D E S S U P E R S T I T I O N S.
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selon la Jurisprudence du S. Siège , une Bulle , unRescrit, un Bref du Pape est nul, lorsqu’il s’y trou-ve quelque faute contre les régies de la Latinité. C’est(a) ce que marquent les paroles de Grégoire VIL LePape Luce III. (b) dit la même chose : & la Glosede ce Chapitre, sur le mot manifestum , dit: Sic pa-tet quod vitium Latinitatìs vitiat Refiriptum. Si cela estvrai des Bulles, des Rescrits, & des Brefs des Papes,pourquoi n’en pourra-t-on pas dire autant des Ordon-nances Latines des Evêques?
5. Hugues d’Amiens dit dans cette Chartre , queta Robe de notre Seigneur est depuis long-tems dansta trésor de l'Eglise d’Argenteuil , qu’il l’y a vue,qu’il l’en a tirée en présence de LoUïs IV. de toute faCour, & d'une grande multitude de peuple, & qu’il|’a exposée à la pieté des Fidelles. Mais apparemmentil ne le dit que fur la foi & la parole des Moines d’Ar-genteuil. Or il pouvoit se tromper en le disant, com-me le Pape Léon IX. s’est trompé en disant dans unede ses Bulles (c) , que le corps de saint Denys l’A-réopagite, qui est mort ì Athènes , selon les anciensMartyrologes , étoit dans l'Eglise de saint Emmerande Ratisbonne ; comme Pafchal II. Alexandre III.I-Uce III. Urbain III. Clement III. Innocent III.taíicolas III. & Martin IV. fe sont trompés en disantdans leurs Bulles (d) , que le corps de la Madeleine,stui est morte à Ephéfe , & que les Provençaux di-sent avoir, étoit dans l’Abbaye de Vézelai, en Bour-gogne. Toutes ces raisons & toutes ces considérationsme rendent cette Chartre fort suspecte, & je suis sûrque si un Bourgeois de Paris , ou d’Argenteuil voû-tait fe mettre en possession de quelque héritage dé-pendant du Prieuré d’Argenteuil, & qu’il n’eut pointde meilleurs titres pour s’y maintenir, que ceux qu’onproduit pour faire voir que la Robe fans couture denotre Seigneur est à Argenteuil, je fuis feur, dis-je,que les Moines d’Argenteuil fe mocqueroient de lui,& ta feroient bien-tôt débouter de ses prétentions &Condamner aux dépens. C’est cependant fur cette^ Wtre, ainsi que je viens de l'observer, que fe fontsondés tous ceux qui ont écrit depuis la mort de Hu-| Ues d’Amiens , que la Robe fans couture de notreseigneur étoit à Argenteuil. Car je conte pour rien-a Tradition populaire, aussi bien que la Prose que leP. Gçrberon (e) dit être dans les Missels de Paris de*505. de 1545. & de 1585. & dans celui de Char-les de 1553. J’ai un Missel de Paris imprimé en1 505. per Wolfangum Hopylium , impenss Simonis Vo~$ Ye , atque Thielmanni Kerver ; mais cette Prose ne s’yî. r °uve point. Je l’ai trouvée néanmoins dans un Mis-,d d e Chartres, non de 15;;. mais de 1552. Elle aestimée si belle & si bien faite , qu’on l’a retran-c hee de tous les Missels 8 c de Paris & de Chartres,ont été imprimés depuis 1555. & 1585. On faitpilleurs le mérite de la plupart de ces anciennes Pro-, es , où il y a plus de rythmes que de raison & de
d J®) L. Regist. Ep. 33. ad ss. Monast. 6 . Mas. fiti iii Epis. Dor-A ne níì. Veniens ( dit-il) ad nostram prasentiam frater Benedi-çl e S -’ 3 uem P 0 ^ obitum Patris Uberti religio vestra sibi prseelîè(wpt in Abbatem , detulit nobis quoddam privilegium , quodrecordationis Praedecèssoris nostri Alexandri nomine titula-dç? b'venimus ; quod nimirum ratum non esse manifestiffimistj^nendimus indiciis , corruptions videlicet Lati-st^Tls, nec non 8c diversitate canonica: autoritatis.di e \ ces mots : L. 1. Décrétai. Tit. de Rescript. c. Ad au-d e ^ tla m. A d audientiam nostram te significante pervcnit quod H.tix"?âo Stephano super absolutione sua literas tibi, ut prima fa-Vll ícbatur , Apostolicas prsesentavit , quibus, Q.U1A MANI-CONTINENT 1N CONSTRUCTlONE PECCATUM ,
/ ^ te nolumus adhíbere.
ohr ^pud Launoium in Dionys. Paris. Apost. vit. 8c miracul.c. j' ^bid. in Disquisit. Disquifit. de Magdalena Massif advenaso C. 4 ..
CHAPITRE VI.
Suite du même Sujet.
Des Messes du saint Suaire & de sainte Vé-ronique. Cette derniere regarde le fauxculte , étant appuyée sur un fait faux . 11rìy a point eu de Sainte appellée Véroni-que. La Véronique n’est autre chose quel'ïmage de la face , ou du visage de notreSeigneur , imprimée sur un linceul. Treu-ves de cette vérité par divers Auteurs &par divers livres Ecclésiastiques. La Messede saint Longis , ou Longin , pris pour leSoldat qui perça de fa lance le côté duFils de Dieu , regarde aujst le faux culte .Ce soldat rìest point un Saint , ér il nes'appelle Longis ou Longin , que par abus& par ignorance. ‘Plusieurs Martyrologesanciens font mention de saint Longin ,mais ils le nomment stmplement Martyr,& non Soldat , & c’est le Centenier quiconfessa publiquement la Divinité de Jé-sus-Christ le jour de fa Passion .
X.
Tom e II.
L A Messe du saint Suaire a Un fondement très-véritable & très-légitime. Car il est certainpar le rapport de tous les Evangélistes , que le Corpsde notre Seigneur étant mort fut enveloppé dans unSuaire, ou linceul , & que fa tête fut couverte d’unautre Suaire séparé , ainsi que l’assure saint Jean (f)lors qu’il dit, que saint Pierre étant entré dans le Sé-pulcre, vit les linceuls qui y étoient, & le Suaire quiavoir été fur fa têts, qui n’étoit pas avec les linceuls,'mais qui étoit enveloppé à part en un autre lieu: maisil est incertain si cette Messe est du Suaire dont leCorps de Jefus-Christ fut enveloppé , ou du Suairedont fa tête fut couverte. Comme elle parle des Suai-res de notre Seigneur en général , il y a apparencequ’elle est de l’un & de l’autre fans distinction. LesEvangélistes ne conviennent pas entre eux fur le pre-mier de ces Suaires. S. Matthieu (g) , S. Marc (h) ,& S. Luc (i) ne parlent que d’un seul Suaire, au sin-gulier. Joseph 'Vint trouver Pilate , (dit saint Mat-thieu) & lui ayant demandé le corps de Jésus , PilateCommanda qu on le lui donnât. Joseph donc ayant pris lecorps l’enveloppa dans un linceul blanc , le mit dans sonSépulcre, joseph (dit saint Marc) s'en vint hardimenttrouver Pilate <J- lui demanda le corps de Jésus. Pilatele donna à Joseph. Joseph ayant acheté ' un linceul, des-cendit Jésus de la Croix , t enveloppa, dans le linceul, lemit dans un Sépulcre. Et saint Luc : • Joseph vint trou-ver Pilate , er lui demanda le corps de Jésus : gr Payantôté de la Croix il P enveloppa d ’un linceul , & le mitdans un sépulcre taillé dans le roc. Mais S. Jean té-moigne qu’il y en avoit plusieurs, & il les marque aupluriel, darts le passage qu’on vient de citer : susditlinteamina posta , &c. Noncumlinteaminibuspostum&c.
• S’il y en avoit plusieurs , on comprend fans peinequ’il peut y en avoir un à Turin & un autre à Be-sançon , comme la Tradition populaire de ces lieux-là.en fait foi. Mais s’il n’y en a eu qu'un seul , ]] nepeut pas être à Turin & à Bezançòn , à moins qu’il
n’ait
(f) C. 20. EvàtígV 6 8c 7 . Venit Petrus . & lintroivit inmonumentum . & yidit Imteamma posita 8c Sudarium quod sue--rat super caput ejus , non cum Unteaminibus positum lèd sepa-ratim involutum m unum locum. ’ r
(?) C. 27. 57. 58. 59. 8c 60.
(h) C. iy. 43. 47. 8c 4.6.
(i) C. fo. ft.
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