DES SUPERSTITIONS.
- te ce savant Evêque d’Orléans, c’est parce que cesCesses étoient privées & particulières, c’est-à-dire,lu'on n’y communioit pas publiquement comme àc elles des Dimanches & des Fêtes, que la paix étoit* e symbole de la Communion, & qu’on ne permettoitâe la donner que pour disposer les fidelles à la Com-munion, & pour les engager à avoir de la charité lesu °s pour les autres, & à vivre dans une parfaite u-sil on. On ne donne, & on ne souhaite point encoreAujourd'hui la paix aux Messes des Morts. C’est l’u-%e de l’Eglise, & les (a) Rubriques du Missel Ro-main , & des autres Missels, y font expresses. LesAuteurs que l’on vient de citer, Scorsta (£) & Ca-ctus (c ) en rendent les raisons. Et parce qu’on n’ydonne point la Bénédiction à la fin, selon les mêmesRubriques : Non datur Benediclio (d) : on n’y devroitPoint communier, dit Gavantus (<?), fondé fur l’au-serité de M. de l’Aubefpine (f), qui prouve évi-dement qu’on ne communioit point anciennement lesJours de jeûne, parce que ces jours-là font destinés àdouleur & à la componction, ainsi que les Officesd e s Morts au deuil & à la tristesse. Mais il y d’autresmaíbns qui font voir qu’on ne doit point communierPour les Morts. Les Sacremens font des remedes à nosPochés & à nos miferes, ainsi que les Peres & lesThéologiens les appellent assés souvent ; & par consé-quent ils ne peuvent servir par eux mêmes qu’à ceuxqui les reçoivent, comme les remedes ne peuvent fairedu bien qu’à ceux qui les prennent. Les Sacremens*ont institués pour nous donner la grâce sanctifiantequi exclut le péché, & pour nous aider à obtenir deDieu les secours de la grâce actuelle. Les morts n’é-tant plus en état ni de recevoir la grâce sanctifiante»ni d’être aidés pour obtenir de Dieu les secours de lagrâce actuelle, parce qu’il n’y a que la vie qui nousmette en cet état, toutes les Communions des vivans,quelque intention qu’ils ayent de les soulager dans*urs peines, ne leur servent, ne leur font, utiles,ne font fructueuses que par maniéré de suffrages (g ),'°mme étant de bonnes œuvres, & des prières faitesa leur intention, & offertes à Dieu pour eux. L’Eu-c uaristie est la nourriture de nos âmes, Cìbus & vit a^imœ, dit le Concile Provincial de Mexico (h) en1 5 8 5- I e pain des Anges, le pain des forts, le vin quistigendre les Vierges. Le Fils de Dieu la donnant à sesApôtres fous les espèces du pain, leur a dit: Prenez.& mangez.: & fous les espèces du vin, Prenez. & bett-^• se nourrir, manger & boire, ce font des actes*se vie, qui procedent d'un principe intérieur de vieqffi ne peut convenir aux morts. C’est fur ce fónde-se e nt q ue s. Thomas assure (r) , que quand un ouP Ufieurs fidelles reçoivent le corps de Jesus-Christ,11 en revient aucun avantage, ni aucun soulagementP* autres qui ne le reçoivent pas : elle ne leur peutP as même servir par maniéré de satisfaction, dit le mê-e S. Thomas (k .), parce qu’elle n'est pas établie
esté
w nt instituts ut in eis pnblicè fideles omnes communicarent,*et e at q ue Dominicis festisque diebus fieret. Id autem appâ-ts Canone 4. Concilú 2. Vasensis, ubi discrimen ponitur in-c 0 0 *emnia, mortuorumque sacra. Itaque cùm in iis fleris nonsy^nmearentm-, nullum etiam osculum dabatur, quod quidemb °lum quod dam 8c argumentum erat communionis fidelium ,V* tantùm nomine permittebatur, ut ad Communionem fide-.PfSpararentur, 8c ad mutuâm benevolentiam excitarentur.fn B ^. Part. 2. Tit. 10. n. 4. 8c Tit. 13. n. 1. Si celebret pro
De-
( disent ces fremieres Rubriques ) non dat pacem. fn Miiïà(b) , "âia non datur pax.
7 (c) p 4* de Miss. Saerif. c. 26. n. 4.
(A ^ptnmerrt. in Mifíâl. Rom. Rubric. loc. cit.
(,v T Tlt - 13. n. r.
Mbuí j Tit. 10. n. 6. Iitt. n. 4. In MiíïâDefijnctoram non dis-esset Eucharistia.
M p *■ Observât. c. 14.
fi-, , modum sussragii, 8c ex opéré operantis.
[ij Llb -3.Tit. 2. §.2.
ss 79 art. 7. ad 3. Ex ho c quod aliquis íùmit corpus(ô vel etiam plures, non accessit aliis aliquod juvamentum.ft^iend bl<3 ' an ' ^ Hoc Sacramentum non est inftitutum ad satis-o » sed ad spirítualiter nuïriendum per unionem ad Chri-ad membra ejus, sicut 8c nutrimentum unitur imtrito.
pour cela, mais pour nourrir spirituellement ceux quila reçoivent en les unissant à Jesus-Christ & à fes mem-bres , de lá même façon que la nourriture s’unit à ce-lui qui la prend. Ce saint Docteur s’explique encoreplus clairement ailleurs fur ce sujet, lorsqu’après avoirmarqué la difference qu’il y a entre l'Eucharistie con-sidérée comme Sacrement , & considérée comme Sacri-fice, & observé que considérée comme Sacrifice , ellesert aux vivans & aux morts, & que considérée com-me Sacrement, elle ne sert ex opéré operato qu’à ceuxqui la reçoivent, & non aux autres, il dit d’une ma-niéré décisive, que c’est une erreur aux laïquesde la recevoir pour ceux qui font en Purgatoire (/;.Ce n’est pas qu'une personne qui a communié, & quiest en état de grâce, ne puisse obtenir de Dieu par sesprières quelque soulagement pour les âmes du Purga-toire. Mais ce soulagement ne leur convient pas,'comme on l’a dé j a dit, par la vertu du Sacrement del’Eucharistie, Ex opéré operato, que cette personne areçu, mais par la vertu de fes prières, Ex opéré ope-rantis. Et c’est une calomnie, comme le Cardinal Bel-larmin l’a fort bien observé (m), dont les Luthérienschargent injustement l’Eglise, lorsqu’ils disent que lesâmes des fidelles sont délivrées du Purgatoire par l’ap-plication qu’on leur fait du Sacrement dé l’Eucha-ristie.
II y a dans sainte Gèrtrude (#), dans Blosius ( 0 ) ^dans la vie de la B. Jeanne de la Croix (p ), dans lavie du P. Baîthasar Alvarés (q ), Jésuite, écrite parle P. Louis du Pont, & peut-être dans quelques au-tres livres de même caractère, des exemples & des ré-vélations qui favorisent la Communion pour les morts»Mais ces exemples sont & trop singuliers & trop peuconsidérables, pour être tirés à conséquence; Sc oune peut rien conclure de solide de ces sortes de révéla-tions, qui ne sont point approuvées de l’Eglise, 8cfur lesquelles, ainsi que le témoigne le Cardinal Ca-jetan (r ), la doctrine de l’Eglise n’est point appuyéetelles que sont celles qui regardent le Purgatoire, &qui ne sont peut-être que des rêveries, des extases,’des,syncopes, ou des illusions du Démon pour Réta-blissement de quelque nouvelle doctrine. Sur cela ilne sera pas hors de propos de remarquer trois chosesavec S. Grégoire le Grand (s).
La première. Que l’esprit de prophétie manquéquelquefois aux Prophètes ; qu’il ne dépend pas d’eux
de
(ï) Voici fes paroles dans toute leur étendue, comme elles fetrouvent dans son Commentaire sur l’Ëvangile de S. Jean, de sé-dition de Lion de 1562. 8c de celle de Rome de 1/70. Car dansquelques autres éditions postérieures elles ont été un peu changées.Lectio 6- in cap. 6. Notandum est ( dit-ìl ) quòd aliter est inistoSacramento, 8c aliter in aliis. Nam alia Sacramenta habent lin-guistes effectus, sicut in Baptismo íolus baptizatus íùícipit gra-tiam. Sed- in immolatione hujus Sacramenti est univerí'alis ef-fectus: quia non solùm Sacerdos essectum consequitur, sed etiamilli pro quibus orat, 8c Ecclesia tota, tam vivorum, quàm mor-iuorum. Cujus ratio est, quia Continetur in ipso ipíà causa uni-versalis omnium Sacramentorum, scilicet Christus. Nectameníïlaïeus fumât hoc Sacramentum , prodest aliis quantum est ex opéréoperato, inquantum confideratur ut perceptio; quamvis ex in-tentione operantis 8c percipientis possit communkari omnibus adquos erigit suam intentionem. Ex quo patet quòd laïci, fomentesEucharistiam pro his qui sunt in Purgatorio, errant.
(m) In Judic. lib. de Concord. Lutheran. Mendac. s8. Men-dacium est (dit*il) quòd applications Sacramenti siberari dicamusanimas à pœnis Purgatorii. Nemo enim Catholicorum hoc do-cet; sed quod dé Sacrifkio dicimus, ìmpente, aut calhde trans-fert Philippus ad Sacramentum.
(b) L. 3. vit. 8c Révélât, c. 18. tz. 17.
(0) In Monili spirit. c. 6.
(?) c - 7- ,
(q) C. 45. tz. 2.
(r j Tom. 1. Opuícul. Tract. 23. q. 2. ad 2. Doctrina Ecclesia{dit-il) non inhsret certis visionibus, quales sunt ista; (qua dePurgatorio circumferuntur) quas Ecclesia non approbavit, &fortèfuerunt somnia, aut extases, aut syncopœ, aut illusionesDxmo-num ad nova dogmata inducenda.
(r) Hom il. r. in Ezech. 1. 1. Aliquando Prophétisé SpiritusProphetis deest, nec semper eorum mentibus prasstò est, quate-nus cum hune non habent 8í íè hune agneícant ex dono haberecùm habent.