D E S S U P E R S T I T I O N S.
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CHAPITRE II.
Des Superstitions qui regardent les cérémo-nies cíe la Meíïè.
Injufies reproches des Hérétiques contre lesCérémonies de la Messe réfutez par leConcile de Trente. Celles qui ne font pasapprouvées de f Eglise font superstitieu-ses i celles qu'elle approuve ne le font pas.Cette régie générale est établie fur les dé-cifions de divers Conciles , qui défendentde pratiquer d'autres Cérémonies en disantla Mejse , que celles qui font prescritespar les Missels } ce qui se doit entendre deceux qui sont exaCts & corrigés. T)u foinqu'a l'Eglise de la correction des Missels.Exemples des Superstitions qui fepeuventrencontrer dans les cérémonies de la Mes-se. Baiser une image avant le Canon. Ê-lever trop haut l'hostie avant la consécra-tion. Baiser la patène , & le calice. Sic'est Superstition de communier dans l'E-glise hors du tems de la célébration dessaints mystères ì Raisons qui montrentqu'on ne le doit faire ni devant , ni aprèsla Messe.
L Es Protestans traitent de ridicules & de supersti-tieuses toutes les cérémonies que l’Eglise obser-ve dans la célébration de la sainte Messe. Mais leConcile de Trente explique (a) admirablement & enpeu de paroles les raisons qu’elles a euës de les éta-blir . II fulmine ensuite (b) anathème contre ceux quidisent, qu’elles portent plutôt (c) à l’impiété, qu’àla dévotion. Et le Cardinal Bellarmin (d) les justi-fie toutes en particulier contre les reproches des hé-rétiques.
Cela n’empêche pas néanmoins qu’il ne se puiíïe in-troduire, 8 c qu’il ne se soit effectivement introduitQuelques Superstitions dans ces cérémonies, contre l’in-tention de l'Eglise. Mais voici la réglé générale àlaquelle on peut reconnoître celles qui sont supersti-tieuses , & celles qui ne le sont pas.
Comme l'Eglise est conduite par l’Esprit de Dieu,^ que selon l’expression du saint Apôtre, (e) elle est^ colomne & la baz>e de la vérité , les cérémonies de laMesse qu’elle approuve & qu’elle autorise par ses usa-ges ne font nullement superstitieuses , parce qu’elle a* e Çu de Jeíus-Christ son divin Epoux, la puissancede les établir, & qu’elle n’attend que de Dieu les es-ters pour lesquels elle les a établis. Mais à l’égard de£ e Hes qu’elle n’a pas établies & qui ne sont pas con-fines à fa pratique, il est hors de doute qu’ellessen-le culte superflu 8 c la vaine observance. Cette ré-
Sels. ii. Doctri. de sacrif. Miss. c. j\ Cùm natura homi-ea sit (dit-il) ut non facilé queat fine adminiculis exteriori-Us ad rerum divinarutn meditationem íustolli, propterea pia ma-er Ecclesia ritus quosdam instituit. Csremonias item adhibuit,J m ysticas benedictiones, lumina, thymiamata, vestes, aliaque* genus multa, ex Apostolica disciplina 8c traditione, quo &i^Rstas tanti íàcrificii commendaretur, 8c mentes fidelium per* c visibilia religionis 8c pietatis signa ad rerum altiffimarum,”*** in ^ oc iâcrisicio latent, contemplationem excitarentur.p '*) Ibid. can. 7. Si quis dixerit cœremonias, vestes 8c externaìiy 1 *’ stuibus in Missarum celebratione Ecclesia Catholica utitur,^'tabula impietatis esté m agis, quàm officia pietatis, anathema
iss Ce reproche est un de ces excés dans lequels on íè jetta aurn s de la Reformation. Cette exagération Lc d’autres de cettep/ Ure étoient propres à faire naître des doutes 8c des scrupules ,. ° u l'on détachoit les uns 8c l'on animoit les autres.
, ì *-'■ *• de Mis. c. iî, 14. ic, 16, 8c seq.
Q. *• Timoth, 3. k, * >
Tome II.
gle est fondée sur ce que disent le Concile de T rente,(f) & le Concile Provincial d’Aquilée (g) en 1596.lorsqu’ils défendent aux Prêtres d’observer, en célé-brant la Messe, d’autres rites & d’autres cérémoniesque celles que l’Eglise approuve, & qu’elle autorisepar un usage fréquent & louable.
Ee premier Concile Provincial de Milan (h) enr;6;. leur enjoint de garder exactement, en disant laMesse, les cérémonies de l’Eglisc Romaine, & leurdéfend d’en pratiquer d’autres. Ce qui fe doit enten-dre des Diocèses ou le rite Romain est reçu & necondamne nullement les rites particuliers des Misselsdes autres Diocèses, quoique différens des Romains.Le Concile Provincial de Bourdeaux (i) en 1585.leur enjoint la même chose. Le Concile Provincial deNarbonne (k.) en 1609. parle de la même maniéré. Ceque ces deux derniers Conciles Provinciaux ordon-nent est conforme à ces ( 7 ) paroles de la Bulle dePie V. qui est à la tête du Missel Romain. Le Con-cile Provincial de Tours, (m) en 1583. fait une pa-reille défense aux Prêtres que le Concile de Trente& le Concile Provincial d’Aquilée. Enfin le ConcileProvincial de Bourges, (») en 15 84. veut qu’en cé-lébrant les saints Mystères, on garde exactement & re-ligieusement toutes les Cérémonies qui sont prescritesparles Missels, & défend d’y rien ajouter, ni d’enrien retrancher.
Mais lorsqu’on parle ici des Missels, on ne parleque de ceux qui sont exacts, châtiés & corrigés parde bonnes mains. Car on ne fçait que trop qu’il y abien des choses dans les anciens Missels, & Romains& autres, qui méritent correction. Rien ne le justi-fie mieux que ce que le Concile Provincial de Colo-gne (0) en 1536. ordonne touchant la correction qu’onen doit faire. C’est dans le même esprit que les Con-ciles Provinciaux de Bourges (p) & de Sens, (q) en1J28. le Concile de Trente, (r) le Concile Provincialde Reims, (s) en 1544. Le Synode d’Evreux, sousMr.de Saintes, en 1577. Le Concile Provincial daRouen> ( t ) en 1581. celui de Reims, (v)en 1583.’
ce-
(/) SeíT. 11. Decret. de obíervan. Sc vit. in célébrât. Miss».
(g) Rubric. 4. Ne ritus alios, aut alias ceremonias in Misswrum celebratione adhibeant, prseter eas quse ab Ecclesia probatae,ac frequenti 8c laUdabili usu receptse fuerint,
(h) Conflit, p. 2. n. y. Prsecipimus ut Sacerdotes in Misse ce-lebratione, ceremonias à Romana Ecclesia institutas ad unguemfervent, neque alias adhibeant.
(i) Tit.y. In celebratione Misse omnes ritus ac ceremoni*,quaj in Missali Romano praescribuntur, exactè 8c religiosè obser-ventur, nullis prxtermiffis, nullisque omnino adjectis.
(k) C. ip. Sacerdotes celebraturi nihil addent, vel diminuent,'nec ullas adhibebunt ceremonias prseter eas quse in Miflàli Roma-no exprefle notantur, ut unitas in fide 8t moribus, 8c actionibusinter fideles, fient semper fuit, ubique terrarum reperiatur.
(/) Mandantes ac districtè omnibus 8c singulis Ecclesiarum Pa-triarchis, Administratoribus, aliisque períònis, quacumque Ec-clesiastica dignitate fulgentibus, aliis in virtute sanctse obedientiaeprsecipientes, ut Missm juxta ritum, modum ac normam, quseper Missale hoc à nobis nunc traditur, décantent, ac legant ; ne-que in Misse celebratione alias ceremonias, vel preces, quàmquse hoc Missali continentur, addere, vel recítare prsesumant.
(m) Tit. 8. Sess. apud Andes. Sacerdotes (dit-il) aliis ab Ec-clesia minime receptis Lc approbatis ceremoniis uti non permit-timus.
(ri) Tit. 25. can. i j. In celebratione Misse, omnes ritus Lc Ce-remonise quse in Miflàlibus prsescribuntur exacte 8c religioíe ob-íèrventur, nec quidquam addatur, aut detrahatur. .
(o) A la fin de ce Chapitre 6. part. 2. c. 7. Voici ses proprestermes: Peculiaria Missarum argumenta, recens prater veteruminstitutionem inventa, etíam Patnbus disphcuerunt, quòd tan-tum Mysterium pro affectu cujuslibct tractan non deceat. Prosasindoctas nuperius Miflàlibus caeco quodam judicio invectas p r *.termittere per nos líceret. Videbimur ergo opérs pretium factnri, si Missalia perinde atque Breviaria pervideri curemus utputatis tantùm superfluis, Lc qus superstitìosius invecta viderîpossint, ea tantùm quse digmtati Ecclesis & priscis institutis tsentanea fuerint reliquantur.
(p) Decret. 15.
(q) 21. inter Decret. Mor.
(r) Sess. iy. sub. fin.
(s) In Congregat. 6.
(t) Cap. de cuit. Divino.
(v) De Breviar. Miss. & Agcndis.
Ff
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