68
DES
S U P E R
S T I T I O N S.
vìere pour arrêter l'effet des f aux miracles. des hérétiques. 8. Qu'elle peut effacerle péché originel. % Qu'étant prise par u-ne femme grosse, elle peut sanctifier sonenfant dans son ventre, io. Qu'on la peutsetter dans une fournaise ardente , <êr laprésenter à un mulet pour l'adorer, afinde confondre les hérétiques.
L E Fils de Dieu ne s’eít point proposé d’autre des-sein en instituant la divine Eucharistie, que denous unir étroitement à lui. Celui qui mange ma chair( dit-il ) (a) gr qui boit mon sang , demeure en moi , e-rmoi en lui : Et c’est ce qui a Faits dire aux saints Pè-res que nous devenons un même corps & un mêmeesprit avec Jesus-Christ, par la participation de soncorps & de son esprit, & au Concile de Florence{b) , que l’union intime que nous avons avec leSauveur en communiant dignement , est le pro-pre estet de l'Eucharistie. Ainsi on ne peut pas fansSuperstition attribuer à cet auguste Sacrement deseffets.qui n’ont nul rapport ni avec cette union, ni a-vec la -grâce qui la produit.
C ! est donc une Superstition de la vaine observance,
I. de s’imaginer que l’Eucharistie consacrée par un E-vêque.,- a.plus de vertu, & qu’elle peut produire desgrâces plus abondantes, que celle qui ne seroit consa-crée que par un Prêtre.
II. G’en seroit ituffi une de même nature, & unorgueil insuportable , si un Evêque étoit tellemententêté de sa dignité & de son caractère, qu’il ne vou-lut point recevoir l'Eucharistie que de 1a main d’unautre Evêque, & non de celle d’un Prêtre; dans lapensée que le corps de Jesus-Christ est plus parfait &plus puissant quand il est administré par un Evêque,que quand il l’est par un Prêtre. L’Auteur du livredes sept Ordres de l'Eglise, qui se trouve dans le 4.Tome des Oeuvres de S. Jerôme, de l'édition d’E-raime (c), se récrie contre cette Superstition & contrela précédente.
III. Ce seroit encore une Superstition de la vaineobservance, de croire qu’il est plus avantageux pourceux qui communient, de recevoir l’Eucharistied’unPrêtre riche, savant, bien-sait» ou bien vêtu , qued’un Prêtre pauvre, ignorant, mal-sait, ou mal vêtu.Les personnes simples & grossières cependant s’insa-tuent quelquefois de cette folle créance.
IV. O n seroit pis, puisqu’outre qu’on tomberait
- (a) ■ fohan. 6 . $j. ■
{b) In Decret. Uni0. Armen. Hujus Sacramenti effectus quemin anima operatur digne iumentis, est adunatio hominis ad Chri-flúni’.
(c)'En cesmots. Gradu 6 . Presbyteri in benedictione cum E-piscopïs confortes ministeriorum funt. Nulla in conficiendo cor-pore Christi ac sanguine inter eos 8c Epifcopos credenda distan-ria est : 8c Eucharistiam jam pridem per Presbyteros benedictam,st ufus exegerit, Episcopi accipere debent, ac le Christo ac ple-nitadini cjiis communicarc cognoscere. Nam si quis ad injuriamrevocet, aut putet fe accipere non debere Eucharistiam quamPresbyter benedixit, is profectò perverfus est, credens Dominumduo corpoïa habuisse, u nu m majus 8c unum minus.. Majus quodEpifcòpus'iconficit, quod Presbyter, minus. Hic Christum divi-dit , .eique ftiçit injuriam. Sic inter Baptifmum Sc Baptifmum nonpptèíFëfíe dîstantia, ut fanctior judicetur, quem baptizavit E-pifòopusy’îquàm is quem Levita: licut in Actibus Apostolorumlegis Eunuchum à Philippo Diacono baptizatum fuiilè, ut ícri-ptumest: Ecce aqua, quis prohibet me baptizariì & ille ait, ni-htl , fi credis. Fides enim est quse facit mundum: & quia nonest dantis, fed accipientis; ita Gredendum est in omni anima Bap-rismum elfe perfectum, 8c in omni Sacerdote corpus Christi esseperfectuna. Qui non communicat Eucharistie Presbyterorum,non communicat Christo, nec Eucharistiam iplè benedicit, quiam eo quo judicat condemnatur, atque in Íîmiíitudinem Judietra-dítons tradehs Dominum, nullo cogente iplè sibi infert manus,ac-íuipendio périt, quia fuperbiâ peccat in Deum. Nec ego dicopríeíentlbus Episeopis, adque adstantibus altari Presbyteros posteSacramenta conficere; fed si forte ufus exegerit, ut venientes adEçclesiam Sacerdotes eisdem horis quibus aut oblatio parafa nonsit, aut nonpoliit otterri, non debere Epifcopum repudiare Eu-charistiam Presbyterorum, si ponatur in altari, quam accipi o-portet propter Christum, quoniam corpus Christi est.
dans la vaine observance, on se rendrait coupable duculte indu, & de l’observance des choses sacrées, »l’on s’imaginoit qu’en appliquant le S. Sacrement àquelque partie du corps humain malade, blessée oUulcérée, il la guérirait infailliblement. Car il n’estpas institué pour produire cette guérison, & s'il en 3produit quelquefois de semblables, Dieu l’a vouluainsi, pour faire éclater les trésors de fa gloire & defa toute-puissance, & cela ne doit point faire de 1° !contre le véritable culte qui est dû à cet adorableMystère. Si bien qu’on ne peut faire aucun fond furle fait singulier , & plutôt admirable qu’imitable»dont nous avons parlé ci-devant {d) , de la mere d’A-cacius, aveugle né, à qui elle jugea plus à propos àcfaire un cataplasme de l’Eucharistie, pour lui ouvrirles paupières qui s’erítre-tenoient (e) , que de souffrirqu’un Chirurgien les lui ouvrît avec le fer.
V. Croire que l’Eucharistie réduite en pouflìere, 8cjettée ensuite dans le breuvage d’une fille, ou d’unefemme, les obligera d’aimer les personnes qu’elles haïssoient, est un horrible sacrilège, une vaine observan-ce, & une observance des choses sacrées. Voilà néan-moins ce que les Sorciers pratiquent Sc conseillentquelquefois, au rapport de Grillant (f), & de C hap-pes u ville (g) ; quoique dans le vrai tout cet infâme ma-nège ne soit qu’une très honteuse illusion du Démon»pour les deux raisons qu’en apporte ce dernier Au-teur.
VI. Les Sorciers fe fervent auísi de l’Eucharisti®pour deviner, & pour faire des Sortilèges, dit la Glo-se du chapitre Accufatus (h).
VII. Ils ôtent quelquefois le maléfice de haine patun maléfice d’amour, en conseillant aux sots qui don-nent dans leurs panneaux, de tenir l’Eucharistie dansleur bouche, & de baiser dans le tems qu’ils Py tien-nent , la personne de qui ils veulent être aimés. Maio-lus (i ), & Delrio (k ), rapportent cette pratique éga-lement impie & sacrilège.
VIII. Pulvériser l’Eucharistie & la jetter dans 1 &champs & dans les jardins qui étoient auparavant st e 'riles & infructueux, afin de les rendre fertiles & ab o 11 'dans est un sacrilège, une vaine observance, & nn eobservance des choses sacrées, que les Sorciers prati-quent encore quelquefois, selon le témoignage &mêmes Auteurs (l).
i. 8c j. Turpissiffis ^cxistimant factatist‘!„.„,
Au ch. 2.
ìe) L. 3. secundi adv. Julian. operis, §. 164. Erat apud 0 °(dit S. Augustin ) Acacius quidam honesto apud fuos ortus i° c °-’clausis oculis natum se esse dicebat; fed quia intus fanis palpascohserentibus non patebant, Medicum eos ferro aperire voìuffí’neque hoc permisisle religiofam matrem fuam, fed id e ^ eC L sEucharistie cataplafmate, cùm jam puer quinque ferè aut arupj 1 - cestes annorum. Unde hoc fe fatis meminisse narrabat. Il ° e . • c jpoint être permis de donner atteinte aux miracles : mais ce M 1 'est décidé. On fait l’effet d’un cataplasme fait d’un peu bete dans une jonction de paupières, telle qu’étoit apparu n 101celle des paupières du petit aveugle.
(f) Tract, de Sortileg. q. 3. n. iá.
(g) Tract, de casib. referv, c. 21. q. 1
luduntur à Dsemone ( dit-il) illi qui cAucimant ìaciai.-- . ^Eucharistiam in pulverem redactam, & potui mulierïs irn® 1 £ -stvalere aliquid ad pelliciendum illam in fui amorem. Quiasimum est existimare fanctissimum illud Eucharistie Sacra 01 ®,tum immundissimis amorum fpurcitiis prsestare fuffragium - v ,- e( •de mulier liberi est arbitrii, sicut 8c vir : non potest ergo 0,0pudica cogi 8c violenter trahi ad amandum: nemo enim ania ofe ,vitus. Etíi quedam mulieres capta: vehementi quodam aw (dicant iè cogi ad amandum 8c invitas amare propter pocuquod vocant, amatorium, quod dicunt fe fumpsisse, cu)US ^tute sic compelluntur ut non possmt non amare, íùnt 0U S tC ^Daemonis fallaci*, quibus turpitudinem fuam taies muliergere soient. _ e «í
(h) §. iànè, de hxret. in 6. Faciunt prsedicta cum corp 01sanguine Christi.
(2) Supplem. Dier. Canicul. colloq. 3. ante fin. n.
(k) En ces termes: L. 6 . Diíquif. Magic. c. 2. fect. ^‘ ver bí23. Ut odii maleficium tollant, utuntur amoris malekcio, ^gratia, Eucharistiam íàcram in ore habentes ofculantur ea 1volunt in amorem inducere. , ffl alefi-
(/) Locis mox cit. Ut sterìlitatis agrorum (dijent-tls) st ,cium tollant, hostiam facram comminuuunt, 8c Ultai» ‘veres ípargunt per hortum, vel agrum.