DES
SUPERSTITIO
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&omim nojlrì Jeflu Cbristi ; Dans le Romain de 1515.& dans celui de Chartres de 1552. Adifsa quinque Pla-garum; Dans le Romain imprimé à Venize en t 5 t ?.Mijfa qmnque PlagarumfknHifstmi corporis Jefu Christi ;Dans ceux de l'Ordre de Cluni de 152?- & de 1550.■IMiffa devotifstma qmnque Plagarum Christi ; Dans celuide l’Ordre de Fontevrauld , imprimé à Paris en16o6. Alifsa quinque Plagarum Chrifli; Dans celui duRl ans de 1559. Ofstcium Aíiffe qmnque Plagarum Chri-fli; & dans celui de l'Ordre de la Merci, imprimé àBarcelone en 1507. Adiffa de quinque Vulneribm Dtrmi-*>ì nastri Jeflu Chrifli. Je n’ai remarqué nulle part quecette Messe fût approuvée : mais s’il est permis d’enfaire 8c d’en dire une des cinq Plaies principales de Je-fus-Chriíl, pourquoi sera-t-il moins permis d’en faire& d’en dire de toutes les autres blessures qu’il a re-çues ? De plus il y a des Préambules à la tête de cetteMesse dans certains M islels, qui mériteraient au moinsd’être retranchés. Je trouve celui-ci dans le MisselRomain de 1516. Incipit Adifsa de Pastîone & qmnque'vulneribm Vomini noftri Jefu Chrifli, multum ( ut flcrì-bitur ) a fummis Pontistcibus privìlegiata , pro vivis &defunElis flaluberrima ; 8c je demande , oh font cesgrands privilèges accordés par les souverains Pontifes ?R eût été fort à propos d’en rapporter quelques-unsPour autoriser cette Messe, & pour ne pas donner lieu' de croire qu’elle n’est point approuvée. Je demandeencore d’oh vient qu’elle s’appelle trés-flalutaire pourles vivans & pour les morts ? Les autres Messes le fontelles moins? On la nomme très-dévote, Devotifstma ,dans les Missels de l’Ordre de Cluni. Mais qu’y voit-on de plus dévot que dans les autres Messes ?
Voici un autre Préambule que je trouve dans leMissel du Mans de 1559. Incipit Ofstcìum Misse qmn-que Plagarum Chrifli, quod Joannes Papa 22. compo-sait : concedens cuilibet dìcenti & audienti ducentos an-nos Indulgentiarum, dum t amen veré confefst & contrit i •fuerint; & debet celebrari quarta & fèxta séria. La viede Jean 22. a été écrite par bien des Auteurs, aussiBien que l’Histoire Ecclésiastique de son tems & deson Pontificat; mais je mets en fait qu’il n’y en a pasu n seul qui lui ait attribué cette Meíìe ; & ces deuxc ens ans d’Indulgences qu’on lui fait donner à ceuxqui la disent & à ceux qui l’entendent, ne sont point de1 ancien stile de l’Eglise, & me paraissent sentir un peuR commerce des Questeurs & des Porteurs de Rogatons,6 souvent & si fortement condamné par les Conciles.
VI. La Messe de laPaJston de l’Image de notre Sau-v fur fe voit dans le Missel Romain, imprimé à Ve-U'Ze en 1515. fous ce titre : Miffa in folemnitate Iconisfflmini Salvatoris. Les Grecs font mention dans leur■^énologe de deux différentes Passions des Images de^otre Sauveur. La premiere le 9. jour d’Août; ladixième le 9. Novembre.
í-a 1. arriva à Constantinople, lorsqu’une de cesltlla ges étant percée de coups de couteau par un Juif,^ssa du sang, & fut ensuite jettée dans un puits.. îr onius en a lu l’histoire dans un ancien manuscrit,qu’il le témoigne dans les Notes fur le Martyro-°ge Romain (d).
ç f a 2. arriva à Beryte en Syrie du tems du jeuner ° n ftantin & de fa femme Irène , lorsque d’autresBufs crucifièrent une autre Image, d’oh il sortit une] Prodigieuse quantité de sang, que les Eglises d’O-le nt 8c celles d’Occident en eurent en abondance,p Ba Messe que nous examinons, n’est pas de cettep^iere Image, puifqu’il n’y a que les Grecs quiil a lt ^ fête de fa Passion ; mais de la seconde , donte j- parlé dans le Martyrologe R omain (b).
B en est aussi parlé dans l’Action quatrième du 2.
fe ctem 9. Novemb.
rj t j ' Eodeni die. En ces termes : Beryti, in Syria, Commemo-etDjs ’magìnis Salvatoris , qu* à Judasis crucifixa tam copiofumsert; ^nguinem , ut Orientales & Occidentales Eccleii* ex eo u -Hu, 1 ? accc P c ’ìut. (L’excés du merveilleux ne rend le miracle que^ apocryphe.)
J m e //.
Concile général de Nicée, en 787. dans la Chroniquede Sigébert, fur l’an 765. & dans les Additions dùMartyrologe d’Ufuard (c) ; & nous avons dans Su-rius (d) un discours qui porte le nom de S. Athana-fe, Patriarche d’Alexandrie, mais qui est d’un autreS. Athanafe, Evêque de Syrie, oh l’histoire de cetteImage miraculeuse est rapportée bien plus au long quedans la Chronique de Sigébert.
Mais puifqu’on en fait une Fête dans l'Eglise Lati-ne, comme dans l'Eglife Grecque, on en peut bienfaire une Messe*. Celle qui est dans le Missel Romainde l’édition de Venize de 1515» outre qu’elle n'anul-le approbation, tend â établir un culte superflu. Carsi on fait une Messe de cette Image, on en pourrafaire aussi de toutes les Images miraculeuses dont onraconte tant de pareilles histoires.
VII. La Messe des Clous & de la Lance de notreSeigneur est dans le Missel du Mans, de x 559. & dansquelqu’autres Missels , De Clavis 8c Lancea Ofstcìum ,fans aucnne approbation. On en pouroit faire de sem-blables des fouets, des cordes, de l'éponge, 8c detout ce qui a servi d’instrument à la Passion du Filsde Dieu. Mais on voit assez que cela irait trop loin»Ces Reliques d’ailleurs font si peu constantes & si peuauthentiques, que la plûpart des Eglises qui fe van-tent de les avoir, ne les ont point; & ainsi on y ditdes Messes des clous & de la lance de notre Seigneur $qui n’ont pas la vérité pour objet»
VIII. Je dis la même chose des Messes de la Dent »du Prépuce, du Nombril de notre Seigneur , supposéqu’il y en ait de particulières, comme je ne doute pasque ceux qui prétendent avoir ces fortes de Reliquesn’en ayent fait, ou fait faire. J’y ajoûte encore cellede la Robe flans couture du Sauveur. Elles tendent tou-tes quatre à multiplier les Messes, & elles ne font ap-puyées que fur des faits assez incertains*
La Messe de la Dent de notre Seigneur Concerne lefaux culte : car notre Seigneur est ressuscité avec tou-tes fes Dents, & il n’en a point laissé en terre, n’enayant jamais perdu aucune. C’est ce que le vénéra-ble Guibert prouve par de bonnes raisons dans sonlivre De Pignoribus SanPkorum, contre les Moines Bé-nédictins de S. Medard de Soiísons, qui fe glori-fiaient d’avoir une Dent de notre Seigneur , qu’ilsdifoient qu’il avait jettée à Page de 9. ans. On a faitvoir ci-devant (e) de quelle maniéré il les traite furcet article.
La Messe du Prépuce 8c celle du Nombril de notreSeigneur, (f) n’ont pas un fondement plus solide quecelle de fla Dent. L’Abbé Guibert (g) est dans la pen-sée que le nombril de notre Seigneur ne fe voit nonplus en terre que fa dent ; 8c ce qu'il dit de son nom-bril fe peut aisément appliquer à son Prépuce.
J’ai observé dans la premiere partie de cet Ouvrage(h), qu’encore que notre Seigneur n’ait été circoncisqu’une fois, & par conséquent qu’on ne lui ait cou-pé qu’un Prépuce, on dit néanmoins qu’il s’eu trou-ve quatre, l’un à S. Jean de Latran, selon Calvin (i)
&
(c) Eòd. die.
(d) Eod. die.
(e) Lib. i. c. r. part. X.
(f) Outre qu’elles fourrìiíîent dès idées peu honnêtes Sc capá*blés de faire rirè des libertins.
(g) L. cit. c. 1. §.4. Velim ergo respondere digtìemini ( dit-ilaux Moines de Soiffons) in cujus corporis jus ist relutrectione ces-surum dentem, & estera quarque putatis. Non minus etenimde Umbilico & c*teris, qu* de ipío habere dicuntur, quam dedente apud nos agitur; quod plané de unodicitur redundat ad ex-tera. Ubi igitur fe confèrent qu* de Domino Servatore servantur, cùm ultimus dies file ingruerit? Si ad prlfìinum rediturâsent corpus, quò fe récipient, qu* loca fefe iis recipiendis ave-rient? An edentulus Salvator clarificatus hue usque mansit ut locum denti seperventur* fperaret ? _ Et certè denti tantilìo locuíconveniens m viril, .quod est Dommica. sauce, neqtìaquam com-peteret. Esto. Quo fe Umbilicus qu*so reponet? Numquid du*clarificationes m eodem corpore celebrantur ? Res est qu* nus-quam legítur, qu35 nullis teftimoniis approbatur
(h) L. i. c. 1. rr
(i) Traité des Reliq,
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