DES SUPERSTITIONS.
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cobìtes fur cela. La puissance de remettreles péchés accordée aux ‘Prêtres dans l'E-vangile expliqué par le Concile de Trente.Jamais les Pérès ne l'ont attribuée àd'autres qu*aux Prêtres. Explication d*unpassage de l'Epître i r. de saint Cyprientouchant le pouvoir qu'ont les ‘Diacres deréconcilier les pécheurs. On fe peut con-fesser aux Diacres dans le cas de nécessi-té. Cela s*est observé dans l'Eglise d'A-frique & dans VEglise Latine. On peutmême se confesser aux Laïques dans lemême cas. Mais ces sortes de Confessionsne font pas proprement Sacramentelles ,& pourquoi. Exemples des Confessionsfaites aux Laïques. Ce seroit sacrilège &Superstition de se confesser , soit aux Dia-cres , soit aux Laïques î, hors du cas denéeejstté. Les faux Prêtres qui confessentfont coupables d'un horrible Sacrilège &de diverses Superstitions. Vaine imagina-tion de certaines Abbesses de Gréce quicroioient qu'elles pouvoient confesser lesReligieuses. Autres Abbesses qui confef-soient leurs Religieuses j mais ily avoiten cela de la Superstition. Croire que lesPrêtres ne saur oient se confesser à ceuxqu'il s confessent t c'est une Superstition desAbìstins. Cons estions Superstitieuses faitespar des têtes coupées , par des morts <&par des démons mêmes } faites austi à desImages.
A Vant que de se confesser il fàut avoir une per-sonne à qui on le puisse faire licitement & va-lablement.
Quoiqu’il soit toujours avantageux aux pécheursde se confesser à Dieu , cette confession néanmoins nesuffit pas toute feule pour obtenir le pardon des pé-chés. C’est ce que nous dit si bien un ancien Au-teur dans le Traité de la visite des malades, qui eft in-féré parmi les oeuvres de saint Augustin (a). Voici sesparoles : „ IÍ y a des gens qui s’imaginent qu’il leurs j suffit pour faire leur salut, de se confesser à Dieu,„ à qui rien n’est caché, & qui lit dans la conscien-„ ce d'un chacun. Car ils ne veulent point se dé-s, couvrir aux Prêtres , soit par honte, soit par or-„ gueil ou par mépris , quoique le Fils de Dieu lesj, ait établis pour discerner entre la lèpre & la lèpre.„ Mais je ne veux pas que vous vous laissiez abuser„ par cette opinion , ni que vous rougiffiés de vous„ confesser devant le Vicaire du Seigneur. . . II faut„ subir le jugement de celui qu’il n’a pas dédaignés, de mettre en fa place. Priés donc un Prêtre de ve-,, nir à vous , lorsque vous fêtés malade, & faites„ lui part de tous les secrets de votre conscience. Ne,, vous laissez, pas séduire par la fausse Religion de3> ceux qui vous disent en vous rendant visite , que3, la feule Confession faite à Dieu , fans la participa-3, tion du Prêtre , est capable de vous sauver. Nous3, ne nions pas qu’il ne faille souvent s’adresser à Dieu3, pour lui faire fa Confession ; mais avant toutes cho-3, ses vous avez besoin du Prêtre. . . Regardez-le3 > comme un Ange qui vous est envoyé de la part de3 , Dieu. . . Ouvrez-lui le plus sécret de votre cœur;33 révelez-lui tout ce qui vous cause plus de confu-3, sion , & n’ayez pas de honte de déclarer devant un33 seul homme ce que vous n’avez pas rougi de33 commettre devant plusieurs. . . Faites-donc une33 Confession claire » fans chercher d’excuse pour
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dissimuler vos fautes. Allez droit & ne prenez„ point de détours pour obscurcir & embarasser la vc-,, rite. Marquez même les circonstances de vos p黄 chés, les lieux, les tems, les personnes , fans tou»„ tefois les nommer.
Ainsi c’est une hérésie & Une superstition du fauxculte & de la vaine observance tout ensemble, de sepersuader, comme sont les Jacobites , qu’il suffit dese confesser à Dieu en cachette & en secret, & qu’enbrûlant de l’encens auprès de soi dans le feu , les pé-chés montent avec la fumée de F encens en la présen-ce de Dieu. Le Cardinal de Vitri (b) leur attribuecette erreur, & la réfute. Il|saut donc, outre la Con-fession qu’on fait à Dieu , se confesse? aux personnesà qui Dieu a donné la puissance de lier & de déliesles pécheurs, de retenir, ou de remettre les péchés.
Cette puissance , quoiqu’en disent les Fîérétiqueâdes derniers siécles , a été accordée aux Prêtres, sorsque le Fils de Dieu dit (e) à ses Apôtres après faRésurrection : „ Recevez le saint Esprit : les péchés„ seront remis à ceux à qui vous les remettrez , 8 c„ ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.,, Surquoi le Concile de Trente dit (d) i Que par„ cette action si remarquable , & par ces paroles fî„ décisives, tous les Pérès, d’un consentement una-,, nime, ont toujours entendu , que la puissance de„ remettre & de retenir les péchés avoit été donnée,, aux Apôtres & à leurs successeurs légitimes, pour„ réconcilier avec Dieu ceux qui seroient tombés„ dans le péché après leur Batême.
Et parlant ensuite de l’institution & de la nécessitéde la Confession des péchés, il ajoute (c) : „ L’E-„ glife universelle a toujours cru que notre Seigneur„ Jesus-Christ a institué la Confession entiere des„ péchés, & que de droit divin elle est nécessaire à,, tous ceux qui sont tombés dans le péché depuis,, leur Batême, parce que ce divin Sauveur étant fur,, le point de monter au ciel a substitué les Prêtres en„ fa place, en qualité de Présideras & de Juges, afin„ que tous les Fidelles leur découvrent tous les pé-„ chés mortels qu’ils ont commis pour en juger, en3, les remettant, ou en les retenant.
La difficulté est maintenant de savoir s’il n’y aque les Prêtres à qui on puisse légitimement se con-fesser , & s’il n’y auroit point de superstition à se con-fesser à d’autres qu’à eux ?
I. Il est constant que les 88 . Pérès n’ont jamais at-tribué qu’aux Prêtres la puissance de délier. SaintCyprien cependant semble l’attribuer aux Diacres,lorsqu’il dit, que ceux qui étant tombés dans l’ido-latrie, avoient des lettres de recommandation des Mar-tyrs condamnés aux minières ou aux galères, pour lesEvêques & les Prêtres (f) , pourroient être réconci-liés par les Diacres , à l’article de la mort en l’absencedes Prêtres. Mais fans entrer dans les difficultés queles Savans ont formées fur ce passage de saint Cy-prien, & qui sont rapportées par Ferdinand de Men-
do-
(b) En ces termes: Histor. Hieroíòl. c. y 6 . Alius error Jaco»bitarum est , quòd Confeffiones peccatorum íuorum non Sacer-dotibus, sed soli Deo latentes faciunt, ponentes thus juxta fe inigné, tanquam cum fumo peccata íua ascendant coram Domino.Errant miíeri non intelligentes Scripturas , Sc pereunt ex defectndoctrina; . vulnera sua medicis spiritualibus abscondentes, quo-rum est inter lepram 8c lepram difeernere , Sc peccatorum cir-cumstantias -peníàndo pœnitentias injungere , 8c secundutn clavesíìbi traditas ligare 8c lolvere , Sc pro confitentibus sibi spécialiserorare, Sec.
(c) Jean 20 .
(d) Sess. 14. c. 1.
(e) Ibid. c. f.
(/) E P ist : Ut qui libelles (dit-il) à Martyribus acceperunt,8c prsrogativa eorum apud Deum adjuvari possunt , si ínconi-modo aliquo, 8c^mnrmitatts periculo occupati fuerunt non ex-ípectata praesentia nostra , apud Presbyterum quemque pratsen-tem, vel, si Presbytes repertus non fuerit , 8c urgere exitus ce-pent . apud Diaconum quoque exomologesim facere delicti futpoflint, ut manu eis in Pœnitentiam imposita , veniant ad Do-minum cum pace quam dari Martyres literis ad nos factis deside-raverunt,
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