DÈS SUPER
fie lâ pârt des Directeurs & des Directrices, parcequ’ils se mêlent & s’embarassent de choses qui ne lesregardent nullement, & pour lesquelles ils n’ont nulle ,Vocation , nulle mission & nul caractère; qu’ds ap-prennent souvent ce qu’il leur seroit plus avantageuxde ne pas savoir ; & qu’ils s’expúscnt sans nécessité àJous les dangers auxquels les Confesseurs légitimesfont exposés dans la pénible fonction de leur charge,<re qui s’appeîle proprement aimer le danger, & vou-loir périr dans le danger , conformément à la parolede l’Ecriture (a)-.
De la part des Pénitens & des Pénitentes ; i. parcequ’ils s’exposent à faire une mauvaise Confession Sa-cramentelle , en se confessant auparavant à des Direc-teurs , ou à des Directrices , s’iis font peu éclairés,comme il n’arrive que trop souvent , qui ne saventpas distinguer entre la lèpre & la lèpre ; qui s’imagi-nent que ce qui est péché ne l’est pas, & que ce quine l’est pas l’est en esset ; qui ignorent quand &comment il faut restituer le bien d’autrui , quand &comment il faut faire réparation d'injure au prochain,quels font les péchés auxquels il y a des censures an-nexées , & ceux auxquels il n’y en a point, quelsfont les Cas réservés au Pape , ou aux Evêques &quels font ceux qui ne font pas réservés ; enfin quifaute de lumières prennent pour péché véniel ce quiest péclié mortel , & pour péché mortel ce qui n’estque péché véniel , & conseillent de se confesser dechoses qu’on doit supprimer, & de ne se pas confesserd’autres choses qu’on ne doit pas omettre dans la.Confession;
i ; Cette pratique tend à faire souffrir aux Pénitens& aux Pénitentes une double confusion, en confessantïeurs péchés les plus cachés & les plus énormes , d’a-bord à leurs Directeurs , ou à leurs Directrices, &ensuite à leurs véritables Confesseurs. Ainsi c’est leurimposer un double joug & un double fardeau. Etcomme on se fait d’extrêmes violences en portant unefeule fois ce joug & ce fardeau , pour obéir au pré-cepte de Jesus-Christ & de l’Eglise, qui l’ordonstentjil n’est pas mal-aiíé de juger combiervgrande doit êtreh peine de !e porter deux fois, lorsque principalementil n’y a nulle obligation de le faire , & qu’on n’estpas certain que ces premiers Directeurs , ou ces pre-mières Directrices gardent le sécret d’une maniéré aussiexacte , aussi inviolable & aussi rigoureuse que lesConfesseurs légitimes font obligés de le garder;
;. Parce que c’est souvent jetter les Pénitens & lesPénitentes dans de grands embarras , lors particulière-ment que les fentimens des Directeurs & des Directri-ces fe trouvent opposés à ceux des Confesseurs, com-me il peut arriver assez souvent.
Le Directeur spirituel desntereffé de Mr. Camus E-Vêque de Beilei , a été uniquement écrit pourdésabuser de cette erreur les personnes qui fe persua-dent qu’on peut diriger sans confesser , & confesserfans diriger ; & clés le premier chapitre de là premie--e partie il dit. fort à propos à notre sujet : „ Ce ti-,, raillement d’efprit partagé entre ces deux considéra-it tions également probables , comme un fer balancés, entre deux aimans, est une peine] qui ne peut être», connue que de celui qui la ressent. Métrés une-, personne également affamée & altérée entre le boire-, & le manger, fans doute elle féra comme îa navire„ qui brûle dans la mer , elle périra dans son propre-, rémede. Car par où voulez-vous qu’elle commen-„ ce ? Et de boire & manger au même rems , la na-'
-, ture ne le permet pas. Cette ame dont je parle,
», qui avoit pour Confesseur un Prêtre de fa Paroisse-, & pour Directeur un Prédicateur célébré , étant-> altérée & affamée de justice , c’est-à-dire , extrê-„ mement désireuse de bien faire, & se voyant quel--, quefois en une même occasion, persuadée par 1 un,
(a) Qui amat periculum m illo peribit. Eccl. z. rf.
Terne //.
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& dissuadée par l’autre , étoit eri Tagonie d’unefemme qui a les douleurs de l’enfantement & riepeut accoucher, les élans de la véhémence de sondésir lui donnant des tranchées fâcheuses. L* un quibâtit & l’autre qui démolit (dit le Sage) ce n’estpas pour Faire un grand édifice. C’est faire com-me le cordier de l’emblème , dont l’âne rongeoitla corde à mésure qu’il la tordbit. C’est la toilede Pénélope tissue de jour & défaite la nuit. Ou-tre l'amertume d’esprit , ceci la íaisoit embarasseren des labyrinthes de scrupules , dont elle n’apper-cevoit pas l’entrée, & n’en pouvoir trouver l’iílue.A n’en point mentir , je n’ai jamais pu'approuvercette distinction qtìe font quelques-uns de la Di-rection & de la Confession, comme s’ils séparaientle précieux du vil , & pour parler en termes d’E-cole, P Architectonique du tectonique.
On peut voir dans la fuite de cet ouvrage les autresmconvénïens qui arrivent aux Pénitens & aux Péni-tentes qui ont d’autres Directeurs que leurs Confesc
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II. L’examen de 1a conscience doit préceder la Con-fession , puisque le Concile de Trente (b) assure j‘qu’il faut que les Pénitens déclarent tous les péchésmortels dont ils fe souviennent , après s’erre soigneu-sement examinés : P ost diligentem fui dìscujsionem. Maison peut tomber en quelques Superstitions touchantcet examen.
C’est une négligence inexcusable de ne pas donnerà cette action tout le terris nécessaire pour la bien fai-re : je veux dire , lorsqu'on n’y apporte pas tout lesoin & toute l’application qu’on à accoutumé de don-ner aux affaires les plus importantes , ainsi que parlele Catéchisme du Concile de Trente (c). Car com-me on s’applique sérieusement & de toute l’étenduede son pouvoir à ces sortes d’affaires , qu’on y em-ployé toute l’adresse & toute l’habileté dont ort estcapable , & qu’on fait tous ses efforts pour ne rienoublier de tout cè qui peut les faire réussir; c’est s’a-buser Íûi-même en matière de dévotion que de n’enpas faire autant à l’égard de la Confession , où il nes’agit pas de l’heureux succès d’une affaire temporel-le, mais de l’assurance de son salut éternel , en rece-vant la rémission de ses péchés , qu’on ne fauroit ob-tenir dans les voyes ordinaires , que par une Confes-sion bien conditionée;
, Les livres spirituels sont pleins d’avis & destruc-tions pour bien faire cet examen fur toutes sortes depéchés, mortels 8c véniels, intérieurs ou extérieurs 1d’action & d’omiffion, d’ignorance , de passion & demalice, de ceux qui procèdent des habitudes vicieu-ses , cle ceux qui fe commettent par erreur ou pardoute, de ceux que le prochain fait par notre faute,& auxquels nous donnons lieu , soit que nous le fâ-chions , ou que nous ne le sachions pas. Mais celan’étant pas dé mon sujet, je ne m’y arrête pas davan-tage.
On tombe dans une faute encore plus grande, lors-que n’ayant pas apporté tout le soin & toute l’appli-cation nécessaire , pour faire l'examen de fa conscien-ce, 8c sachant même qu’on n’est pas assez bien prépa-ré pour faire une bonne Confession , on ne laisse pasde fe confesser , s’exposant témérairement à rendre íàConfession nulle , & à ne pas recevoir par le Sacre-ment de Pénitence la rémission de ses péchés.
C’est une grande soiblesse lors qu’après s’être don-né beaucoup de peine â rechercher exactement ses pé-chés , on n’est jamais content de soi-même, & q u Il’on demeure toujours dans 1® doute & l’incertitude necroyant jamais avoir assez bien examiné fa conscience^& ne pensant qu’à cet examen, & peU) ou point d ’
tout,
(6) Sess. 14 . c. f.
2 : de ,, P , œni h Sacram. ín Confeffione íumma illa curaMiligentia admbenda est quam in rébus graviffimis ponere so.
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