DES S U P E'R S T í T I O N â <j
Vlíl. Les Livoniens qui font des peuples du Sep-tentrion , sujets du Roi de Suéde , étoient autrefoisfi délicats fur la sainte Eucharistie , qu’ils ne vou-voient pas qu’on la donnât auX payfàns , parce qu’ilsNoient mal vêtus, comme si J. C. n’àvoit pas instituéC Ç divin Sacrement pour ceux qui font mal vêtus, aussifiien que pour ceux qui font superbement habillés (ditGerfon (a) ). Une conduite si dure, & si pleine de pré - 1íomption, étoit non feulement bien éloignée de refpritde Dieu, àuprh duquel il n y a point de diflindion entre lesJuifs & les Gentils , parce qu.’ ils n'ont tous qu’un mêmeSeigneur , qui répand ses richesses fur touS ceux qui l’invo -estent , selon l’expression du saint Apôtre [h ), mais ellee toit auísi visiblement Superstitieuse. On en doit êtred’autant moins surpris que parmi eux les hommes euf-Vént au même tems deux femmes vivantes, 8c les femmesPlusieurs maris, comme le témoigne le même Gerfon (c).
' IX. La plufpart des Curés des Indes Occidentalesrefuloient aussi autrefois la Communion aux Néophy-tes, ou nouveaux convertis , fous prétexte qu’ils leslouvoient trop grossiers. Mais ils étoient eux-mê-faes en cela plus grossiers que ces Néophytes, 8c Jo-seph de la Coste qui rapporte cette pratique, n’a pasManqué de remarquer qu’elle étoit pleine d’illusion,^ de la condamner comme telle (d).
C H A P I T R E VI.
Des Superstitions qui regardent les difposi-' tions avec lesquelles on doit recevoirPÉucharistie.
térieures, je veux dire, fans une foi vive , tine cha-rité ardente , une humilité profonde , une saintefrayeur , une faim spirituelle, un coeur pur, & uneconscience nette non seulement de tout péché mortel,mais même de toute affection au péché véniel , sontplutôt des sacrilèges que des Superstitions. -Et c’estce qui fait que nous ne parlons ici que des Supersti-tions qui concernent les dispositions extérieures & cor-porelles avec lesquelles on doit communier.
I. Vouloir communier dans une autre posture quela coutume de son Eglise ne le permet, c’est une Su-perstition du culte superflu , dont les Grecs j parexemple , fe rendroient coupables , s’ils vouloientcommunier à génoux , parce que la coutume de leurEglise est de communier debout , ainsi que le remar-quent Arcudius ( e ) , le Cardinal Bona (fj Sc M,Smith (g) ; 8c dont les Latins aussi ne seroiënt pasexemts, s’ils vouloient communier debout, parce quela coutume de l’Eglise d'Occident est que les laïquescommunient à génoux , hors les cas de nécessité, 8cque conformément à cette régie si judicieuse de S.Ambroise rapportée par S. Augustin (h) i on doit sui-vre les usages des Eglises où l’on se trouve , si l’onveut ne scandaliser personne , & n’être scandalisé dspersonne.
II. Sur ce fondement les Prêtres tomberôient dansla même Superstition en deux occasions , l’une s’ilsyouloient communier assis lors qu’ils célèbrent lessaints Mystères ; ; parce que le Pape communie assislorfqu’il dit soleffinellement la Messe , ainsi que nousl’apprendns de l’Ordre Romain (i) , du Rational deDurand (k) , & du Cardinal Bona (l) -, l’autre, sipour communier hors de faction du Sacrifice ils vou-
On ne parle ici que des Superstitions qui con-cernent les dispositions extérieures ér cor-. porelles. On feroit Superstitieux , si l’ondffecioìt de communier dans une autre' posture que la coutume de son Eglise ne lepermet i & si l'on vouloit le faire selon cequi se pratiquoït dans 1* ancienne Eglise.U y a de la Superstition a vouloir qu'on aitle s mains serrées fur l'estomac en commu-niant. Mais il n'en paroît pas dans la cé-rémonie que font les ‘Prêtres Grecs , enportant leur main à leur tète & eni'essuyant aujst-tòt après qu'ils ont com-■ munie. Superstition de eeux qui ne veu-lent pas communier s'ils n'ont dormi aupa-r &vant j T)’un Prêtre quì avóit coutumedé avaler une noixmusquée , confite , avantQue de dire la Messe j d’un frère lais quibeuvoit dès le matin un grand verre de**>ìn toutes les fois qusil devoit communier 5& d’un Prêtre y P)odeur en 'Droit Ca-ko-r, qui conseilloit de manger m more eau; de Pain béni avant que de communier.
I
Es sautes que commettent ceux qui reçoiventl’Eucharistie avec dé mauvaises dispositions in-
sistent prendre eux-mêmes de leurs propres mains la di-vine Eucharistie , comme on permit à Savònarole dele faire le jour de fa mort qui arriva la veille de l'Afi-cension , Je Mai 1497 . selon le rapport de’JeanFrançois Pic Comte de ,1a Mirandei (mf • :
III. Les laïques ne seroient pas moins Superstitieuxdans l’Eglise d’Occident , s’ils vouloient communierdebout i pair la raison que les Prêtres y communientaussi' , auffibien que le Diacre qui sert à la Messe fo-lemnelle du Pape, & les Evêques qui y assistent, se-lon l'Ordre Romain (n) du Cardinal Jacques Caje-tan ,, publié parcte P. Mabillon dans le i. Tome duMuséum Italicum; Ou s’ils vouloient communier assis,parce que (comme On vient dé l’observer) lé Papecommunie assis lOrfqu’il célèbre la Messe èn folemni-té, hormis le Vendredi Saint qu’il communie deboutpar respect, & à cause de la Passion de Jesus-Christ,dit le dixième Ordre Romain ( 0 ) , aussi publié párle P. Mabillon (p).
IV. On tomberoit encore danS la Superstition duculte superflu, si on vouloir communier assis ou cou-'ché , parce que les ApôtreS cOmmunierént assis oucouchés, à la table de JesUs-Christ le jour de la Cè-ne ; si on vouloir recevoir l’Eucharistie dans le creuxde fa main droite croisée fur la main gauche , parceque cela s’observoit anciennement , suivant le témoi-gnage de S. Cyrille de Jérusalem (q) , du Conciledu Dôme de Constantinople (r) 8c de S. Jean deDamas (r)^ si on vouloir , au lieu de nappes que l’ontient devant foi en communiant , avoir de petites ta-bles
Pet e . ,
c ulp a ’ re gula nulla docet. Nam quod invitas quis patítur , iita n fj 111 ei non débet imputari ; ac per hocrìec a participationPatie^^edii coërceri. Novimus namque quia mulier quse nuxuíísanguinis , poil tergum Domini humiliter veniens vetltl ejus fimbriam tetigit , atque ab ea statim infirmitas re<Ìo m j n . itaque mulier hrec in fluxu sanguinis posita vestimentìps c , lci tactu non judicatur indigna > imo ipsius Domini, nantfbnj I J ílt Tetigit me aliquis ; cur ei qui sanguinis ex ore vel na
Percin Uore m sustinet>y non liceat salutifera Christi SacramentMpere? • .
^0 j Opuscul. de déclarât, defectuum Ecclefías. Confueta' ( 6 \ íf vit 1 “t nulii rusticorum Eucharistia detur.
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: procurand. Indor. Salât. C. K, 8t 10.
' (e) L. z. de Concórd. c. ip.
(/) L. 2. Rer. Liturgie, c. 17. n. 8,
(v) Epist. dé Grsc. hodier. Stat. p. lii. .
(h) Epist. 118. Ad quam forte Ecclesiam veneris, ejus morernseívá, si cuiquam non vis esse scandaío, nec quemquam tibi.
(i) Tit. Ordo Ëccles. Rom. Eccl. vel qualiter Miíìà celçbretur,L. 4. cap. 54. nota.
(/) L. 2. Rer. Liturgie, c. 17. n. 8.
(m) ïri vít. Savoslarû. c. 18.
(») N. 57.
(0) N. if.
(p) Loc. cit. . .
(q) Catechefi f . MylÈgo.
(r) Can. lof
(j) L. 4. de sid. c. 14.
V