DES SUPERSTITIONS.
celui de Bourges, (a) en 1583. & celui d’Aix, (b)en 1585. veulent que l'on revoye, & que l’on corri-ge les anciens Missels, 8c les autres Livres Ecclésiasti-ques. Ainsi on ne doit pas croire nf que des prièressoient orthodoxes, ni que des cérémonies soient au-thentiques , précisément parce qu’elles sc trouventdans des Missels anciens, à moins qu’ils n’ayent étéfaits, revus, ou corrigés par des gens habiles & sa-tins dans la science de l’Eglise.
Il faut maintenant rapporter quelques exemples dessuperstitions qui concernent les cérémonies de laMesse.
í. Ce seróit Un culte illégitime & illicite à un Prê»tre Grec de dire la Messe selon le rite de l'Eglise La-tine , & à un Prêtre de l’Eglise Latine de la dire se-lon le rite des Grecs, parce que l’un & l’autre s’éloi-gneroiént de la coutume générale de' leurs Eglises.Aussi le Pape Pie V. par fa Bulle Providentia , qui estdu 20. d’Août 1 ;66. défend (c) positivement âuxPrêtrés Grecs de pratiquer les rites Latins, & aux La-tins les rites Grecs, fous peine d’encourir ï’indigna-tïon de fa sainteté, & de suspense perpétuelle de leursfonctions, nonobstant les licences & les facultés qu’ilspeuvent avoir de le faire.
ÎÍ. Un Prêtre seróit coupable de la même faute,qui fous prétexte de plus grande dévotion, ou autre-ment, ajouteroit de nouvelles cérémonies à celles quifont prescrites par l’Eglise, ou qui en retranchèrent,ou ert changerait quelques-unes : qui féróit, par exem-ple , plus de bénédictions, OU plus de génufléxionsqu’il n’en faUt faire, ou qui n’en féróit pas tant qu’ilen faut faire. Cela s'inféré dés paroles que l’on vientde rapporter du Concile de Trente, du premier Con-cile Provincial de Milan en 1565. du Concile Pro-vincial de Tours, & de celui de Bourdeâuxem583.du Concile Provincial de Bourges, en x 5 84. de ce-lui d’Aquilée , en 1596. & de la Bulle de Pie Y. Etc’est en conformité de ces regiemens que Mr. de RueilEvêque d’Angers a fait cette Ordonnance (d) du der-nier Août 1645. „ Tous Prêtres, soit Séculiers ,
5» soit Réguliers, seront avertis par leurs Curez &,, leurs Supérieurs de s’arrêter ponctuellement aux ru-,, briques du Missel en célébrant la sainte Messe, fans„ qu’il soit loisible de forger des cérémonies à fa„ poste, comme il semble que l’on s’en veuille don-„ ner la licence, plusieurs fortans de la décence des,, rubriques si étudiées & si concertées, rte sachans„ pas à l’avanture que toute cérémonie avec affecta-,, tion cesse d’être cérémonie, & parmi les sensés pas-„ se pour grimace, & devant ceux qui ont l’autori-„ té, matière à répréhensión. Entre autres choses se
(a) Tit. 1. can. 9.
(b) Tit de MiíTal. 8c Breviar. Hortamur (dit le Concile Trovin-t'utl de Rouen, en 1581.) nostrse Provincix Episcopos, ut dili-genter inspiciant & examinent suarum Diœceíum preculas hora-rias, Breviaria, Missalia, Agendas, feu Matlualia curatorum, at-que alios libros Ëcclesiasticos, ac cefemoniâs, ne quid contineantcontrarium doctrinx Catholic*, aut veris historiís fanctorum,aut íòrtilegiis affine, aut aliquid quod ad xdific'ationem Ecclesia-sticx disciplina, 8 c morum piétatem non pertineat.
(c) Sânè (1 iit-tl) cùm ad notitiam nostram pervenerit, quòdnonnulli Presbyteri > tâtn Grxci, quàm Latini antiquum S. R. E.ritum tam in celebratione Missarum, quàm aliorum divinorumofficioruiii pervertere fatagentes ; diversas licentias & facultatesMissas 8c alia divina officia, Grxci Latino more, ac Latini Graecoritu celebrandi, ab Apostolica fede, vel ejús Legátis, ac etiammajore Pxnitentiario pro tempore existante variis prxtextibus im-petrarunt, ilúsque jam pridem utuntur: hoc ab antiquo Catho-de* Ëcclesix instituto, íànctorumque Patrum Decretis deviareconsidérantes Sc propterea hune ábusum ab Ecclesia Dei extirpareoc submoyere volentes, omnes Sc singulas licentias, 8c facultateshujusmodi,... Apostolica automate ex certa íèientia hac prxsen-te nostra perpetuò valitura constitutione revocamus, eassamus,snnullamus & irritamus ,'quibusvis Presbyteris, tam Grxcis, quàmLatinis, in virtute sanctx obedientix, 8c sub indignationis no-strx, ac perpetux suspensionis àdivinis,pœnisdistrictiùsinhiben-tes, ne deinceps Presbyteri Grxci , prxcipuè uxorati, Latinomore, Sc Latini (jrxco ritu, hujusmodi licentiarum Sc faculta-tum, aut alio quovis prxtextu, Missas 8c alia divina officia cele-brare, vel celebrari facere prxsument.
( d) Parmi les Statuts du Diocèse d’ Angers, p. 41*5.
„ remarque que lorsque quelques Prêtres, tant Secu-,, liers, que Réguliers disent ces paroles du Canon,„ Domine non fum dìgnus , ils se contrefont d’une e-„ trange façon, se tournans moitié 5 l’autel, moine„ vers le peuple, contre la prescription expresse de B„ rubrique, conçûe en ces termes: Tenenspartes am-,, bas hofiia Jkper patenam , inter petites & calicem , p*“„ rum inclinafus. 11 se pratique encore d’autres inde*„ cences ausquelîes il fera pourvû, mais celle-là il„ semble qu’on la veuille faire passer en coutume par
une affectation insupportable. Lesdits Curés 8c Su-„ perieurs des Maisons font exhortés au moins tous les,, mois une fois de faire une répétition des cérémonies,,, pour retenir par ce concert un chacun dans les„ prescriptions de l’Eglise, 8c rendre à ce Sacrement,, auguste toute la révérence qu’il sera possible”.
III. Dans la plupart des Missels, tant anciens, quemodernes, il y a entre le Santlus 8c le Canon une i'mage de Jefus-Christ crucifié. Nicolas de Ploue ,Docteur en Droit & Chapelain de l’Eglise de Poínasten Pologne, marque O) qu’il faut que le Prêtre baisecette Image avant que de commencer le Canon. Maissi cette pratique n’étoit pas superstitieuse dans l'Eglisede Posnan, I cause peut-être qu’elle y étoit autoriséepar l’ufage, du tems de cet Auteur, elle l’étoit très-assurémesit, Ou elle étdit au moins abusive, dans tou-tes lés autres Eglises où elle n’étoit pas reçue.
IV. C'est exposer les simples qui assistent au Sacri-fice de nos Autels à l’artolatrie, ou à l’adoration dupaie, que d’élever trop haut l’hostie, enforte qu’il 5la puissent voir, avant que de prononcer les parolesde la consécration. Le même Auteur (f) condamnecette pratique, 8c dit que le Prêtre doit tenir l’hostiesi bas fur l’Autel avant que de 1a consacrer, qu’ellené puisse être vue de personne. Saint Bonaventure (/)en avoit à peu-près fait autant avant lui, & long- temsavant ces deux Auteurs,, les Statuts Synodaux d’Eu-des de Sulli Evêque de Paris avoient défendu (h)cette pratique. Les Statuts Synodaux de l’Eglise deT rayes, (i) en 1529. sont la même défense. En fi 1 *les Statuts Synodaux de l’Eglise de Lyon, (k) impri-més en 1566. marquent la même chose. Cette Ordon-nance se trouve traduite ainsi en François dans les Std'
(e) Tract. Sacerdot. de Exposit. Mis. de 4. p. Mis. AccédsSacerdos ( dit-il ) compositis manibus osculatur lmaginem Gr»^fixi, inclinando se humiliter, deíignans humileffl inclinâtione 1 ”quam fecit Christus ante suam passionem, in qua facìus est st‘* trestes stcut guttet furtguìnis decurrentis ìn terram.
(f) Ibìd. r. p. can. ad illa verba: Hoc est enim, &c. Al’si 11 *(ce font f es propres mots ) dicentes ista verba, Hoc est enimmeum, tenent hostiam in manibus ; ita quod poffit vide" ^circumstantibus, quod est grave periculum ; quia tune potest ^dorari per simplices ante consecrationem, quod erit grave P £Ccatum. Et ideo teneat eam valde depressé in aï tari ne viíie ;ltur '
(g) En ces mots: Spec. Diícipl. ad Novit. p. 1. c. 17. Intfs c .tera solerter provideant Sacerdotes, ut cùm hostia fuerit c° ncranda, ita parum Sc cautè in principio eam levent, quasi 1tu m íîbi de manibus (depresso aliquantulum pollice ) h cicíì \ aut, si fieri potest, ante consecrationem à circumstantibus v!L •non poffit, ne à simplicibus adoretur : qui quantò citius eaM .détint in manibus Sacerdotis, incarné nondum consecratara afant.
(h) Par ces paroles : Prxcipitur Presbyteris, ut cùm inne Mislx inceperint. Qui pridie, tenentes hostiam, ne el ç team statim nimis altè, ita quòd vider, poffit à populo, íèd <r ^ante pectus detineant, donec dixerint, Hoc est corpus mea»*’tune elevent eam, ita quòd poffit ab omnibus videri. ; 3
(/) Loríqu’ils disent: 4. prxcept. de l’Eucharist. loc. 10• y usl tplûtes Sacerdotes 8c ferè omnes, dum Miflâs célébrant, 2 c ^in illoloco, Qui pridie quàm pateretur accepitpemem, & c ' a í \ } ipiunt panem in fuis manibus, Sc illum devant, etiam ante ,-rMflicónsecrationis, ita in altum, quod circumstantes altare d, cpanem videre possunt Sc vident, atque non consceratum ad ° ri) ,multi simplices, credentes quod sit corpus Christi consecr atquod est idolatria: Quare omnibus Presbyteris inhibemus n ^extero dictum panem ita elevent quod ab aliquo poffit videti, ^eum in absconse inter manus teneant, donec compleverintconsecrationis, videlicet: Hoc est enim corpus meum. u^Aíi-
(k) Par ces Paroles: Tit. de eeleb. Misl. & Sacram. . fa ,Caveat Sacerdos ne in Mií& Canone hostiam nondum co f 1 o'tam ita altè elevet, ut à populo poffit circumspici, ne occ*nem adorandi videntibus det : íed ante pecìus detineat,protulerit hxc verba: Hoc est, & c.