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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITION S,

L’Auteur du Microloge (a) met au même rang cesmots, Et omnibus orthodoxis, atqua Catholica , & A-foftolica fidei cultoribus ; & ceux-ci: Pro quibus tibi of-ferimus, parce qu’ils ne se trouvent point dans les•Missels manuscrits les plus anciens & les plus corrects.Mais s usage de l’Eglise, qui les à reçus il y a déja plu-sieurs siécles, est plus que suffisant pour les disculperdu culte superflu dont cet Auteur les accuse ; quoi-qu’il ait raison d’en accuser les Prêtres qui dans l’Uk-de & memores Domine nos servi tui , mettent Nativita-tis avant Pajjionis, faisant ainsi mémoire de la Nativitéde notre Seigneur à la Messe, où, dans la pensée desaint Paul, de saint Ambroise & de saint Augustin,on ne doit annoncer que sâ mort, sa Résurrection &son Ascension glorieuse (b ).

On a ajoute plusieurs Saints à ceux qui font dé-nommés dans le Canon, au Communicantes , & lesMoines Bénédictins n’ont pas oublié d’y mettre saintBenoît, bien que cela ne se doive point faire, suivant^ observation de Raoul de Rivo (c).

On a aussi ajouté plusieurs choses à la priere, Hancìgìtur oblationem , dans quelques M estes qui font mar-quées par le Cardinal Bona ; (d) après le Supplices ter °gamus , ( e) avant le second Memento, & au secondMemento. Mais cela n'est pas des régies de l’Eglise,selon lesquelles on ne sauroit sans témérité rien ajoû-îer au Canon, que ce que les Saints Peres 8 c les Papes7 ont ajouté, comme parlent l'Auteur du Microlo-ge, (f) 8 c Raoul de Rivo. De forte que c’est a-vec beaucoup de j ustice qu'on en a retranché quan-tité d’Oraiíbns qui se lisent dans un très-grand nom-bre de Missels manuscrits, & celle-ci entre autres quePierre d’Opméer assure (g) qu'on doit dire avant quede le commencer: Domine Jefu Chrifle , Fìli Del vi-<vi, adjuva infirmitatem meam , H- conforta me mnc inhac hora , quia imperfeBum meum vident oculitui. A-doramus te Domine Jefu Chrijìe & benedìcimus tibi, quiafer faniïam Crucem tuam redemifti mandant. Qui paffrnes pro nobis , miferere noflrì.

3. C’est aussi une présomption temeraire que de re-trancher de propos délibéré la moindre chose du Ca-sion de la Messe, & ce peut-être quelquefois uneVaine observance. Il y a sur cela une défense expres-se dans le premier Concile Provincial de Milan, ( h)St dans le Concile Provincial de Bourdeaux, (i) enOn l’a rapportée ci-devant (kj*

VI. L’Elevation de l'hostie se sait vers le milieudu Canon de la Messe. Autrefois on ne chantoittien pendant cette cérémonie; & c’est par cette rai*son que le second Concile de Trêves (/) en 1549.? e veut pas que dans ce tems-là on joué des orguesssisqu’à X Agnus Del , ni qu’on chante aucune Antien*^e, soit pour la paix, soit contre la peste, ou la mor-alité ; & qu’il ordonne que les fidelles demeurent ensilence, ou à genoux, ou prosternés en terre, médi-at la Passion de Jesus-Christ, & rendant grâces à ce

c C. 15. Htec omnia ( dit-il ) ille procul dubio superflua &te denda judicabit, quicumque antiquiores 8c emendatiores Sa-rarr >entarios diligenter inspexerit.

f) Cùm juxta Apostolum {ce font ses paroles ) in ejusmodi íà-j .‘cio, non Nativitatem Domini, sed mortem ejus annuriciaree °eamus. Unde 8c S. Ambroíìus in libris Sacramentorum, „ Quo-’’ J,'cscumque ( inqust ) offertur íàcrificium, mors Domini, Re-‘Urrectio Domini, Ascensio Domini íìgnificatur**. Quod 8c S.fe u §ustinus sua attestatione confirmât. Quàpropter 8c nos ibi■ynùm PaiT )onen1 Resurrectionem, 8c Ascensionem comme-^mus.

^ i c ) Loc. cit. Aliorum Sanctorum nomina enumerare non de-, n jQ quos antiquitùs descriptos in Canone reperimus,

K' L. z. Rer. Liturg. c. n. n. 4.p) Ibid. c. 14. n. 1.

V) Loc. cit.

st) In assertion. Miffie, pag. 3 6i.st) Part. a. Tit. f.k') Tit. T .

(!) Itans ce chap. n. xi 11. §• I-

qj ) C. 9. de Miss. offic. rite peragendo. Silenter (dit-ìl) pro ses que, aut flexis genibus, Paffionis ac mortis Christi comme-tW tlonem àciat, ac Redemptori gratias agat pro beneficiis pertem ejus largislìmè acquisitis.

divin Sauveur des bienfaits dont il les a comblés parfa mort. Le Concile Provincial de Reims {m) en1585. ordonne la même chose touchant les orgues.Le premier Concile Provincial de Cologne, (n) en153< 5 . témoigne qu’en certaines Eglises, après Elé-vation , on chante des Antiennes pour la paix &contre la peste, ou la mortalité ; mais il ne dit pasqu’on en chante pendant l’Elevation; & il ajoute,qu’il seroit plus à propos de demeurer durant ce tems-là dans le silence, & de chanter ces Antiennes à lafin de la Messe. Le Concile Provincial de Reims,,qu’on vient de rapporter, (0) n’a pas d’autres senti-mens.

Le Synode d’Ausbourg, (p) en 1548. qui ordonnéqu’on ne chantera à l'Elevation que des Antiennes quiConviennent au mystère de l'Eucharistie, déclaré qu’onseroit bien mieux, & qu’on se conformerait davanta-ge en cela à l’ancien usage de l’Eglise, si l’on con-temploit dans un très-profond silence & le visage pro-sterné en terre, la présence du corps de Jesus-Christ.

Erasme rend témoignage à cet ancien usage, dansson livre De la Concorde de l'Eglise, (q) où traitantdes Antiennes que l’on chante à l’Elevation , il ditqu’autrefois on n’en chantoit aucune, ni pour la paix ,ni contre la peste, ni pour les biens de la terre, aprèsla consécration du corps & du sang de Jesus-Christ:& que l’Eglise Romaine n’a pas coutume (r) d’enchanter. Le Cardinal Bona (r) dit dans le même sensque le Synode d’Ausbourg, qu’il est plus à proposd’adorer Jesus-Christ en silence pendant l’Elevation,conformément à la pratique de l’Eglise Romaine : Etdans le vrai on ne voit point de Rubrique dans lesMissels Romains, où il soit dit qu’on chantera quel-que chose à l’Elevation. Le Rituel d’Alet, (t) de1677. marque expressément, Ou’il n y faut pas chan -ter. Les Chartreux (v) n’y chantent rien encore au-jourd’hui, & les Bénédictins, non plus que les Cis-terciens (x) n’y chantoient rien anciennement.

Depuis Louis XII. qui mourut en x 515. on y chan-te en France le verset O falutaris hojlia , selon le té-moignage de Josse Clictoùe (y) , de Mr. de Saintes,C*) de d’Epense (a ), de Mr. Grimaud (b), Théolo-gal de Bourdeaux, du Cardinal Bona, (c) 8 c de plu-sieurs autres Ecrivains. Mais cela s’est établi par l’a-veu & le consentement des Evêques de France, sui-vant la remarque d’Urbain Reversey, Chantre &

Cha-

[m) C. y. de Èucharist. ri. 18. Organa ómnino silfire jubemusab elevatione corporis Christi usque ad Hymnum Agnus Dei .

(») Part. 2. c. 14. Post elevationem consccrati corporis ac ían-guinis Dominici, in nonnullis templis canustt Antiphonas propace, aut contra pestilentiam, aut mortaiitatem, cùm potiùs rumvideretur silendum, 8c ab omni populo mortis Domiriic® com-memoratio habenda, prostratisque humi corporibus , animis incoelum erectis, gratite agendse Christo redemptori, qui nos san-guine suo lavit, morteque redemit. Cantiones verò illlae contramortalitatem feu cladem, aut pro pace, satins post finitam Mis-íàm canuntur.

( 0 ) Lorsqu’il dit: Loc. cit. n. 19. Inter Miflàrurnsoíemniama-xime eodem cujus meminimus tempore, id est, à consécrationslânctiffimi corporis Christi usque ad Hymnum Agnus Dei, 8c san-ctiffimam communioriem, quivis Psalmi (etiaffl ille cujus est ini-tium, L&iatusfum) Antiphonat responsoria, preces 8c suffragia,-alia ab his quáe in Miíïàli continentur non admisceantur. Si aliquafuerint hactenus recepta quacumque occasione, vel mstitutione,ante, vel post MissaS celebrationem, recitentur.

(/>) C. 18. Qnanquam meliùs, 8c veteri Ecclefi* conveniesttiuseslèt, prKÍentiam Dominici corporis in altissimo silentio prostra*.tos contemplari.

(q) Post med. Id omnino pratter veterum morem inductumest.

(r) Nihil porrò taie novit Romatìa Ecclesia.

(s) L. J. Rer. Litur. c. iz. n. 2. Cùm satins fit Christ um mfilentio adorare, fient consuevit Romana Ecclesia,

(t) 2. Part. Instruct. 7.

(v) Ordinar. Carthus. c. 31. §. lo.

(x) issus Cisterc. c. 56.

(y) L. r. Elucidât. Eccles, in Hymn.-Verbum superrium P ra«diens.

(a) De Reb. Eucharis. Repetit. 9. c. 7.

(a) L. i. de Adorât. Euchar. c. io. *

(è) Dans fa Liturgie sacrée , Part. 3. c. 8,

(c) Loc, cit. !

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