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justifier devant Dieu. „ Cela n’apartient (dit le 5a-vant Auteur du Traité de l’Oraison) (a) qu’à l’a-„ mour de Dieu qui [détache réellement le cœur de,, tous les engagemens criminels; qui lui fait préférer,, Dieu à toutes choses, non par des désirs stériles,„ mais par des résolutions fermes & affectives. Voilà„ quel est cet amour de Dieu, du moins commencé,,, qui suffit pour nous obtenir la rémission de nos pé-„ chés. Mais cet amour est souvent très-longtems„ précédé par de foibles désirs, par de légéres com-„ plaisances qui se joignent à nos bonnes pensées. Et,, ces mouvemens foibles ne rendant point encore Dieu,, maître de nôtre cœur, ne produisant point un re-,, tour à Dieu solide & effectif, & ne donnant point,, lieu de dire véritablement que nous sommes con-,, vertis, ne suffisent nullement pour nous réconcilier,, à Dieu dans le Sacrement, & encore moins fans le,, Sacrement, parcequ’ils n excluent pas la volonté de„ pécher”.
X. Certaines personnes scrupuleuses s’imaginent queleur Contrition ne seroit pas bonne, si elles n’en pro-duisoient des Actes à chaque péché qu’elles confes-sent ; & il se trouve des Confesseurs aisés simples &affés idiots pour souffrir, & même pour approuver,une telle conduite. Mais c’est une pure illusion, &une vraie Superstition du culte superflu, puisqu’unseul Acte de Contrition peut suffire pour plusieurs pé-chés, & se peut étendre à plusieurs péchés, fans qu’ilsoit besoin de le réitérer à chacun. Et en effet le bonLarron reçût la rémission de tous ses péchés en un in-stant , bien qu’il n’eût pas produit des Actes de Con-trition de chacun en particulier. La pécheresse de l'E-vangile obtint aussi le pardon de tous ses crimes parun seul Acte d’amour. Comme la charité toute seulecouvre la multitude des péchés, selon l’expreffion dusaint Apôtre, (b) la Contrition, si elle est véritable,étant un Acte de Charité , on ne peut pas douterqu’elle ne produise le même effet, & qu’elle ne soitsuffisante pour nous réconcilier avec Dieu par un seulActe.
Si néanmoins les Pénitens avoient affés de tems pourdétester chaque péché en particulier qu’ils auroientcommis, cela pouroit être tolérable, hors du Tribu-nal de la Penitence ; Et c’est peut-être en ce sens qu’ondoit entendre ces paroles de S, Grégoire Pape dans sonPastoral” : (c) Il saut instruire ceux qui pleurent les,, péchés actuels qu’ils ont commis , autrement que„ ceux qui ne pleurent que des péchés de pensées. II„ leur faut dire qu’ils considèrent ert particulier & en,, détail tout le mal qu’ils peuvent avoir fait , afin,, que pleurant chaque faute qui a contribué à leur,, faire perdre leur innocence, ils puissent en même„ tems fe laver & fe purifier entièrement dans leurs„ larmes. C’est ce quejérémie (d) a fort bien exprimé,,, lorsque s’arêtant à considérer en particulier tous les,» péchés de la Judée il a dit : de différons ruisseaux,» de larmes font sortis de mes yeux. Car il sort de„ nos yeux de différens ruisseaux de larmes, quand,, nous en répandons de particulières pour chaque pé-« ché particulier. En effet l’ame n’est pas dans un,, même tems touchée toûjours également de tous ses„ péchés, mais à mesure que le souvenir des uns, ou„ des autres la pénétré plus vivement, la douleur vi-„ ve qu’elle en conçoit en particulier la nettoie enfin„ & la purifie entierement de tous.
( a ) M. Nicole 1. i. c. 7 .
(*) i. Petr. 4 . 8 .
yì EPam admonit. feu c, 20 .
W Ecu. z. 48 . ,
S T I T ï O N S.
chapitre iï .
Des Superstitions qui regardent la Confession.
Entre les Superstitions qui précédent la Con-fejston , celle' d’avoir des Dire Sieur s oudes Dire Strie es , à qui on fe confesse avantque de fe confesser aux Dr êtres , rì est pasune des moins confidérables. Inconvénientqui peuvent arriver de cette conduite auxDireSteurs & aux Pénitens. Ne pas exa-miner fa conscience avec autant de foinqu’on en donne aux affaires temporelles lesplus importantes 5 fe confesser fans êtrebien préparé -, ne penser qu’à examiner faconscience , & peu y ou point du tout à ladouleur qu’on doit avoir de fes péchés ; &ne pas vouloir fe confesser si on n’est à jeun ,ou sans avoir bu & mangé auparavantquelque chose y c'est une Superstition dusauxculte. C’en est une austs & une vaine ob-servance de fe confesser fans désir de fecorriger y avec destein de ne pas déclarercertains péchés y fans sentiment de douleur& de confusion-, de faire des complimensà son Confesseur} & en vû'è de ne fairequ’une Pénitence Judaïque. Ce qu’il fautfaire y selon les Pérès y pour être vraimentPénitens.
A Près que l’Esprit-Saint a excité en nous cettedouleur intérieure, surnaturelle, souveraine &universelle » que nous appelions Contrition , il n’estrien que nous ne devions faire pour nous réconciliesavec Dieu que nous commençons d’aimer, & pourdétruire le péché que nous ne regardons qu’avec hor-reur. Nous nous accusons devant le Seigneur; maisparce que nous ne pouvons rentrer en grâce avec luíque par le ministère de l’Eglise , à qui le Fils de Dieule jour de la Résurrection glorieuse, a donné la puis-sance de remettre & de tetenir les péchés, nous nousadressons aux Prêtres, afin que leur aïant déclaré nossautes, & apris d’eux ce que nous devons faire pourles expier, nous en recevions la rémission. C’est cet-te déclaration qui se nomme Confeffion, 8c qui est laseconde partie de la Pénitence. Comme elle est degrande étendue , il y a beaucoup de Superstitions q u *la concernent. Nous parlerons de celles dont nou*avons connoissance.
I. Certaines gens sont prévenus, qu’on doit avoirdes Directeurs , ou des Directrices, pour leur sai reune déclaration de ses péchés qu’on a commis, avantque de les confesser aux Prêtres afin d’en recevoir l’ab-solution. Il y a des Ecclésiastiques d’une affés gran-de délicatesse pour ne pas vouloir confesser , pa rcequ’ils ne s’en jugent pas capables, qui cependant ne fontnul scrupule de diriger ainsi les personnes qui ont con-fiance a eux. Il se trouve même des Laïques de 1un&: de l’autre sexe, qui se croient affés habiles & ass eZspirituels pbur s’ingérer de cette sorte de direction,vûë (disent-ils d’instruire les pénitens de leurs devoir*& de leur apprendre ce qu’ils doivent dire , & cequ’ils doivent taire dans le tribunal de la Pénitence.On voir particulièrement des Abbesses 8c d’autres Su-périeures de Religieuses, qui sont dans cette ptatique-Mais une telle conduite est accompagnée de plusieur*inconvéniens qui la doivent faire éviter à ceux ss ulveulent aller simplement à Dieu.
Ces inconveniens se peuvent considérer de la p 3 (tdes Pénitens & des Pénitentes, & de la part des Di-recteurs & des Directrices.
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