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& d’où elle sut transférée à Jérusalem. Qui en croi-ra-t-on ? Grégoire de Tours , ou Frédégaire , Ai-moi n , Herman , Sigebert, l’Abbé d’Ursperg, &ceux qui les ont copiés ? Baronius parlant de cetteTranslation (a) dit que ce que Sigebert en a écrit (&il n’en a pas écrit autrement que Frédégaire } Aimoin,Herman, l’Abbé d’Ursperg & les autres) ne s’accor-de pas avec ce qu’en rapporte Grégoire de Tours.
4. Quand la Tunique fans couture de notre Sei-gneur auroit été transférée de Zaphat à Jérusalem,reste toujours à savoir comment elle a été apportée deJérusalem à Argenteuil , où l’on prétend qu’elle estaujourd’hui. Pas un Auteur d’antiquité ne dit niqu’elle y ait été apportée, ni en quelle année, ni parqui, ni comment elle y a été apportée. On dit seu-lement qu’elle y sut trouvée par la révélation d'unMoine en n 56. voilà un grand vuide , depuis 594.jusqu’en n;6. & on ne le remplit pas. Or quellepreuve a-t-on que cette Tunique ait été trouvée àArgenteuil en 1156. On le prouve par une Chartede Hugues d’Amiens, Archevêque de Rouen, donton voit la copie à la fin du livre du P. Gerberon, &par le témoignage de Robert, Abbé du MontS. Mi-chel (b) , de Matthieu Paris (c) , de Nicolas Tri-vet (d ), de Matthieu de Westminster (e) , de JeanBrompton (f) , de FroilTard (g) , de Favin (h) , &du P. Gaultier (i).
Le P. Gerberon cite (kj tous ces Auteurs , & ilsse sondent tous fur la prétendue Charte de Huguesd’Amiens, laquelle ils supposent être autentique , &d’une vérité irréfragable. Mais ce fondement ne mesemble pas inébranlable pour 4. raisons.
La première , parce que cette Charte est tirée dechez les Moines , & que les Moines font depuislong-tems soupçonnés de ne manquer jamais de ti-tres , selon la remarque de M. Ménage , dans sonHistoire de Sablé (/) ; & c’est pour cela que M. Char-les Du Moulin assure (m ), que la plupart des titresdes Moines font faux. Or le P. Gerberon dit («),qu’il a entre les mains la Charte de Hugues d’Amiens,qu’il appelle un aBe tres-autentique , bien qu’il de-meure d’accord ensuite , que cet aBe avoit plusieursst aux , comme /’ inventaire des titres du Monastère d'Ar-genteuil le remarque , mais qu il n en reste plus que quel-ques cordons ; ce qui n’est pas une preuve de son au-tenticité ; mais bien que les Moines d’Argenteuiln’en faisoient pas autrefois grand cas , puisqu’ils ontsouffert qu’on en ôtat les seaux. Mais quoiqu’il ensoit, cet Acte est tiré de chez des personnes qui ontintérêt dans la chose, & cela la rend suspecte.
La seconde, parce que ni Chenu dans son HistoireChronologique des Archevêques & des Evêques deFrance (0) , ni Claude Robert (p) , ni Mrs. de Sain-te-Marthe dans leurs Gaules Chrétiennes (q) , neparlent point du voyage que Hugues d’Amiens fit àArgenteuil, pour visiter la Robe fans couture de no-tre Seigneur , & l'exposer au culte public en présencedu Roi Louis IV. & de toute fa Cour , ni de l’as-
(a) Ad an. 393* n. x 6 . Sed diversa ab hi S ante Ivxc temporaícribit Gregorius Turonensis de Tunica inconíutili ?
(í) In Supplem. Sigeb. edit. à Luca Dacheri i n fi n , Oper.
Guibert Abbat.
(c) In Hist. Anglic. íub Stephano R.
(</) In Chronic. ad an. 1156. T. 8. Spicíleg.(e) In Florib. histor.
(/) In Chronic. ad an. 115-7.
(g) L. 3. de l’Histoire de France c. 31.
(Aj L. a. de l'Histoire dé Navarre.
(') Dans fa Chronol. fur l’an 11 «-6.
FOC. 1,. 5
(l) L. 1. c. L. pag. y.
(»/) In Décrétai, c. 6 ■ Tit. De fide instrument. §. Quod cùm.En artes Monachorum ( dit-il) ad confingendum sibi titulos ve-tusto s > qnìbus nunquam ferè carent. Ego fœpè eorum impostu-ras Lc falsitates ex fide historias detexi.
(fì) Loc. cit.
(0) In Archiepif. Rotho.
(p) Tit. eod.
(q) Tit. eod. n
S T I T I O N S.
semblée des Evêques qu’il y convoqua j ni de hchartre que l’on prétend qu’il fit expedier ensuite.Le P. Pomeraye, Moine Bénédictin, n’en parle pointnon plus dans son Histoire des Archevêques deRouen, quoiqu’il y ait employé 17. chapitres pourdécrire les particularités de la vie & de la mort de cePrélat.
La troisième, parce que Hugues d’Amiens , q ulne prend dans cette Chartre que la qualité de très-humble Prêtre de l’Eglise de Rouen : H. Rothotna*genfìs Ecclesite humillimus Sacerdos , assemble à Argen-teuil l’Archevêque de Sens , les Evêques de Paris»de Chartres, d'Orléans, de Troyes, d’Auxerre, deC hâlons fur Marne, d’Evreux, de Meaux & de Seu-ils , & les Abbés de S. Denys en France, de S. Ger-main des Prés, de Lagny, des Ferrieres, de S. Maurdes Fossés , de S. Faron de Meaux , de S. Mémin»de S. Magloire & de Morigni ; & donne des Indul-
? ences à ceux qui visiteront l’Eglise d’Argenteuil enhonneur dé la Robe fans couture de notre Seigneur.Or quel droit pouvoit avoir un Archevêque deRouen d’assembler à Argenteuil un Archevêque deSens , des Evêques & des Abbés qui ne dépendentnullement de lui , & de donner des Indulgences horsde l’étendue de son Diocèse, & même de sa Province»à des personnes qui ne sont point de fa juridiction-Etoit-il Légat du S. Siège ? Cela ne paraît p.oint, nipar cette chartre , ni par aucun titre de bonne note.Est-il vraisemblable qu’il ait fait cette cérémonieen présence de l’Archevêque de Sens, qui étoit Me'tropolitain de Paris, & Primat des Gaules & de Ges'manie , en présence de l’Evêque de Paris , dans I eDiocèse de Paris ? ,
La 4. parce qu’il y a dans cette Chartre quantitéde choses extraordinaires & peu régulières.
1. Elle est adressée à tous les Evêques de l’Egli^Catholique : Universis Catholica Ecclesia fratribus re?v ( 'rendijstmis. Cette adresse conviendrait bien mieux *un Pape qu’à un Archevêque. Et quelle nécessité favoit-il que le Pape , les Patriarches, les Archevê-ques , & les Evêques de toute l'Eglise d'Orient ^d’Occident, seussent que Hugues d’Amiens étoit d-lé à Argenteuil , qu’il y avoit vu la Robe de n° ireSeigneur , & qu’il l’y avoit exposée aux yeux d*Public ?
2. Par cette chartre , Hugues d’Amiens pardonneà ceux qui visiteront dans l’année la Robe de notf 6Seigneur à Argenteuil les péchés dont ils auront onblié de se confesser : Oblita peccata condonamus. LPapes ont-ils jamais usé de cette clause dans leurs B u <les & leurs Brefs d’Indulgences ? Est-ce ainsi qu c ^péchés oubliés fe remettent?
5. Il remet aux pères & aux mères , qui r.laissé mourir par leur négligence, leurs enfans ausous de sept ans , soit qu’ils soient morts après 3V°reçu le Batême, soit qu’ils soient morts fanstoute la pénitence dûe à leurs crimes , excepte ce .qu’ils devraient faire les Vendredis de chaque ^ ■ne (r). Vit-on jamais une pareille Indulgence? ‘’íter les parens qui ont laissé mourir leurs enfans 1Batême, comme ceux qui les ont laissé mourir apUle Batême : n’est-ce pas l’héresie des Stoïques» °tfaisoient tous les péchés égaux ? Pourquoi cetteception des Vendredis ?
4. Il y a plusieurs solécismes dans ces paroles 'vantes : In qua etiam die fi ad Ecclesiam pœnitens f exit , qualem ei caritatem Presbjter dederit , talent jCar elles fe rapportent nécessairement à parentibasles précede, & ainsi il faut dire , In qua estantad Ecclesiam Pénitentes perrexerint » r qcris caritatem Presbjter dederit , talem habeanT* ^
: parvulis gui baptizati, vel sine Baptifmi remedioy 1, per negligentiam parentum rnortui íunt, totam P®TMrentihus eorum remittimus , excepta feriâ lexta