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Mess de bois bien nettes & bien frotées , parce qu’onen ufoit autrefois ainsi, selon S. Jean Ghrysostome (a'j& Baronius (b) ; enfin si on vouloir recevoir le S.Sacrement dans ses mains toutes nues , parce que dansl’ancienne Eglise , les hommes la recevoient de cettemaniéré , selon S. Augustin (c) , ou dans ses mainscouvertes d’un linge , que le Concile d’Auxerre en5.78. appelle (d), un Dominical, Domimcalem, par-ce que les femmes a voient autrefois accoutumé de lerecevoir de la forte.
V. Ce feroit une Superstition de la vaine observan-ce & du culte superflu , de ne pas vouloir commu-nier si l’on n’avoit le pié droit fur le pie gauche , lesyeux fermés, la tête panchée du côté gauche , & lesmains serrées fur l’estomac ; parce que les Grecs s’i-maginoient autrefois que ceux qui ne demeuroientpas à l’Eglise dans cette derniere posture, & par con-séquent. qui n’y communioient pas, faisaient un grandcrime. Ils avoient imbû les Bulgares de cette vainepratique ; mais le Pape Nicolas I. les en retira, en lesassurant qu’elle n’avoit jamais été ordonnée dans lesStes Lettres (e>.|
VI. Arcudius (f) estime que c’est une grande in-décence aux Prêtres Grecs » de prendre le pain Eu-charistique dans leur main, puis de le mettre fur leurtête, & après avoir récité quelques prières & mangéce pain divin, porter leur main à leur tête & l'essuyer;ce qui ne se peut faire sans profaner en quelque façonles miettes qui leur font restées à la main. Mais le P.Goar (g). se déclate ouvertement en faveur dé cette’cérémonie contre le sentiment d'Areudras ; & il sou-tient que les Grecs n’en usent ainsi que par respect &en vue de sanctifier leurs mains. Car qui ne fait (ditil) que les Orientaux portent la main au front en si-gne de vénération , & même de sainteté; & que lesGrecs avant que de mettre leur main fur leur tête a-près avoir communié , la frottent soigneusement avecune sainte éponge , sur le saint pkt, comme parle leurEuchotoge ?
II semble d’ailleurs qu’il y ait moins d’indécence àfrotter fa main à fa tête aufli-tôt après qu’on a reçule pain Eucharistique , qu’à. faire ce qui se pratiquoitautrefois dans l’Eglise d’Orient j je veux dire , qu’àfaire toucher fa bouche, ses yeux, son front, ses lè-vres, & les autres organes des sens , au corps & auíàng de Jefus-Christ. C’est néanmoins ce que S. Cy-rille de Jérusalem (h) conseille à ceux qui commu-nient. Cela regarde le Corps & le Sang du Fils deDieu tout ensemble : mais S. Jean de Damas (t)
(a) Hortiil. 61. ad pop. Antioch.
(A) Ad an. 77. n. 14Ó.
(c) Serm. 17a. de temp.
(d) Can. 41.
(e) Voici ses propres paroles: Ad Consuls. Bulgaror. c. 74. Di-citis quòd Grseci fateantur , quòd in Ecclesia qui non constrictisad pectus manibus steterit maximum habet J peccatum. Hoc utfieret , prseceptum fuisse nusquam , ni fallimur, invenitur, acper hoc nisi fiat, peccatum non est.
(/) L. 3. de Concord. c. 60. Ift sumenda íàcra Eucharistia (dit-il) ex parte Sacerdotum est non parva indecentia. Siquidem ac-cepte pane consecrato strictè in manu ,, manum cum EucharistiaifnpòdUnt,capiti, puto hónoris ac venerationis gratiá : tum reci-tatis aliquot precibus, Eucharistique consumptá , manum capi-ti admovCnt, ibique abstergunt. Nec dubium est quin ísepenu-merò micat adhaereant & remaneant.
( g ) Not. ad Euchol. Grâce. p. 170. Honoris 8c venerationis at-que étiam sanctitatis , ex ejusmodi contactu contrahendse gratiaid faciunt. Quis enim nesciat manu fronti admota veneratio-
nem 8c cultum Orientales protestare ? Manum autem priùs quamcapiti imponant , íi quse fortè particula adhsesit íàcrâ ípongiâ di-lìgentiffimé in disco abstergunt.
,fo) Catech. 7. Mystago. Oculos ( dìt-il ) íàncti corporis attactu«rcumspectè sanctifica, 8c âdharentem adhuc labris humiditatemmanu contínge , 8c oculos 8c frontem , 8c reliqua íèníuum orga-na consecra.'
,O - ‘ 4 - de Fid. Orthodo c. 14. Accedamus ad eum desiderianU o in modum crucis Formantes Crucifixi corpiiuicipi s , & apponentes communioni oculos, labia 8c fror
k ® amus participes : ut ignis desiderii qui inobis est, ex eo carbone accendatur, 8c comburat peccata nostn
Sí S P ““ CiP “‘°“ à ’S-i-ixá
5 T I T I O N S.
tient à peu près le même. langage, lorsqu'il à les pa-roles que je cite , en parlant du Corps seulement. J- &laisse maintenant au Lecteur judicieux & éclairé à juger,si les raisons du Père Goar le doivent emporter forcelles d’Arcudius, & je me contente de dire, que sisy a de l’indécence & de la profanation dans ce que fooKles Prêtres Grecs incontinent âpres la communion, ifne me paraît pas qu’il y ait de la Superstition.
VII. La délicatesse de certains dévots indiscrets vaquelquefois si loin , qu’ils ne voudraient pas commu-nier s’ils n’avoient dormi quelque tems auparavant-Et c’est pour cela qu’ils ne Rapprochent pas de ksainte Table la nuit de Noël , à moins qu’ils n’ayentun peu sommeillé le jour précédent. Mais comme ksommeil & la communion n’ont rien de commun ; queles veilles ne furent jamais un obstacle à la participa-tion des mystères sacrés , & que le jour de k saintsCene les Apôtres communièrent après avoir mange»
6 fans avoir dormi ; on comprend fans peine que cet-te délicatesse est tout-à-fait superstitieuse , & qu’elkregarde le culte superflu & la vaine observance.
VIII. Le Cardinal Cajetan rapporte (k) qu’il aouï dire à des personnes dignes de foi , qu’un bo»Prêtre avoit accoutumé d’avaler une noix musquée *ou confite, avant que de dire la Messe, en vue (à'soit-il) de marquer une plus grande vénération poU sl’Eucharistie, & de préparer son estomac, par k bon-ne odeur de cette noix, à recevoir ce divin Mystère-Ce n’est pas qu’il ne-fût fort bien , comme le témoi-gne Cajetan , qu’il falloit être à jeun pour dire kMesse & communier : mais il ne cro-yoit pas n’être p aSà jeun après avoir pris une noix confite par respect aUS. Sacrement , parce qu’il ne savoit pas la différencequ’il y a entre le jeûne Ecclésiastique & le jeûne na-turel. Peut-être que fa simplicité l’excusoit de pé-ché mortel contre le droit positif ; mais elle ne l’ex-cusoit pas de Superstition; & cette Superstition étotfun faux culte, un culte superflu , & une vaine ob-servance.
IX. Je mets au même rang ce que faisoit unfrére-laïc , Célérier d’une maison Religieuse , le<! ue(au rapport du P. Théophile Raynaud (/) pre® 0 ^un grand verre de vin dès le matin , toutes les fof’qu’il vouloit communier , puis s’approchoit desainte Table , afin (disoit-il) d’avoir plus de fo rcede corps 8 c d’efprit, lorsqu’il recevrait son Sauves& le recevoir avec phts de joye. Il fut enfin déco®vert, & il avoua que ce Iqu’il en avoit fait n’avo 1 .jété que par innocence 8 c simplicité » & qu’au resteen avoit tiré le fruit qu’il s’étoit proposés) : m alSn’en étoit pas moins Superstitieux pour cela.
X. Le P. Jean Sançhés assure (w) qu’il a conn® ®Prêtre , Docteur en Droit-Canon , qui prévenu ^même esprit de Superstition que le Frére-laïc dorU ^vient de parler , confeilloit à toqtes les femmestoutes les filles du lieu ou il demeurait , de
un petit morceau de Pàin-béni, qu 7 on avoit accou ^mé de leur présenter en entrant dans l’Eglise , a u. B cSse mieux préparer à k sainte communion.
Docteur en Droit-Canon étoit dans úne prodig ie ^ignorance des Canons, & des régies de l’Eghst ’ ^veulent que le. jeûne naturel précède 1a récepti 00 efl’Eucharistie ; & on pouvoir avec justice le co1 ^Lr-
(k) In Sum. V. Communia, n. 1. A fiée dignis accepqun bonum Sacerdotem multo tempore , pro reverénlenti praecepiflè nucem muscatam , . ut bonum oàoteíi Eucharistia* pra:pararet. „
(/) In Heteroclit. Spirit. 8c Anom. Piet. Terrest- $ eC f' t leí, n. 18. Scio Religiosi caîus integerrimi laïcum J 0!1 c j aI ji 0-les de ce Jésuite) cui cònsuetudo íâtis diuturna fuit ’tnibus , quod per concreditum munus domesticum iUer i ca-t, manè ante Eucharistia: sumptìonem . plénum v> ^jjrist 0:em siccare , ut vigorem corporis & animi i adven a _
iberet, ficque alacrior, exciperet sacram hqstiam. . ce c ab 1 '
(m) Quod postea deprehensus, innoxie a íe sac »ae fructu proposito, profitebatur.
(») Disput. 4». Select. X»>