DES SUPERSTITIONS.
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tres Théologiens, qui définissent la Superstition, unvice opposé par excès à la Religion.
II. En 1677. le P. Imperialis, Supérieur des Jé-suites de Naples, fit la découverte d’un nouveau phé-nomène dans le ciel de la dévotion , ou, fi vous voulez ,dans le pais de la Scholastique la plus fine & la plus my-stique. Il obtint un Bref du Pape pour l’érection d- u-ne nouvelle Confrérie en l’honneur de sainte Anne, &il le fit imprimer sous ce beau titre : Beat a Anna , Vir-go & Mater Matris Domini; prétendant que sainteAnne étoit vierge, par la raison que la MeredeDieusa fille ayant été conçue sans péché originel, il n’y a-voit eu ni commerce d’homme, ni concupiscence dansfa naissance. Un autre Jésuite de Naples fit imprimerau même tems un petit livre pour justifier cette pré-tendue virginité de sainte Anne, & un autre Jésuiteencore, qui étoit Préfet de la Congrégation des Na-politains , prêcha pour exhorter les fidelles à commu-nier le jour de la Fête de sainte Anne, parce ( disbit-il ) qu on recevait dam l'Eucharistie la propre chair decette Sainte; ct qu’il prouvoit par des raifonnemens àperte de vue, qui auraient également fait trouver dansce divin Mystère la propre chair d 1 Adam. Mais parmalheur pour ces trois Jésuites, l’édat de leur nou-veau phénomène éblouit & effaroucha si fort l’Inqui-sition de Naples, qu’elle le fit auífi-tôt disparaître,en censurant & l’opinion du P. Imperialis, & le petitlivre, auffi-bien que le Sermon qui avoit été fait pourla soutenir, & en punissant le Libraire qui avoit im-primé le petit livre. Cette historiette ne fait à monsujet qu’à cause du Prédicateur qui exhorta les fidel-les 3, communier le jour de la Fête de sainte Anne ,pdrce qu'on recevait dans l’Eucharistie la propre chair decette Sainte; ce qu’il ne pouvoit faire sans supposerqu’ils dévoient ayoir ce jour-là cette intention encommuniant. Or cette intention étoit visiblement Su-perstitieuse, ne pouvant avoir pour principe qu’unedévotion phanrastique, un culte faux, un culte super-flu, & Une vaine observance (a).
III. Un honnête homme de mes amis a entenduautrefois prêcher à un Carme; Qu'afin de communierpar dévotion pour la sainte Vierge , il ne fallait pas rem.garder que c'étoit le corps de Jefus-Christ que l'on rece-vait dans le S. Sacrement , mais que par m ragoût fin &exquis de spiritualité, on devoit considérer que l’on y re-cevait une chair formée du plus pur sang de la sainteVierge. Ainsi, selon ce Prédicateur, ceux qui vou-loient communier le dévoient faire à intention de re-cevoir cette chair. Mais cette intention étoit assuré-ment un fruit de k Superstition, & une production,du culte pernicieux, du culte superflu, & de la vai-ne observance ; & S. Augustin a sort bien dit (h ),qu’on ne devoit conduire personne au salut éternel par1a voye du mensonge, 8 c le Pape Innocent III. (c)Qu’ií faut rejettes les faux remedes,qui font plus pré-judiciables que les vrais dangers.
IV. La Communion pour les Morts, c’est-àdire,celle qui fe fait en vue de soulager les âmes du Purga-toire, est devenue assésà la mode dans ces derniers temsparmi les Chrétiens qui ne font pas tout-à-sait bien i-nitiés dans nos Mystères. Ils fe flattent qu’en commu-niant à cette intention, les morts peuvent être soula-gés , & même entièrement délivrés de leurs peines parla force & la vertu du Sacrement de i’Eucharistiequ’ils reçoivent, ou, pour parler avec les Théolo-giens , ex opéré operato. Mais si ce sentiment n’est pasune illusion en matière de spiritualité, il ne me paraîtpas en être fort éloigné. Il n’est autorisé ni par l’E-criture sainte, ni par les Conciles, ni par la Tradi-tion. II rfa nul fondement dans l’antiquité. Les an-
M L’Auteur devoit ajouter, ri> toute propre h rendre la ReligionChrétienne ridicule & contraire à Vinf itution de J. C.
{b) L. de Mendac. e. ii. Ad sempiternam salutem nulîus du-cendus eít opitulante mendacio.
(c) Cap. de ho mine, de Célébrât. Mifíàr. Falíà íùnt abiiciendaremédia, qus vens íunt periculis graviora.
ciens Maîtres de la vie spirituelle ne l’on point connu;& nous ne voyons point que ceux qui ont traité dessecours que les morts peuvent recevoir des vivans, fayent mis les Communions que les vivans font pour eux.
Le Concile de Trente (d) dit à la vérité, que ^foi de /’ Eglise Catholique nous enseigne , qu'il y a un Pasgatoire , & que les âmes qui y font détenues font aidéespar les suffrages des fidelles, & particulièrement par l a ‘gréable Sacrifice de P Autel. Mais la communion p oUsles morts n’est pas renfermée ici fous le nom de Susf rages , & l’Eucharistie considérée comme Sacrifice estautre chose que considérée comme Sacrement. Coin-me Sacrifice, elle sert non-seulement à celui qui 1’°*'sire, & à celui qui y participe réellement, mais enco-re à tous les fidelles, tant â ceux qui vivent fur bterre, qu’à ceux qui, quoique morts dans la grâce deDieu, ne font pas néanmoins tout-à-fait purifiés dessouillures de leurs péchés : elle est offerte en un iu otpour les vivans & pour les morts. Mais comme Sacre*ment, elle ne peut servir ex opéré operato, qu’à ce u xqui la reçoivent, ce que les morts ne sauraient fair e -Aufli n’avons-nous aucun Testament, aucune don 3 'tion Ecclésiastique, aucun ancien monument par jsquel il paroisse que les fidelles ayent recommande *leurs parens & à leurs amis, de communier pour euXaprès leur mort, ni qu’ils ayent fait des fondations»& donné de leurs biens aux Eglises, aux Monastères»aux Hôpitaux, ou aux pauvres pour cet effet. Q. uel’on cherche tant qu’on voudra, je mets en fait qu’p nne trouvera aucun Acte qui favorise cette pratique 1 *'régulière dans le Traité des Testament de Molan ,ailleurs. On faifoit des aumônes, des prières, des ob'lations, on offrait des Sacrifices, on célébrait des an'niversaires pour les morts, comme on le peut voir disOnufre Panvin (e) : mais on ne communioit p°' ntpour eux. Et ce qui me le persuade encore da van t a'ge, c’est que dans l’ancienne Eglise on ne cotntofnioit point à la Messe que l’on disoit pour le repos sleurs âmes. De-là vient que le prétendu S. Denys ^reopagite décrivant cette Messe (f ), ne parle en attcune maniéré de la Communion, & qu’il remarfl 11que les Energuménes & les Penitehs, qui ne com 11111nient point, y affistoient, ce qu’il ne leur étoit spermis de faire aux autres Messes , parce qu’ost jcommunioit. s .
On ne donnoit point, & on ne souhaitoit p 01 ^auffi autrefois la paix aux Messes des Morts, selontémoignage d’Amalaire (g), du faux Alcuin (h ),Thomas de Cantipré (t), de Guillaume Durand ( f& de M. de l’Aubespine (l). La raison qu’en app 0 ^
(d) Sess. 2.5. Decret. de Purgator.
(*) L. de Rit. sepel. Mort. c. 9. & 10. yy.
(f) L. de Ecclesiast. Hierar. c. 7. §. 3. Cseterum (dit-il) °f,o'val > quomodo non omnes qui expiation! vacant Ordines V í0 ^0.'re jam dimittantur, sed soli Cathecumeni à sacro choro aftur ; quod nimirum hic ordo sacri omnis Mysterii fit eX P el jÌ’qu 35que sas íit illi quidquam, íive parvum , sive magnum, eor ul 7;íanctè peraguntur, aspicere. . . . Oeteri autem ordines <1 ^ u | t èpiantur, jam pridem quidem íàcris sunt institut!, íed stP 0 ®
in détériora relapsi sunt, cùm ad anteriora vit* su* ration ^tendere debuisient, pr*cipuis quidem íàcris illis divinis, f-íàcroíànctis íìgnis latitant, interdicuntur, 8c ab eorunrd epectu ac communione meritò arcentur : íjquidem dawnunferrent, si iisdem indigné communicarent, 8c ad majorsrum divinarum suique contemptum devenirent. Non &
autem admittuntur ad ea qu* geruntur, ut perspicuè dii C g cr jp-avertant mortis incertitudinem 8c Sanctorum pr*mia qu* P’pué 5 'turis veris celebrantur, qu*que illis, eorumque fimilibus . ga*hominibus supplicia mfinita intentantur: è quibus utiqueculis forte fructum capient, dum cernent, eum qui íànministrorum pr*dicatrone celebrari, ut verè conforte Mrum qui à feculo sunt, ipsique fortaffis consimili delideribunt, 8c ministrorum disciplina docebuntur, quàm verein Christo coníummatio.
(g) L' 3' de Ecclesias. O sire. c. 44.
(h) Cap. de Exequiis Mort. 8cc.
(j) L. a. de Apib. c. $7. n. , jc !■ 4'
(k) L. 7. Ration, divin. Offic. c. Z5- n -'3°- 3 1 - K ?
"'W Lib 4 i. Observ. c. -7- Existimo (^) proba^F^
deo in mortuorum sacris osculum non persobtum esse, ^ „n
lim privata essent illa sacra, non autem solemma, hoc efsesl t