Obit.fr. Satyr. Liganse fectt in orarto; orariumtn-
Volvit collo, atque se dejecit in mare.
( x) L. i. de vit. S, Bernard, c. 10.
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